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Actualité Publié : 5 février 2026

Ipbes 12 : En direct de la plénière

Du 3 au 8 février 2026, à Manchester au Royaume-Uni, a lieu la douzième session de la Plénière de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (Ipbes). L’équipe FRB vous raconte les coulisses de cette événement.

Au programme de la semaine : les négociations gouvernementales en vue de l’adoption du résumé pour décideurs qui accompagnera la sortie du rapport scientifique « Entreprise et biodiversité » et les discussions sur le programme de travail à venir de la plateforme.

 

(Re)découvrez l'Ipbes

 

 

Retour sur les échanges jour après jour.

 

05/02/26

⏳ Jour 2, place au mot à mot
À l’IPBES, le temps parfois long de la science rencontre désormais celui, minutieux, de la diplomatie. Les délégations ont entamé les négociations ligne par ligne du Résumé pour décideurs de la nouvelle évaluation Entreprise et biodiversité, pièce maîtresse de la session. Chaque phrase, chaque figure, chaque tableau est examiné afin de garantir l’appropriation politique du texte, sa fidélité au rapport scientifique et sa pertinence socio-économique et éthique.

 

🔄 La science-policy en action
Les échanges prennent la forme d’un va-et-vient constant entre États membres et auteurs de l’évaluation. Aux premiers les propositions d’amendements, aux seconds la responsabilité de préserver l’intégrité scientifique du document, mais aussi de tenir compte des points aveugles, des incertitudes scientifiques, que peuvent questionner les Etats et les observateurs. C’est dans cet exercice parfois technique que l’IPBES incarne concrètement son rôle de plateforme de coproduction entre science et décision publique.

 

🌿 La maturité d’un processus de co-construction avec les savoirs autochtones 
L’IPBES travaille depuis sa création à l’intégration des savoirs et enjeux des peuples autochtones et des communautés locales dans ses évaluations. Elle a acquis sur ce sujet, conjointement avec ces communautés, une belle expertise qu’elle peut à présent diffuser, par exemple aux autres plates-formes comme le Giec (IPCC). Cette co-construction permet une meilleure appropriation des rapports eux-mêmes par les peuples autochtones et les communautés locales, un point crucial de cette évaluation qui décrit leurs relations avec les entreprises et les outils pour mieux équilibrer les rapports de forces. Elle permet aussi de mettre en évidence des problématiques sociales et écologiques, éthiques, qui ont pu être négligées par les scientifiques.

 

🏢 Entreprises sous pression
Lors d’un temps dédié à la société civile. les organisations ont rappelé la responsabilité majeure des entreprises dans l’effondrement de la biodiversité. L’urgence n’est plus à l’engagement progressif, mais à une action immédiate pour inverser la trajectoire du déclin. Il a aussi été souligné que les responsabilités étaient systémiques, et que les impulsions pesant sur les entreprises et la finance étaient des décisions sociétales.

⏱️ Fin de jour 2
Entre arbitrages scientifiques, lignes budgétaires sous tension et attentes croissantes vis-à-vis des entreprises, la plénière est entrée dans une phase plus dense. Les prochains jours diront jusqu’où les États sont prêts à s’entendre pour transformer ce diagnostic partagé en messages clairs — et politiquement assumés.

 

04/02/26

🎶 Manchester a donné le ton
L’ouverture de la plénière de l’IPBES 12 n’a pas commencé par un discours inaugural classique, mais par une performance de Bionic and the Wires. Des bras bioniques ont traduit les signaux bio-électriques de plantes et de champignons en musique et en images, donnant à entendre la musique du champignon. Une métaphore parlante : la biodiversité s’exprime, encore faut-il l’écouter.

 

💶 Un soutien financier renforcé en France
La France a annoncé une contribution supplémentaire de 300 000 euros pour soutenir les travaux de l’IPBES. Elle a rappelé que la science constitue une condition préalable à une diplomatie crédible et ambitieuse, et a mis en avant le rôle de la prochaine évaluation pour démontrer qu’un développement économique compatible avec la nature est possible pour les entreprises.

 

🌍 Un contexte budgétaire fragilisé
Cette annonce intervient alors que les États-Unis, qui assuraient environ 15 % du budget annuel de l’IPBES — estimé à 8 millions de dollars par an— ont annoncé leur retrait. Une décision prise dans un contexte plus large de révision à la baisse des engagements financiers de plusieurs pays. Dans les prochains jours, le budget de l’IPBES fera l’objet de discussions, avec des arbitrages attendus sur le programme de travail, la nature des réunions ou les activités de la plate-forme.

 

🔗 Un dialogue renforcé avec le climat

Pour la seconde fois lors d’une plénière de l’IPBES, le président du GIEC, était présent. Il a rappelé les interactions existantes entre les deux instances, notamment à travers une communauté scientifique en partie commune. La FRB qui organise tous les deux ans les rencontres françaises IPBES-GIEC et est impliquée dans l’initiative Respin visant à renforcer ce rapprochement au niveau européen, s’est réjouie de cette présence. Celle-ci a été perçue comme un signal de l’intérêt du GIEC pour les travaux de l’IPBES, notamment sur les scénarios et l’intégration des savoirs des peuples autochtones.

 

📋 Un résumé salué, des conditions de mise en oeuvre précisées

Dans l’ensemble, les délégations ont salué le Résumé pour décideurs comme une synthèse fidèle et solide du rapport scientifique. Certaines ont insisté sur le fait que des outils et des méthodes étaient déjà disponibles et que les lacunes de connaissances ne devaient pas être une excuse pour retarder l’action. Plusieurs interventions ont toutefois rappelé que la mise en œuvre devra être équitable et adaptée aux contextes nationaux et régionaux, en particulier dans les pays en développement.

 

03/02/26

📰 Manchester, lundi 2 février.

Alors que la plénière de l’IPBES s’ouvre officiellement demain, sa première journée a été consacrée à l’engagement des parties prenantes. Un choix révélateur : avant les arbitrages politiques, la question posée est celle de l’après-rapport. Comment faire en sorte que la connaissance produite débouche sur des décisions et des transformations réelles ? Trois registres ont structuré les échanges : communiquer, s’approprier, provoquer le changement.

 

📢 Communiquer.

La présentation des grandes lignes du rapport et du Résumé pour décideurs dont l’adoption est attendue le 9 février, a rappelé sa vocation première : éclairer l’action publique. Mais le discours s’est voulu pragmatique. Les auteurs savent que le résumé pour décideurs ne circule pas uniquement dans les ministères. Il est aussi lu par les entreprises, qui y cherchent des signaux sur les risques, les dépendances économiques à la biodiversité et les transformations attendues des modèles productifs. Cette cible oriente désormais la manière dont les messages sont formulés.

 

🏛️ S’approprier.

L’enjeu devient ensuite celui de la traduction opérationnelle à différentes échelles. Les échanges ont mis en avant les travaux de Respin portés par la FRB au niveau régional et le dialogue croissant entre le Giec et l’Ipbes pour mieux articuler climat et biodiversité dans les politiques publiques. Ici, l’appropriation repose sur la coordination, la cohérence des messages et leur intégration dans les cadres nationaux et régionaux, bien au-delà d’une simple diffusion d’informations.

 

🔄 Provoquer le changement.

L’IUCN a posé un diagnostic sans détour : le principal frein n’est plus le déficit de connaissances, mais l’incapacité à les convertir en pratiques et créer un mouvement collectif. Pour y répondre, elle recommande, par son rapport sur les changements de comportements, de structurer l’accès aux ressources, de développer des outils concrets, de renforcer les capacités et de faciliter l’accès à l’expertise et aux financements. Dans le même esprit, par la voix de la Fresque de la biodiversité, les échanges ont insisté sur la nécessité de disposer de supports simples et partagés, permettant de créer un socle commun de compréhension et d’engagement, que chacun et tous les niveaux, puisse s’approprier et transmettre avec ses propres mots.

LA FRB ET L'IPBES

La Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) accueille le secrétariat scientifique du comité français pour l’Ipbes et est largement mobilisée pour le relai des travaux de l’Ipbes au niveau national.

 

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