COP17 : des avancées fragiles, la science plus que jamais nécessaire
Rédaction : Julie de Bouville
Relecture : Nathalie Morata, Constance Laureau, Camille Guibal, Elisa Dageville, Hélène Soubelet
Après deux semaines de négociations intenses à Erevan, la COP17 s’est achevée le 31 octobre sur l’adoption d’une cinquantaine de décisions. Si les États sont parvenus à trouver des compromis sur plusieurs dossiers majeurs, les discussions ont révélé de profondes divergences sur les transformations nécessaires pour enrayer la perte de biodiversité. Dans ce contexte, la FRB s’est mobilisée pour soutenir les négociations et renforcer les liens entre science, politique et société.
Des avancées politiques, mais des ambitions limitées
Quatre ans après l’adoption du Cadre mondial, la COP17 a dressé un premier bilan collectif de sa mise en œuvre. Le constat est préoccupant : si de nombreux Etats ont adopté des objectifs nationaux, leur mise en oeuvre reste insuffisante pour atteindre les objectifs de 2030.
Pour répondre à ce retard, les États ont adopté la Trajectoire d’Erevan, destinée à orienter et renforcer les efforts pour les prochaines années. Parmi les avancées figure la reconnaissance de la nécessité d’agir sur les subventions néfastes à la biodiversité, un sujet particulièrement sensible.
Des compromis ont également été trouvés sur le fonctionnement du nouvel organe consacré aux peuples autochtones et communautés locales, ainsi que sur la poursuite de l’opérationnalisation du Fonds de Cali, destiné au partage des avantages issus de l’utilisation des données génétiques.
Mais plusieurs dossiers restent ouverts, notamment la répartition des responsabilités financières entre États. Les négociations ont également révélé des tensions sur la reconnaissance des travaux de l’Ipbes et sur la coopération entre les accords internationaux, notamment entre la CDB et le nouvel accord sur la biodiversité en haute mer (Biodiversity Beyond National Jurisdiction).
Les dossiers thématiques ont également enregistré des avancées. Sur biodiversité et climat, les États ont enregistré une meilleure articulation des politiques, malgré des divergences persistantes conduisant notamment à supprimer les références aux avis consultatifs internationaux sur le climat. Sur Biodiversité et santé, la COP a réaffirmé l’importance de l’approche One Health, qui reconnaît les liens entre santé environnementale, humaine et animale, et a encouragé le développement d’outils de suivi du plan d’action mondial adopté à la COP16.
La FRB, au service des négociations et du dialogue science-politique et science-société
Présente au sein de la délégation française et co-point focal français de l’organe scientifique et technique de la Convention (SBSTTA), la FRB a apporté un appui scientifique aux négociations, notamment sur la biodiversité marine et côtière, les forêts, les évaluations de l’Ipbes, les peuples autochtones et la communication. Son expertise, ses réseaux scientifiques et ses travaux de synthèse ont contribué à éclairer et consolider les positions françaises.
Parallèlement, la FRB a co-organisé et animé, avec ses partenaires européens Biodiversa+, CO-OP4CBD, RESPIN, BioAgora et NetworkNature, le pavillon européen science-politique Science4Biodiversity, ainsi que de nombreux événements parallèles.
Redécouvrez les Side events :
Ces rencontres ont permis d’aborder plusieurs questions essentielles : comment rendre les synthèses scientifiques plus utiles aux négociateurs ? Comment communiquer d’une voix commune sur les enjeux de biodiversité ? Comment renforcer les interfaces science-politique européennes et la coopération entre les conventions de Rio ? Comment mobiliser les entreprises en faveur de la biodiversité, développer une finance favorable à la nature ou encore construire des récits collectifs capables de mobiliser la société ?
Lors de la plénière de clôture, une déclaration portée par la Suisse au nom de 55 pays a réaffirmé le rôle irremplaçable d’une science indépendante pour éclairer les décisions politiques, alors que la reconnaissance des travaux de l’Ipbes avait suscité de fortes tensions au cours des négociations.
La COP17 a ainsi rappelé combien la science est indispensable à l’action politique, mais aussi combien son appropriation nécessite un dialogue constant. C’est toute la valeur ajoutée de la FRB : apporter une expertise scientifique indépendante au service des négociations et renforcer les interfaces science-politique et science-société, afin que les connaissances puissent être comprises, partagées et mobilisées pour l’action.
Redécouvrez les négociations de la Cop17 jour après jour :
a FRB assure le rôle de co-point focal français auprès de l’organe de la Convention sur la diversité biologique (CDB) chargé de fournir des avis scientifiques (SBSTTA). A ce titre, le rôle de la FRB est de mobiliser et de transmettre l’expertise scientifique française pour éclairer les négociateur.ices français.es dans les travaux du SBSTTA et de la CDB. Elle anime un réseau d’expert.es avec le MNHN, favorise la synthèse des connaissances scientifiques et facilite leur transmission aux négociateurs et négociatrices.

