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Projet fini en 2016 - After en 2021

Afrobiodrivers

Dynamique de la biodiversité africaine : interactions entre processus écologiques et actions de conservation

Afrobiodrivers

Le continent africain abrite les plus riches et parmi les plus spectaculaires communautés de grands mammifères de la planète. Cette biodiversité exceptionnelle, mais aujourd’hui menacée, joue un rôle essentiel dans le fonctionnement et le maintien des écosystèmes tout en représentant une ressource naturelle et économique importante pour les populations humaines. Lorsqu’en 2010, les gouvernements du monde se sont engagés à augmenter la couverture des aires protégées à 17% de la surface terrestre mondiale, plusieurs pays d’Afrique centrale avaient déjà instauré la protection de 25% de leurs savanes à des fins de conservation.

 

Pour évaluer l’efficacité de ces outils, les chercheurs du projet Afrobiodrivers ont :

  • assemblé les données sur les populations de grands mammifères africains et sur les causes des changements (naturels, anthropiques), afin d’améliorer la disponibilité et la valorisation des données pluridisciplinaires,
  • identifié des indices pertinents et fiables pour analyser les tendances spatiales et temporelles des populations aux échelles locale, nationale, régionale et continentale,
  • analysé les résultats des sept principaux parcs nationaux de savane d’Afrique centrale ainsi que les informations sur les pressions potentielles impactant la population de grands herbivores (pluviométrie, nombre de gardes) et sur le nombre et les revenus des touristes.

 

Dans six des sept parcs, les populations sauvages de grands herbivores ont considérablement diminué au fil du temps, parallèlement, le nombre de têtes de bétail a augmenté, et le tourisme, le pilier d’une industrie faunique locale autrefois florissante, s’est effondré. Le parc national Zakouma (Tchad) s’est démarqué parce que ses grandes populations d’herbivores ont augmenté, une augmentation qui est positivement corrélée avec les précipitations et le nombre de gardes, démontré ici comme un indicateur de conservation pertinent. Ces tendances sont conformes à l’hypothèse initiale selon laquelle les aires protégées dans lesquelles les déclins de grands herbivores sauvages étaient constatés étaient aussi celles qui souffraient de manques de ressources financières et humaines, et d’avantages socioéconomiques réduits, tout en voyant le niveau d’insécurité augmenter.

 

Malgré le succès de Zakouma – qui représente 2% des aires de conservation en Afrique centrale, le message est clair et grave : le déclin des populations de grands herbivores sauvages, l’intrusion massive du bétail dans les aires protégées et l’effondrement des revenus du tourisme sont les résultats d’un effort de conservation démesuré dans les savanes d’Afrique centrale dans lesquelles les aires protégées sont trop vastes et coûteuses à gérer.

 

Figure_Afrobiodrivers_2021

Figure : Biomasse totale des grands herbivores sauvages (en vert) et du bétail (en rouge) dans les parcs nationaux des savanes d’Afrique centrale entre 1960 et 2017. Source : Scholte et al., 2021 © 2021 The Society for Conservation Biology.

 

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Les membres du projet Afrobiodrivers en réunion CesabAfter au Cesab en décembre 2021

les chercheurs

Porteur de projet :

 

Hervé FRITZ – CNRS, UCB Lyon (France)

Postdoctorant :

 

Fabrice HIBERT – CNRS Lyon (France)

ouvrir/fermer Participants :

Nadia BAELAÏDI – CNRS Paris (France); Luigi BOITANI – University of Rome (Italy); Justin BRASHARES – University of California (USA); Patrick DUNCAN – (CNRS University of la Rochelle (France); Jean-Michel GAILLARD – CNRS Lyon (France); Souleymane KONATE – University of Abobo-Adjamé (Ivory Coast); Jean-Dominique LEBRETON – CEFE, CNRS Montpellier (France); Joseph OGUTU – University of Hohenheim (Germany); Norman OWEN-SMITH – University of the Witwatersrand (South FArica); Olivier PAYS – University of Angers (France); Roger PRADEL – CEFE,CNRS Montpellier (France); Daniel RAKOTONDRAVONY – University of Antananarivo (Madagascar); Pierre-Cyril RENAUD – Université d’Angers (France); Paul SCHOLTE – GIZ (Cameroun).Paul SCHOLTE – GIZ (Cameroun).

Le projet Afrobiodrivers réunit des spécialistes en biologie des mammifères, biologie de l’évolution, biométrie, conservation et analyse de données.

le projet

Le projet Afrobiodrivers est issu de l’appel à projet de 2011. Le processus de sélection du projet a été réalisé par un comité d’experts indépendants.

Publications

[03] Scholte P (2022) More is not enough: Central Africa and the proposed 30% protected and conserved areas by 2030. Oryx, 56, 810–811. doi: 10.1017/S0030605322001090.

 

[02] Scholte P, Pays O, Adam S, Chardonnet B, Fritz H, Mamang J-B, Prins HHT, Renaud P-C, Tadjo P & Moritz M (2022) Conservation overstretch and long-term decline of wildlife and tourism in the Central African savannas. Conservation Biology, 36, e13860. doi: 10.1111/cobi.13860.

 

[01] Mallon DP, Hoffman M, Grainger MJ, Hibert F, van Vliet N & McGowan PJK (2015) An IUCN situation analysis of terrestrial and freshwater fauna in West and Central Africa. Occasional Paper of the IUCN Species Survival Commission (No. 54), Gland, Switzerland and Cambridge, UK, 162p. doi: 10.2305/IUCN.CH.2015.SSC-OP.54.en.

 

Afrobiodrivers dans la presse

Scholte P, Pays O, Adam S, Chardonnet B, Fritz H, Mamang J-B, Prins HHT, Renaud P-C, Tadjo P & Moritz M (2021) Conservation overstretch and long-term decline of wildlife and tourism in the Central African savannas. Conservation Biology, accepted. doi: 10.1111/cobi.13860.

Co-financeur