Cop 17 : l’heure du bilan à mi parcours du cadre mondial

L’enjeu central : sommes-nous sur la bonne trajectoire pour atteindre les objectifs de 2030 ? 

Quatre ans après l’adoption du Cadre mondial de la biodiversité, les premiers constats témoignent d’une mobilisation importante de la part des États pour protéger et restaurer la biodiversité. Toutefois, la mise en œuvre reste insuffisante au regard du rythme et de l’ampleur des transformations nécessaires pour atteindre les cibles fixées à l’horizon 2030.

 

Publié le 15 octobre 2026, le rapport mondial State of Biodiversity Action, qui s’appuie notamment sur les rapports nationaux soumis par les États, révèle que près de 90 % des Parties à la Convention ont défini des objectifs nationaux pour la biodiversité. Toutefois, moins de la moitié des objectifs nationaux évalués sont en bonne voie d’être atteints.

 

Ce premier rapport mondial servira de base à l’examen collectif des progrès lors de la Cop17. Au-delà du constat, l’enjeu sera d’identifier les obstacles à la mise en œuvre et les actions concrètes à engager pour accélérer les transformations nécessaires d’ici 2030.

 

Consulter l’Opinion :

 

Quatre grandes thématiques structureront les discussions et le récit de la Cop : 

 

  • Le bilan mondial : mesurer les progrès et identifier les actions nécessaires pour corriger la trajectoire. Le premier bilan mondial, éclairé par le rapport mondial, devra permettre d’évaluer les progrès accomplis, de mettre en évidence les lacunes persistantes et de dégager les priorités d’action pour les quatre prochaines années.
  • La science et les connaissances : mieux éclairer l’action publique. Il s’agira de renforcer l’utilisation des connaissances scientifiques (y compris issues de l’Ipbes) afin d’orienter les politiques publiques et d’appuyer les décisions.
  • Les conditions de mise en œuvre : mobiliser les moyens nécessaires pour accélérer l’action. Le financement, le suivi de la biodiversité, la disponibilité et l’utilisation des données, le renforcement des capacités et la coopération seront au cœur des discussions, en tant que leviers essentiels pour combler les lacunes et soutenir la mise en œuvre à toutes les échelles.
  • La biodiversité et l’économie : agir sur les facteurs économiques de l’érosion de la biodiversité. Les discussions devront porter sur la transformation des incitations économiques, la prise en compte des dépendances et des impacts des activités économiques sur la biodiversité, ainsi que sur la mobilisation accrue des financements privés et l’alignement des flux financiers et des activités économiques sur les objectifs de la biodiversité.

 

 

L’implication de la FRB à la Cop 

À la Cop17, la Fondation pour la recherche sur la biodiversité mobilise son expertise à l’interface entre science, société et décision politique, notamment à travers Biodiversa+, RESPIN et CO-OP4CBD.

 

En tant que membre de la délégation française et co-point focal du SBSTTA, elle participe aux négociations sur la biodiversité marine et côtière, les forêts, la communication, l’Ipbes, les peuples autochtones et communautés locales et le renforcement des capacités. La FRB coordonne également un stand présentant notamment ses actions, promeut des notes de synthèse (policy et technical briefs) et contribue à des événements officiels consacrés au rôle des interfaces science-société-politique et à la mobilisation des connaissances scientifiques pour l’action en faveur de la biodiversité.

 

La FRB est impliquée dans plusieurs side events, zoom sur quatre d’entre eux :

 

Tous les side events dans lesquels la FRB est impliquée
  • Suivi de la biodiversité à différentes échelles : harmonisation du niveau local au niveau mondial : comment transformer les observations locales sur la biodiversité en indicateurs nationaux, en données régionales harmonisées et en rapports mondiaux ?

Monitoring Biodiversity Across Scales: Harmonisation From Local to Global: how can local biodiversity observations be transformed into national indicators, harmonised regional evidence and global reporting? 

📅 Mardi 20 octobre  

⏰16h à 17h15 

📍 Georgia’s Pavilion  

🤝 Biodiversa+, COOP4CBD, UNEP-WCMC, BIOAGORA, Georgia, Finland 

 

  • Innovations scientifiques, politiques et commerciales pour la biodiversité

Science Policy Business Innovations for Biodiversity 

📅 Mercredi 21 octobre  

⏰15h00 à 16h00  

📍 Nordic Pavilion 

🤝 Biodiversa+, Network Nature, Respin 

 

  • Construisons notre histoire ensemble : renforcer le récit collectif sur la biodiversité pour l’action

Let’s Build Our Story Together: Enhancing the Collective Biodiversity Narrative for Action 

📅 Jeudi 22 octobre  

⏰ 10h15 à 11h15  

📍 Pavillon IUCN Forum Room A  

🤝 FRB, Biodiversa+, IUCN, COOP4CBD

 

  • Liens entre le climat, la biodiversité et les terres : synergies entre les Conventions de Rio

Connecting Climate, Biodiversity and Land: Synergies among the Rio Conventions 

📅 Jeudi 22 octobre  

⏰ 15h00 à 16h30 

📍 Spitak – Side-event Room 2  

🤝 CREAF, IAvH, FRB, ICLEIEU, UNEP-WCMC 

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  • De la science à l’action : renforcer les interfaces entre la science et les politiques de l’UE et le centre de coopération scientifique et technique Européen pour la biodiversité

    From Science to Action: Strengthening EU Science-Policy Interfaces and European TSCC for Biodiversity

📅 Vendredi 23 octobre  

⏰16h00  

📍 Georgia’s Pavilion  

🤝 FRB, COOP4CBD, RESPIN, BIOAGORA 

 

  • Biodiversité, eau, sols et santé : mettre en œuvre l’approche « Nexus » et « One Health » pour accélérer les progrès vers la réalisation des cibles 8, 10 et 15 du Cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité 

Biodiversity, Water, Soils and Health: Delivering on the Nexus and One Health approach to Accelerate Progress on Targets 8, 10 and 15 of the Kunming-Montreal Global Biodiversity Framework  

📅 Vendredi 23 octobre  

⏰ 17h00  

📍 Action Zone  

🤝 EpE,  A4N, FRB, Conservation International, IUCN  

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  • Du Monitoring au Reporting : enseignements et perspectives tirés d’initiatives de suivi transnationales, sous-régionales et nationales  

From Monitoring to Reporting: Lessons and Perspectives from Transnational, Subregional and National Monitoring Initiatives 

📅 Samedi 24 octobre  

⏰ 10h30 à 11h30  

📍 Geobon  

🤝 Biodiversa+ 

 

  • De l’engagement à l’impact : accélérer l’action des entreprises en faveur de la biodiversité pour atteindre les objectifs 15, 18 et 19 du Cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité  

From Commitment to Impact: Accelerating Corporate Biodiversity Action to Deliver on Targets 15, 18 and 19 of the Kunming-Montreal Global Biodiversity Framework 

📅 Lundi 26 octobre  

⏰16h30  

📍 Vayk – Side-event Room 3  

🤝 EpE, FRB, UICN, FR, BfN 

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  • Faire le lien entre la science et les négociations : comment élaborer des notes d’information pertinentes ? 

Bridging science and negotiations: how to develop briefs that matter? 

📅 Mardi 27 octobre  

⏰11h30  

📍 Vayk – Side-event Room 3 

🤝 FRB, RBINS, CO-OP4CBD, ICLEI, NetworkNature, RESPIN, MTE, Biodiversa+, IUCN, CI 

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  • Journée de l’éducation  

Education day 

📅 Mardi 27 octobre  

⏰14h00  

📍 Pavillon GBF  

🤝 IUCN-CEC, Unesco, WWF, African Wildlife Foundation, CBD 

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  • Des connaissances sur la biodiversité à la finance positive pour la nature : les fondements scientifiques de l’action 

From biodiversity knowledge to Nature-Positive Finance: Scientific foundations for Action 

📅 Mercredi 28 octobre  

⏰9h00  

📍 Pavillon Nature Positive  

🤝 FRB, Biodiversa+  

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  • Restauration des terres dégradées grâce aux solutions fondées sur la nature (NbS) : agrobiodiversité, dynamiques sociales et résilience climatique  

Restoring degraded lands through NbS: agrobiodiversity, social dynamics, and climate resilience

📅 Mercredi 28 octobre  

⏰ 13h00  

📍 Komitas  

🤝 Biodiversa+ 

 

Dans les médias

 

Retrouvez la FRB lors de la Cop17

Ces événements seront centrés autour de thématiques clés pour accélérer la mise en œuvre du Cadre mondial de la biodiversité : le récit collectif sur la biodiversité, le renforcement des interfaces entre science et politiques publiques, la mobilisation des connaissances scientifiques au service des négociations internationales et le développement d’une finance favorable à la biodiversité.

 

>> Construisons notre histoire ensemble : renforcer le récit collectif sur la biodiversité pour l’action

Let’s Build Our Story Together: Enhancing the Collective Biodiversity Narrative for Action 

 

📅 Jeudi 22 octobre  

⏰ 10h15 à 11h15  

📍 Pavillon IUCN Forum Room A  

🤝 FRB, Biodiversa+, IUCN, COOP4CBD

 

Lorsque nous pensons à la biodiversité, nous pensons aux relations : les liens entre les espèces, les écosystèmes et les personnes qui en dépendent. La nature prospère grâce à ces interconnexions, tout comme les actions nécessaires à sa protection. Un changement transformateur émerge lorsque les projets, les institutions, les décideurs politiques, les chercheurs et les citoyens se rassemblent autour d’un récit commun, construit autant à partir de ce que nous ressentons et vivons que de ce que nous savons. En construisant notre histoire ensemble, nous renforçons notre capacité collective à agir en période d’incertitude et de crise. La communauté de la biodiversité est confrontée à des crises environnementales, sociales, économiques et géopolitiques qui se recoupent. Il existe une mine de connaissances scientifiques et de données pertinentes pour l’élaboration des politiques afin de soutenir la mise en œuvre du Cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité (KMGBF), mais notre communication reste souvent fragmentée entre les projets, les institutions et les groupes de parties prenantes.

 

Ce side event explore comment un récit commun sur la biodiversité peut renforcer la collaboration, favoriser l’adoption des politiques et inspirer des actions transformatrices à l’interface entre la science, les politiques et la pratique.

 

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>>De la science à l’action : renforcer les interfaces entre la science et les politiques de l’UE et le centre de coopération scientifique et technique Européen pour la biodiversité

From Science to Action: Strengthening EU Science-Policy Interfaces and European TSCC for Biodiversity

 

📅 Vendredi 23 Octobre

⏰16h00

📍 Georgia’s Pavilion

🤝 Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB), CO-OP4CBD, Respin, Bioagora

 

L’adoption du Cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité (KM-GBF) a renforcé la nécessité de disposer de mécanismes efficaces pour mobiliser les connaissances scientifiques, soutenir la prise de décision et accélérer la mise en œuvre aux niveaux national et infranational. Au cours des dernières années, l’Europe a connu des avancées significatives dans les interfaces entre science et politique en matière de biodiversité. Parallèlement, la mise en place de centres d’appui à la coopération technique et scientifique (TSCC) progresse, créant de nouvelles opportunités pour relier la production de connaissances, la mobilisation des connaissances et l’appui à la mise en œuvre aux besoins signalés par les Parties et les parties prenantes, tout en ouvrant un nouveau canal d’échange d’expertise technique et d’expériences pratiques entre différentes régions.

 

Ce side event réunira des représentants confirmés de la Commission européenne, des TSCC européens et latino-américains, ainsi que des initiatives européennes en matière de politique scientifique, notamment CO-OP4CBD, BioAgora, RESPIN, CETAF/TETTRIs et Future Earth

 

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>> Faire le lien entre la science et les négociations : comment élaborer des notes d’information pertinentes ?
Bridging science and negotiations: how to develop briefs that matter?

 

📅 Mardi 27 Octobre

⏰11h30

📍 Vayk – Side-event Room 3

🤝 Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB), RBINS, CO-OP4CBD, ICLEI, NetworkNature, Respin, Ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche, Biodiversa+, IUCN, CI

 

Lors de la COP16, les Parties ont reconnu qu’il existait déjà un large éventail d’outils et d’orientations scientifiques et techniques destinés à soutenir la mise en œuvre du Cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité (KM-GBF). Pourtant, de nombreuses Parties continuent de rencontrer des difficultés pour accéder aux connaissances disponibles. Des initiatives science-politique, des projets de recherche et des réseaux d’experts ont élaboré un large éventail de notes d’information portant sur la prise de décision en matière de biodiversité et la mise en œuvre du Cadre. Cependant, la disponibilité croissante de ces éléments ne va pas de pair avec une adoption accrue.

 

Ce side event permettra de mieux identifier les besoins en connaissances, comment hiérarchiser les thèmes, quel type de produit de connaissance est approprié dans différents contextes, et comment les utilisateurs peuvent être impliqués dans leur élaboration tout en préservant la crédibilité et l’indépendance scientifiques. Les participants exploreront la diversité des produits actuellement utilisés et discuteront de la manière dont les connaissances scientifiques peuvent soutenir la mise en œuvre du Cadre mondial, faciliter la prise de décision éclairée et contribuer à la réalisation des objectifs et cibles du Cadre.

 

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>> Des connaissances sur la biodiversité à la finance positive pour la nature : les fondements scientifiques de l’action
From biodiversity knowledge to Nature-Positive Finance: Scientific foundations for Action

 

📅 Mercredi 28 octobre

⏰9h00

📍 Pavillon Nature Positive

🤝 Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB), Biodiversa+

 

La transition vers des économies respectueuses de la nature exige des entreprises et des institutions financières qu’elles comprennent et gèrent mieux les impacts, les dépendances, les risques et les opportunités liés à la biodiversité. Or, d’importantes lacunes scientifiques subsistent. La déclaration commune intitulée « Vers une finance positive pour la nature : fondements scientifiques de l’action » souligne la nécessité de disposer de connaissances solides en matière de biodiversité, d’un suivi à long terme, de données interopérables, d’indicateurs, d’une expertise taxonomique et d’outils d’aide à la décision.

 

S’appuyant sur la note technique CO-OP4CBD, ce side event explorera les fondements scientifiques complémentaires nécessaires pour traduire les ambitions politiques en actions efficaces. Il réunira les communautés de la recherche, de la finance, des entreprises et des décideurs politiques afin de discuter de la manière dont des partenariats et des infrastructures de connaissances renforcés peuvent soutenir des stratégies crédibles en matière de biodiversité et accélérer la mise en œuvre du Cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité.

 

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Découvrez les autres side events dans lesquels la FRB est impliquée

CDB : La FRB à Nairobi pour les réunions préparatoire à la COP17

La Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) a participé, au sein de la délégation française, aux réunions des deux organes subsidiaires de la Convention sur la diversité biologique (CDB), organisées au siège des Nations unies à Nairobi (Kenya) : la 28ᵉ réunion de l’Organe subsidiaire chargé de fournir des avis scientifiques, techniques et technologiques (SBSTTA-28) et la 7ᵉ réunion de l’Organe subsidiaire chargé de la mise en œuvre (SBI-7).

 

Le SBSTTA est l’organe scientifique de la Convention. Il réunit les États Parties, des scientifiques, des organisations internationales et des observateurs afin d’examiner les connaissances scientifiques les plus récentes et de formuler des recommandations qui alimenteront les décisions de la prochaine Conférence des Parties (Cop17). Le SBI, quant à lui, est chargé de suivre la mise en œuvre de la Convention et du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal, en abordant notamment les questions de gouvernance, de coopération, de renforcement des capacités, de communication et d’éducation.

Ces deux réunions ont constitué une étape clé dans la préparation de la Cop17. Les discussions ont notamment porté sur les progrès réalisés dans la mise en œuvre du Cadre mondial de la biodiversité, les travaux de l’Ipbes (l’équivalent “biodiversité” du Giec), la biodiversité marine et les liens avec le nouvel Accord sur la biodiversité en haute mer (BBNJ), ainsi que sur la révision du Programme de travail sur les aires protégées (PoWPA), incluant les aires protégées, les autres mesures de conservation efficaces par zone (OECMs) et les territoires traditionnels et autochtones.

 

Au sein de la délégation française, Camille Guibal et Nathalie Morata ont participé aux travaux du SBSTTA-28. Elles y ont suivi plus particulièrement les discussions sur les travaux de l’Ipbes, la biodiversité marine et les liens avec l’Accord BBNJ, le suivi de la mise en œuvre du Cadre mondial de la biodiversité, ainsi que la révision du Programme de travail sur les aires protégées (PoWPA).

 

À l’issue du SBSTTA-28, Nathalie Morata a également participé aux travaux du SBI-7, où elle a suivi les discussions consacrées à la communication, à l’éducation et à la sensibilisation à la biodiversité (CEPA – Communication, Education and Public Awareness). Nathalie co-préside désormais le comité de la Convention dédié à ce sujet.

Dans ce cadre, elle est intervenue lors d’un événement parallèle consacré aux initiatives nationales en matière d’éducation à la biodiversité, afin de présenter plusieurs initiatives françaises portées par des acteurs publics, scientifiques et associatifs. Cette intervention a permis de mettre en lumière les actions menées en France pour renforcer l’éducation à la biodiversité et accompagner la mise en œuvre du Cadre mondial de la biodiversité.

 

À travers cette participation aux deux organes subsidiaires de la Convention, la FRB a poursuivie son engagement en faveur du renforcement de l’interface entre science et politique et de la mobilisation de l’expertise scientifique française au service des négociations internationales sur la biodiversité.

Au-delà des négociations, le cadre exceptionnel du siège des Nations unies à Nairobi a également rappelé l’importance de la biodiversité que ces discussions visent à préserver : entre espaces verts, oiseaux, grenouilles et petits singes, la nature a accompagné les délégations tout au long de cette intense semaine de travail.

Regard de la FRB sur la Cop16 : des outils scientifiquement pertinents validés par le consensus politique

Sur ce dernier point, en matière de processus multilatéraux, la patience et la pugnacité sont de mise pour aboutir à des consensus disruptifs, surtout en partant de positions aussi antagonistes que celles exprimées par les pays du nord et les pays du sud. Ces temps de négociation et d’ajustement restent absolument indispensables, car ils permettent d’établir un « socle de base » (accepté par tous les États), constitué notamment : du cadre mondial et ses 23 cibles pour vivre en harmonie avec la nature, des liens entre biodiversité, changement climatique, agriculture et santé. Ce socle de base pour un avenir commun, des visions partagées, des actions concertées, se construit pas à pas.

 

Malgré ces critiques, la Cop16 a néanmoins permis de notables avancées institutionnelles qui ne devraient pas être éclipsées :

 

 

Deux points ont particulièrement retenu l’attention de la FRB.

 

Le premier concerne la comparaison des stratégies nationales pour la biodiversité, les “NBSAP”, des 44 États Parties qui les ont déposés (cf ci-après). Elle permet de ressortir plusieurs points :

  • Les priorités nationales sont très diverses, reflétant des conceptions du monde différentes.
  • En plus des tensions classiques autour du développement économique, les interactions, compromis et synergies avec d’autres plans environnementaux – concernant le climat, l’eau ou l’agriculture – compliquent la construction de ces plans nationaux et des politiques publiques associées. Ces tensions peuvent être aussi des sources d’opportunité, amenant à rehausser l’importance de la biodiversité. Les co-bénéfices climat-biodiversité sont particulièrement importants à considérer, ils sont associés aux actions de restauration de la nature. Les co-bénéfices agriculture-biodiversité sont aussi majeurs, ils sont liés à la planification territoriale et la baisse significative des pressions sur la biodiversité (en particulier le changement d’usage des sols et la pollution).
  • L’inclusivité est une nécessité, mais c’est aussi une source de difficultés un défi et elle demande des moyens humains, matériels, institutionnels considérables. Elle demande une en capacitation, notamment des parties prenantes qui ont été jusqu’à présent peu présentes dans le débat public (les femmes, les jeunes, les peuples indigènes et communautés locales). Tous les ministères publics doivent être impliqués.
  • Enfin, il semblerait que des systèmes décentralisés de collecte des données et des indicateurs associés puissent être pertinents.
 

44 pays seulement ont soumis leurs stratégies nationales pour la biodiversité en vue de la Cop16

Ce chiffre est significativement inférieur au nombre total de parties à la Convention sur la diversité biologique, qui compte 196 pays.

Cette situation contraste fortement avec les attentes initiales. Astrid Schomaker, Secrétaire exécutive de la CBD, avait déclaré avant la COP que tous les pays étaient censés soumettre leurs stratégies nationales pour la biodiversité révisés lors de la conférence.

Parmi les pays ayant soumis leurs plans, on peut noter :

  • La plupart des pays européens ;
  • L’Inde, qui a non seulement soumis sa stratégie nationale pour la biodiversité mais a également proposé son aide aux pays voisins pour développer les leurs ;
  • L’Australie, la Chine, l’Indonésie, la Malaisie, le Mexique, qui font partie des 17 pays dits “mégadivers” ;
    Sur les 17 pays considérés comme “mégadivers”, qui abritent ensemble 70 % de la biodiversité mondiale, seuls 5 ont produit de nouveaux engagements pour lutter contre la perte de biodiversité.

 

Plusieurs pays importants n’ont pas respecté la date limite, notamment le Royaume-Uni, le Brésil, la Colombie (pays hôte de la Cop16) et le Pérou.

 

Les implications de cette faible soumission des plans de gestion de la biodiversité sont :

  • des retards dans la mise en œuvre : Le faible taux de soumission des plans de gestion de la biodiversité pourrait retarder la mise en œuvre effective du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal.
  • défi pour l’évaluation globale : Le manque de stratégies nationales complètes compliquera l’évaluation des progrès globaux vers les objectifs de biodiversité mondiaux.
  • pression accrue sur les prochaines Cop : en particulier sur les aspects financiers des pays du sud vers les pays du nord.

 

Le second sujet à avoir retenu l’attention de la FRB est celui de la finance durable. Deux think tank ont été amenés à présenter leurs travaux lors de la Cop16. Il est intéressant de considérer leur différence d’approche, les acteurs menant les projets, les types d’écosystèmes concernés.

  • Le TFFF (Tropical Forests Finance Facility), mené par le Brésil, le Congo et l’Indonésie, soutenu par la Colombie, le Ghana et la Malaisie, a l’ambition de constituer en quelque sorte une « OPEP des pays détenteurs de forêts tropicales ». L’ambition de ce TFFF est que les pays les plus riches – notamment ceux qui se sont déjà engagés –, les plus intéressés, financent la protection de ces forêts tropicales. Les entreprises utilisant la biodiversité tropicale dans leur communication devraient aussi être sollicitées.
  • L’IAPB, initiative franco-britannique, se propose de réfléchir aux modalités de crédits et de certificats biodiversité de haute intégrité, dans l’ensemble des écosystèmes. Son ambition est d’aligner les flux financiers globaux en conséquence. Ses préoccupations sont d’éviter les effets pervers constatés dans le cas de la compensation écologique (projet proche de celui mené conjointement entre le muséum, carbone 4 et la FRB). Ce think tank propose notamment que tout échange ou compensation se fasse à échelle locale, concernant des écosystèmes comparables. Il insiste sur l’importance d’une gouvernance inclusive, où sont notamment représentées les communautés locales. L’apport du consortium FRB – MNHN-Carbone 4 à ce projet est de travailler sur les risques et opportunités du mécanismes et de proposer une méthode scientifique d’évaluation des gains biodiversité attribués aux pratiques humaines, préalable indispensable à toute certification.

 

 

Ces travaux de la Cop16 bénéficieront évidemment aux prochaines Cop :

  • La Cop Climat pourrait ainsi s’appuyer sur les travaux de la Cop16 sur la finance pour proposer des certificats et crédits « nature », combinant les enjeux climat-biodiversité.
  • La Convention Désertification pourrait créer un corps permanent des « communautés locales et peuples autochtones », ces parties prenantes jouant un rôle central dans la lutte contre cette désertification.

 

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