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Dossier Publié : 31 mars 2026 I Mis à jour : 2 avril 2026

Les savoirs écologiques au service de la santé

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À l’approche du One Health Summit qui se tiendra du 5 au 7 avril prochain à Lyon, la FRB revient sur plusieurs articles éclairant différentes facettes de ce concept scientifique invitant à sortir des silos pour une approche systémique des questions de santé.

Les savoirs écologiques “biodiversitaires” sont importants pour prévenir les conséquences en cascade de la perte de services écosystémiques et rendre les sociétés humaines, les écosystèmes et les espèces qui les composent plus résilients. Ces connaissances, néanmoins, sont certainement moins bien adaptés pour les actions immédiates de gestion de crise ou d’adaptation à la crise lorsqu’elle survient.

Ces dernières années, la FRB a relayé plusieurs travaux de recherche qui démontrent les liens entre biodiversité et santé (1) et les effets délétères de la dégradation des écosystèmes sur la santé (2). Elle a également mis en avant des solutions pour rendre les sociétés plus résilientes en matière de santé (3).

 

1. Biodiversité, santé, climat, alimentation et eau, tout est lié

Le rapport Nexus de l’Ipbes (la plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques, équivalent du Giec pour la biodiversité) a produit une synthèse mondiale des éléments de preuves des interconnexions entre la santé, le climat, la biodiversité, l’alimentation et l’eau. Ce rapport met en évidence les impacts en cascades qui découlent de la gestion en silo de ces enjeux, sans prendre en considération les quatre autres. Sortir de ces silos nécessite de démontrer l’impact, ou l’efficacité, des savoirs écologiques en matière de résilience. Cela implique également de dépasser les difficultés à assembler et mettre en relation des savoirs hétérogènes portant sur la santé.

 

Le rapport est un grand pas en ce sens. Il a rassemblé des milliers de publications scientifiques dans une évaluation mondiale qui montre la force de ces liens et propose des solutions pour faire des compromis qui nuisent le moins possible à l’ensemble de ces enjeux. Il démontre par exemple que les décisions actuelles, qui privilégient les retours financiers à court terme, ont des impacts sur la biodiversité, l’eau, la santé et le changement climatique – y compris ceux liés à la production alimentaire – qui s’élèvent à au moins 10 à 25 milliards de dollars par an.

 

2. Des écosystèmes dégradés et simplifiés sont délétères pour la santé

La modification et la simplification des écosystèmes entrainent des effets en cascades qui détériorent les fonctions écologiques et, en conséquence, les services que les humains en tirent, dont la régulation des pollutions et des pathogènes. Ainsi, une gestion en silo des enjeux agricoles depuis des décennies a conduit à un usage massif des pesticides dont les effets sur la santé humaine et animale sont à présent bien documentés. De la même façon, la déforestation est un des facteurs principaux des émergences infectieuses. Plusieurs mécanismes explicatifs ont été démontrés : d’une part un contact facilité entre les humains, les animaux domestiques et une biodiversité porteuse de pathogènes ; et ensuite une sélection d’animaux porteurs de microorganismes susceptibles d’être transmis à l’être humain. Afin de contrer cette dégradation, la conservation de la biodiversité et la restauration des écosystèmes sont des enjeux clé.

 

3. Des solutions fondées sur la nature pour des sociétés plus résilientes face aux aléas de santé

Les solutions fondées sur la nature influencent la santé et de nombreuses autres contributions de la nature aux humains, par plusieurs mécanismes : réduction des risques (par la régulation des pathogènes, de la pollution, des évènements climatiques extrêmes), amélioration des conditions environnementales (qualité de l’air, de l’eau et du sol) et augmentation du bien-être physique et mental des humains.

 

Pour être plus précis, de nombreuses études montrent que la restauration des zones humides permet de diminuer la pollution de l’eau plus efficacement qu’une station d’épuration, des paysages agricoles diversifiés permettent de préserver la fonction de régulation des ravageurs des cultures et de ce fait réduit l’usage des pesticides, les aménités paysagères en villes augmentent le bien-être et réduisent les effets d’îlots de chaleur urbaine. Le rapport Nexus identifie plus de 70 solutions qui ont à la fois des effets positifs pour la biodiversité, la santé, le climat, l’eau et l’alimentation, apportant cohérence et synergies entre ces enjeux. Les solutions fondées sur la nature sont parmi les plus efficaces et les plus transformatrices, à grande ou petite échelle (conservation et restauration des mangroves, des forêts et des zones humides, agroécologie, solutions fondées sur la nature urbaine, intensification écologique de l’agriculture, restauration de la santé des sols). Il est désormais nécessaire que les décideurs s’emparent de ces solutions afin de garantir une santé durable et conjointe de l’environnement et des populations humaines.

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