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août 2023  I  Actualité  I  Ipbes  I  État et tendance

[#Ipbes10] Au cœur de la 10e plénière

Lundi 28 août a débuté, à Bonn en Allemagne, la dixièmes session plénière de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (Ipbes). L’équipe FRB vous raconte jour après jour les coulisses de la plénière.

[#Ipbes10]  Au cœur de la 10e plénière Photo by IISD/ENB | Ipbes 2023

La Plateforme prévoit de lancer son rapport d’évaluation sur les espèces exotiques envahissantes et leur contrôle, connu sous le nom de « Rapport sur les espèces exotiques envahissantes » le lundi 4 septembre. Ce rapport doit être examiné et approuvé au cours de la dernière semaine d’août par la plénière de l’Ipbes, réunissant les représentants de près de 140 états.

 

Retour sur les échanges jour après jour.

 

 

 

1er septembre 2023 - Du transport maritime à la planification spatiale, les discussions s’accélèrent

Après la validation la veille en groupe de travail du texte du résumé pour décideurs, le groupe a commencé la lecture des messages clés. Les délégués ont discuté de plusieurs points à mettre en avant dans ces messages, en particuliers, la vulnérabilité des zones protégées ou isolées, les facteurs indirects aggravant les invasions biologiques, comme la démographie, les activités économiques et les changements d’utilisation des terres et des mers et le fait que les invasions biologiques aggravent la marginalisation et les injustices et que leurs impacts sont supérieurs pour les communautés rurales ou urbaine les plus pauvres.

 

Le rôle du transport maritime a été souligné. 70 % des espèces exotiques envahissantes (EEE) marines établies dans le monde ont été introduites via l’encrassement biologique, ce qui rend nécessaire la coordination et la collaboration entre les États ; que le contrôle biologique a été appliqué avec succès dans de nombreux cas, mais qu’il peut également avoir des effets non ciblés s’il n’est pas bien réglementé.

 

En matière de gestion des invasions biologiques, les messages alertent sur l’insuffisance des réglementations et de leur mise en œuvre dans la gestion, la prévention et le contrôle des espèces exotiques envahissantes pour atténuer leur impacts négatifs. Il a notamment rappelé que la prévention était une option plus économiquement rentable que les mesures de gestion, mais qu’en tout état de cause, une action immédiate et durable était nécessaire. Ceci nécessite une sensibilisation du public, un renforcement des capacités, ainsi que la disponibilité et l’accessibilité des informations et des moyens de mise en œuvre.

 

La discussion récurrente autour de la différence entre les invasions biologiques et les espèces exotiques envahissantes a été à nouveau ouverte, certains membres estimant que parler d’invasions biologiques permettait de bien spécifier que la prévention via les voies d’introduction était essentielle. D’autres n’étaient pas d’accord, affirmant que c’est la menace des EEE qui devrait être gérée. Les délégués ont finalement convenu d’un compromis, qui incluait à la fois les EEE et les invasions biologiques, après confirmation par les auteurs de l’évaluation que ce compromis était étayé par le message de fond pertinent et les preuves contenues dans le rapport.

 

Dans le second groupe de travail, les questions d’efficacité de la plateforme ont tourné autour de l’examen à mi-parcours et de la nécessité d’évaluer la communication, la diffusion des messages et l’impact politique du travail de l’Ipbes.

 

La question des différences entre les pays est restée sans accord consensuel : où et comment faire référence aux circonstances particulières des pays en développement ; Faut-il séparer les références aux membres de celles aux observateurs et autres parties prenantes ? et si et où insérer des références au respect des principes opérationnels de l’Ipbes ou des références spécifiques à l’équilibre régional, de genre et linguistique ainsi qu’aux perspectives multidisciplinaires et aux divers systèmes de connaissances.

 

Co-Chairs of the assessment on IAS (L-R) Peter Stoett, Aníbal Pauchard, and Helen Roy - IPBES10 - 1Sep2023 - Photo

Photo by IISD/ENB | Ipbes septembre 2023

 

 

L’examen du rapport de cadrage de l’évaluation accélérée sur la planification spatiale, qui fait partie du programme de travail de l’Ipbes d’ici 2030 a repris mais sans réelles avancées. La présidente du groupe, Julia Marton-Lefèvre (WEOG), a souligné que si le groupe ne parvient pas à un accord sur un texte à présenter en plénière, l’évaluation devra être reportée.

 

Plusieurs avancées ont néanmoins été obtenues, notamment l’inclusion des zones marines situées en dehors des juridictions nationales, l’évaluation du rôle des acteurs privés ainsi que la prise en compte retours d’expériences et des meilleures pratiques en matière d’« identification », de restauration et d’amélioration de la connectivité écologique. Cette dernière a d’ailleurs été largement mise en avant dans l’aménagement spatial avec la nécessité de définir le concept de connectivité écologique, de pousser les objectifs d’interconnexion et de prise en compte de la biodiversité dans toute planification spatiale (y compris l’urbanisme). Il a été reconnu que la connectivité jouait un grand rôle pour conserver « et améliorer » la nature et ses contributions aux populations, permettre la survie des animaux sauvages et des espèces végétales, le fonctionnement des écosystèmes et la diversité génétique, pour couvrir les trois niveaux de la biodiversité. Les délégués ont également convenu que l’évaluation soutiendrait les personnes en situation de vulnérabilité, en particulier les peuples autochtones, avec une référence au respect des droits des Peuples autochtones et communautés locales (PACL) et à la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) visant à ramener la perte de zones à haute importance pour la biodiversité à un niveau proche de zéro d’ici 2030.

 

L’approche paysagère a fait consensus, pour explorer les diverses demandes et intérêts ainsi que les interactions entre les différentes utilisations de la terre et de la mer.

 

L’utilité d’une liste d’exemples pour aider les gouvernements à identifier les experts pertinents pour l’évaluation a pris beaucoup de temps, deux membres s’opposant notamment fermement à ce que l’hydroélectricité et l’agriculture soit cités. La liste a finalement été supprimée.

 

Les solutions fondées sur la nature et/ou les approches fondées sur les écosystèmes, ainsi que les actions centrées sur la Terre Mère, ont été accepté comme outils et stratégies visant à promouvoir des moyens de subsistance durables et des opportunités génératrices de revenus pour la restauration.

 

Les membres ont également discuté des mesures et des procédures visant à éviter les efforts de duplication avec d’autres évaluations et travaux de l’Ipbes dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique (CDB).

Concernant le chapitre 4 (maintenir, restaurer et améliorer la connectivité écologique), les délégués ont convenu que le chapitre évaluera non seulement le rôle et l’importance de la connectivité écologique en tant qu’élément clé de l’aménagement du territoire.

 

 

Focus sur le professeur Aníbal Pauchard,

co-auteur du rapport travaille à l’université Conception au Chili

 

 

Son expertise relève de la conservation et de la restauration de la biodiversité, de l’écologie des espèces, leur interactions ainsi que des sciences de la durabilité. Une de ses dernières publications, en aout 2023 a démontré que la présence du bambou indigène dans les forêts andines réduit significativement la probabilité d’établissement du pin todu, une espèce exotique envahissante et dans une moindre mesure celles des espèces herbacées et arborescentes.

 

Le terrain d’étude se situe dans la réserve nationale de Malalcahuello située dans la région de La Araucanía au Chili.

Le pin tordu, Pinus contorta est une espèce indigène d’Amérique du Nord qui peut atteindre 35 m de hauteur et 60 cm de diamètre. Elle est considérée comme une espèce pionnière, présentant une croissance rapide. Elle est extrêmement efficace pour coloniser de nouveaux milieux, car ses plages de tolérance sont larges, s’étendant du niveau de la mer jusqu’à 3 600 m d’altitude, résistant à des températures allant de − 57 à 38 °C et à des précipitations annuelles variant entre 250 et 500 mm. Cet arbre a été introduit dans les années 1970, au début sur moins de 0,5 ha, avec d’autres espèces du genre Pinus (par exemple, P. sylvestris, P. ponderosa) dans la réserve nationale de Malalcahuello. Aujourd’hui, cette espèce a colonisé plus de 100 ha, atteignant des densités de  plus 6 600 plantes par hectare.

 

Deux facteurs explicatifs clés sont proposés par les auteurs pour comprendre la réduction de l’abondance et de la probabilité d’établissement de l’espèce envahissante P. contorta, ainsi que, dans une moindre mesure pour d’autres espèces herbacées et arbustives. Le premier est la croissance rapide des espèces de bambous, qui tendent à dominer rapidement le sous-étage des forêts, le deuxième facteur est la phénologie de cette espèce, qui se caractérise par une longue période en état végétatif (3 à 20 ans) puis une période synchronisée de floraison et de mort, qui varie au sein des populations, mais avec une périodicité moyenne de 15 ans.

 

Le bambou domine le sous-étage de ces forêts tempérées des Andes ce qui en fait un élément important de la dynamique et de la structure des communautés végétales et animales locale, par exemple en recrutant différentes espèces indigènes et en nourrissant la faune herbivores. Ces caractéristiques amènent les espèces du genre Chusquea à avoir des impacts sur les conditions microclimatiques, la diversité des espèces et sur les interactions biotiques sous le sous-étage la lumière diminue, l’humidité du sol est plus élevée et les températures sont plus basses, certaines attaques de champignons pathogènes augmentent de même que l’herbivorie et le granivorisme. La forte dominance du sous-étage par les bambous dans les forêts dominées par les genres Nothofagus-Araucaria araucana fonctionne comme un filtre biotique susceptible d’inhiber la germination et l’établissement des pins qui, aux premiers stades de son développement, a besoin d’une grande quantité de lumière pour son établissement.

 

Par conséquent, lors de la mise en œuvre de stratégies de gestion dans les zones envahies, le maintien de la couverture de bambous pourrait empêcher le recrutement d’individus de pins todus, permettant ainsi à d’autres espèces indigènes (herbacées ou arboricoles) de coloniser ces écosystèmes.

 

Néanmoins, d’autres mécanismes peuvent être antagonistes, par exemple, le bambou brule bien, or le feu joue un rôle moteur pour faciliter la dispersion et l’établissement des individus de P. contorta dans le paysage. Par ailleurs, la répartition du bambous est hétérogène dans la réserve, sa présence participe elle-même à une diversité biologique. Or les pins favorisent au contraire une homogénéisation biotique dont le front peut gagner inexorablement du terrain et menacer à terme les populations de bambous, en particulier dans un contexte de changement climatique avec des incendies plus fréquents.

 

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31 août 2023 - Envahissants, exotiques ou nuisibles ?

Dans le groupe de travail sur le résumé pour décideurs, les délégués ont longuement discuté définitions, avec des positionnements subtils entre ceux qui ne souhaitaient pas faire mention au processus d’invasion biologique pour se concentrer sur l’urgence qui est la gestion d’espèces bien identifiées et d’autres qui soutenaient que comprendre ce processus est la clé d’une gestion efficace pour intervenir en prévention plutôt qu’en curatif. Finalement, une définition consensuelle d’invasion biologique a été trouvée, mais elle est atténuée par une note de bas de page qui précise qu’en fonction du contexte local, de leurs besoins et des réglementations nationales, d’autres définitions pouvaient être adoptées. Certains pays ont également été très attentifs à ce que le résumé mentionne bien les espèces exotiques envahissantes (EEE) et non pas les seules espèces exotiques, ou les seules espèces envahissantes. La prise en compte des espèces exotiques envahissantes qui échappent au confinement, après avoir été rejeté plusieurs fois a finalement été introduite dans le résumé.

 

WG1 View of the room - IPBES10 - 31Aug2023 - Photo

Photo by IISD/ENB | Ipbes août 2023

 

 

Comme tous les ans, des batailles sur les termes principe ou approche de précaution, évaluation ou gestion des risques a aussi occupé largement les délégués.
La vulnérabilité des îles face aux impacts négatifs des EEE a été soulignée avec un rôle accru de la prévention sur ces territoires ainsi que dans les écosystèmes où les éradications posent d’importants défis techniques. La difficulté à quantifier l’efficacité de la restauration a aussi été soulignée, en particulier pour les plantes.
Des exemples d’éradication réussis ont été cité comme celles des petites populations d’espèces exotiques envahissantes à propagation lente dans les écosystèmes isolés tels que les îles, et quelques exemples réussis d’éradications à plus grande échelle, comme celle du rat musqué par exemple.

 

En matière d’indicateurs, d’outils et de technologie de contrôle des EEE, l’usage d’indices basés sur les macroinvertébrés pour le suivi de la biodiversité dans les écosystèmes d’eau douce a été cité, l’usage des pesticides a été reconnu comme pouvant avoir des impacts non ciblés et les nouvelles options émergentes, comme l’ADN environnemental, ont été mentionnées positivement.

 

Dans le second groupe de travail, pendant l’examen du rapport de cadrage pour l’évaluation monitoring, la discussion sur l’exclusion des savoirs non académiques a repris, sans qu’un accord puisse être trouvé pour le troisième jour consécutif. Pourtant les règles de procédures de l’Ipbes sur ce point sont assez claires et apportent des garanties suffisantes. Les motivations sous-jacentes des délégations sont parfois obscures, d’autant que la prise en compte de cette littérature grise et des savoirs autochtones et locaux est une des spécificités de l’Ipbes. La référence au Cadre mondial pour la biodiversité, adopté en décembre dernier, ainsi que la question des indicateurs, celle de l’évaluation des impacts, l’inclusion des sciences participatives, les besoins financiers et institutionnels ont été également largement débattus. La nécessité d’une coordination, au niveau mondial, des programmes de surveillance nationaux et infranationaux, y compris ceux pilotés par les peuples autochtones et locaux a été évoquée, mais a suscité de l’opposition. La question de l’échelle de temps à considérer, les cinquante dernières années ou la période débutant à la révolution industrielle, a bien occupé les délégations en début de soirée, en lien avec la difficulté de savoir ce qu’est “un état naturel” faisant référence.

 

Les deux prochains jours devront résoudre tous ces débats, ce qui promet de belles et interminables, discussions.

 

Focus sur Helen Roy, professeur d’écologie au Centre d’écologie et d’hydrologie du Royaume-Uni, professeur invité à l’École des sciences biologiques de l’Université de Reading et co-auteur du chapitre 1 de l’évaluation sur les espèces exotiques envahissantes

 

Helen Roy, Co-Chair of the IAS Assessment - IPBES10 - 28Aug2023 - Photo

Photo by IISD/ENB | Ipbes août 2023

 

Ses recherches portent sur les effets des changements environnementaux sur les populations et les communautés d’insectes, en particulier sur les questions de dynamique des espèces exotiques envahissantes et à leurs effets sur la biodiversité et les écosystèmes, l’évaluation des risques. Helen Roy préside également un réseau sur la science participative qui vise à accroître la compréhension des espèces exotiques grâce à la science citoyenne dans plus de 30 pays. Elle dirige un projet visant à produire un portail d’information complet sur les espèces non indigènes en Grande-Bretagne qui comprend également des rapports annuels sur l’état et les tendances des espèces exotiques envahissantes et le développement d’un système d’alerte.

 

Une des dernières publications à laquelle elle a été associée est un article sur les grands challenges en entomologie et les priorités pour les décennies à venir. Après un processus participatif pour collecter et sélectionner les propositions, la publication présente 61 challenges prioritaires et 11 thèmes émergents.

 

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En matière de recherche entomologique, les questions relatives aux ravageurs, ont été relativement bien étudiées tout au long du XXe siècle, d’autres, comme les impacts anthropiques et les solutions de conservation commencent tout juste à émerger. Les défis de recherche comprennent donc l’amélioration de la compréhension de la diversité, de la forme et de la fonction des insectes (y compris la biodiversité, les communautés, les réseaux, les interactions, les ravageurs et la taxonomie) ; les impacts anthropiques sur les insectes (y compris le déclin, les pertes, les impacts agricoles et urbains et le changement climatique) ; le développement de solutions de conservation (y compris le réensauvagement et la gestion du paysage). D’autres priorités sont liées à l’engagement de la société au sens large envers les insectes, le manque de sciences naturelles dans l’éducation, l’information du public sur le rôle clé qu’ils jouent dans le bien-être humain, voire dans l’alimentation humaine.

 

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30 aout 2023 - Le rat, la chèvre et le Sars-Cov2

Les négociations sur l’évaluation espèces exotiques envahissantes ont bien avancé ce mercredi, même si certains points de dissenssus restent encore importants comme l’opportunité, ou non, de mettre des exemples précis dans le résumé pour décideurs. Des discussions animées se sont aussi engagées pour savoir si le rat était une espèce qui posait problème dans les aires protégées, si les animaux domestiques qui s’échappent et forment des populations redevenues sauvages doivent être mentionnées, ou encore si le coronavirus pouvait être considéré comme une espèce exotique envahissante. Les auteurs ont répondu patiemment à toutes ces questions, mais la bataille des croyances contre la connaissance n’est pas encore gagnée, même dans cette enceinte où les participants sont relativement informés.

 

Dans un second groupe de travail, les participants ont réussi à s’accorder sur une grande partie du futur programme de travail, en particulier celui des tasks forces qui a été validé, par une pirouette assez classique dans ce genre de cas : adoption de ce qui fait consensus et renvoie des choix politiquement plus compliqués, comme une évaluation sur les liens entre biodiversité et changement climatique ou encore la proposition d’un pays d’avoir une évaluation sur la Terre mère plutôt qu’une évaluation sur la planification, à une future plénière (Ipbes 12). 
Les discussions se sont tendues lorsque des délégations ont suggéré d’étendre la notion de connaissances autochtones et locales aux porteurs d’enjeux (c’est-à-dire les acteurs comme les agriculteurs ou les chasseurs), ou encore lorsque deux autres délégations ont demandé à ce que la littérature utilisée dans les évaluations soit exclusivement de la littérature académique, excluant la littérature grise.

 

Les questions budgétaires de la plateforme ont également été abordée, en particulier la manière d’augmenter les contributions : aujourd’hui sur 146 pays membres, 26 seulement financent l’Ipbes.

 

Focus sur Sven Bacher, professeur titulaire du département de biologie de l’université de Fribourg en Suisse et auteur principal de l’évaluation sur les espèces exotiques envahissantes

 

Sven Bacher, Coordinating Lead Author - IPBES10 - 30Aug2023 - Photo

Photo by IISD/ENB | Ipbes août 2023

 

 

Ses domaines de recherches recouvrent l’écologie appliquée, invasions biologiques, macroécologie, lutte biologique. Après avoir longtemps travaillé sur les arthropodes parasites des plantes et l’herbivorie, il s’est ensuite beaucoup plus tourné vers les processus des invasions biologiques et le rôle des humains et en passant par l’écologie fonctionnelle et les interaction proies-prédateurs. La dernière publication à laquelle il a participé présente une évaluation à l’échelle de l’Europe des menaces posées par les espèces exotiques envahissantes sur la contribution de la nature aux populations (création et maintien des habitats, quantité et purification de l’eau, formation et protection des sols, fourniture de nourriture et de matériel, expériences physiques et psychologiques). Cette étude préconise de prendre en compte ces contributions potentielles pour cibler les efforts d’éradication des espèces exotiques envahissantes dans les lieux où ils auront le plus de bénéfices pour les humains. Ces lieux couvrent un peu moins de 1 % de la superficie européenne, ce qui semble largement gérable. Les sites à risque intermédiaire de perte de services écosystémiques représentent quant à eux en moyenne 38 % de la superficie en Europe. Des tableaux et des cartes sont présents dans la publication :

 

A general framework to quantify and compare ecological impacts under temporal dynamics. (2023). In Ecology Letters. https://doi.org/10.1111/ele.14288 

 

29 août 2023 - Jour 2, les discussions se poursuivent !
 
À propos des équipes spéciales

 

Pour répondre à ses objectifs, l’Ipbes compte 5 équipes spéciales, en charge de missions transversales à l’ensemble des évaluations en cours : Appui aux politiques, Connaissances et données, Renforcement des capacités, Connaissances autochtones et locales et Scénarios et modèles.

 

Around the Venue 2 - IPBES10 - 29Aug2023 - Photo

Photo by IISD/ENB | Ipbes août 2023

 

Les discussions sur le programme de ces équipes spéciales ont été plus stratégiques qu’initialement prévues. Ces échanges ont permis d’aborder de multiples enjeux, notamment la collaboration entre l’Ipbes et le Giec et les forts dissensus liés à la manière de procéder. Les délégations ont souligné l’importance d’étendre la familiarisation à l’Ipbes aux experts non impliqués au sein de la Plateforme, de renforcer l’implication des jeunes et la communication sur son fonctionnement. Les échanges sur la collaboration avec les Centres de synthèse tels quel le Cesab ont permis d’ouvrir les réflexions sur ce sujet.

 

 
À propos des futures évaluations de l’Ipbes

 

Les discussions sur le futur programme de travail ont été entamées par des déclarations constructives des parties concernant leurs thématiques prioritaires pour les futures évaluations de l’Ipbes, ainsi que le calendrier envisagé. Un consensus semble se dégager sur la réalisation d’une 2nde évaluation mondiale et d’une évaluation sur la surveillance de la biodiversité. Les autres sujets proposés par les délégations seront étudiés lors des prochains jours.

 

Photo by IISD/ENB | Ipbes août 2023

 

À propos des invasives

 

Les États se sont montrés très satisfaits du rapport, de sa qualité. Les déclarations générales des États ont continuées en début de matinée avec de nombreuses interventions sur la mise en place ou la révision des plans d’action nationaux sur les espèces exotiques envahissantes et sur l’importance de la mise en place d’actions concrètes immédiates de prévention et d’anticipation des invasions.

Certaines déclarations ont insisté sur le besoin de modélisation du devenir des espèces exotiques envahissantes, la mise en relation des connaissances de ces espèces dans leur aire de distribution d’origine et d’invasion, l’importance de l’impact des styles de vie et de la surconsommation ainsi que les impacts très négatifs sur les nouveaux ouvrages hydrauliques, tel que les barrages.

Suite aux déclarations générales des États, les délégations se sont exprimées sur la terminologie et les définitions : invasion biologique, exotique, envahissante, etc. Ceci prend du temps et n’est pas trivial, car ces éléments sont à la base de tout futur consensus sur le fond des documents étudiés. La clarification de ces termes sera également indispensable pour les parties prenantes, acteurs de la décision.

 

28 août 2023 - Bienvenue à Bonn, pour la dixième session de l'Ipbes !

Les 143 pays membres de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques se sont réunis au Centre des Nations unies, à Bonn en Allemagne, pour une semaine de négociations.

 

 

Photo by IISD/ENB | Ipbes août 2023

 

 

En séance plénière, les délégués ont assisté aux déclarations d’ouverture, aux rapports sur les progrès accomplis et aux remarques introductives sur tous les points à l’ordre du jour de la réunion.

Les différentes interventions ont souligné le rôle crucial de l’Ipbes pour la négociation du cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal, et son rôle à venir pour soutenir sa mise en œuvre, le grand enjeu à s’accorder de façon constructive sur le futur programme de travail de l’Ipbes ainsi que sur le rôle clé des évaluations et travaux de la Plateforme dans le soutien aux politiques de biodiversité.

La 10e session plénière sera dédiée, entre autre, à l’adoption de l’évaluation sur les espèces exotiques envahissantes à des discussions sur la collaboration entre l’Ipbes et le Giec, et au choix des sujets des futures évaluations de l’Ipbes.

 

 

À propos des invasives

 

Les échanges concernant l’évaluation sur les espèces exotiques envahissantes ont débuté sur les chapeaux de roues ce dimanche. L’objectif est de fournir aux décideurs, y compris aux responsables politiques et à une grande diversité de parties prenantes, les meilleures données, analyses et options disponibles concernant les espèces exotiques envahissantes et leur contrôle. Le rapport d’évaluation permettra également de comprendre les implications des invasions biologiques pour la réalisation de l’Accord de Paris sur le climat, des objectifs mondiaux en matière de biodiversité au titre du Cadre mondial pour la biodiversité Kunming à Montréal, des Objectifs de développement durable (ODD) et d’autres grands objectifs internationaux. Ce travail participera également à la reconnaissance du rôle des différents acteurs dans la prévention et l’atténuation des impacts des espèces exotiques envahissantes, et l’importance d’harmoniser les efforts de lutte contre ces espèces.

 

L’approbation ligne à ligne du résumé n’a pas encore débuté, mais déjà des préoccupations communes se dessinent entre les pays qui souhaitent mettre l’accent sur le manque de données concernant les espèces exotiques envahissantes pour certaines régions du monde, et la nécessité d’une coopération internationale pour lutter efficacement contre ces espèces avec une nécessité d’agir immédiatement. Les longues heures de discussions qui attendent les délégations doivent permettre de s’accorder sur des bases consensuelles et constructives.

 

La journée s’est achevée sur la réception des délégués par les Etats Unis, dans le grand hall du Centre de conférence des Nations unies.

 

#IPBES10

À l’occasion de la publication du rapport d’évaluation de l’Ipbes sur les espèces exotiques envahissantes et leur contrôle (connu sous le nom de « Rapport sur les espèces exotiques envahissantes ») lors de sa dixième session plénière, la Fondation pour la recherche sur la biodiversité et le Muséum national d’Histoire naturelle donne la parole aux chercheurs et acteurs pour aborder ces thématiques sous différents angles.

Contact FRB

Julie de Bouville, responsable de la communication internationale à la FRB

 

Fiche – Mail

LA FRB ET L'IPBES

La Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) accueille le secrétariat scientifique du comité français pour l’Ipbes et est largement mobilisée pour le relai des travaux de l’Ipbes au niveau national.

 

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