Prix Jeunes chercheurs 2018

À l’occasion de ses 10 ans, la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) – avec le soutien de son Conseil d’orientation stratégique (COS) – a lancé un prix Jeunes chercheurs. Cette récompense permet de valoriser celles et ceux qui débutent dans la recherche et qui, par la qualité de leurs travaux, contribuent significativement aux sciences de la biodiversité.

 

Mercredi 26 septembre à 20h à l’Orangerie de Bagatelle neuf jeunes chercheuses et chercheurs seront récompensés sur des thèmes proposés par les membres du Conseil d’orientation stratégique (Cos) de la FRB. Pour cette première édition, l’actrice et réalisatrice Audrey Dana animera la cérémonie.

 

Les candidatures ont été évaluées scientifiquement par le le Conseil scientifique (CS) de la FRB avec le concours d’un membre du Conseil scientifique du FFEM. Les meilleurs projets ont été retenus et les financeurs du Conseil d’orientation stratégique ont sélectionnés leur lauréat en fonction des thématiques qu’ils avaient identifiée :

  • Biodiversité et océans, par la fondation Nature et découvertes
  • Biodiversité et espèces exotiques envahissantes, par la société Colas
  • Biodiversité et agriculture : utilisation des ressources génétiques végétales et agriculture durable, par le Gnis (Groupement national interprofessionnel des semences et plants)
  • La biodiversité face à la pollution plastique, par la société Werner & Mertz (Rainett)
  • Biodiversité et Outre-mer, par la LPO, le comité français de l’UICN et le programme Science et enseignement (mis en place par EDF, l’Institut de France et l’Académie des sciences)
  • Sauvegarde et conservation de la biodiversité, par le Groupe Rocher et la société Enedis
  • Biodiversité urbaine, par la Comité français de la Fondation du Prince Albert II de Monaco
  • Biodiversité urbaine : recyclage des friches, par le Lifti (Laboratoire d’initiatives foncières et territoires innovantes)
  • Recherche associant biodiversité et enjeux de développement dans les pays du Sud, par le FFEM (Fond français pour l’environnement mondial)

 

 

Télécharger le livret de présentation des prix

[Nouvelle synthèse] L’extinction paradoxale des espèces les plus charismatiques

Une opinion largement répandue, dans le grand public, mais aussi dans la littérature scientifique, veut que les efforts de conservation profitent de ma­nière disproportionnée aux espèces charismatiques et que, par conséquent, leur protection est suffisante et acquise.
Or, en étudiant 10 des espèces les plus charismatiques, l’étude de Franck Couchamp et ses collaborateurs a mis en évidence qu’elles couraient un risque élevé et imminent d’extinction dans la nature. Il apparait que le public ignore la situation de ces animaux. Les résultats suggèrent que cela pourrait être dû à la perception biaisée de leur abondance, émanant d’un décalage entre la profusion de leur représentation dans notre vie quotidienne à travers les médias, les jouets, les logos, et leur profusion réelle dans la nature. Les chercheurs émettent l’hypothèse que cette perception biaisée nuit involontairement aux efforts de conservation : d’une part parce que le public ignore que les animaux qu’il préfère font face à un danger d’extinction imminente et qu’il n’en perçoit donc pas le besoin urgent de conservation et que, par ailleurs, l’existence dans l’esprit du public de populations virtuelles renforce la perception que les populations réelles ne sont pas menacées. Cette sorte de compétition entre populations virtuelles et réelles, paradoxalement, diminue les efforts de conservation nécessaires et par conséquent accentue le risque d’extinction de ces espèces.

 

Cette situation devrait durer tant que cette utilisation ne sera pas accompa­gnée de campagnes d’information adéquates sur les menaces auxquelles ces espèces font face. Les auteurs proposent donc de compenser ces effets préjudiciables sur les efforts de conservation en captant une partie des bé­néfices associés à l’utilisation commerciale de l’image de ces espèces.

 

Découvrez ci-dessous cette troisième, et dernière, synthèses d’une série proposée par la FRB sur le paradoxe de la connaissance.

[Nouvelle synthèse] Les données de la biodiversité : biais taxonomiques en lien avec les préférences sociétales

La FRB poursuit sa série de synthèses sur le paradoxe de la connaissance avec cette deuxième synthèse.

 

À l’heure où l’on estime que plus de 99% des espèces vivant sur terre sont encore inconnues, peu étudiées ou ignorées, une équipe de recherche menée par Julien Troudet a récemment publié dans la revue Scientific Reports une étude cherchant à comprendre pourquoi certaines espèces étaient plus étudiées que d’autres.

 

Alors que l’on estime à 11 millions le nombre total d’espèces peuplant notre planète, seules 1,4 millions d’entre elles sont décrites. La majorité – plus de 99% – reste toujours inconnue, peu étudiée ou ignorée. C’est ce qu’on appelle un biais taxonomique, autrement dit le fait que certaines espèces, animales ou végétales, soient particulièrement bien connues des scientifiques (et du grand public) alors que d’autres organismes nous sont totalement inconnus.

Bien, qu’omniprésent dans la recherche sur la biodiversité, ce biais est peu étudié, peu compris et donc peu ou pas pris en compte dans les conclusions de la recherche alors même qu’il a été scientifiquement démontré que les espèces rares, petites ou non charismatiques, jouent parfois un rôle essentiel dans les écosystèmes.

Ne pas les considérer, par manque de connaissances, représente une entrave à la compréhension globale de la biodiversité à l’échelle mondiale, nuit à la mise en place de plans de conservation efficaces et ralentit la découverte de nouveaux produits ou propriétés chez les espèces sauvages.

Biodiversité, transition alimentaire et santé

En 2030, la population humaine devrait atteindre 8,6 milliards d’habitants. La production mondiale agricole, aquacole et halieutique devrait augmenter de 20 % (FAO, 2018) au cours des dix prochaines années. Or ni le taux d’accroissement des rendements des quatre principales céréales – blé, maïs, pomme de terre et riz – qui répondent à la plupart des besoins nutritionnels (Lachat et al., 2017), ni les stocks de poissons aujourd’hui surexploités (FAO, 2013) ne pourront couvrir les besoins d’une population grandissante.

 

À ce jour, la réponse donnée à l’augmentation de la demande alimentaire a été de convertir des terres en surfaces agricoles et d’intensifier l’agriculture et la pêche, autrement dit, d’augmenter la quantité des aliments sans se soucier de leur qualité, alors même que la biodiversité alimentaire est indispensable à une bonne qualité de notre alimentation notamment en terme de micro nutriments.

 

Cette réponse n’est pas sans conséquence sur l’environnement et sur la santé humaine. La plus grande cause de la perte de biodiversité au cours des 50 dernières années a été la transformation des habitats, principalement en raison de la conversion d’écosystèmes naturels et semi naturels. L’agriculture intensive, et en particulier l’usage des pesticides qui lui est généralement associé, cause par exemple 250 000 décès par an (OMS).

 

Afin de permettre à nos sociétés de se nourrir sainement, dans le respect de la biodiversité, les systèmes de production alimentaire doivent être repensés pour préserver les écosystèmes qui produisent des denrées et qui permettent aux sociétés humaines d’en retirer des services tels que la captation du CO2, l’épuration de l’eau ou de l’air, indispensables à une bonne qualité de vie.

 

La journée FRB du 27 septembre : « Biodiversité, transition alimentaire et santé » fera un point sur l’état des connaissances scientifiques sur ces enjeux. Elle se donne aussi pour ambition d’animer des discussions avec les parties prenantes sur les voies d’une transition alimentaire effective et partagée par le plus grand nombre. Car si les solutions existent, des questions majeures doivent encore trouver leurs réponses. Comment faire en sorte que ces solutions pensées au niveau mondial puissent s’appliquer localement ? Et à quel prix politique, et social ?

 

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