Ipbes 12 : En direct de la plénière
Du 3 au 8 février 2026, à Manchester au Royaume-Uni, a lieu la douzième session de la Plénière de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (Ipbes). L’équipe FRB vous raconte les coulisses de cette événement.
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Auteure : Julie de Bouville
Relectures : Hélène Soubelet, Denis Couvet, Nathalie Morata, Coline Léandre, Marie-Claire Danner
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Au programme de la semaine : les négociations gouvernementales en vue de l’adoption du résumé pour décideurs qui accompagnera la sortie du rapport scientifique « Entreprise et biodiversité » et les discussions sur le programme de travail à venir de la plateforme.
Le Résumé pour décideurs de l’évaluation Entreprises et biodiversité de l’Ipbes a été adopté le 8 février ! Ce résumé présente les messages clés et options politiques, tels qu’ils ont été approuvés lors de la séance plénière de l’Ipbes.
Approuvée par les représentants de plus de 150 gouvernements membres de l’Ipbes lors de la 12e session plénière de l’Ipbes, l’évaluation Entreprises et biodiversité conclut que les entreprises jouent un rôle central dans l’arrêt et l’inversion de la perte de biodiversité. Elle met également en lumière une limite majeure : de nombreuses entreprises manquent souvent d’informations pour faire face à leurs impacts, à leurs dépendances, ainsi qu’aux risques et opportunités liés à la biodiversité et aux contributions de la nature aux populations.
- Le résumé pour décideurs (en anglais)
- Le communiqué de presse (en français)
À l’occasion de la sortie du rapport, la FRB vous propose un dossier mettant en lumière des notions qui organisent aujourd’hui le débat sur les relations entre business et biodiversité.
Consulter le dossier :
Retour sur les échanges jour après jour :
🙌 Jours 6 — Habemus SPM!
Le Résumé pour décideurs de l’évaluation Entreprises et biodiversité a été officiellement adopté dimanche 8 février.
La FRB avait constitué une délégation d’experts pour appuyer la position française tout au long des discussions, à travers un travail de relecture et de vérification des données scientifiques. Les experts livrent ici les principales leçons retenues de cette intense semaine de négociations :
Denis Couvet (FRB) : La transformation des systèmes économiques et financiers, leur promotion de la sobriété et de la diversité, dépend de décisions sociétales, des attentes et exigences de la société civile, des actions incitatrices et régulatrice de l’Etat.
Emmanuel Delannoy (OFB) : Les entreprises peuvent agir dès aujourd’hui, à chaque niveau de leur chaîne de valeur. Les outils et les métriques sont là, les leviers d’action clairement identifiés. Action !
Michel Garine (Cirad) : La délégation française s’est illustrée par son énergie, sa réactivité et à l’écoute des expert·es. Le rapport adopté propose au monde des affaires des solutions et stratégies pour limiter et inverser les impacts de leurs activités. Un seul regret : la santé est absente du rapport, alors que c’est un levier formidable pour inciter à préserver la nature et les services rendus.
Martine Hossaert (CNRS) : Participer à l’IPBES a été une expérience marquante, portée par la dynamique constructive de la délégation française et par la bienveillance entre les différents pays. La rigueur de la recherche et la transparence des processus apparaissent comme des leviers essentiels pour faire avancer les relations entre entreprises et la biodiversité.
Coline Léandre (FRB) : Le rapport « Entreprises et biodiversité » est orienté vers l’action des gouvernements, des entreprises, des institutions financières, des acteurs financiers et de la société civile, et apporte des preuves solides sur les opportunités pour les entreprises d’agir en faveur de la biodiversité.
Sandra Luque (Inrae) : Le rapport est une belle avancée. Mais il est important de rappeler que l’engagement des entreprises n’est réellement pertinent que lorsque les priorités de la biodiversité, ses garanties et la science guident l’action.
Lise Madec (OFB) : Une collaboration bienveillante aboutissant à des messages concrets, qui vont nous permettre de porter plus haut et plus fort le sujet de la biodiversité auprès des entreprises.
Nathalie Moratta (FRB) : Dans un contexte international morose, marqué par une méfiance grandissante envers la science, cette plénière a pris le contre-pied. En remettant la science au cœur des échanges, elle a redonné de l’espoir : celui de voir la science continuer à éclairer les décisions politiques et contribuer, concrètement, à préparer l’avenir.
Carole PIERLOVISI (MNHN) : Cette plénière a été une immersion au cœur d’un collectif où le dialogue science-politique se vit concrètement chaque jour. L’adoption du rapport propose des pistes d’actions concrètes tout en montrant que le consensus reste possible.
Philip Roche (Inrae) : dans un contexte où la science et les faits sont attaqués par de multiples intérêts, l’IPBES a réussi à négocier un texte sur la dépendance des entreprises et de l’économie à la biodiversité dans une ambiance constructive, de nombreux pays ayant rappelé l’importance des faits scientifiques pour la décision.
Lôra Rouvière (OFB) : L’accord de 150 états consacre un consensus scientifique et politique clair : les entreprises ont des impacts et des dépendances majeurs vis-à-vis de la biodiversité et peuvent jouer un rôle déterminant dans sa préservation. Le rapport identifie les principaux leviers d’action. Cet exercice de négociation illustre la capacité du multilatéralisme et du dialogue science-politique à produire des cadres d’action partagés.
Nirmala Séon-Massin (MNHN): C’est à la fois une vraie motivation de voir près de 150 pays mobilisés pour défendre la biodiversité et la science (chacun à sa façon…) et une grande fierté d’avoir pu contribuer à ce travail collectif. Il reste maintenant à le faire largement connaître et surtout à agir.
Hélène Soubelet (FRB): L’adoption du résumé pour décideur illustre la capacité du dialogue entre scientifiques et décideurs à produire un consensus, malgré la diversité des enjeux et des tensions. Cette évaluation confirme le constat partagé de la dégradation de la biodiversité liée aux activités humaines et la nécessité de compromis sur les modalités de transformation des pratiques, des organisations et des échelles d’action. L’intelligence collective a permis d’aboutir à un accord et de rendre prochainement accessible le rapport complet.
⏳ Jour 5, le temps des arbitrages
À l’IPBES12, l’heure est aux décisions. Après plusieurs soirées de négociations prolongées, les délégués ont été appelés par le président de l’IPBES, David Obura, à conclure les discussions sur le Résumé pour décideurs de l’évaluation Entreprise et biodiversité. Mot d’ordre inchangé : avancer vite, sans perdre le sens — ni la substance.
✍️ L’art du compromis
La lecture finale des messages de fond s’est révélée plus longue que prévu. Il est toujours difficile de faire des compromis, mais c’est la règle à l’IPBES. Les délégations se sont réunies en groupe de réflexion pour discuter de droits humains, de subventions néfastes, de chiffres, de sens de flèches dans les tableaux, de citations des secteurs économiques les plus impactants ou les plus dépendants à la biodiversité. Des allers et retours dans les chapitres ont souvent été nécessaires pour s’assurer de la conformité scientifique des ajouts. Un travail d’orfèvre !
💸 Subventions : de la distorsion au levier
Autre point de discussion, les subventions. Distorsions de marché, outils de politique environnementale ou freins à l’action ?
Lorsqu’elles soutiennent des pratiques ou des intrants générant des impacts négatifs sur les écosystèmes, les subventions réduisent artificiellement les coûts privés et masquent des coûts sociaux et environnementaux non intégrés dans les prix. Mais la réforme de ces subventions est difficile, en raison des conséquences économiques potentiellement importantes pour les producteurs et les pays concernés.
Dans ce contexte, des subventions en faveur de l’environnement peuvent jouer un rôle correcteur. En réduisant le coût relatif des pratiques bénéfiques — agriculture durable, restauration des écosystèmes, solutions fondées sur la nature, technologies sobres en ressources — elles réorientent les choix d’investissement et de production. L’enjeu n’est donc pas de supprimer les subventions, mais de les transformer : déplacer l’argent public des activités qui aggravent les pressions sur la biodiversité vers celles qui contribuent à les réduire. Autrement dit, corriger une défaillance du marché par un levier politique assumé.
📊 Figures, tableaux… et guronsan
Avec l’objectif de finaliser le résumé pour décideurs, les discussions se sont poursuivies sur les tableaux, figures et messages d’arrière-plan. Derrière leur technicité, un enjeu central : rendre visibles les effets de long terme des subventions, désormais évaluées non plus seulement sous l’angle de l’efficacité économique ou sociale, mais aussi de leurs impacts sur la biodiversité.
⏳ Jour 4 : Les conceptions du monde autochtones et communautés locales comme angle mort des modèles dominants
Sans être au cœur des discussions, la place des peuples autochtones et des communautés locales a néanmoins traversé les échanges. Une constante à l’IPBES, qui se distingue par son travail de longue date sur l’intégration de ses savoirs dans les évaluations scientifiques. Ces savoirs proposent une autre manière de penser les relations entre humains, territoires et socio-écosystèmes, fondée sur la réciprocité et le temps long, à distance d’une vision strictement utilitariste de la nature.
Dans le cadre de l’évaluation Entreprise et biodiversité, cette perspective éclaire autrement les relations entre entreprises et territoires. Elle rappelle que les activités économiques s’inscrivent dans des espaces vécus et gouvernés, porteurs de rationalités différentes de celles de la modernité industrielle. En confrontant les modèles dominants à d’autres manières de concevoir les relations aux socio-écosystèmes — fondées sur la réciprocité, le temps long et l’ancrage territorial —, les savoirs autochtones invitent à un changement de regard. Pour les entreprises, cela implique de dépasser des démarches visant à faire accepter des projets déjà définis, pour entrer dans des négociations où les pratiques, et parfois les finalités mêmes des activités, peuvent être rediscutées. Une dynamique vaste et englobante, qui invite à repenser les modèles dominants : produire moins pour produire mieux.
🔮 Quel futur programme de travail ?
Autre débat structurant : les prochaines thématiques de l’IPBES. Après les rapports à venir sur le suivi et la connectivité, plusieurs pistes ont émergé, dont biodiversité et pollution ou biodiversité et pauvreté. Mais les contraintes budgétaires pèsent. La question est posée : faut-il continuer à produire des rapports lourds ou explorer des formats plus légers, pour mieux diffuser des connaissances déjà établies ?
📍 Et après ?
En clôture, le président de l’IPBES, David Obura, a noté qu’aucun pays ne s’est encore proposé pour accueillir la prochaine plénière. Faute de volontaires, Bonn pourrait bien, une fois encore, s’imposer par défaut comme point de ralliement de la prochaine plénière.
⏳ Jour 3 : quand les mots comptent (vraiment)
À IPBES 12, la troisième journée marque l’entrée dans le dur. Après les discours de cadrage, place aux concepts sensibles et aux arbitrages sémantiques, ceux qui feront — ou non — la différence une fois le rapport entre les mains des décideurs et des entreprises.
🧼 Ecoblanchiment : quand le vert sert surtout à blanchir
Au cœur des discussions : la notion de greenwashing, ou d’écoblanchiment pour le dire en français. Elle est entendue comme les situations où les engagements des entreprises en faveur de la biodiversité ne se traduisent pas par des réductions effectives, mesurables et durables de leurs impacts, créant un écart persistant entre discours et réalité. Pour éviter ces soupçons la transparence, via notamment leurs rapports de responsabilité sociale et environnementale, s’impose comme un levier central. Autre concept clé apparu dans les échanges : celui d’”enabling environment”, ou de cadre propice permettant aux entreprises d’agir réellement, et qui dépend des Etats, par leurs régulations, ET de la société civile, par ses valeurs. Une notion clé du prochain rapport. Aussi structurant que le concept de changement transformateur, adapté cette fois aux entreprises. À suivre de près.
📊 Des figures lisibles, enfin
Pendant ce temps, le Groupe de travail 1 s’est livré à une bataille plus visuelle mais tout aussi stratégique : rendre les figures compréhensibles et utilisables. Objectif affiché : réduire la complexité conceptuelle pour permettre une lecture rapide, aussi bien par les décideurs publics que par les entreprises. En ligne de mire, notamment, un tableau comparant les méthodes de mesure des impacts et des dépendances à la biodiversité — dense, technique, mais particulièrement précieux pour le secteur privé.
🔄 Penser l’après-rapport
En toile de fond, une question traverse les débats : celle de l’”appropriation des évaluations”. Comment s’assurer que les évaluations ne restent pas lettre morte ? Les discussions portent sur les conditions nécessaires à leur mise en œuvre effective dans les années à venir, rappelant que la synthèse des connaissances n’est qu’une étape, et que leur appropriation est un autre redoutable défi.
⏱️ Fin de jour 3
Entre clarification des concepts, simplification des outils et réflexion sur l’impact réel des rapports, la plénière poursuit sa mue : moins déclarative, plus opérationnelle.
⏳ Jour 2, place au mot à mot
À l’IPBES, le temps parfois long de la science rencontre désormais celui, minutieux, de la diplomatie. Les délégations ont entamé les négociations ligne par ligne du Résumé pour décideurs de la nouvelle évaluation Entreprise et biodiversité, pièce maîtresse de la session. Chaque phrase, chaque figure, chaque tableau est examiné afin de garantir l’appropriation politique du texte, sa fidélité au rapport scientifique et sa pertinence socio-économique et éthique.
🔄 La science-policy en action
Les échanges prennent la forme d’un va-et-vient constant entre États membres et auteurs de l’évaluation. Aux premiers les propositions d’amendements, aux seconds la responsabilité de préserver l’intégrité scientifique du document, mais aussi de tenir compte des points aveugles, des incertitudes scientifiques, que peuvent questionner les Etats et les observateurs. C’est dans cet exercice parfois technique que l’IPBES incarne concrètement son rôle de plateforme de coproduction entre science et décision publique.
🌿 La maturité d’un processus de co-construction avec les savoirs autochtones
L’IPBES travaille depuis sa création à l’intégration des savoirs et enjeux des peuples autochtones et des communautés locales dans ses évaluations. Elle a acquis sur ce sujet, conjointement avec ces communautés, une belle expertise qu’elle peut à présent diffuser, par exemple aux autres plates-formes comme le Giec (IPCC). Cette co-construction permet une meilleure appropriation des rapports eux-mêmes par les peuples autochtones et les communautés locales, un point crucial de cette évaluation qui décrit leurs relations avec les entreprises et les outils pour mieux équilibrer les rapports de forces. Elle permet aussi de mettre en évidence des problématiques sociales et écologiques, éthiques, qui ont pu être négligées par les scientifiques.
🏢 Entreprises sous pression
Lors d’un temps dédié à la société civile. les organisations ont rappelé la responsabilité majeure des entreprises dans l’effondrement de la biodiversité. L’urgence n’est plus à l’engagement progressif, mais à une action immédiate pour inverser la trajectoire du déclin. Il a aussi été souligné que les responsabilités étaient systémiques, et que les impulsions pesant sur les entreprises et la finance étaient des décisions sociétales.
⏱️ Fin de jour 2
Entre arbitrages scientifiques, lignes budgétaires sous tension et attentes croissantes vis-à-vis des entreprises, la plénière est entrée dans une phase plus dense. Les prochains jours diront jusqu’où les États sont prêts à s’entendre pour transformer ce diagnostic partagé en messages clairs — et politiquement assumés.
🎶 Manchester a donné le ton
L’ouverture de la plénière de l’IPBES 12 n’a pas commencé par un discours inaugural classique, mais par une performance de Bionic and the Wires. Des bras bioniques ont traduit les signaux bio-électriques de plantes et de champignons en musique et en images, donnant à entendre la musique du champignon. Une métaphore parlante : la biodiversité s’exprime, encore faut-il l’écouter.
💶 Un soutien financier renforcé en France
La France a annoncé une contribution supplémentaire de 300 000 euros pour soutenir les travaux de l’IPBES. Elle a rappelé que la science constitue une condition préalable à une diplomatie crédible et ambitieuse, et a mis en avant le rôle de la prochaine évaluation pour démontrer qu’un développement économique compatible avec la nature est possible pour les entreprises.
🌍 Un contexte budgétaire fragilisé
Cette annonce intervient alors que les États-Unis, qui assuraient environ 15 % du budget annuel de l’IPBES — estimé à 8 millions de dollars par an— ont annoncé leur retrait. Une décision prise dans un contexte plus large de révision à la baisse des engagements financiers de plusieurs pays. Dans les prochains jours, le budget de l’IPBES fera l’objet de discussions, avec des arbitrages attendus sur le programme de travail, la nature des réunions ou les activités de la plate-forme.
🔗 Un dialogue renforcé avec le climat
Pour la seconde fois lors d’une plénière de l’IPBES, le président du GIEC, était présent. Il a rappelé les interactions existantes entre les deux instances, notamment à travers une communauté scientifique en partie commune. La FRB qui organise tous les deux ans les rencontres françaises IPBES-GIEC et est impliquée dans l’initiative Respin visant à renforcer ce rapprochement au niveau européen, s’est réjouie de cette présence. Celle-ci a été perçue comme un signal de l’intérêt du GIEC pour les travaux de l’IPBES, notamment sur les scénarios et l’intégration des savoirs des peuples autochtones.
📋 Un résumé salué, des conditions de mise en oeuvre précisées
Dans l’ensemble, les délégations ont salué le Résumé pour décideurs comme une synthèse fidèle et solide du rapport scientifique. Certaines ont insisté sur le fait que des outils et des méthodes étaient déjà disponibles et que les lacunes de connaissances ne devaient pas être une excuse pour retarder l’action. Plusieurs interventions ont toutefois rappelé que la mise en œuvre devra être équitable et adaptée aux contextes nationaux et régionaux, en particulier dans les pays en développement.
📰 Manchester, lundi 2 février.
Alors que la plénière de l’IPBES s’ouvre officiellement demain, sa première journée a été consacrée à l’engagement des parties prenantes. Un choix révélateur : avant les arbitrages politiques, la question posée est celle de l’après-rapport. Comment faire en sorte que la connaissance produite débouche sur des décisions et des transformations réelles ? Trois registres ont structuré les échanges : communiquer, s’approprier, provoquer le changement.
📢 Communiquer.
La présentation des grandes lignes du rapport et du Résumé pour décideurs dont l’adoption est attendue le 9 février, a rappelé sa vocation première : éclairer l’action publique. Mais le discours s’est voulu pragmatique. Les auteurs savent que le résumé pour décideurs ne circule pas uniquement dans les ministères. Il est aussi lu par les entreprises, qui y cherchent des signaux sur les risques, les dépendances économiques à la biodiversité et les transformations attendues des modèles productifs. Cette cible oriente désormais la manière dont les messages sont formulés.
🏛️ S’approprier.
L’enjeu devient ensuite celui de la traduction opérationnelle à différentes échelles. Les échanges ont mis en avant les travaux de Respin portés par la FRB au niveau régional et le dialogue croissant entre le Giec et l’Ipbes pour mieux articuler climat et biodiversité dans les politiques publiques. Ici, l’appropriation repose sur la coordination, la cohérence des messages et leur intégration dans les cadres nationaux et régionaux, bien au-delà d’une simple diffusion d’informations.
🔄 Provoquer le changement.
L’IUCN a posé un diagnostic sans détour : le principal frein n’est plus le déficit de connaissances, mais l’incapacité à les convertir en pratiques et créer un mouvement collectif. Pour y répondre, elle recommande, par son rapport sur les changements de comportements, de structurer l’accès aux ressources, de développer des outils concrets, de renforcer les capacités et de faciliter l’accès à l’expertise et aux financements. Dans le même esprit, par la voix de la Fresque de la biodiversité, les échanges ont insisté sur la nécessité de disposer de supports simples et partagés, permettant de créer un socle commun de compréhension et d’engagement, que chacun et tous les niveaux, puisse s’approprier et transmettre avec ses propres mots.
La Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) accueille le secrétariat scientifique du comité français pour l’Ipbes et est largement mobilisée pour le relai des travaux de l’Ipbes au niveau national.
