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février 2022  I  Actualité  I  FRB  I  Autres sujets

[Sondage] Quelles sont les préférences des français entre les mots nature et biodiversité ?

Plus de 30 ans après la naissance du terme de “biodiversité”, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), France Nature Environnement (FNE), l’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS) et la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) ont souhaité savoir comment les français perçoivent les notions de “nature” et de “biodiversité” en fonction de leurs profils socio-économiques et affinités politiques. Et plus spécialement laquelle de ces deux notions représente le mieux, selon eux, la réalité des milieux naturels et des espèces. Les résultats sont riches d’enseignement.

Les termes de nature et de biodiversité arrivent à égalité de compréhension avec respectivement 49 et 51 %. La marge d’erreur pour un échantillon de 1 000 personnes est de 3 %.

Certains considèreront que le terme de biodiversité a bien progressé puisqu’il est récent (apparu dans les années 1980, soit il y a une trentaine d’année), et que selon une étude TNS Sofres de 2010, 21 % des français n’en avaient jamais entendu parler, et seuls 23 % pensaient savoir de quoi il s’agissait (ça ne veut pas dire que les 50 % aujourd’hui savent la définir).

Inversement, d’autres feront remarquer que depuis tout ce temps que le mot biodiversité est martelé dans les discours, celui de Nature reste encore à 50 % ce qui est très haut.

Il est à noter qu’il n’y a pas de préférence marquée que l’on soit un homme ou une femme.

 

L’analyse sociologique est très intéressante.

Plus on est jeune, et plus on privilégie le terme de biodiversité : 55 % des moins de 35 ans – dont 59 % chez les 18-24 ans – contre 50 % chez les plus de 35 ans, et seulement 42 % des plus de 65 ans.

Les catégories professionnelles supérieures et professions intermédiaires privilégient le terme de biodiversité (56 et 59 %) quand les catégories populaires préfèrent le mot nature (55 % et jusqu’à 59 % chez les ouvriers).

Le niveau de diplôme a également une incidence : les diplômés supérieurs choisissent la biodiversité à 64 %, le 1er cycle 57, le niveau bac 54, CAP/BEP 42. Et inversement pour la nature de 36 à 58 %.

Les urbains privilégient biodiversité à nature (60/40) et plus ils habitent la campagne et plus ils privilégient nature jusqu’à un rapport 46 % biodiversité / 54 % nature dans les communes de moins de 10 000 habitants ; en Île-de-France le rapport est de 55 % pour la biodiversité et 45 % pour la nature ; il est équilibré en province (51/49).

 

L’analyse politique ne manque pas d’intérêt

Il n’y a pas de différence entre les sensibilités de droite et de gauche. Environ 60 % biodiversité et 40 % nature.

L’électorat d’EELV privilégie le terme de biodiversité à 71 % contre 29 % pour le terme de nature. Pour la France Insoumise le rapport est de 67 contre 33.

La tendance s’inverse avec l’électorat de La droite radicale et du Rassemblement national dont 30 % seulement privilégient biodiversité, contre 70 % pour le terme de nature.

 

 

Pour Denis Couvet, président de la FRB :

“Les différences scientifiques entre nature et biodiversité sont importantes. Le terme nature est plus ancien et plus englobant : il comprend la biodiversité mais aussi son environnement physique (atmosphérique, minéral, hydrique, etc.). Cette enquête révèle la complémentarité entre ces deux notions ; complémentarité qui peut aider la recherche scientifique dans son exploration, ses pistes d’amélioration, des relations entre les humains et la biodiversité, la nature.”

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