Le charme discret des ongulés sauvages : 3 fiches à découvrir !

En France, ces animaux peuvent être tour à tour considérés, selon le prisme utilisé et les priorités de gestion, comme espèces clés de voûte ou ingénieures, espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (appelées “Esod”) ou espèces cynégétiques. Sont mises en avant les valeurs récréatives et touristiques qui leur sont associées, ou bien encore une valeur patrimoniale et une symbolique historique attachée à leur représentation à travers les âges.

 

Le rapport Efese paru en décembre 2022 s’attache à comprendre les nombreuses dynamiques socio-écosystémiques liées aux ongulés sauvages en France métropolitaine. Sur le territoire hexagonal, on recense dix espèces d’ongulés sauvages qui appartiennent aux trois familles des bovidés, cervidés et suidés : le cerf élaphe, le cerf sika (espèce allochtone), le chevreuil, le daim (espèce allochtone), le chamois, l’isard, le mouflon méditerranéen, le bouquetin des Alpes, le bouquetin ibérique et le sanglier. La FRB, avec l’appui du Commissariat général au développement durable (CGDD) du ministère de la Transition écologique, propose de partir à la rencontre de ces espèces à travers 3 fiches thématiques basées sur le rapport Efese 2022.

 

 

Ongulés sauvages, génie écologique et intégrité des écosystèmes  

 

En amont même des considérations de la coexistence humain-ongulé, et considérant en premier lieu les écosystèmes dans lesquels les ongulés sont présents, il importe de décrire leurs rôles dans l’atteinte, ou la restauration, de l’intégrité écologique des écosystèmes. En effet, la Convention pour la diversité biologique (CDB) précise dans le premier objectif de son cadre mondial pour la nature qu’il est essentiel de maintenir et restaurer l’intégrité et la résilience de tous les écosystèmes (objectif A de la Cop15, Leadley et al. 2021). Le rôle des ongulés, de leurs fonctions écologiques, la qualité des interactions qu’ils entretiennent directement ou moins directement avec leur entourage animal, végétal, minéral, dans ce processus nécessite d’être décrypté, d’être relié à l’état des écosystèmes, leur possible dégradation, leur résilience face aux effets des changements globaux.

 

 

 

Les ongulés sauvages, pourvoyeurs de services et de disservices

 

Quand ils entrent en contact avec les humains, et si l’on s’attache alors à analyser ce qu’ils peuvent nous apporter, la balance oscille : porteurs de pathogènes autant que préventeurs de feux, dangers ferroviaires autant que facilitateurs de cultures… On pourra étudier dans le même temps et comme se répondant les uns aux autres les services et disservices liés aux ongulés sauvages, ainsi que les valeurs, les perceptions, les représentations des différents groupes d’acteurs. 

 

 

 

Un processus de cynégétisation des populations d’ongulés sauvages controversé

 

Certains représentants des ongulés sauvages ont subi au fil des ans et des siècles un processus de cynégétisation, au cours duquel la main qui les nourrit, jusqu’à les engager à s’approcher de plus en plus près des zones de production humaines, est aussi celle qui les “prélève”. 

 

 

 

Pour aller plus loin

Finalement, on est en droit de se demander si l’équilibre souhaitable, tant pour la conservation des espèces que pour notre cohabitation avec elles, est celui qui nous aurait été permis par la conservation de l’état sauvage. À ce titre, la question se pose : quelle relation entre ongulés sauvages, animaux d’élevage, grands prédateurs ? Les ongulés sauvages devraient-ils subir les pressions de prédation qui seraient celles de leur état sauvage ? Faut-il réintroduire ses prédateurs naturels, et espérer que la prédation les préfère aux animaux d’élevage ? Faut-il réensauvager la France métropolitaine ?

En savoir plus 

 

Réintroduction d’espèces sauvages et bénéfices pour les territoires : l’exemple de la réintroduction des vautours fauves dans les parcs naturels régionaux du Vercors et des Baronnies provençales

L’érosion de la biodiversité est dans certains territoires un enjeu majeur en raison de la disparition d’espèces de faune sauvage remplissant des fonctions écologiques clés. Diverses solutions peuvent être envisagées pour enrayer cette érosion et restaurer les fonctions écologiques des écosystèmes. Parmi ces solutions, les réintroductions et les renforcements de populations d’espèces de faune sauvage peuvent s’avérer particulièrement pertinentes. Longtemps perçues comme des actions ayant pour unique objectif l’amélioration de l’état de conservation de certaines espèces, elles peuvent avoir bien d’autres avantages pour les territoires.

 

En France, les premières actions de réintroductions et de renforcements de populations d’espèces de faune sauvage ont été mises en place durant le 20e siècle afin de reconstituer des populations d’espèces disparues ou pour renforcer celles en mauvais état de conservation. Les premières réintroductions de bouquetins dans les Alpes datent par exemple de 1910. Depuis, castors, tortues cistude, ours bruns ou encore différentes espèces de vautours ont été concernés par ces programmes. Les vautours fauves, par exemple, ont subi une période d’intenses pressions qui a conduit à leur disparition du sol français à la fin du 19e siècle. Dans les années 1970, dans le Massif Central, puis dès 1996 dans les Alpes, les premiers succès écologiques de réintroduction de ces oiseaux sont intervenus dans des paysages écologiques marqués par l’exode rural, la déprise agricole1, le retour de la forêt, la multiplication des grands herbivores et le retour des grands prédateurs.

 

Dans le cadre de l’Évaluation française des écosystèmes et services écosystémiques (Efese), qui vise à développer les outils d’évaluation nécessaires pour accompagner la transition écologique de la société française, l’amélioration des relations entre les populations et la faune sauvage au sein des territoires représente en enjeu crucial pour la transition écologique. Ainsi, en avril 2021, une étude2 de l’Efese s’est intéressée aux fonctions écologiques et services écosystémiques liés à la réintroduction des vautours fauves3 dans les parcs naturels régionaux (PNR) du Vercors et des Baronnies provençales. Cette étude propose en particulier une méthode d’évaluation destinée à aider les gestionnaires d’espaces naturels à identifier des pistes et des leviers d’action pour préserver la biodiversité en passant par la mise en valeur écologique, économique, sociale et culturelle des espèces. Pour ce faire, la méthode d’évaluation utilisée dans l’étude s’appuie sur un retour d’expérience de près de 25 ans du projet de réintroduction du vautour fauve dans ces deux parcs naturels régionaux.

 

Cet article présente les principaux résultats de l’étude Efese. Les différentes analyses ont été réalisées à partir de données récoltées dans la zone d’étude “Baronnies-Vercors”, soit une centaine de communes principalement de la Drôme, des Hautes-Alpes et de l’Isère. Cet ensemble forme un territoire de moyenne montagne (entre 234 m et 2 341 m d’altitude) d’environ 2 500 km2, dont la population de vautours fauves est estimée à 1 000 individus en vol en 2018.

 

1/ Bref aperçu de l’écologie du vautour fauve

 

En métropole, quatre espèces de vautours cohabitent : le vautour fauve (Gyps fulvus), le vautour moine (Aegypius monachus), le vautour percnoptère (Neophron percnopterus) et le gypaète barbu (Gypaetus barbatus). Les quatre espèces de vautour sont spécialisées dans la consommation de cadavres d’animaux qu’ils soient sauvages ou issus de bétail d’élevage. Ils constituent à eux quatre une guilde de rapaces nécrophages et se nourrissent uniquement d’animaux morts. Chaque espèce est spécialisée dans la consommation d’une partie bien particulière du cadavre.

Le vautour fauve se nourrit des muscles et viscères, le moine consomme les tendons, cartilages et peaux, le gypaète quasi-exclusivement les os et enfin, le percnoptère grappille les restes. Lors d’une “curée” (terme désignant le moment où les vautours se nourrissent d’un cadavre), des dizaines de vautours fauves éliminent en quelques minutes un cadavre de brebis et en quelques heures celui d’une vache. Un vautour fauve adulte consomme en moyenne 200 kg de cadavres par an.

 

Source : Rapport Efese sur la réintroduction des vautours dans les parcs naturels régionaux du Vercors et des Baronnies provençales, p.38.

 

[Efese] Comment se portent les écosystèmes français ?

À l’occasion de la publication des rapports de l’Évaluation française des écosystèmes et des services écosystémiques (Efese), consacrés aux six grands types d’écosystèmes présents à l’échelle nationale, la FRB a synthétisé les principaux biens et services associés à chacun d’eux.

 

À l’échelle de la France, le programme Efese, porté par le ministère en charge de l’environnement, constitue une démarche analogue à celle de l’Ipbes, la plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques.

Les milieux marins et littoraux français et leurs services : une évaluation dans le cadre du programme EFESE

La France bénéficie d’un très riche ensemble d’écosystèmes marins et côtiers répartis sur l’ensemble du globe. Ceux-ci recèlent une biodiversité exceptionnelle dont on estime que 80% se situe dans les territoires ultra-marins. Avec un total de 55 000 km2, la France détient la quatrième plus grande surface de récifs coralliens au monde.

Les écosystèmes agricoles : une évaluation dans le cadre du programme EFESE

Depuis son émergence au Néolithique, l’agriculture modèle les écosystèmes afin de les rendre plus productifs et de couvrir les besoins croissants de la population humaine en produits végétaux et animaux. Les écosystèmes agricoles se caractérisent donc par un fort degré d’anthropisation qui résulte des actions de reconfiguration des milieux et de gestion des sols et de la biomasse par les agriculteurs. La tendance constatée depuis les années 1950 en France est à l’agrandissement de la taille moyenne des exploitations, à la réduction du nombre d’espèces cultivées et à la simplification des structures paysagères. Tous ces facteurs entrainent une baisse de la diversité biologique et de l’abondance des espèces associées aux écosystèmes agricoles.

De la pollution aux obstacles sur les cours d’eau : comment lever les barrages à la biodiversité ?

Des ruisseaux le long des jardins aux fleuves qui traversent les villes, les cours d’eau façonnent nos paysages et forment des habitats essentiels pour la biodiversité aquatique. Les milieux humides et les services qu’ils rendent ont fait l’objet d’une évaluation à l’échelle française (Efese) qui paraîtra au cours du premier trimestre 2018.

 

Jérémy Devaux, chargé de mission « Eau et milieux aquatiques » au ministère de la Transition écologique et solidaire a coordonné cette évaluation nationale et nous en présente ici, en avant-première, quelques éléments.

 

L’article est consultable dans les ressources ci-dessous. 

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