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janvier 2022  I  Publications  I  FRB  I  Biodiversité et climat

Les solutions fondées sur la nature : comment optimiser les politiques climat et biodiversité ?

Cet article a été réalisé dans le cadre du dossier :
Face aux changements climatiques, laissons faire la nature !
 

Les solutions fondées sur la nature sont des actions visant à protéger, gérer de manière durable et restaurer des écosystèmes naturels ou modifiés, pour relever directement les défis sociétaux et environnementaux de manière efficace et adaptative. Elles assurent le bien-être humain et offrent des avantages pour la biodiversité1. Depuis l’émergence du concept la communauté scientifique s’est intéressée à sa définition.

>> Pour aller plus loin :

Note du CS – Avis du Conseil scientifique de la FRB sur les « solutions fondées sur la nature »

 

 

SFN

Les Solutions fondées sur la Nature représentent un concept englobant
diverses approches fondées sur les écosystèmes2.

 

 

Les solutions fondées sur la nature peuvent être distinguées selon la typologie suivante :

  • Intervention nulle ou minimale dans les écosystèmes, avec pour objectif de maintenir ou d’améliorer le bénéfice tiré des services écosystémiques.
  • Gestion durable des écosystèmes et des paysages pour optimiser de manière ciblée certains services écosystémiques.
  • Gestion des écosystèmes de manière très intrusive ou création de nouveaux écosystèmes pour maximiser certains services écosystémiques.

 

 

 

FRB_Figure_solutions_fondées_sur_la_nature

Figure : Représentation schématique des différentes approches
dans les solutions fondées sur la nature3.

 

 

Trois grands types de solutions sont définis, selon le niveau d’ingénierie ou de gestion appliqués à la biodiversité et aux écosystèmes (axe horizontal), et le nombre de services fournis, de groupes d’acteurs ciblés et le niveau probable de maximisation des services ciblés fournis (axes verticaux). Des exemples de solutions fondées sur la nature sont fournis pour les différents types. Les étiquettes des axes sont interchangeables : il ne faut pas voir le type 3 comme « meilleur » que le type 1. Les trois types sont complémentaires.

 

 

Biodiversa+, le réseau européen de financement de la recherche sur la biodiversité et les solutions fondées sur la nature, est impliqué dans le développement de NetworkNature, une plateforme européenne et mondiale qui permet à toutes les parties intéressées d’accéder et de contribuer à des connaissances et à des compétences de pointe et innovantes sur les solutions fondées sur la nature. Biodiversa+ finance également des projets de recherche sur ces thématiques. 4 exemples sont proposés ci-dessous. 

 

 

D’après les exemples présentés ci-dessous, nous constatons que de nombreux exemples d’actions destinées à arrêter, ralentir ou inverser la perte de biodiversité peuvent simultanément ralentir de manière significative le changement climatique anthropique. Toutefois, il existe des exceptions importantes à une relation positive entre la préservation de la biodiversité et l’atténuation du climat. Par exemple, il a été démontré que la réduction de la fréquence des incendies de forêt, peut réduire considérablement la biodiversité en raison de la dépendance de nombreuses espèces sauvages à ce type de perturbations cycliques. La réintroduction d’espèces animales clés dans le cadre des efforts de ré-ensauvagement peut également réduire les stocks de carbone par une augmentation de la prédation ou du pâturage.

Temps de lecture :
10 min

 

Dernière mise à jour :
12.01.2022

Biodiversité et climat

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Mettre un terme à la perte et à la dégradation des écosystèmes riches en carbone

Mettre un terme à la perte et à la dégradation des écosystèmes riches en carbone (solution fondée sur la nature de type 1), en particulier les forêts, les zones humides, les tourbières, les prairies et les savanes, les écosystèmes côtiers tels que les mangroves, les marais salants, les forêts de laminaires (algues brunes) et les prairies sous-marines, ainsi que les habitats d’eau profonde et polaires. La réduction de la déforestation et de la dégradation des forêts peut contribuer à diminuer les émissions anthropiques de gaz à effet de serre (GES).

 

>> Pour aller plus loin, découvrez : 

 

Renforcer le réseau d’aires protégées qui représentent actuellement environ 15 % des terres et 7,5 % des océans

Renforcer le réseau d’aires protégées qui représentent actuellement environ 15 % des terres et 7,5 % des océans (solution fondée sur la nature de type 1). Les estimations mondiales des besoins exacts en aires efficacement protégées et conservées pour garantir un climat habitable, un bon état de la biodiversité et une bonne qualité de vie ne sont pas encore bien établies, mais se situent entre 30 et 50 % de l’ensemble des surfaces océaniques et terrestres. En plus de l’augmentation de leur surface, ces aires protégées doivent gagner en efficacité grâce à l’augmentation des moyens mis à disposition, l’amélioration de la gestion, de l’application des règles de protection, et l’amélioration de la répartition et de la connectivité entre ces aires. Des mesures de conservation hors des aires protégées sont également nécessaires pour le bon maintien des écosystèmes.

 

>> Pour aller plus loin, découvrez : 

Le développement de pratiques agricoles et forestières durables

Le développement de pratiques agricoles et forestières durables (solution fondée sur la nature de type 2) permet de renforcer la capacité d’adaptation de la biodiversité au changement climatique, d’augmenter le stockage du carbone et de réduire les émissions. Les mesures telles que la diversification des espèces végétales et forestières plantées, l’agroforesterie, l’agroécologie, la conservation des sols et la réduction de l’utilisation des engrais, offrent un fort potentiel annuel d’atténuation du changement climatique.

 

>> Pour aller plus loin, découvrez : 

La restauration des écosystèmes riches en carbone et en espèces

La restauration des écosystèmes riches en carbone et en espèces (solution fondée sur la nature de type 3) renforce la résilience de la biodiversité face au changement climatique, et présente de nombreux autres avantages tels que la régulation des inondations, la protection des côtes, l’amélioration de la qualité de l’eau, la réduction de l’érosion des sols et la garantie de la pollinisation. La restauration des écosystèmes peut également créer des emplois et des revenus, surtout si l’on tient compte des besoins et des droits d’accès des populations autochtones et des communautés locales.

 

>> Pour aller plus loin, découvrez : 

Références bibliographiques

1            UICN (2020). Standard mondial de l’UICN pour les solutions fondées sur la nature. Cadre accessible pour la vérifica-tion, la conception et la mise à l’échelle des SfN. Première édition. Gland, Suisse : UICN. DOI: https://doi.org/10.2305/IUCN.CH.2020.08.fr

2            Cohen-Shacham E., Walters G., Janzen C. and Maginnis S. (eds.), 2016. Nature-based Solutions to address global societal challenges. Gland, Switzerland: IUCN. xiii + 97pp. 

3             Hilde Eggermont, Estelle Balian, José Manuel N. Azevedo, Victor Beumer, Tomas Brodin, Joachim Claudet, Bruno Fady, Martin Grube,Hans Keune, Penelope Lamarque, Katrin Reuter, Matt Smith, Chantal van Ham, Wolfgang W. Weisser, Xavier Le Roux. Nature-based Solutions: New Influence for Environmental Management and Research in Europe. GAIA 24/4 (2015): 243 – 248