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Actualité Publié : 9 janvier 2026

Entretien avec Ophélie Ronce : retour sur une mandature à la présidence du Conseil scientifique de la FRB

Directrice de recherche à l’Institut des sciences de l’évolution de Montpellier (ISEM) de Montpellier, Ophélie Ronce a assuré la présidence de la mandature 2022-2025 du Conseil scientifique (CS) de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB). À l’occasion de ce début d’année et du renouvellement de ce Conseil, Ophélie dresse pour nous un bilan de son mandat.

Entretien avec Ophélie Ronce : retour sur une mandature à la présidence du Conseil scientifique de la FRB
Bonjour Ophélie, à quoi vous attendiez-vous en candidatant pour prendre la présidence du Conseil scientifique (CS) de la Fondation ? Qu’avez-vous finalement trouvé particulièrement stimulant ou singulier dans cette expérience ?

 

J’ai rejoint le Conseil scientifique de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité car j’appréciais le rôle fédérateur de la Fondation au-delà des différents organismes de recherches et son rôle d’animation d’une communauté large de chercheurs et chercheuses travaillant sur la biodiversité.

J’ai découvert en rejoignant le conseil scientifique son rôle de passeur entre science et société, d’expertise, d’évaluation et d’appui aux politiques d’acteurs publics comme privés. J’ai trouvé cette dimension des activités de la Fondation vraiment intéressante.

Je me suis régalée également de la qualité des échanges interdisciplinaires riches au sein du conseil scientifique, à la fois exigeants intellectuellement et dans une grande écoute et respect des expertises variées.

 

 

Quel a été selon vous l’apport le plus significatif du CS pour faire avancer la compréhension ou les actions en faveur de la biodiversité ?

 

C’est difficile pour moi d’isoler une contribution la plus significative car j’ai l’impression que le rôle et la pertinence du CS s’exprime dans la réflexion critique et constructive sur de multiples projets de la FRB au fil de la mandature.

Je peux néanmoins citer l’implication de plusieurs membres du CS dans le programme Scénario qui est un projet enthousiasmant et original de la FRB, l’analyse et les développements méthodologiques autour de l’évaluation de la Stratégie nationale sur la biodiversité ont été aussi très fertiles à bien des égards, ou bien l’écho de l’atelier CS sur « comment l’incertitude n’empêche pas l’action » dans la journée des parties prenantes qui fût aussi un moment riche.

 

 

Diriez-vous que votre participation au Conseil scientifique a enrichi votre vision de la recherche ou de la compréhension de la biodiversité ?

 

La participation au CS m’a permis d’apprendre énormément de choses et d’élargir ma perspective de manière majeure à la fois par la dimension interdisciplinaire et un dialogue profond avec les sciences humaines et sociales pour moi qui vient plutôt des sciences de l’écologie et l’évolution, et par la dimension transdisciplinaire, les mécanismes de gouvernance et de dialogue avec des parties prenantes hors monde académique.

Ce fût extrêmement enrichissant et aussi un exercice d’humilité qui m’a fait réaliser le long chemin entre mon expertise scientifique et les défis de transformation de nos sociétés autour d’une prise en compte plus pertinente des enjeux de biodiversité.

 

 

Parmi les actualités récentes en termes de biodiversité (avancées scientifiques, visions, accords internationaux, etc.), lesquelles vous semblent particulièrement encourageantes ou porteuses d’espoir ?

 

Nos échanges autour du rapport “Nexus” de l’Ipbes cette année ont été ceux qui m’ont plus apporté d’espoir. Porter ce message que les problématiques de la santé, du climat, de l’alimentation et de la biodiversité se résolvent ensemble plutôt que séparément ou en tension, sur la base d’un corpus solide d’études, me paraît être à la fois essentiel et inspirant.

L’initiative du Conseil d’orientation stratégique de la FRB sur les messages positifs (ndlr : à paraître au premier trimestre 2026) s’en inspire d’ailleurs.

Néanmoins je m’interroge sur la capacité à ces messages issus de la science qu’ils soient positifs ou négatifs à être entendus dans des jeux de pouvoir où la connaissance joue un rôle mineur.

 

 

Justement sur cette interrogation, comment ressentez-vous la relation entre science et société, qu’est-ce qui vous donne toutefois envie de poursuivre à l’entretenir ?

 

J’avoue avoir des moments de grand doute où je me dis que ces discussions passionnantes que nous avons ont peu de chances de changer le monde. Cependant ce qui me redonne confiance dans les relations science-société, c’est quand je participe à des événements de dialogue et de partage avec des écoles, des associations, des citoyens et citoyennes diverses où je ressens l’émerveillement, l’investissement, la curiosité et le soutien.

 

 

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