Journée FRB 2026 | Entreprises et biodiversité : La recherche comme cap, l’action comme responsabilité
La Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) propose cette année, avec le soutien du MNHN et de l’OFB et de l’Institut océanographique, Fondation Albert Ier, Prince de Monaco, de consacrer sa Journée annuelle aux enjeux de transformation des systèmes économiques et financiers.
Bien que sa nécessité ne soit plus à démontrer, sa mise en place implique des engagements pour toutes et tous. Le dernier rapport de l’Ipbes – le « Giec de la biodiversité » – sorti en février dernier, dresse un portrait complet des responsabilités mais aussi des opportunités qui s’ouvrent aux entreprises, analyse les outils à mobiliser par celles-ci, par l’État et la société civile, leur rôle-clé. Il porte un message fort : transformer l’essai est possible !
À travers cette Journée FRB, en français, la Fondation apportera son regard sur ce rapport majeur, en réunissant communautés scientifiques et parties prenantes publiques et privées afin de discuter des avancées permises par le rapport, des responsabilités mais aussi des opportunités pour les entreprises, les acteurs publics et les citoyens et citoyennes. Les échanges seront l’occasion de confronter connaissances théoriques et réalités de mises en pratique.
Comme chaque année, la Journée FRB s’adresse aux acteurs de la recherche ainsi qu’aux acteurs privés et publics dans l’objectif d’initier et favoriser un indispensable dialogue. Ce temps fort s’appuiera sur une série de rendez-vous qui se tiennent tout au long de ce premier semestre 2026 ainsi que sur la plénière de l’Assemblée des parties prenantes de la FRB, ouverte aux structures membres de l’Assemblée des parties prenantes, conviés pour l’occasion dès le 22 juin après-midi.
Suite à un changement de lieu, l’événement est ouvert en présentiel à toutes et tous
9h | Ouverture des portes au public
9h30 – 9h50 | Mots d’ouvertures
Par Hélène Soubelet, directrice générale de la FRB et Barbara Pompili, ambassadrice déléguée à l’environnement.
9h50 – 10h35 | Conférences introductives – Les fondations d’un avenir commun
9h50-10h05 Un regard scientifique, par Denis Couvet, président de la FRB
10h05-10h20 Un regard finance durable, par Philippe Zaouati, directeur général de Mirova
Temps d’échange de 10h20 à 10h35
10h40 – 12h00 | Les dispositions propices au changement
Animation par Hélène Valade, directrice développement environnement chez LVMH.
Derrière ce titre “Entreprises et biodiversité”, il y a les entreprises bien sûres, mais pas uniquement. La transformation des systèmes économiques et financiers est aussi une trajectoire sociétale, qui alimente, permet, encourage ce changement de trajectoire, vers un avenir commun, durable. Dans son rapport, l’Ipbes identifie cinq domaines qui contribuent à l’environnement porteur et sont en synergies avec différents niveaux décisionnels des entreprises. Clément Feger, Morgane Gonon et Elise Kremer, viennent nous parler de trois d’entre eux.
10h45-11h Retour sur l’évaluation entreprises et biodiversité de l’IPBES
par Clément Feger, maitre de Conférences en Gestion de l’environnement à AgroParisTech
Le 9 février dernier a été publié le résumé pour décideurs de l’évaluation “entreprises et biodiversité” de l’Ipbes (International science-policy platform for Biodiversity and Ecosystem Services). Cette étude a été préparée par près de 80 experts issus de 35 pays pendant 3 ans, puis discutée et adoptée par les délégations de 150 pays pendant la 12e plénière de l’Ipbes. Clément Feger proposera un retour réflexif sur son expérience en tant qu’auteur de ce rapport sur le processus de co-production des connaissances, ainsi que sur les enjeux à venir pour poursuivre les efforts de transformation des relations entreprises et biodiversité.
11h-11h15 Investissement pour la biodiversité : contextes et conditions
par Morgane Gonon, doctorante en économie au CIRED
La notion de “biodiversity finance gap” s’est imposée comme un outil de cadrage, estimant à environ 700 milliards de dollars par an les financements additionnels nécessaires pour atteindre les objectifs globaux (GBF 2022). Or, ce “gap” ne renvoie pas uniquement à un déficit de ressources. Une part significative des investissements requis correspond à des revenus non réalisés, difficilement intégrables dans des cadres comptables et financiers standards. Le périmètre s’étend aux transformations et aux innovations au sein des secteurs productifs et des chaînes de valeur, ce qui implique des coûts diffus, des horizons temporels longs et des contre-factuels complexes. La pluralité des acteurs introduit des asymétries institutionnelles majeures, générant des désalignements structurels entre les exigences écologiques et les logiques d’investissement. Dès lors, l’investissement pour la conservation de la biodiversité ne peut être réduit à un problème d’allocation optimale de capital, mais doit être appréhendé comme un problème institutionnel et macro-financier, portant sur les conditions de mobilisation, d’allocation et de coordination des ressources. Cela implique de déplacer l’analyse de la valeur de la biodiversité vers la mise en œuvre, en intégrant les contextes nationaux, les capacités institutionnelles et les architectures financières.
11h15-11h30 Biodiversité et risque systémique : enjeux pour les Banques Centrales,
par Elise Kremer, économiste chercheuse à la Banque de France – Direction Générale de la Stabilité Financière et des Opérations
La dégradation de la nature et la perte de biodiversité présentent un risque systémique pour l’économie et la stabilité financière. Les entreprises dépendent fortement des services rendus par les écosystèmes, mais ces dépendances restent largement mal mesurées et peu prises en compte. Cela crée des risques pour les entreprises, les chaînes d’approvisionnement, la valorisation des actifs et la stabilité financière. Pour les banques centrales, et en particulier la Banque de France, l’enjeu est d’intégrer ces risques dans leurs analyses économiques et prudentielles, car ils peuvent influencer la conduite de leurs mandats.
Temps d’échange de 11h30 à 11h50
12h00 – 14h | Cocktail déjeunatoire
14h – 15h40 | Entreprises, changer de cap ?
Ouverture de la session par Sandrine Berthet, déléguée à la transition écologique de la Direction générale des entreprises
Quels sont les impacts et dépendances des entreprises envers la biodiversité ?
14h10 – 14h40 | Intervention scientifique
Sujet et intervenant(e) à venir
14h40 – 15h40 | Table ronde
Sujet et intervenant(e)s à venir
15h40 – 16h00 | Pause café
16h00 – 16h10 | Interlude
16h10 – 17h05 | Les scénarios vers un avenir commun
16h10-16h25 Scénarios de biodiversité : un outil stratégique pour naviguer l’incertitude
Par Karine Princé, chercheuse au CESCO-MNHN – Experte auprès de la Commission européenne
À la lumière du récent rapport de l’IPBES, les entreprises sont appelées à engager des transformations profondes dans un contexte d’incertitudes fortes. Les scénarios de biodiversité constituent des outils clés pour explorer des futurs plausibles, éclairer les risques et tester la robustesse des stratégies. Cette intervention propose de les envisager non comme des exercices prospectifs abstraits, mais comme des dispositifs concrets d’aide à la décision, au croisement des savoirs scientifiques et des réalités opérationnelles.
(Suite de la session à venir)
17h05 – 17h15 | Clôture de l’événement