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[CESAB] Appel à projets CESAB- sDiv SYNERGY

 

 

Le Cesab et le sDiv sont des instruments de la FRB (Fondation française pour la recherche sur la biodiversité) et de l’iDiv allemand (centre de recherche allemand sur la biodiversité). Ces deux centres accueillent des groupes de chercheurs travaillant sur une meilleur utilisation des données, des informations et des connaissances existantes pour favoriser une réflexion synthétique dans le domaine de la recherche sur la biodiversité. Ils lancent un appel conjoint appelé « synergy  » pour financer deux groupes  de 5 à 7 chercheurs qui partageront leurs réunions entre les deux centres.

 

Le thème principal de l’appel est « Coexistence et stabilité dans les communautés à haute diversité ». La théorie moderne de la coexistence fournit un cadre utile pour comprendre la coexistence des espèces dominantes, mais elle se limite à quelques espèces en interaction et n’est ni prédictive ni extensible à des contextes nouveaux ou réels. Cet appel conjoint vise à favoriser une synthèse pour comprendre la coexistence et la stabilité dans des communautés typiques à haute diversité qui sont souvent composées d’un nombre relativement faible d’espèces dominantes et de nombreuses espèces à faible abondance. Les approches de modélisation, à la fois mécanistes et statistiques, pourront être nouvelles ou élargir les cadres existants. 

 

Une pré-sélection de projets sera opérée par les membres des comités scientifiques de la sDiv et du Cesab , dans un délai de deux semaines après la réception des pré-propositions. 

 

Plus d’informations sur l’appel à projet (en anglais).

 
Contact : cesab@fondationbiodiversite.fr 

[IPBES7] Changement d’usage des terres et biodiversité : halte à l’uniformisation

À l’occasion du nouveau rapport de l’IPBES sur l’état de la biodiversité mondiale dont le résumé pour décideurs est paru en mai 2019, la FRB donne chaque mois la parole à des scientifiques qui travaillent sur les menaces qui pèsent sur la biodiversité, mais aussi sur les solutions pour y remédier. Juristes, économistes, biologistes de la conservation sont autant de chercheurs qui offriront chacun un éclairage précis sur l’état et le devenir des espèces et de leurs écosystèmes.

 

Le cinquième et dernier thème abordé est celui du changement d’usage des terres, considéré comme la 1re cause de perte de biodiversité dans le monde.

[CESAB] Postdoctorat Score-Reef

Localisation: CRIOBE – Perpignan, France et FRB – CESAB – Montpellier, France 

Salaire: 2250€ / mois

Contrat: 2 ans, temps plein

Date limite des candidatures: 31 juillet 2019

Date de prise de poste : 1er octobre 2019

 

Le projet CESAB Score-Reef  est à la recherche d’un écologiste travaillant sur des récifs coralliens, motivé pour contribuer à un projet d’étude sur l’état et les tendances des communautés benthiques et des poissons des récifs coralliens dans l’espace et le temps. L’objectif final du projet est d’évaluer la performance des indicateurs écologiques existants sur les récifs coralliens. Les résultats de ce projet auront un impact sur le réseau de surveillance existant dans les territoires français d’outre-mer. 

 

Le poste est un post-doc de 2 ans et le projet est financé par le CESAB à Montpellier (France). Les coordinateurs du projet – V. Parravicini (EPHE) et M. Adjeroud (IRD) – sont tous deux basés à Perpignan (France) et le post-doc devra être basé au CRIOBE à Perpignan, au moins pendant la première année du contrat.

 

 

Retrouvez la description complète de l’offre ici (en anglais). 

[Synthèse] La pollution antibiotique des eaux de surface : occurrence et effets

Les antibiotiques sont des médicaments antimicrobiens qui tuent ou réduisent la croissance des bactéries. Ils sont utilisés en grande quantité depuis plusieurs décennies et la résistance d’agents pathogènes aux antibiotiques est depuis longtemps au cœur de la recherche en milieu clinique et, plus récemment, en recherche environnementale.

 

Les antibiotiques peuvent contourner les procédés de traitement de l’eau et se retrouver directement dans l’environnement. Ils sont détectés dans les rivières à des concentrations très faibles et dilués plus d’un million de fois par rapport aux concentrations observées dans le corps humain.

 

L’étude Antibiotic pollution in surface fresh waters: Occurrence and effects  démontre que les concentrations d’antibiotiques mesurées dans les eaux douces, quoique majoritairement inférieures aux concentrations cliniques efficaces, sont fortement susceptibles d’avoir des effets directs et indirects sur la composante microbienne des communautés aquatiques et pourraient avoir des conséquences importantes pour les écosystèmes et pour la santé humaine. 

[Les actus des derniers jours]

  • FRB, T20 et développement des infrastructures

 

Le T20 est un regroupement de think tank en appui aux discussions du G20.

Il s’est réuni les 26 et 27 mai 2019 à Tokyo et a publié ses recommandations destinées à nourrir le futur sommet du G20 (28 et 29 juin, Osaka). Ces dernières s’inscrivent dans l’objectif affiché par la présidence japonaise « à la recherche d’une société durable, inclusive et résiliente » et s’appuient sur une grande série de résumés pour décideurs disponibles sur le site du T20.

 

À la demande du co-président de la quatrième task force, Nicolas Buchoud, également membre du Cos de la FRB (www.cerclegrandparis.org), la FRB a participé au document intitulé « The Infrastructure Nexus. From the Future of Infrastructures to the Infrastructures of the Future ».

Le document d’une vingtaine de pages prend acte du développement massif et incontrôlé des infrastructures. Dans un contexte de ressources limitées, il fait le constat que les approches fragmentées en matière de développement, d’agendas et de projets urbains durables prévalent toujours, au détriment de l’évaluation des impacts sur la biodiversité et les services écosystémiques. Il préconise une nouvelle génération de connectivité science-société et connaissance-politique pour repenser les investissements et les chaînes de valeur. Le document souligne aussi le rôle sous-estimé des infrastructures de recherche dans les infrastructures de développement et propose de nouvelles priorités pour un agenda urbain plus complet au sein du G20, incluant la biodiversité, en mettant un accent particulier sur les régions critiques comme l’Amazonie et l’Arctique.

 

 

  • Biodiversity and Health in the Face of Climate Change

 

Pics de chaleur, sécheresses, inondations, événements extrêmes, invasions biologiques : le changement climatique a déjà des impacts sur le bien-être et la santé humaine. Par ailleurs, l’évaluation mondiale de l’Ipbes, publiée le 6 mai dernier, met en évidence que l’effondrement de la biodiversité menace fortement notre santé physique et mentale par la perte de services essentiels que l’Homme retire des écosystèmes comme la production d’une nourriture de qualité, l’atténuation du changement climatique, l’épuration de l’eau et de l’air, la régulation des pathogènes, l’inspiration, la récréation et la spiritualité procurée par des écosystèmes fonctionnels.

Dans un contexte d’inaction, les deux phénomènes, malheureusement se renforcent mutuellement.

 

L’ouvrage publié aux éditions Springer, auquel la FRB a contribué, pose le diagnostic et présente l’aperçu le plus complet à ce jour des travaux de recherche sur les liens entre dérèglement du climat, érosion de la biodiversité et santé.

La principale conclusion de ces travaux, variés et innovants, est que préserver la biodiversité contribuera évidemment à freiner son érosion, mais également à atténuer le changement climatique et à augmenter la qualité de vie et la santé humaine.

 

 

  • Biodiversité et maladies infectieuses : les actes désormais disponibles

 

Vous pouvez les consultez dans les ressources de la page dédiée à l’événement.  

[Cesab] Postdoctorat DiveRS

Localisation: FRB – CESAB, 5, rue de l’École de Médecine, 34000 Montpellier, France

Salaire: 2250€ / mois

Contrat: 2 ans, temps plein

Date limite des candidatures: 31 août 2019

Date de prise de poste : 1er novembre 2019

 

Le projet CESAB DiveRS est à la recherche d’un postdoctorant sur deux ans pour travailler sur l’évolution du système de reproduction des angiospermes. Le projet est le fruit d’un effort de collaboration de 15 chercheurs de différentes nationalités pour comprendre comment l’évolution du système de sélection des plantes est liée à l’évolution d’autres caractères, ainsi qu’à la spéciation et à l’extinction. 

 

 

Retrouvez la description complète de l’offre ici (en anglais). 

[3es rencontres espaces naturels protégés – recherche] Découvrez les actes

La FRB a mis en place en 2015 un groupe de travail « Espaces naturels protégés et recherche » associant ses deux conseils de gouvernance : le Conseil d’orientation stratégique (Cos) et le Conseil scientifique (CS).

 

Organisées en avril dernier, les 3es Rencontres chercheurs et gestionnaires d’espaces naturels protégés visaient à rassembler ces deux communautés pour faciliter l’émergence et la conduite de projets de recherche « changement climatique sur les espaces naturels protégés ».

 

Elles s’inscrivaient dans la continuité des deux rencontres précédentes, en 2016 et 2017, et dans la prise en compte des recommandations qui en sont ressorties.

 

Retrouver les actes du colloque sur la page dédiée à ces 3es rencontres.

[Appel à projet] Lancement de l’appel à projets thématique Cesab !

(In English bellow)

 

 Le Cesab (Centre de synthèse et d’analyse sur la biodiversité) a été créé en 2010 par la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) pour promouvoir les activités de recherche de haut niveau consacrées à la synthèse des idées et à l’analyse des données dans le domaine de la biodiversité.

Tout savoir sur le Cesab de la FRB

 

 

La FRB, avec le soutien de l’Agence française pour la biodiversité (AFB), appelle la communauté de recherche à soumettre des projets de recherche et d’analyse portant sur les perturbateurs endocriniens et leurs liens avec la biodiversité, basés sur l’analyse et la synthèse de données existantes. Seront considérés les projets qui s’intéresseront à des enjeux divers relatifs à ce thème, conformément aux précisions données en annexe de l’appel.

 

L’objectif principal du Cesab est de faciliter la production de nouvelles connaissances à partir de données existantes. Il soutient les groupes d’experts internationaux qui partagent leurs expertises et mettent en commun les données disponibles, en prenant en charge l’organisation des réunions, un appui à la communication et à l’analyse de données ainsi qu’un(e) post-doctorant(e) qui accompagnera le projet.
Depuis 2019, le Cesab est localisé à Montpellier.

 

Une pré-sélection de projets sera opérée par les membres du Comité scientifique du Cesab, dans un délai de deux semaines après la réception des pré-propositions.

Celles-ci devront être soumises exclusivement par mail à cesab@fondationbiodiversite.fr.

 

 

 

 

CESAB (Centre for the Synthesis and Analysis of Biodiversity) was created in 2010 by the Foundation for Biodiversity Research (FRB) to promote high-level research activities dedicated to the synthesis of ideas and data analysis in the field of biodiversity.

All information about CESAB.

 

The FRB, with the support of the French Agency for Biodiversity (AFB), calls on the French research community to submit research and analysis projects in the field of endocrine disruption and its links with biodiversity, based on the analysis and synthesis of existing data. Projects will be considered if they address various issues related to this theme, in accordance with the details given in the annex to this call.

 

The main objective of CESAB is to facilitate the production of new knowledge from existing data. It supports international expert groups that share their expertise and share available data, by organizing meetings, supporting communication and data analysis, and a post-doctoral fellow who will accompany the project. Since 2019, CESAB has been located in Montpellier.

 

A pre-selection of projects will be made by the members of the CESAB Scientific Committee within two weeks of receipt of the pre-proposals. These must be submitted exclusively by email to cesab@fondationbiodiversite.fr.

 

 

 

[Évaluation] Une nouvelle série d’indicateurs de l’ONB évaluée

L’élaboration et la publication des indicateurs de l’Observatoire national de la biodiversité (ONB) s’inscrivent dans une dynamique d’évaluation et d’amélioration continue depuis 2012.

La Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) a pour mission de réaliser une évaluation scientifique externe et transparente des indicateurs disponibles. Les résultats de ces évaluations sont mis en ligne dans leur intégralité et sans modification, ils offrent aux acteurs un diagnostic précis de la qualité des indicateurs et de leur documentation.

 

En 2018, la FRB a eu en charge une troisième vague d’évaluations scientifiques des indicateurs de la Stratégie nationale de la biodiversité de l’ONB. Ce sont ainsi une vingtaine d’indicateurs qui ont pu bénéficier d’une analyse critique grâce à l’expertise d’un pool d’experts-évaluateurs sollicités pour l’exercice.

Ce travail est désormais publié et accessible sur le site de l’ONB.

 

Retrouvez toutes les informations et rapports sur le travail de la FRB dans le cadre de sa mission avec l’ONB

[Enquête] Relations entre recherche publique et société

Suite à l’annonce le 1er février par le Premier Ministre d’une loi de programmation pluriannuelle de la recherche, un collectif de 23 sociétés savantes a lancé une consultation en deux étapes sur les attentes majeures de la communauté académique vis-à-vis de cette loi. Les synthèses des réponses aux enquêtes successives sont consultables sur le site portail des sociétés savantes, rubrique Sondage.

 

Quatre enquêtes thématiques ont été successivement mises en ligne :

  • Financement institutionnel de la recherche publique (clos, synthèse disponible) ;
  • Emploi scientifique (Clos, synthèse en cours de réalisation) ;
  • Organisation administrative de la recherche (en cours) ;
  • Relations entre recherche publique et société (questionnaire accessible ci-dessous).

 

Cette dernière enquête s’adresse, en plus de la communauté académique, à un public large incluant le grand public, les acteurs de la R&D privée et de la recherche partenariale, les acteurs de la diffusion de la culture scientifique, les responsables politiques. Les questions de l’enquête sont adaptées à chaque catégorie de répondants.

 

Les résultats de cette enquête permettront de mieux cerner les attentes de la communauté académique et de la société. Ils seront présentés aux groupes de travail ministériels de préparation de la loi de programmation pour la recherche et aux parlementaires.

 

[Tribune] Une priorité nationale

En quelques jours, début mai 2019, quelque chose a changé dans le paysage médiatique et politique.

La biodiversité, sujet de préoccupation des seuls scientifiques, des naturalistes et de quelques directeurs environnement de trop rares entreprises, est devenue une priorité nationale. Merci à l’Ipbes, le Giec de la biodiversité, d’avoir su, par son alerte massive et dûment étayée par les messages que la science, notamment française, portait depuis des années, casser ce plafond de verre que nous, les professionnels de la question, ne parvenions pas même à atteindre, et faire rentrer la biodiversité jusqu’aux salons de l’Élysée.

 

L’Ipbes l’a expliqué, la biodiversité et les écosystèmes vont très mal, les populations de multiples espèces diminuent, et pas seulement dans les pays lointains, mais aussi devant notre porte. Les espèces disparaissent à un rythme croissant sous les effets des multiples pressions que les humains, qui sont eux de plus en plus nombreux et qui consomment de plus en plus, exercent sur la vie terrestre. L’empreinte écologique de l’Europe et de la France dépasse très largement les capacités de nos pays, et nous vivons à crédit au détriment de la biodiversité du reste de la planète.

 

(…)

 

  • Pour lire l’intégralité de la Tribune, rendez-vous sur le site de l’Humanité.

 

Signataires : Jean-François Silvain, Hélène Soubelet, président et directrice de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB), et les membres du Conseil scientifique de la FRB : François Sarrazin, Sébastien Barot, Cécile Albert, Isabelle Arpin, Anne Charmantier, Nicolas Gaidet-Drapier, Philippe Grandcolas, Jean-François Guégan, Philippe Gros, Hervé Jactel, Line Le Gall, Harold Levrel, Jean-Louis Morel, Jean-Louis Pham, Éric Thybaud…

[Appel à projets – Ecophyto2+]

Il vise à soutenir les efforts de recherche dans le domaine de la connaissance des impacts des produits phytopharmaceutiques sur la santé et sur les écosystèmes. Les recherches pourront permettre de mieux caractériser les liens entre les expositions à ces substances aux niveaux rencontrés dans l’environnement et la survenue d’effets, en particulier chroniques, notamment du fait des expositions à des faibles doses, sur les organismes et/ou les écosystèmes. Les résultats obtenus devront permettre d’appuyer les politiques publiques et notamment la réduction des risques liés aux produits phytopharmaceutiques, conformément au plan Ecophyto 2+.

 

Toutes les informations sur la page de l’appel Ecophyto2+.

[Ipbes 7] Suivez jour après jour le déroulé de la plénière

  • 3-4 mai

 

Après six jours de travail intense, les négociations de l’Ipbes se sont achevées ce samedi en début d’après-midi avec notamment l’adoption du résumé pour décideurs de l’évaluation mondiale de la biodiversité, l’adoption du budget de la plate-forme pour les années 2019 à 2021, l’adoption du second programme de travail 2020-2030, l’adoption des conclusions de l’évaluation externe de la plate-forme.

 

© Jean-François Silvain - La 7e plénière de l'IPBES s'est déroulé à l'UNESCO
© Jean-François Silvain – La 7e plénière de l’IPBES s’est déroulé à l’UNESCO

 

L’Ipbes a conclu sa 7e plénière le 4 mai 2019 avec en point d’orgue l’adoption du premier rapport d’évaluation mondiale sur la biodiversité et les services écosystémiques et de son résumé pour décideurs.

 

Le rapport complet a été analysé, soit : plus de 1 800 pages, fondées sur près de 15 000 références, ayant fait l’objet de plus de 13 700 commentaires. Il a été adopté en bloc et reste la référence scientifique. Le résumé pour décideurs, qui en une quarantaine de pages concentre les messages clés, le contexte, les graphiques, des options de trajectoire et de gouvernance ainsi que les sujets de recherche à renforcer, a fait l’objet de négociations entre gouvernements pendant plus de 70 heures – plus de 2 000 commentaires avaient été formulés avant la session. Relativement consensuelles et constructives, elles ont abouti à des compromis serrés, écartelés entre des approches plus ou moins productivistes ou plus ou moins prescriptives notamment sur les points de sensibilités habituels : l’agriculture, domaine sur lequel la France a pu négocier l’intégration de quelques références à l’agro-écologie ; les instruments de mise en œuvre des politiques économiques ; l’usage des terres, les forêts ou les droits des peuples indigènes.

 

Au-delà de l’accumulation de données chiffrées inquiétantes, le rapport de l’Ipbes souligne que l’érosion de la diversité est généralisée à l’ensemble de la planète et que les actions locales de protection ou de restauration ne suffisent plus. Le changement d’usage des sols, premier facteur, tiré par l’agriculture, interroge sur la durabilité des modèles de production et de consommation de nourriture. La croissance démographique et celle des classes moyennes mondiales exercent une pression matérielle sur notre environnement incompatible avec le maintien des services de régulation qu’il nous rend. En dépit d’une attention formelle plus affirmée portée à la biodiversité dans les enceintes internationales, la mise en œuvre des mesures n’est pas à la hauteur des enjeux. Les trajectoires de rupture avec ces tendances existent, elles sont encore possibles, mais nécessitent des changements systémiques à l’aune de ceux préconisés l’an passé par le rapport spécial du Giec sur les 1,5°C (pour lesquels les politiques agricoles sont, là aussi, au cœur des trajectoires).

 

© Photo by IISD/ENB | Diego Noguera
© Photo by IISD/ENB | Diego Noguera

 

Avec ses messages clés, le rapport de l’IPBES fournit à la fois une base scientifique irréfutable et un cadre conceptuel aux résultats auxquels doit parvenir la COP15 qui se tiendra à Kunming en 2020. Ces conclusions correspondent aux options privilégiées par la France et l’Union européenne dans la perspective de cette négociation.

Le résumé, adopté à 11h50 samedi 4 mai, sera rendu public le 6 mai à 13 heures.

 

Au-delà des mises en garde alarmantes issues de l’évaluation complète, ce résumé présente des éléments de solution vers des trajectoires plus durables, c’est un moment notable pour les sciences de la vie, la coopération scientifique internationale et aussi le multilatéralisme. La prochaine et 8e session plénière se tiendra au Maroc début 2021.

 

Saluons enfin l’élection du nouveau bureau, composé d’un président, quatre vice-présidents et cinq membres élu à l’occasion de cette plénière. La candidature de Julia Marton-Lefèvre (France), ancienne directrice de l’UICN, proposée par la délégation française a bien été retenue parmi les membres du bureau. La colombienne Ana María Hernández, de l’institut Humboldt, a quant à elle été désignée nouvelle présidente de l’Ipbes, succédant à Sir Bob Watson qui aura remarquablement géré sa dernière session plénière.

 

 

  • 2 mai

 

Au terme de la 4e journée de la 7e session plénière de la Plateforme intergouvernementale pour la biodiversité et les services écosystémiques (Ipbes), les travaux se sont accélérés afin de pouvoir finir dans les temps vendredi soir.

 

L’intégralité de la journée s’est déroulée en quatre groupes de contacts, avec trois d’entre-deux en parallèle, une situation qui devient habituelle à l’IPBES depuis sa 5e session tellement les discussions sont riches et parfois animées.

Le groupe de travail sur l’évaluation mondiale avance bien, avec un consensus sur la majorité des messages clés. Le bilan de cette douzaine d’heures de négociation est positif et le travail sur ce qui est appelé « background document », c’est-à-dire les informations complémentaires qui appuient les messages clés, a commencé ce vendredi. L’ensemble des pays montre une bonne volonté de finir les travaux dans le temps imparti et fait preuve de flexibilité en ce sens, tout comme les auteurs principaux dont la présence et les interventions permettent d’éclaircir et de débloquer bon nombre de discussions.

Un groupe de travail dédié à la négociation sur les graphiques du résumé pour décideurs a été créé en parallèle au groupe de travail sur le résumé pour décideurs. De nombreux commentaires ont été soulevés sur chaque élément, même si les débats se sont avérés plutôt constructifs, et les auteurs très à l’écoute.

Les discussions du groupe de contact budget se sont poursuivies dans le calme, avec notamment trois points débattus, les dépenses pour le fonctionnement de la plate-forme et le financement du second programme de travail à l’horizon 2030. La recherche de fenêtres de réduction des dépenses a notamment conduit à aborder à nouveau la question de la temporalité des sessions plénières. Le dernier point débattu a été le mécénat privé et les conditions de sa mobilisation.

Le groupe de travail sur le prochain programme de travail de l’Ipbes présente beaucoup d’enjeux, car de ce consensus dépend par exemple le budget. La validation consiste à approuver le contexte, le contenu et les modalités de mise en œuvre du prochain programme de travail de l’Ipbes.

 

Malgré de longues nuits à négocier, l’approbation des documents de la plate-forme a pris un nouveau rythme, laissant augurer une finalisation vendredi 3 mai pour une adoption formelle le 4.

 

© Jean-François Silvain / Jardin de l'Unesco
© Jean-François Silvain / Jardin de l’Unesco

 

 

  • 30 avril – 1er mai

 

© Photo by IISD/ENB | Diego Noguera
© Photo by IISD/ENB | Diego Noguera

 

La réception au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) a été un véritable succès, accentué sans doute par le beau temps qui a permis aux délégués de se promener dans le jardin des plantes et d’en découvrir les beautés. Plus de trois cents délégués ont assisté à cette réception et aux discours de Bruno David, président du MNHN, s’exprimant au nom de la communauté scientifique, d’Anne Larigauderie, secrétaire générale de l’Ipbes, d’Emmanuelle Wargon et de Brune Poirson qui ont toutes deux rappelé l’engagement de la France en faveur de la biodiversité et l’urgence à agir.

 

 

Réception de bienvenue des délégations IPBES au Muséum national d'histoire Naturelle
Réception de bienvenue des délégations IPBES au Muséum national d’histoire Naturelle
Photo à gauche : Bruno David et Anne- Larigauderie, © Photo by IISD/ENB | Diego Noguera ; Photo au centre : Emmanuelle Wargon en présence de Brune Poirson, © Jean-François Silvain ; Photo à droite : Brune Poirson, © Jean-François Silvai

 

Le lendemain, le président de l’Ipbes Robert Watson a salué la belle réception au MNHN de lundi soir, la qualifiant de spectaculaire ! Nous pouvons donc nous féliciter que la France ait réussi son pari d’accueillir les délégations dans les meilleures conditions possibles.

 

Le travail a sérieusement commencé mardi matin avec, en premier lieu, l’étude du résumé pour décideurs sur l’évaluation mondiale de la biodiversité.

Comme pour les autres produits de la plate-forme, cette évaluation est composée d’un document de près de 1 800 pages qui sera « accepté » en l’état par la plénière et d’un résumé qui présentera les messages principaux à destination des décideurs. Ce dernier document doit être approuvé ligne à ligne par l’ensemble des délégations. Le travail est long, mais riche, car il permettra de poser les bases communes des messages principaux, extraits du rapport scientifique complet, dont l’ambition est de générer une prise de conscience à tous les niveaux de la société civile et d’engager nos sociétés vers une transition écologique vraie.

Les précédentes évaluations de la plate-forme ont permis des avancées importantes :

  • le rapport sur les pollinisateurs a permis une nette modification dans les discours qui intègrent beaucoup plus les enjeux et menaces pesant sur les pollinisateurs, et notamment les abeilles ;
  • ce même rapport a permis le lancement de programmes de recherche ;
  • le rapport sur la dégradation et la restauration des terres a généré également des accords pour encourager l’utilisation pérenne des sols ;
  • au sein de la convention sur la diversité biologique, les évaluations régionales ont fait l’objet de sessions parallèles avec les délégations pour les sensibiliser et les engager à prendre des mesures permettant de laisser une planète saine aux générations futures.

Ainsi, cette évaluation pose une pierre majeure à un agenda sur la biodiversité chargé. Les données scientifiques solides qui ont été compilées dans le rapport serviront de socle incontestable vers les négociations des conventions internationales telles que le climat, la diversité biologique et notamment les négociations en cours pour un nouveau cadre stratégique mondiale, post-2020, pour la biodiversité.

 

Les discussions sur l’examen de la plate-forme se sont bien passées, le travail présenté a été salué et le secrétariat a été chargé d’en mettre en œuvre les recommandations dans le cadre du second programme de travail.

 

Enfin, le groupe de contact pour valider un budget pour la plate-forme s’est réuni sur le temps du repas pour prendre connaissance du rapport du secrétariat sur le budget 2018 et les budgets prévisionnels 2019 à 2030. Ce groupe, qui se réunit traditionnellement sur le temps du repas de midi, une heure peu propice s’il en faut, a connu ce mardi une affluence record par rapport aux années précédentes avec une participation de 30 états membres. Peut-être en raison des enjeux qui portent notamment sur les modalités de financement du deuxième programme de travail qui sera discuté à partir du 1er mai.

 

 

  • La nuit a été longue

 

Les discussions sur le résumé pour décideurs de l’évaluation mondiale ont duré jusqu’après minuit mardi soir. Les délégations sont très motivées et prolixes pour améliorer cette évaluation majeure pour notre avenir commun.

 

Le travail s’est poursuivi activement le 1er mai. La construction du consensus est un processus long et parfois sportif. Car l’essence même de l’Ipbes est justement d’aboutir à ce consensus message par message, ligne par ligne, mais souvent aussi mot à mot. À 132, c’est une gageure que le président Robert Watson essaye de transformer en course de vitesse, car il faut que l’ensemble des 36 pages du texte ait été revu avant vendredi soir, 18h. Un des outils du président pour débloquer des positions parfois antagonistes est la constitution d’un groupe « d’amis de la présidence ».

 

Un des groupes "d’amis de la présidence", © Hélène Soubelet
Un des groupes « d’amis de la présidence », © Hélène Soubelet

 

Au moins 5 groupes ont ainsi été créés mercredi pour avancer sur plusieurs messages clés du résumé pour décideurs afin de lever les incompréhensions. Ces discussions informelles sont assez efficaces et le texte qui résulte de l’agrégation explicite de plusieurs positions est souvent meilleur que le texte initial, et surtout, il est accepté à la plénière suivante.

 

Ce mercredi a aussi permis d’adopter la décision de mettre en œuvre les recommandations de la revue externe de la plate-forme en vue d’améliorer les fonctions administratives et scientifiques et donc l’efficacité de l’Ipbes.

 

Enfin, le premier groupe sur le second programme de travail a eu lieu, avec pour ambition de trouver un consensus sur sa temporalité, son contenu et son efficacité à mettre en œuvre les 4 objectifs de l’Ipbes, à savoir :

  • mener des évaluations sur la biodiversité,
  • appuyer l’élaboration et l’exécution des politiques en identifiant des outils et des méthodes appropriés,
  • accompagner les besoins de renforcement de capacités pour améliorer l’interface science-politique, notamment dans les pays du Sud,
  • et faciliter une approche coordonnée de la production de nouvelles connaissances.

 

 

  • 29 avril : De Panama à Paris : une plénière historique ?

 

Nous sommes au milieu du gué d’un processus historique qui a commencé en 2005 avec une conférence internationale Biodiversité, science et gouvernance, au même endroit, à l’Unesco, au cours de laquelle le président français a appelé à la création d’un groupe d’experts sur la biodiversité et les services écosystémiques. C’est à Panama, il y a 9 ans, que les gouvernements ont pris la décision de créer une plate-forme pour la biodiversité qui est devenue Ipbes en 2012.

 

Nous sommes aujourd’hui à la septième plénière de cette plate-forme intergouvernementale.

Cette plénière est un important pas pour l’Ipbes, après que le premier programme a été mis en œuvre avec succès. C’est en effet la première évaluation globale intergouvernementale de l’état de la biodiversité, des pressions qui s’exercent sur elle, des actions pour enrayer son déclin et des futurs probables de la biodiversité.

L’agenda international est aligné pour une prise en compte de la biodiversité, avec concomitamment la réunion du G7 environnement à Metz, le sommet du G7 cet été à Biarritz, le congrès de l’IUCN à Marseille en 2020, la COP 15 de la convention pour la diversité biologique.

 

800 participants sont présents à l’Unesco pour cette semaine de travail chargée.

Après avoir chaleureusement remercié la France, les interventions des délégations ont rappelé en introduction la rapide et historique extinction de la biodiversité, la dégradation de nos écosystèmes et la disparition des paysages culturels dans le monde. Ce n’est plus seulement un problème environnemental, mais c’est également un problème économique, sanitaire, social, de nutrition et de sécurité. La préservation de la biodiversité est à la base de notre capacité à réduire la pauvreté à continuer d’améliorer la qualité de l’eau, de l’air, de la santé humaine et même à conserver ou créer des emplois. Les conditions de vie pacifique en commun sont menacées, préserver la biodiversité, c’est préserver notre vie. Il est urgent d’agir.

 

La dynamique est incontestablement présente au sein de l’Ipbes, avec deux pays, la Jordanie et le Venezuela ayant rejoint la plate-forme en 2019, portant le nombre de membres de l’Ipbes à 132. Il faut à présent d’urgence « sortir des murs » et engager une démarche historique pour ne pas spolier les générations futures avec une intensité sans précédent.

Le temps du diagnostic est passé, des pistes d’action sont disponibles dans les évaluations et doivent être mises en œuvre en bousculant notre vision sur la manière d’habiter la terre et en participant à diffuser cette vision dans la société civile.

La première session plénière a été ouverte par le ballet « Steps for a change » réalisé par 10 enfants de 7 à 14 ans de l’école de danse « Art en scène de Montpellier ». Le projet a été coordonné par le Dr Yunne Shin, (IRD) auteur principale de l’évaluation mondiale et la chorégraphe, Emily Lartillot. Un documentaire a été réalisé et sera disponible dans quelques semaines.

La danse d’une dizaine de minutes, accompagnée d’une vidéo projection et de jeux de lumière, a été unanimement applaudie par les 800 personnes présentes. Elle porte un message fort sur la perte de biodiversité et nous rappelle que les futures générations nous regardent. Cette prestation rappelle aussi que notre patrimoine matériel et immatériel dépend de la biodiversité même si nous ne savons pas le mesurer.

 

© Jean-François Silvain
© Jean-François Silvain

 

Le challenge collectif est à présent de faire de la biodiversité une grande cause universelle comme le climat. Et de passer à l’action. Car, ce qui est gagné pour l’instant, c’est la communication. La croissance de la page Ipbes sur Facebook a été de 649 %, un chiffre à faire pâlir de jalousie les grands financiers et, depuis la dernière plénière, le secrétariat est en contact avec 7 200 journalistes dans le monde entier.

 

Le président Robert Watson a rappelé l’appel du président Macron « We need to make the planet great again » et a enjoint l’ensemble des participants à apporter leurs voix et efforts à la campagne « New deal for Nature and people in 2020 ».

En fin de journée, avant la réception au MNHN, François de Rugy est intervenu devant les délégués du monde entier pour rappeler que les questions liées à l’agenda climatique avait pris une importance considérable et que les priorités de protection de l’environnement pouvaient être traduites en actions à toutes les échelles. La biodiversité est une autre crise, toute aussi grave mais silencieuse avec l’extinction des espèces et la perte des services qui leur sont liés. Il a confirmé que ces évaluations de l’Ipbes constituaient une vue complète et transversale de la biodiversité et que le rendez-vous crucial de 2020 devait être basé sur les meilleures connaissances scientifiques disponibles.

La France souhaite créer une prise de conscience et une dynamique autour de la biodiversité et appelle à un passage à l’action de la communauté internationale pour protéger les habitats et les espèces sensibles. Dans ce cadre, la France vient d’ailleurs d’adopter une stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée. Mais la tâche est complexe y compris sur notre propre territoire, car les transformations à accomplir sont importantes. Les enjeux de connaissance sont à ce sujet un véritable enjeu.

Enfin, le ministre a encouragé l’Ipbes à aller au-delà de la sensibilisation dans son second programme de travail et à produire des indicateurs adaptés pour engager la transition nécessaire.

 

Une des premières actions majeures est que la France, grâce à son action a permis que le rapport de l’Ipbes soit présenté au G7 environnement la semaine prochaine par la secrétaire générale de l’Ipbes et de son président Robert Watson.

[Ipbes 7] Le dangereux déclin de la nature : un taux d’extinction des espèces « sans précédent » et qui s’accélère

« La nature décline globalement à un rythme sans précédent dans l’histoire humaine – et le taux d’extinction des espèces s’accélère, provoquant dès à présent des effets graves sur les populations humaines du monde entier », alerte le nouveau et historique rapport de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (Ipbes), dont le résumé a été approuvé lors de la 7e session plénière de l’Ipbes, qui s’est réunie la semaine dernière (du 29 avril au 4 mai) à Paris.

 

[Efese] Comment se portent les écosystèmes français ?

À l’occasion de la publication des rapports de l’Évaluation française des écosystèmes et des services écosystémiques (Efese), consacrés aux six grands types d’écosystèmes présents à l’échelle nationale, la FRB a synthétisé les principaux biens et services associés à chacun d’eux.

 

À l’échelle de la France, le programme Efese, porté par le ministère en charge de l’environnement, constitue une démarche analogue à celle de l’Ipbes, la plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques.

[IPBES 7] Biodiversité et pollution

À l’occasion de la sortie du nouveau rapport de l’IPBES sur l’état de la biodiversité mondiale prévu pour mai 2019, la FRB donne chaque mois la parole à des scientifiques qui travaillent sur les menaces qui pèsent sur la biodiversité, mais aussi sur les solutions pour y remédier.

Juristes, économistes, biologistes de la conservation sont autant de chercheurs qui offriront chacun un éclairage précis sur l’état et le devenir des espèces et de leurs écosystèmes.

 

Le quatrième thème abordé est celui de la pollution, considéré comme la 5e cause de perte de biodiversité dans le monde.

[Synthèse] Schémas spatiaux et temporels de blanchissement de masse des coraux pendant l’Anthropocène

Un des résultats majeurs de l’étude « Schémas spatiaux et temporels de blanchissement de masse des coraux pendant l’Anthropocène », publiée dans Science, est la mise en évidence de l’augmentation spectaculaire de la fréquence et de l’intensité des phénomènes de blanchissement corallien qui atteignent des niveaux très élevés et quasiment irréversibles.

 

« L’état futur des récifs et des services écosystémiques qu’ils fournissent aux populations dépendra de manière directe de l’évolution de nos émissions de gaz à effet de serre et de notre capacité à renforcer la résilience des coraux au blanchissement par la gestion des facteurs de stress locaux ».

[Grand débat national] La contribution de la FRB sur le thème de la transition écologique

Pourquoi axer la transition écologique sur une diminution de l’empreinte écologique ?

Actuellement, la France consomme trois fois sa propre capacité de production. Pour l’année 2018, l’ensemble des ressources que notre pays a pu produire a été consommé le 5 mai 2018. Après cette date, la France a donc dépassé sa « biocapacité », et est passé en situation de déficit écologique.

 

Cet état de fait éminemment non durable peut encore être inversé

Pour cela, il est nécessaire de soutenir la recherche pour mieux évaluer l’état de la biodiversité, comprendre le fonctionnement et le rôle des écosystèmes, et assurer le transfert des connaissances pour étayer les décisions publiques et privées et sensibiliser les différents publics aux sciences du vivant, notamment les plus jeunes.

La FRB propose de rassembler les citoyens autour d’un objectif de diminution de notre empreinte écologique et d’offrir une vision fédératrice de l’avenir, source d’économies et d’innovations. Cette ambition peut aussi être portée à l’échelle européenne puis mondiale à l’occasion notamment de la 7e plénière de l’Ipbes en 2019 et de la COP Diversité biologique qui se tiendra en Chine en 2020. C’est une opportunité pour la France d’apparaître ainsi comme pionnière, exemplaire et porteuse d’une ambition forte en matière de préservation et d’usage durable de la biodiversité.

 

7 axes d’actions publiques prioritaires pour diminuer notre empreinte écologique

La diminution de l’empreinte écologique doit être conçue pour trouver les synergies positives entre la poursuite des trajectoires évolutives des non humains et celle du développement du bien être humain. Ceci embrasse une grande diversité d’enjeux sociaux, sanitaires, culturels, politiques, économiques, au sein de nos sociétés. Parmi eux, la FRB a identifié, sur la base de nombreux travaux de recherches publiés ou en cours, sept axes d’actions publiques prioritaires aux interfaces entre :

  • Alimentation,
  • Climat,
  • Transition énergétique,
  • Modes de consommation,
  • Logement et urbanisation,
  • Transport,
  • Libre évolution de biodiversité et bénéfices pour la santé humaine.

[Vidéos] DCSMM – Bilan de santé des eaux marines métropolitaines – Ouverture de la consultation publique

Les documents stratégiques de façade font l’objet d’une consultation du public, qui s’ouvre aujourd’hui et jusqu’au 4 juin prochain sur : https://www.merlittoral2030.gouv.fr/

Cette consultation donne l’opportunité à toutes les parties prenantes de s’exprimer sur le contenu de ces documents, leur niveau d’ambition. Le niveau de participation est également révélateur de l’intérêt que la société porte aux enjeux marins. Les documents stratégiques de façade devraient ensuite être adoptés en septembre 2019.

[Grand débat national] « Et si on parlait biodiversité ? » – Rendez-vous le 11 mars !

Dans le cadre du « Grand débat national », venez échanger autour de la biodiversité à l’occasion d’un débat organisé par 14 structures travaillant sur la question environnementale.

 

  • Rendez-vous lundi 11 mars
  • De 19h à 21h
  • À la Mairie du 15e arrondissement de Paris (31, rue Péclet – 75015 PARIS)

 

Ce débat sera animé par Patricia Martin de France Inter et Jean-Jacques Fresko de l’Agence nature.

Entrée libre

[Ipbes 7] Biodiversité et exploitation directe des ressources

À l’occasion de la sortie du nouveau rapport de l’IPBES sur l’état de la biodiversité mondiale prévu pour mai 2019, la FRB donne chaque mois la parole à des scientifiques qui travaillent sur les menaces qui pèsent sur la biodiversité, mais aussi sur les solutions pour y remédier.

Écologues, juristes, économistes, biologistes de la conservation sont autant de chercheurs qui offriront chacun un éclairage précis sur l’état et le devenir des espèces et de leurs écosystèmes.

 

Le troisième thème abordé est celui de l’exploitation directe des ressources, considéré comme la 2e cause de perte de biodiversité dans le monde.

[Nouvelle synthèse] Les plantes favorisent-elle leurs parents ?

Si les scientifiques ont démontré que certaines plantes communiquent entre elles pour prévenir leurs congénères de dangers, certains vont plus loin et estiment que des plantes établissent des rapports privilégiés avec leurs parents. Ainsi l’arabette des dames (Arabidopsis thaliana) modifierait l’arrangement de ses feuilles pour réduire son ombrage et favoriser ses parents qui poussent à ses côtés. Les tournesols apparentés, plantés les uns à côté des autres, s’organiseraient pour se faire de l’espace. Une plante de la famille des brassicacées (Moricandia moricandioides) cultivée avec ses parents produirait plus de fleurs et serait ainsi plus attrayantes pour les pollinisateurs.

 

Jugées peu sérieuses il y a une dizaine d’années, ces théories gagnent du terrain. La scientifique Elizabeth Pennisi a ainsi réalisé une synthèse de connaissance parue en janvier dernier dans la revue Science intitulée : les plantes favorisent-elles leur parents ?

Sortie des rapports régionaux de l’Ipbes

La biodiversité et les services écosystémiques continuent de décliner dangereusement, alertent les scientifiques

Fruit de trois années de travail, les quatre évaluations régionales de la biodiversité et des services écosystémiques couvrent les Amériques, l’Asie et le Pacifique, l’Afrique ainsi que l’Europe et l’Asie centrale – la planète entière à l’exception des pôles et des océans. Les rapports d’évaluation ont été approuvés par la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (Ipbes), à Medellín, en Colombie, lors de sa 6ème plénière.  

« La biodiversité et ses services écosystémiques paraissent pour beaucoup de personnes des questions d’experts, loin de notre vie quotidienne« , a déclaré le président de l’Ipbes, Sir Robert Watson, « Rien ne pourrait être plus loin de la vérité. Ils sont à la base de notre nourriture, de l’eau et de l’énergie que nous consommons. Ils sont au cœur non seulement de notre survie, mais de nos cultures, de nos identités et de notre joie de vivre. Les meilleures données disponibles rassemblées par les meilleurs experts mondiaux nous conduisent à une conclusion unique : nous devons agir pour arrêter et inverser la tendance à l’utilisation non durable de la nature – au risque non seulement de nous engager vers un futur que nous ne souhaitons pas, mais aussi de compromettre les vies que nous menons actuellement. Heureusement, les preuves montrent également que nous savons comment protéger et restaurer partiellement nos atouts naturels vitaux. « 
 
Les rapports d’évaluation de l’Ipbes examinés par les pairs se concentrent sur les questions clés pour chacune des quatre régions, notamment :
  • Pourquoi la biodiversité est-elle importante,
  • Dans quels domaines faisons-nous des progrès pour la protéger,
  • Quelles sont les principales menaces et opportunités pour la biodiversité
  • Et comment pouvons-nous ajuster nos politiques et nos institutions pour un avenir plus durable ?  

 

Dans chaque région, à l’exception d’un certain nombre d’exemples positifs où des leçons peuvent être tirées, la biodiversité et la capacité de la nature à contribuer au bien-être des populations sont dégradées, diminuées ou perdues en raison d’un certain nombre de pressions communes : la surexploitation et l’utilisation non durable des ressources naturelles ; la pollution de l’air, des terres et des eaux ; le nombre croissant et les impacts des espèces exotiques envahissantes et des changements climatiques, entre autres.

[Nouvelle synthèse] La compétition mondiale entre les pêcheries et les oiseaux marins persiste malgré leur déclin généralisé

L’intensification de la pêche industrielle contribue à diminuer la quantité de nourriture disponible pour les oiseaux marins. Une étude parue dans la revue Current Biology a cartographié pour la première fois, la compétition entre la pêche industrielle et les oiseaux marins à travers le monde.

 

Entre 1970 et 2010, la consommation alimentaire annuelle mondiale des oiseaux de mer a diminué de 19 %, passant de 70 à 57 millions de tonnes. Les rendements globaux des pêcheries mondiales sont quant à eux passés de 59 à 65 millions de tonnes par an, allant même jusqu’à une augmentation de 91 % pour les calmars. Cette compétition – qui a augmenté dans près de la moitié des océans – menace de nombreuses espèces d’oiseaux dans le monde.

Revue des grands articles scientifiques qui ont marqué 2018

Ce sont des questions qui sont posées : que dit la recherche sur la biodiversité terrestre, sur la biodiversité marine, sur l’incidence des pollutions chimiques, etc. Il est aussi question de la protection de la biodiversité et la présentation se termine en posant la question de savoir si on peut gérer l’intégralité du système terre pour limiter la perte de la biodiversité et des services. Un clin d’oeil final rappelle que l’Homme n’est probablement pas le seul détenteur de cultures. L’exercice ne prétend pas à l’exhaustivité, mais offre un aperçu de l’avancée récente des sciences de la biodiversité.

 

Consultez ci-dessous la revue.

[Nouvelle synthèse] Modification des écosystèmes et zoonoses dans l’Anthropocène

Avec près de 60% des maladies infectieuses émergentes classées comme zoonotiques, ces pathologies représentent un enjeu croissant de santé publique au niveau mondiale. La facilité par laquelle elles se propagent dans la population humaine dépend à la fois de la zoonose et du contexte écologique. Dans un article paru dans la revue scientifique Zoonoses and public health, une équipe de scientifiques illustre la nécessité de prendre en compte les exigences écologiques des agents pathogènes zoonotiques, l’impact des interventions humaines, mais aussi les types d’écosystèmes concernés (urbain, péri-urbain et forestier) pour se préparer à leur émergence et les gérer efficacement.

 

À l’heure de l’Anthropocène, les changements d’usage des terres, les populations animales et le climat entraînent l’apparition de maladies transmises des animaux à l’Homme, autrement appelées zoonoses.
Les zoonoses sont des processus écologiques naturels au sein des écosystèmes. Leur éradication peut ne pas avoir que des effets positifs, car d’autres parasites ou pathogènes sont susceptibles d’occuper les niches laissées vacantes. En raison de la multiplicité des espèces et des échelles impliquées, l’écologie des communautés associée à l’épidémiologie peut amener à une meilleure compréhension des processus et des dynamiques impliqués dans les épidémies de zoonoses et faciliter une meilleure gestion des risques liés aux maladies zoonotiques.

[Ipbes 6] Dégradation et restauration des terres – Lacunes et besoins de connaissances

Après la sortie du rapport d’évaluation « Dégradation et restauration des terres », l’Ipbes organise une conférence web – du 14 janvier au 4 février – dédiée aux lacunes et besoins de connaissances.
L’objectif : stimuler la production de nouvelles connaissances scientifiques.
En partant du rapport, conférenciers et participants identifieront et prioriseront les besoins en informations scientifiques pour étayer les décisions des politiques, des gestionnaires et autres acteurs.

 

L’Ipbes diffusera les conclusions sur les besoins de recherche auprès des décideurs et des agences de financement. La FRB relaiera également les conclusions sur son site et dans les réseaux concernés, dont le Comité français pour l’Ipbes.

Ouverte à tous, cette conférence en ligne, consultative et interactive, se déroulera en plusieurs temps :

  • 14 janvier : webinaire d’ouverture
  • 14-18 janvier : forum, quelles lacunes ?
  • 21-25 janvier : forum, quels besoins ?
  • 28 janvier – 1er février : forum, quelles pistes d’actions ?
  • 4 février : webinaire de clôture

 

En tant que chercheurs, acteurs ou décideurs, vous pouvez :

  • Contribuer directement (en anglais) à la consultation et aux échanges sur le site de la conférence : il suffit simplement de vous inscrire sur le site.
  • Synthétiser votre message (en anglais ou français) pour l’un ou l’autre temps de la conférence et le faire remonter via la participation de la FRB avant chaque mercredi.

 

Accéder au site de la conférence.

[Ipbes 6] Messages-clés des résumés pour décideurs

Plus de 120 experts internationaux issus de 36 pays ont évalué l’état des connaissances sur la biodiversité en Europe et en Asie centrale, tirant des informations de près de 4 000 sources : travaux scientifiques, rapports techniques et savoirs traditionnels et locaux. Les conclusions-clés rassemblées dans le « Résumé pour décideurs » visent à orienter les décisions relatives aux politiques publiques et aux actions du secteur privé et des citoyens en faveur de la préservation de la biodiversité. Elles ont été approuvées le 24 mars 2018 par la 6e plénière de l’Ipbes et ses 129 États membres.

 

La FRB propose deux dépliants pour mettre en avant des messages synthétiques issus des rapports Europe et Asie centrale et Dégradation et restauration des terres.

[Ipbes 7] Espèces envahissantes, la diversité pour alliée

À l’occasion du nouveau rapport de l’Ipbes sur l’état de la biodiversité mondiale prévu pour mai 2019, la FRB donne chaque mois la parole à des scientifiques qui travaillent sur les menaces qui pèsent sur la biodiversité, mais aussi sur les solutions pour y remédier. Juristes, économistes, biologistes de la conservation sont autant de chercheurs qui offriront chacun un éclairage précis sur l’état et le devenir des espèces et de leurs écosystèmes.

 

Le premier thème abordé est celui des espèces envahissantes, 4e cause de perte de biodiversité dans le monde.

[Ipbes 7] La venue de l’Ipbes à Paris en 2019

L’Ipbes* s’apprête à publier le premier rapport d’évaluation mondial sur la biodiversité et les services écosystémiques depuis 2005.

 

En mai 2019, une nouvelle synthèse mondiale décisive sur l’état de la nature, des écosystèmes et des contributions apportées par la nature aux populations sera présentée aux représentants de 130 États, qui en discuteront en vue d’une approbation. C’est le premier rapport de ce type depuis que l’emblématique évaluation des écosystèmes pour le millénaire (Millenium Ecosystem Assessment) a été publiée en 2005, et le tout premier qui soit intergouvernemental.

 

Élaborée par 150 éminents experts internationaux issus de 50 pays, conciliant la représentation des sciences naturelles et sociales, avec des contributions additionnelles de 250 experts supplémentaires, travaillant avec la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (Ipbes), l’évaluation mondiale de la biodiversité et des services écosystémiques contribuera à améliorer les politiques et les actions au cours de la décennie à venir.

 

Le rapport sera achevé et examiné lors de la septième session plénière de l’Ipbes du 29 avril au 4 mai 2019. Ayant exigé trois années de travail et un coût total de plus de 2,4 millions de dollars, l’évaluation mondiale de l’Ipbes s’appuie sur près de 15 000 références, y compris des documents scientifiques et des informations gouvernementales. Il s’agit également de la toute première évaluation qui examine systématiquement et intègre les savoirs, problématiques et priorités autochtones et locaux.

 

Un « résumé à l’intention des décideurs » détaillé qui souligne les principaux messages, résultats et options, doit être présenté au public au siège mondial de l’Unesco, à Paris, le lundi 6 mai 2019.

 

Accédez au communiqué de l’Ipbes

 

* Souvent décrite comme le « GIEC de la biodiversité », l’IPBES est l’instance scientifique et politique mondiale chargée de fournir à tous les décideurs les meilleurs éléments probants disponibles concernant les populations et la nature.

[Nouvelle synthèse] Devons-nous choisir entre nourrir l’humanité et protéger la nature ?

La capacité de la population humaine à continuer de croître, ou à se stabiliser, dépend fortement des services écosystémiques. Or ces services se dégradent de plus en plus à mesure que le nombre d’individus augmente et que la biodiversité décline. Dans une étude parue dans la revue scientifique Science of The Total Environment, une équipe de scientifiques – menée par les chercheurs français Victor Cazalis et Michel Loreau – a répondu à la question : Devons-nous choisir entre nourrir l’humanité et protéger la nature ?

En construisant un modèle dynamique pour conceptualiser les liens entre la proportion mondiale d’habitats naturels et la démographie humaine à travers quatre catégories de services écosystémiques (approvisionnement, réglementation, loisirs culturels et informationnels), les chercheurs ont essayé de déterminer si la trajectoire actuelle du développement humain pouvait conduire à un effondrement de nos civilisations comme se fut le cas par le passé avec la disparition de plusieurs civilisations humaines, en Mésopotamie, en Scandinavie, chez les mayas ou sur l’île de Pâques.

[Journée FRB 2018] Consultez les actes

Afin de permettre à nos sociétés de se nourrir sainement, dans le respect de la biodiversité, les systèmes de production alimentaire doivent être repensés pour préserver les écosystèmes qui produisent des denrées et qui permettent aux sociétés humaines d’en retirer des services tels que la captation du CO2, l’épuration de l’eau ou de l’air, indispensable à une bonne qualité de vie.

 

La journée FRB du 27 septembre : « Biodiversité, transition alimentaire et santé » a fait un point sur l’état des connaissances scientifiques et animer des discussions avec les parties prenantes sur les voies d’une transition qui permettraient notamment, via l’évolution des systèmes de production alimentaire, de contribuer à la préservation de la biodiversité et à l’amélioration de la santé humaine.

 

Rendez-vous dans les ressources de la page Journée FRB 2018 pour consulter les actes. 

[Nouvelle synthèse] Comment mesurer la relation entre la biodiversité alimentaire et l’adéquation nutritionnelle des régimes alimentaires ?

Les scientifiques ont démontré que la biodiversité est, pour de nombreux aspects, essentielle à la santé humaine.

 

Or, les régimes alimentaires humains composés d’une grande variété de plantes et d’animaux ont progressivement été remplacés par des régimes alimentaires composés principalement d’aliments transformés et comprenant un nombre limité de denrées alimentaires (Drewnowski et al., 1997). Alors qu’on estime à 300 000 les espèces de plantes comestibles disponibles pour l’homme, plus de la moitié des besoins énergétiques mondiaux sont actuellement satisfaits par quatre cultures : le riz, les pommes de terre, le blé et le maïs.

 

Ces nouveaux régimes de faible qualité nutritionnelle constituent le principal facteur de risque de mauvaise santé dans le monde entier (Abajobir et al., 2017). Or, les populations les plus concernées sont aussi souvent celles qui vivent dans un environnement dégradé où l’érosion de la biodiversité sauvage et cultivée réduit la diversité alimentaire disponible.

 

Ce cercle vicieux peut néanmoins être brisé en restaurant les écosystèmes et leurs fonctions et en promouvant un usage durable de la biodiversité alimentaire cultivée et sauvage pour remédier aux carences en micronutriments des populations vulnérables.

 

Ainsi, le soutien de systèmes de production avec une plus grande diversité d’espèces consommables peut permettre d’atteindre les deux objectifs de santé publique et de protection de la biodiversité. Ce pourrait être un levier majeur et une priorité de l’action publique, mais il est parfois compliqué d’évaluer les effets de ces actions sur la qualité des régimes alimentaires.

 

L’étude présentée ici s’est attachée à identifier, parmi les indicateurs disponibles, ceux qui sont les plus pertinents pour mesurer la relation entre la biodiversité alimentaire et l’adéquation nutritionnelle des régimes alimentaires et ainsi donner des éléments pour justifier les politiques qui tendent à accompagner la transition vers une agriculture plus diversifiée.

[Planète vivante] Sortie du rapport de WWF

Le rapport porte, à travers l’indice Planète vivante, un message fort et dramatique : entre 1970 et 2014, 60% des effectifs des populations de vertébrés sauvages ont baissé. Un constat qui ne surprendra pas les scientifiques compte tenu des nombreux articles récents qui démontrent ce déclin des populations de vertébrés et plus encore celui des populations de mammifères sauvages, un phénomène qui s’accentue.

 

On rappellera ici les spectaculaires enseignements de l’article de Bar-On et al. sur la répartition de la biomasse mondiale où les mammifères sauvages ne représentent plus 0,27 % de la biomasse animale et 7 % de la biomasse des animaux domestiques (cf. synthèse correspondante) !

 

Au-delà de ce constat, le rapport rappelle que nous vivons depuis 1950 la « Grande accélération », phénomène unique qui se traduit par un accroissement exponentiel de la demande en énergie, en terres et en eau et donc par une pression de plus en plus grande sur les ressources terrestres et la biodiversité. L’empreinte écologique humaine a augmenté de 190 % au cours des 50 dernières années, augmentant la pression sur les terres et notamment sur la biodiversité des sols, et contribuant à la perte des pollinisateurs.

 

Le rapport s’achève en rappelant qu’il est encore possible de réagir et que l’on peut proposer une feuille de route 2020-2050 pour inverser ces tendances dramatiques et tenter de restaurer la biodiversité mondiale.

 

À quelques jours de la COP 14 en Egypte, ce rapport du WWF est le bienvenu et il faut espérer que les délégations y trouvent une source d’inspiration et surtout d’ambition pour la biodiversité !

 

[Sciences pour l’action] Les rencontres

Le ministère de la transition écologique et solidaire (MTES), l’Agence française pour la biodiversité (AFB) et la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) ont mis en place les Rencontres « Sciences pour l’action – prospectives pour la biodiversité ».

 

Accédez aux recommandations issues des Rencontres « Sciences pour l’action – prospectives pour la biodiversité » 2017.

 

Ces rencontres, à l’interface entre savoir et action, ont pour objectif de produire des recommandations pour soutenir la production et la diffusion de connaissances et améliorer la mise en oeuvre de l’action publique en faveur de la biodiversité, que ce soit au sein de politiques directement en lien avec cette dernière ou au sein de politiques publiques en apparence plus éloignées. Elles ciblent notamment :

  • les nécessaires soutiens à la recherche en appui aux politiques publiques ;
  • les nécessaires évolutions des politiques sectorielles pour qu’elles prennent mieux en compte les enjeux liés à la biodiversité ;
  • les actions pour favoriser une mise en oeuvre efficace des politiques publiques en faveur de la biodiversité ;
  • les expérimentations ou évaluations à mener avec la recherche et les initiatives locales à soutenir et à mieux faire connaître.

 

Entre 2017 à 2019, trois séries de rencontres sont ainsi programmées avec pour objet l’appropriation des résultats de la recherche et de prospectives par les politiques publiques et les acteurs concernés, ainsi que la remontée de leurs enjeux de connaissance scientifique.

L’appel de la FRB

À nous collectivement de rendre des services à la biodiversité : notre avenir commun en dépend.

 

Les travaux scientifiques sont clairs. L’érosion de la biodiversité s’accélère. Ce constat, relayé par les récentes évaluations régionales de l’IPBES, souligne combien il est urgent de mettre en œuvre des solutions pour freiner cet effondrement. La science est indispensable pour accompagner ces efforts et favoriser des comportements sociaux et économiques moins dommageables, voire même favorables à la biodiversité. C’est ce dernier message que la Fondation pour la recherche sur la biodiversité veut, avec ses partenaires, faire passer.

 

Consultez l’appel et découvrir les partenaires

 

À l’occasion de ses 10 ans, la FRB a mis en place différentes actions à découvrir ci-dessous : 

« La FRB fête ses 10 ans » par Jean-François Silvain, président de la FRB

10 ans, c’est court à l’échelle d’une vie humaine. C’est encore plus court à l’échelle de l’histoire du monde, mais, pour une structure nouvelle et originale dans le paysage de la recherche nationale et européenne, c’est déjà une période longue et riche. La Fondation française pour la recherche sur la biodiversité a été créé le 26 février 2008 à l’initiative des ministères chargés de la recherche et de l’écologie, à la suite des recommandations du Groupe 2 du Grenelle Environnement « Préserver la biodiversité et les ressources naturelles » qui s’était tenu fin 2007.

 

La Fondation, connue ensuite sous le sigle FRB, Fondation pour la recherche sur la biodiversité, résultait de la fusion de deux Groupements d’intérêt scientifique (GIS) préexistants ; le Bureau des ressources génétiques, fondé en 1983, et l’Institut français de la biodiversité, créé en 2000. Le but de la FRB est en premier lieu de rassembler et analyser des informations sur la recherche française et internationale pour la biodiversité, ses outils et ses applications, en second lieu d¹améliorer la coordination des acteurs nationaux de recherche, en troisième lieu de favoriser la diffusion et d¹accompagner l’utilisation des résultats de la recherche et de l’expertise scientifique et enfin d’établir un partenariat durable entre les organismes publics et les entreprises dans le domaine de la recherche en faveur de la biodiversité, de sa conservation et de la gestion des ressources génétiques. L’une des originalités de la FRB est la mise en place, à côté d’un Conseil scientifique (CS) d’un Conseil d’orientation stratégique (COS) regroupant les parties prenantes de la biodiversité (ONG, gestionnaires d¹espaces naturels, entreprises, syndicats, etc.).

 

(Consultez ci-dessous le texte complet)

 

À l’occasion de ses 10 ans, la FRB a mis en place différentes actions à découvrir ci-dessous : 

[Nouvelle synthèse] L’extinction paradoxale des espèces les plus charismatiques

Une opinion largement répandue, dans le grand public, mais aussi dans la littérature scientifique, veut que les efforts de conservation profitent de ma­nière disproportionnée aux espèces charismatiques et que, par conséquent, leur protection est suffisante et acquise.
Or, en étudiant 10 des espèces les plus charismatiques, l’étude de Franck Couchamp et ses collaborateurs a mis en évidence qu’elles couraient un risque élevé et imminent d’extinction dans la nature. Il apparait que le public ignore la situation de ces animaux. Les résultats suggèrent que cela pourrait être dû à la perception biaisée de leur abondance, émanant d’un décalage entre la profusion de leur représentation dans notre vie quotidienne à travers les médias, les jouets, les logos, et leur profusion réelle dans la nature. Les chercheurs émettent l’hypothèse que cette perception biaisée nuit involontairement aux efforts de conservation : d’une part parce que le public ignore que les animaux qu’il préfère font face à un danger d’extinction imminente et qu’il n’en perçoit donc pas le besoin urgent de conservation et que, par ailleurs, l’existence dans l’esprit du public de populations virtuelles renforce la perception que les populations réelles ne sont pas menacées. Cette sorte de compétition entre populations virtuelles et réelles, paradoxalement, diminue les efforts de conservation nécessaires et par conséquent accentue le risque d’extinction de ces espèces.

 

Cette situation devrait durer tant que cette utilisation ne sera pas accompa­gnée de campagnes d’information adéquates sur les menaces auxquelles ces espèces font face. Les auteurs proposent donc de compenser ces effets préjudiciables sur les efforts de conservation en captant une partie des bé­néfices associés à l’utilisation commerciale de l’image de ces espèces.

 

Découvrez ci-dessous cette troisième, et dernière, synthèses d’une série proposée par la FRB sur le paradoxe de la connaissance.

[Nouvelle synthèse] Les données de la biodiversité : biais taxonomiques en lien avec les préférences sociétales

La FRB poursuit sa série de synthèses sur le paradoxe de la connaissance avec cette deuxième synthèse.

 

À l’heure où l’on estime que plus de 99% des espèces vivant sur terre sont encore inconnues, peu étudiées ou ignorées, une équipe de recherche menée par Julien Troudet a récemment publié dans la revue Scientific Reports une étude cherchant à comprendre pourquoi certaines espèces étaient plus étudiées que d’autres.

 

Alors que l’on estime à 11 millions le nombre total d’espèces peuplant notre planète, seules 1,4 millions d’entre elles sont décrites. La majorité – plus de 99% – reste toujours inconnue, peu étudiée ou ignorée. C’est ce qu’on appelle un biais taxonomique, autrement dit le fait que certaines espèces, animales ou végétales, soient particulièrement bien connues des scientifiques (et du grand public) alors que d’autres organismes nous sont totalement inconnus.

Bien, qu’omniprésent dans la recherche sur la biodiversité, ce biais est peu étudié, peu compris et donc peu ou pas pris en compte dans les conclusions de la recherche alors même qu’il a été scientifiquement démontré que les espèces rares, petites ou non charismatiques, jouent parfois un rôle essentiel dans les écosystèmes.

Ne pas les considérer, par manque de connaissances, représente une entrave à la compréhension globale de la biodiversité à l’échelle mondiale, nuit à la mise en place de plans de conservation efficaces et ralentit la découverte de nouveaux produits ou propriétés chez les espèces sauvages.

[Nouvelle synthèse] La biodiversité mondiale : le paradoxe de la connaissance

Comment, dans le contexte d’érosion accélérée de la biodiversité due au changement global, connaitre « l’ensemble connecté » des espèces vivantes ? Comment appréhender l’évolution des populations, leur potentiel d’adaptation aux pressions qu’elles subissent et inventer des solutions opérationnelles pour une gestion durable ? Au-delà de l’effort de mobilisation des compétences nécessaires pour élucider ces questions et de l’abondement pérenne des financements requis, la recherche sur la biodiversité dans toutes ses dimensions, des gènes aux écosystèmes, est plus que jamais une priorité.

 

La FRB a choisi de réaliser et diffuser pendant l’été des synthèses de résultats obtenus ces derniers mois par différentes équipes :

 

Découvrez les trois synthèses ci-dessous.

En 2018, le classement de Shanghaï par discipline honore à nouveau la recherche française en écologie

Dans l’ensemble Sciences naturelles, il existe un thème Écologie qui regroupe les catégories du « Web of Science » : conservation de la biodiversité et écologie. Et c’est là que toutes celles et ceux qui espèrent que la recherche française, de par ses qualités, pourra aider à préserver et à utiliser plus durablement la biodiversité peuvent se réjouir, car le classement met à l’honneur plusieurs universités françaises : (http://www.shanghairanking.com/Shanghairanking-Subject-Rankings/ecology.html)

 

  • Au premier rang mondial, l’université de Montpellier avec un score total de 290,0 (2e en 2017 avec 279,6 ; juste derrière l’université d’Oxford).
    Montpellier est devant UC Davis (3e avec un score de 278,8), UC Berkeley (4e avec un score de 271,0) et loin devant Cambridge (14e avec un score de 241,3) ou Cornell (21e avec un score de 234,4) !
  • Au 23e et 24e rang, on retrouve les universités Paul-Valery Montpellier 3 et Montpellier SupAgro.
  • Au 31e rang, on trouve l’École Pratique des Hautes Études.
  • Parmi les ex-aequo des 51-75e rangs : l’Université Paul Sabatier (Toulouse 3), l’Université Grenoble Alpes et l’Université de Savoie.
  • Parmi les ex-aequo des 76-100e rangs : AgroParisTech, l’École nationale Formation Agronomique et l’université de La Sorbonne.
  • Parmi les 101-150e rangs, on trouve l’École des Ponts ParisTech et l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines.

 

Cela fait 10 établissements français parmi les 100 premiers mondiaux du domaine (contre 8 l’an passé).

La FRB tient à féliciter les scientifiques de toutes ces universités (et des UMR qui leur sont associées) qui portent haut les couleurs de la recherche française et bien évidemment ceux de l’université de Montpellier, qui passe avec brio à la tête des plus grandes universités mondiales pour la recherche en écologie.

Mobilisation internationale contre les néonicotinoïdes

À l’initiative du scientifique britannique Dave Goulson, 233 chercheurs internationaux, signent un appel dans le journal Science pour inviter les États du monde à restreindre rapidement l’usage des insecticides néonicotinoïdes responsables en partie du déclin massif de la biodiversité. Ils insistent sur la nécessité de ne pas remplacer les néonicotinoïdes interdits (notamment suite au récent vote du parlement européen) par des produits qui auraient les mêmes effets sur la biodiversité.

 

Cette mobilisation de la communauté scientifique s’appuie sur de nombreux travaux de recherche récents et relaye les alertes lancées par l’Ipbes à l’occasion des évaluations sur les pollinisateurs ou des évaluations régionales de la biodiversité et des services écosystémiques.

 

La FRB invite à relire le rapport de son Conseil scientifique « Biodiversité et néonicotinoïdes, revisiter les questions de recherche » ainsi que la Note de la FRB « Sortir de la dépendance aux pesticides », documents disponibles ci-dessous.

[Ipbes 6] Comprendre la biodiversité européenne et ses enjeux

À l’occasion du prochain rapport de l’Ipbes sur l’état de la biodiversité en Europe et en Asie Centrale, la FRB donnera chaque mois jusqu’à la sortie du rapport la parole à des chercheurs spécialistes de différents écosystèmes (marin, forestier, d’eau douce, etc.) et de disciplines aussi diverses que le droit, l’économie et la biologie de la conservation. Autant de domaines qui offrent chacun un éclairage précis sur les enjeux actuels pour la biodiversité.

Consultation d’experts : les effets de la biologie de synthèse et des biotechnologies sur la biodiversité

Cette consultation de type Delphi vise à identifier des priorités et des souhaits pour le développement et le renforcement de programmes de recherche sur ces effets, les difficultés de telles recherches et les besoins précis pour les mettre en oeuvre. Cette consultation s’adresse en priorité aux chercheurs des secteurs publics et privés, mais elle est ouverte à toute personne ayant une formation scientifique qui voudrait y participer (étudiants, bureaux d’études, ONG, etc). La consultation est ouverte jusqu’au 20 avril 2018 – Vos réponses seront strictement confidentielles.

Mieux connaître les sols et leurs enjeux

Toutes les vidéos sont à découvrir dans la rubrique « La Biodiv’ par les chercheurs » du Biodiv’Mag : 

  • Les sols, un patrimoine riche mais fragile, par Jean-François Silvain, président de la FRB.
  • La ville recyclable, par Marc Karszynski, président du Lifti.
  • L’ABC : pour un inventaire de la biodiversité sur les communes, par Antoine Cadi, directeur de la recherche et de l’innovation à CDC Biodiversité. 
  • Biodiversité des sols, il n’y a pas que les vers de terre (sous) la terre ! par Sébastien Barot, directeur de recherche à l’IRD.
  • Les arbres : les grands alliés des sols, par Jean-Maris Deshoux, ingénieur territorial en environnement. 
  • Comment les terrils du nord de la Frande sont-ils devenus des îlots de biodiversité ? par Guillaume Lemoine, ingénieur écologue. 
  • Vous ne verrez plus les pistes de ski come avant ! Par Stéphanie Gaucherand, chercheuse à l’Irstea. 
  • Restauration des sols : un aspirateur pas comme les autres, par Jean-Louis Morel, professeur à l’université de Lorraine.
  • Ne cachons plus la pollution sous le tapis des sols ! par Christel de la Hougue, déléguée générale de l’UPDS (Union des professionnels de la dépollution des sites)
  • Quand un cimentier restaure les carrières en terres agricoles grâce à la biodiversité, par Camille Bayle, ingénieure agronome pour le groupe Vicat. 

Deuxième avertissement !

Cette mobilisation exceptionnelle de la communauté scientifique fait écho à un précédent appel lancé il y a 25 ans par 1 500 chercheurs qui avait déjà pour objectif d’alerter l’humanité sur la nécessité de se mobiliser au plus vite autour de différentes questions écologiques. Malgré cette mise en garde, la déforestation, la baisse de la disponibilité des ressources en eau ou encore l’augmentation de la concentration de CO2 dans l’atmosphère n’ont cessés de s’aggraver sous la pression de l’Homme, au point que tous les indicateurs sont désormais au rouge. C’est sur la base de ce constat alarmant que l’Union of Concerned Scientists a décidé de renouveler son appel.

 

Parmi les mesures mises en avant pour une transition vers un avenir plus durable, on note :

  1. Privilégier la mise en place de réserves connectées entre elles, correctement financées et correctement gérées, destinées à protéger une proportion significative des divers habitats terrestres, aériens et aquatiques – eau de mer et eau douce ;
  2. Préserver les services rendus par la nature au travers des écosystèmes en stoppant la conversion des forêts, prairies et autres habitats originels ;
  3. Restaurer sur une grande échelle les communautés de plantes endémiques, et notamment les paysages de forêt ;
  4. Ré-ensauvager des régions abritant des espèces endémiques, en particulier des superprédateurs, afin de rétablir les dynamiques et processus écologiques ;
  5. Développer et adopter des instruments politiques adéquats pour lutter contre la défaunation, le braconnage, l’exploitation et le trafic des espèces menacées ;
  6. Réduire le gaspillage alimentaire par l’éducation et l’amélioration des infrastructures ;
  7. Promouvoir une réorientation du régime alimentaire vers une nourriture d’origine essentiellement végétale ;
  8. Réduire encore le taux de fécondité en faisant en sorte qu’hommes et femmes aient accès à l’éducation et à des services de planning familial, particulièrement dans les régions où ces services manquent encore ;
  9. Multiplier les sorties en extérieur pour les enfants afin de développer leur sensibilité à la nature, et d’une manière générale améliorer l’appréciation de la nature dans toute la société ;
  10. Désinvestir dans certains secteurs et cesser certains achats afin d’encourager un changement 
environnemental positif ;
  11. Concevoir et promouvoir de nouvelles technologies vertes et se tourner massivement vers les sources d’énergie vertes tout en
  12. Réduisant progressivement les aides aux productions d’énergie utilisant des combustibles fossiles ;
    revoir notre économie afin de réduire les inégalités de richesse et faire en sorte que les prix, les taxes et les dispositifs incitatifs prennent en compte le coût réel de nos schémas de consommation pour notre environnement ;
  13. Déterminer à long terme une taille de population humaine soutenable et scientifiquement défendable tout en s’assurant le soutien des pays et des responsables mondiaux pour atteindre cet objectif vital.

 

Par l’intermédiaire de cette mobilisation, les scientifiques espèrent faire prendre conscience à chacun que seul un changement rapide et radical de notre mode de vie pourra permettre de sauver notre planète.

Référence : https://academic.oup.com/bioscience/article/doi/10.1093/biosci/bix125/4605229

[Enquête FRB] Biodiversité et communication

Dans le cadre de son groupe de travail COSCS Biodiversité et communication : retours d’expériences et prospective, la FRB lance une enquête.

 

Le but de ce questionnaire est de mutualiser les expériences, points de vue et approches afin de connaitre les bonnes pratiques. Cet état des lieux en terme de communication sur la biodiversité permettra d’identifier les freins et difficultés rencontrés ainsi que les actions performantes et innovantes mises en place. Une synthèse sera ensuite réalisée par le groupe pour aboutir à des propositions.

 

Menaces sur les pollinisateurs

Deux articles récents confirment les impacts des néonicotinoïdes sur les pollinisateurs, un autre met en lumière les effets délétères de l’éclairage nocturne.

 

Découvrez les synthèses de ces articles ci-dessous. 

[Ipbes 5] Jour après jour

Prolongations pour la cinquième session plénière de l’Ipbes 
10 mars 2017

 

Un consensus ayant été trouvé sur le cadrage de l’évaluation de l’usage durable dans la nuit de jeudi à vendredi, les derniers sujets à traiter en groupes de contact avant la plénière du vendredi après-midi étaient la participation de l’Union européenne à l’IPBES, le travail avec les savoirs autochtones et locaux et les décisions concernant l’examen de la Plateforme (seuls les termes de référence avaient été examinés jusqu’alors). Ces points ont pu être finalisés rapidement dans la matinée, les discussions ayant presque abouti au cours de la semaine. Deux points qui n’avaient pas encore fait l’objet d’un examen en groupe de contact, à savoir les travaux de l’équipe spéciale sur connaissances et données, qui traite notamment des indicateurs et de la génération de nouvelles connaissances à partir des lacunes identifiées dans les évaluations IPBES, et une proposition de décision pour prendre note de l’évolution de certains termes du cadre conceptuel de l’IPBES, ont pu être abordées malgré le temps limité. L’expression « bénéfices de la nature pour l’Homme » (se référant aux services écosystémiques) sera remplacée par « contributions apportées par la nature aux populations » dans les futurs documents de la Plateforme. Ce changement de terminologie a été approuvé par le Groupe d’experts multidisciplinaire et reflète l’évolution de la pensée scientifique à l’IPBES, suite notamment aux travaux du groupe d’expert sur les différentes conceptualisations et valeurs de la nature.

Suite à des démissions au sein du Groupe d’experts multidisciplinaire (GEM), des membres remplaçants pour les régions Afrique, Europe orientale et Amérique latine et Caraïbes ont été élus pour un mandat d’un an avant le renouvellement de l’ensemble du GEM en 2018.

 

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© Plusieurs membres de la délégation française en discussion à l’IPBES-5. Crédits : IISD/ENB | Sean Wu

 

En revanche, les discussions se sont prolongées sur la question du lancement des évaluations en suspens, liée à celle du budget et à celle du développement du deuxième programme de travail. L’opposition entre les pays de la région Europe occidentale et autres Etats (Etats-Unis, Nouvelle-Zélande…), contributeurs principaux au budget de l’IPBES, et les autres pays, au sujet du calendrier pour le lancement de l’évaluation de l’usage durable des espèces sauvages d’une part et des espèces exotiques envahissantes d’autre part aura pesé sur l’ensemble de la plénière jusqu’à la fin des négociations. Ces évaluations étant jugées prioritaires pour les pays du Sud, ils demandaient fortement qu’elles soient réalisées dès que possible, en leur allouant un budget en 2017 et en refusant qu’il y soit fait référence dans la décision relative au développement du 2ème programme de travail, ce qui indiquerait leur report de facto. Les pays du Nord quant à eux refusaient d’accéder à cette demande dans un souci d’équilibre budgétaire et des capacités humaines du Secrétariat de l’IPBES et de la communauté de recherche mondiale à se lancer dans de nouveaux travaux.

 

C’est un certain réalisme qui a prévalu in fine, lorsque la Plénière s’est clôturée, aux alentours de 23h. Un budget en équilibre a été adopté pour 2017, permettant seulement la continuation des travaux en cours. Un budget prévisionnel de 5 millions de dollars a été adopté pour 2018, ce qui est au-dessus du montant des contributions annoncées, mais en dessous de ce qui serait nécessaire pour lancer ne serait-ce que l’une des évaluations en suspens. Il permettra néanmoins au Secrétariat de fonctionner jusqu’à la prochaine plénière, au premier trimestre 2018. La question du lancement des évaluations en suspens y sera à nouveau abordée, au regard des ressources qui seront alors disponibles.

 

 

L’IPBES, ça claque !
9 mars 2017

La journée commence par le « bip » inévitable du portail de sécurité à l’entrée du centre de conférence, puis les talons des délégués sonnent dans les couloirs entre la salle de la plénière et celles des groupes de contact, le marteau du président retentit plus ou moins régulièrement en fonction de la complexité des débats, les kits pour l’interprétation glissent des chaises, les secrétaires de la réunion pianotent frénétiquement sur leurs claviers… ça claque à l’IPBES, et les nombreux bruits que l’on ne remarque pas témoignent de l’activité frénétique qui s’est emparée du Centre de conférence mondial de Bonn.

 

La troisième journée de la Plénière s’est entièrement déroulée en groupes de contact, avec une situation très exceptionnelle dans la soirée où trois groupes se sont réunis simultanément. Ce dispositif est très rarement utilisé étant donné que certains pays ne sont représentés que par un seul délégué, ce qui les empêche donc d’intervenir sur tous les sujets. Cependant, l’assemblée plénière seule peut entériner définitivement les décisions préparées en groupe de contact et elles seront donc toutes réexaminées vendredi après-midi avant adoption finale.

 

Le groupe présidé par Robert Watson s’est mis d’accord sur le processus et les modalités pour l’examen de l’efficacité des fonctions de la Plateforme, et a quasiment abouti à un consensus au sujet du développement du deuxième programme de travail (pour l’après 2018). Le groupe présidé par Ivar Baste, représentant de la région Europe occidentale et autres Etats au Bureau de l’IPBES, a poursuivi son examen du cadrage de l’évaluation de l’usage durable avant de lever la session en milieu de matinée. Il a été relayé par Fundisili Mketeni, représentant du Bureau pour la région Afrique, qui a présidé les discussions sur le renforcement des capacités.

 

© Les membres de l’IPBES réunis en plénière. Crédits : Photo by IISD/ENB | Sean Wu

 

Le groupe consacré au budget a rencontré celui étudiant la question des évaluations en suspens à l’heure du déjeuner pour essayer de trouver un accord sur le calendrier de la réalisation des évaluations.

 

L’après-midi, le groupe de contact sur le renforcement des capacités a pu finir ses travaux rapidement, et celui sur le catalogue d’outils et méthodes d’appui à l’élaboration des politiques lui a succédé, présidé de nouveau par Ivar Baste. Le deuxième groupe a fini la discussion sur le prochain programme de travail et repris celle sur les savoirs autochtones et locaux, présidé par Diego Balanza, membre du Bureau pour la région Amérique latine et Caraïbes.

 

A 17h30, la Plénière s’est rassemblée et le président de chaque groupe de contact a rendu compte des progrès accomplis. La plupart des points à l’ordre du jour ont été couverts et les groupes de contact correspondants ont atteint un accord. Cependant, les questions les plus épineuses du budget, du cadrage de l’évaluation de l’usage durable et des savoirs autochtones et locaux sont encore ouvertes, et à l’heure où nous écrivons ces lignes (près de minuit), deux d’entre eux sont encore en réunion…

 

 

La Plénière de l’IPBES se poursuit sous les auspices de la Journée de la Femme
8 mars 2017

 

La présidence européenne malto-slovaque a accueilli les délégués ce matin en réunion de coordination en célébrant la Journée internationale des femmes. Un petit clin d’œil également par Robert Watson en ouverture de la Plénière, et au cours de la réunion informelle organisée par la FRB et l’Université de Bonn pour la mobilisation des experts, des décideurs et des praticiens africains dans le cadre de l’IPBES avec un panel d’intervenant parfaitement équilibré.

 

Réunion informelle de la FRB et de l’Université de Bonn avec les délégations africaines – © Jean-François Silvain

 

La Plénière a fini de passer en revue les différents points à l’ordre du jour peu avant 18h00, accusant déjà un retard relativement important dans ses travaux. Le président a donc déjà convoqué des sessions tardives pour rattraper l’ordre du jour tel que prévu jeudi matin.

 

La Plénière a abordé la question des modalités et du calendrier de l’examen de l’efficacité de la Plateforme, et le point sur le catalogue d’outils et méthodes d’appui à l’élaboration des politiques qui doivent faire l’objet de discussions plus approfondies en groupe de contact, probablement jeudi matin. La Plénière a également examiné le document concernant la communication, l’engagement des parties prenantes et les partenariats stratégiques de l’IPBES.

 

La Plénière est invitée à adopter une approche pour travailler avec les savoirs traditionnels et locaux dans le cadre de l’IPBES, et un groupe de contact a commencé à se pencher sur la question dans la soirée. Les parties ont également commenté l’évolution de la terminologie employée dans le cadre conceptuel de l’IPBES, les « bénéfices de la nature pour l’Homme » ayant été renommés « contributions de la nature pour l’Homme ».

 

En parallèle, un autre groupe de contact a commencé à examiner le cadrage de l’évaluation de l’usage durable des espèces sauvages (titre révisé de l’évaluation anciennement dénommée « utilisation durable de la biodiversité »). La question du lancement de cette évaluation et des deux autres en suspens (sur les valeurs et sur les espèces exotiques envahissantes) est étroitement liée à celle du budget, et les groupes de contact sur ces deux points devront travailler en étroite consultation. Le groupe sur le budget s’est d’ailleurs réuni pour la première fois aujourd’hui, avec pour mission de trouver un seuil budgétaire viable pour mener à bien les travaux du premier programme de travail. Outre la question du budget, le président Robert Watson a mis en avant les contraintes en termes de ressources humaines nécessaires pour conduire efficacement les évaluations en suspens dès 2017, le Secrétariat tournant à plein régime avec six évaluations en cours, la communauté de chercheurs déjà fortement mobilisée pour la réalisation de ces mêmes évaluations et les décideurs n’ayant pas encore la capacité à relire et commenter les évaluations et résumés pour décideurs de manière satisfaisante. Il a appelé de ses vœux à ne pas sacrifier la qualité des produits de l’IPBES, ceux-ci étant le gage essentiel de sa crédibilité.

 

En ce qui concerne la gestion des connaissances et des données, la Plénière a demandé à examiner les travaux proposés pour 2017-2018 de plus près, dans le cadre d’un groupe de contact. A ce sujet, Future Earth a annoncé différentes actions menées en appui aux travaux de l’équipe spéciale, soutien qui a été formalisé par un Memorandum de coopération signé tout récemment entre l’IPBES et Future Earth.

 

Enfin, Robert Watson et Anne Larigauderie ont présenté les premières pistes pour l’organisation des deux prochaines plénières et le développement du deuxième programme de travail. Quelques observations ont été faites à ce sujet par les membres de la Plateforme, mais un groupe de contact prévu jeudi matin devra décider si ce point doit faire l’objet d’une décision à l’IPBES-5 ou non. La Colombie a offert d’accueillir la sixième session plénière de l’IPBES à Medellín sous les applaudissements.

 

Avant que les groupes de contact ne reprennent leurs travaux, la FRB a convié les pays d’Afrique francophone à une réunion pour faire le point sur les mesures prises pour la mise en place de structures nationales de coordination pour l’IPBES, suite à l’atelier organisé par la FRB en septembre 2016. Le Cameroun et le Maroc ont présenté leurs progrès en ce sens. L’Université de Bonn et ses partenaires en Ouganda et en Côte d’Ivoire ont quant à eux présenté un projet s’alignant sur des objectifs similaires et bénéficiant aux pays d’Afrique de l’ouest, avec un volet spécifique dédié à la formation.

 

 

Ouverture de la cinquième session plénière de l’IPBES
7 mars 2017

 

Plus de 600 représentants des Etats membres de l’IPBES et des organisations observatrices se trouvent à Bonn cette semaine pour la cinquième session plénière de l’IPBES.

 

Le Président de la Plateforme, Sir Robert Watson, a officiellement ouvert la session ce matin à 10h00. Les représentants officiels de l’Allemagne et de la ville de Bonn se sont exprimés en tant qu’hôtes de l’événement. Richard Kinley, vice-secrétaire exécutif de la Convention climat, et Guy Midgley, chercheur à l’Université de Stellenbosch, en Afrique du Sud, ont présenté les liens entre biodiversité et climat, soulignant notamment le rôle clé que peuvent jouer les écosystèmes aussi bien pour l’atténuation que pour l’adaptation au changement climatique. Le vice-secrétaire de la Convention climat a précisé que les premières révisions des contributions nationales attendues d’ici 2020 pourront s’appuyer aussi bien sur les travaux du Giec que sur ceux de l’IPBES, notamment l’évaluation mondiale de la biodiversité et des services écosystémiques.

 

Ipbes-5-Bonn

Vue du Rhin depuis le complexe des Nations unies à Bonn – © Agnès Hallosserie

 

Robert Watson s’est félicité de l’arrivée de deux nouveaux membres à l’IPBES, la Roumanie et l’Estonie, qui portent le nombre total d’Etats membres à 126.

 

Cette première journée, conduite entièrement en plénière, a d’ores et déjà abordé certains points clés à l’ordre du jour de l’IPBES-5, notamment la question de la participation de l’Union européenne qui pourrait bénéficier d’un statut amélioré d’observateur comme au Giec. Les discussions autour de cette proposition doivent continuer demain en petit groupe avec les représentants des régions des Nations unies et de l’Union européenne.

 

Le budget pour le programme de travail de l’IPBES a été présenté en détail par Anne Larigauderie, Secrétaire exécutive de l’IPBES. Selon des estimations optimistes mais réalistes, la Plateforme devrait encore lever 3,4 millions de dollars d’ici début 2019 pour finir les travaux lancés à ce jour. Les pays suivants ont annoncé leur intention de contribuer au budget pour 2017: Allemagne, Belgique, Canada, Chili, France, Japon, Pays-Bas, Norvège, Suisse et Royaume-Uni. Cela aura une incidence certaine sur la capacité de la Plateforme à lancer les trois évaluations restantes pour ce programme de travail, à savoir celles portant sur les valeurs et conceptualisations de la nature, les espèces exotiques envahissantes et l’usage durable des espèces sauvages. De plus, le Secrétariat de l’IPBES a soulevé le problème des ressources humaine nécessaires pour conduire ces évaluations restantes au cours des deux prochaines années, étant donné la charge de travail que les six évaluations en cours représentent déjà pour les communautés d’experts, les décideurs et le Secrétariat de l’IPBES. Le Secrétariat tend à recommander le report des évaluations restantes afin d’assurer des travaux de qualité.

 

Les autres enjeux majeurs de cette plénière sont :

  • Les premières réflexions sur le développement du 2e programme de travail de l’IPBES
  • L’approbation des termes de référence et de la marche à suivre pour conduire l’examen de l’efficacité de la Plateforme
  • L’approbation de l’approche pour travailler avec les savoirs autochtones et locaux
  • L’approbation du plan de travail de l’équipe connaissances et données pour 2017-2018

 

Ces points seront abordés en plénière mercredi matin, avant que les délégués ne se répartissent en groupes de contact pour examiner en détail le contenu des travaux proposés et préparer les décisions qui seront adoptées en fin de semaine.

 

Lundi, l’UICN organisait la Journée des parties prenantes de l’IPBES. Le Secrétariat de l’IPBES est intervenu auprès des parties prenantes pour envisager avec eux les différentes contributions qu’ils peuvent faire à l’IPBES, et comment en retour ils peuvent se saisir des résultats de la Plateforme. Le NeFo, partenaire de la FRB et du Centre hongrois pour la recherche en écologie, a annoncé l’ouverture des inscriptions à la 4ème consultation pan-européenne des parties prenantes de l’IPBES. Les parties prenantes ont ensuite réfléchi en groupe sur la manière dont les décideurs, publics et privés, peuvent utiliser les scénarios et modèles de biodiversité et sur les termes à utiliser pour refléter les différentes valeurs de la nature. Ils ont examiné les termes de référence pour l’examen de l’efficacité de la Plateforme et l’approche pour travailler avec les savoirs autochtones et locaux, qui seront également examinés par les Etats membres au cours de la Plénière.

Appel aux candidats à l’élection présidentielle de 2017 du Conseil d’orientation stratégique (Cos)

La biodiversité est au cœur du fonctionnement des sociétés humaines, mais son rôle dans la vie quotidienne des citoyens est trop souvent méconnu et nous percevons encore mal les conséquences des pertes de biodiversité mises en évidence par les chercheurs. Cette situation, qui a été celle de l’impact du changement climatique, il y a quelques dizaines d’années, conduit dans de nombreux cas à des décisions mal étayées scientifiquement qui auront, à court, moyen ou long termes des effets importants, souvent irréversibles sur la biodiversité et notre qualité de vie, du fait de l’altération des services écosystémiques utilisés par l’Homme.

 

  • La biodiversité est à la base de notre alimentation. En quantité tout d’abord, notamment via la faune, la flore, les champignons et les micro-organismes des sols qui soutiennent les productions agricoles et permettent aux agrosystèmes d’être plus résilients face aux stress hydriques ou thermiques de plus en plus fréquents. En qualité ensuite, par le biais de la diversité génétique des plantes ou des animaux domestiques.
  • La biodiversité a également un rôle important sur la santé humaine. Il est aujourd’hui démontré qu’il existe un lien entre le bien-être des individus et leur accès à un environnement « biodivers ».
  • La biodiversité joue aussi un rôle majeur dans la régulation du climat. Les arbres, par exemple, captent le CO2 produit par les êtres vivants et les activités humaines, c’est aussi le cas du sol lorsque des pratiques durables sont mises en œuvre pour en préserver et enrichir la biodiversité. A l’inverse, la déforestation est un facteur aggravant du changement climatique.
  • La biodiversité fait également partie des solutions aux grands défis environnementaux. Lutter contre la pollution aux particules fines en ville, renforcer la résilience des cultures face au changement climatique par la renaturation des agrosystèmes, découvrir de nouveaux antibiotiques ou de nouvelles molécules anticancéreuses, utiliser l’ingénierie écologique pour résoudre des problèmes de pollution sont autant de solutions issues de la biodiversité.

 

Par ailleurs, le respect de la biodiversité dans son fonctionnement, ses dynamiques, son évolution, au-delà des intérêts immédiats ou futurs des sociétés humaines, constitue un impératif pour l’Humanité et une préoccupation pour de nombreux citoyens.

 

Les entreprises, les ONG, les gestionnaires, les collectivités rassemblés au sein du Conseil d’orientation stratégique (COS) de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) appellent donc les candidats à l’élection présidentielle de 2017 à prendre en compte les enjeux associés à l’état et au devenir de la biodiversité dans leur programme. Ils les invitent à soutenir la recherche sur la biodiversité et à favoriser la diffusion des connaissances afin de trouver des solutions pour préserver et utiliser durablement la biodiversité.

 

Consultez l’appel dans les ressources ci-dessous.

Comment faire en sorte que le bio-mimétisme profite aussi à la biodiversité ?

Depuis très longtemps les humains, au-delà de la simple utilisation ou transformation des produits de la nature, se sont inspirés de celle-ci pour développer des nouveautés, de nouveaux objets, et même de nouvelles manières d’exploiter leur environnement et donc de conquérir le monde.

 

La biodiversité au service de la technologie…

Les exemples sont multiples. Si on prend par exemple la conquête de l’air on se souvient que les pionniers se sont inspirés tant de l’observation des oiseaux ou des insectes que de celle des chauves-souris, à l’exemple de Clément Ader et de ses premiers avions. Plus récemment, toujours dans le domaine de l’aéronautique, ce que l’on appelle les Winglets sont issues aussi d’une forme de bio-inspiration, à partir de l’analyse de la morphologie des ailes de grands rapaces. Toujours en matière de bio-inspiration à finalité technologique, la forme de la tête du martin pêcheur a permis de diminuer les nuisances sonores du TGV japonais ; le fait que l’ingénieur à l’origine de cette avancée ait été ornithologue amateur n’est probablement pas étranger à ce succès. Le grand nombre d’acteurs économiques intéressés et impliqués montre que cette approche a été et est prometteuse et ce dans des secteurs différents : industrie, mais aussi secteur tertiaire ou collectivités territoriales.

 

… Et inversement ?

Cependant, on constate toutefois un problème majeur. En effet, une constante en ce qui concerne ces démarches de bio-mimétisme à travers l’histoire est le fait que ces inspirations de la nature ne se sont pas traduites (…)

 

Consultez l’article complet dans les ressources ci-dessous. 

[Ipbes 4] Pollinisation, pollinisateurs et production alimentaire, un état des connaissances pour l’action publique et privée

Ce rapport de plus de 800 pages, réalisé par 77 experts de différentes disciplines et pays, dresse un panorama aussi complet que possible des connaissances actuelles, mais aussi des incertitudes et des besoins de recherche sur ce domaine.

 

Le résumé pour décideurs, disponible dans les ressources ci-dessous, en tire 23 messages clés, un ensemble de fait essentiels et surtout une palette d’outils pour l’action dont les décideurs publics ou privés sont invités à se saisir.

 

La délégation française à laquelle participait plusieurs membres de la FRB, a été très active lors des discussions et s’est attachée à ce que ressortent clairement dans le résumé pour décideurs plusieurs éléments du rapport complet qui lui ont semblé particulièrement pertinents.

 

 

Le rapport

 

En premier lieu, le rapport rappelle l’importance de la pollinisation pour la sécurité alimentaire mondiale (35 % de la production agricole globale, soit un marché de 235 à 577 milliards de dollars en 2015) et donc les revenus des agriculteurs. Cette dépendance mondiale à la pollinisation s’est fortement accrue par ailleurs du fait de l’accroissement des surfaces dévolues à des cultures ainsi pollinisées (300 % en 50 ans). Au-delà de l’abeille domestique, bien connue, l’évaluation rappelle l’importance des 20 000 pollinisateurs sauvages comprenant principalement des insectes (bourdons, papillons, abeilles solitaires, etc.) ou encore des vertébrés comme les chauves-souris ou les singes.

 

Bien que le rôle des pollinisateurs soit primordial, l’évaluation menée montre qu’ils sont menacés à l’échelle mondiale. La liste rouge de l’UICN indique que 16,5 % des vertébrés pollinisateurs sont menacés d’extinction tout comme 9 % des espèces d’abeilles et de papillons en Europe. 30 % de ces espèces sont par ailleurs en déclin.

 

Les risques et les pressions qui s’exercent sur les pollinisateurs sont analysés dans le rapport : changement d’usage des terres, dégradation des habitats naturels, agriculture intensive, recours aux pesticides, pollution, développement des espèces exotiques envahissantes, changement climatique.

 

S’agissant de l’incidence des insecticides, la délégation française a été attentive à ce que le résumé pour décideurs mette bien en évidence les avancées scientifiques dans ce domaine et, à plusieurs reprises, d’autres délégations ont soutenu nos prises de position. En particulier, le rapport indique qu’il est maintenant bien établi que les insecticides, et notamment les néonicotinoïdes, ont des effets létaux et sublétaux démontrés en laboratoire. Le rapport souligne le manque de données concluantes en conditions réelles, tout en notant qu’une étude récente a montré des effets négatifs sur les pollinisateurs sauvages. De manière générale, le rapport invite à poursuivre les efforts pour évaluer les impacts, notamment à long-terme et sur un ensemble large d’espèces.

 

Au-delà des recherches portant sur l’incidence des insecticides néonicotinoïdes, la recherche française se mobilise fortement pour répondre aux défis de connaissances soulevés dans le rapport. Plusieurs équipes françaises travaillent notamment sur l’analyse des différentes autres pressions s’exerçant sur les pollinisateurs, ainsi que sur les réponses des pollinisateurs à ces pressions.

Le rapport présente enfin un ensemble de leviers d’actions possibles assorties d’une évaluation de leur faisabilité.

 

La FRB

La FRB s’attachera avec les membres du Comité français pour l’Ipbes qui rassemble parties prenantes, ministères et organismes de recherche, à porter à la connaissance des décideurs les messages clés et ces pistes d’action. À ce titre, le prochain Conseil d’orientation stratégique de la FRB sera dédié pour partie à la sortie de ce rapport.

 

Les ressources disponibles

  • Téléchargez dans les ressources ci-dessous le résumé à l’intention des décideurs de l’évaluation thématique des pollinisateurs, de la pollinisation et de la production alimentaire
  • Consultez le communiqué de presse de l’Ipbes (EN)