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Communiqué Publié : 28 juillet 2026

La biodiversité des îles, surexposée aux changements globaux

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L’exposition des écosystèmes insulaires aux changements globaux est d’une ampleur alarmante : d’ici 2050, le changement climatique sera une menace dominante pour 65 % d’entre eux, 22 % subiront principalement les effets des changements d’usage des terres et 13 % seront menacés plus fortement par les invasions biologiques. La France fait partie des 31 pays qui possèdent une grande proportion d’îles fortement exposées aux trois menaces combinées. C’est ce que révèle une équipe de recherche internationale menée par des scientifiques du CNRS, de la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité (FRB) et de l’Université de Pau et Pays de l’Adour, financée par la FRB1. Ces résultats sont à paraître le 27 juillet dans la revue PNAS.

Messages clés :

  • En 2050, la majorité des écosystèmes insulaires seront menacés par les changements globaux : 65% principalement par le changement climatique, 22% par les changements d’usages des terres, 13% par les invasions biologiques.
  • Avec ses divers territoires insulaires la France compte parmi les 31 pays dont la biodiversité endémique est particulièrement exposée aux changements globaux.
  • Les scientifiques appellent à intégrer ces écosystèmes dans les stratégies mondiales de conservation de la biodiversité et à renforcer leur protection.

 

Alors qu’ils n’occupent que 7% de la surface terrestre, les écosystèmes insulaires constituent près de 20% de la biodiversité mondiale. Montée des eaux, invasions biologiques, les îles font face à de multiples pressions liées aux changements globaux en cours. Pourtant les stratégies mondiales de conservation de la biodiversité2 négligent encore ces territoires.

 

La première évaluation globale de l’exposition des îles de plus d’un kilomètre carré aux changements globaux vient d’être menée par des scientifiques du laboratoire Écologie société Évolution (AgroParisTech-Paris/CNRS/Université Paris Saclay) et du Centre de synthèse et d’analyse sur la biodiversité (FRB)3. Elle révèle des chiffres alarmants : d’ici 2050, 65 % des écosystèmes insulaires seront menacés majoritairement par le changement climatique ; 22 % subiront principalement les effets des changements d’usage des terres, en particulier dans le Pacifique (Micronésie et les Fidji), la mer Baltique, le golfe du Bengale et l’Asie du Sud-Est ; et 13 % seront surtout menacées par les invasions biologiques, un risque accru pour les îles tempérées comme celles d’Europe du Nord.

 

L’équipe de recherche a également identifié les pays et régions les plus surexposés à ces risques au regard du nombre d’îles qui leur sont associées. La France contient un nombre anormalement élevé de « points chauds d’exposition », des îles fortement exposées aux trois types de menaces, dont la Polynésie et certaines îles métropolitaines, ce qui la classe parmi les 25% des pays les plus exposés. Les Seychelles, le Bangladesh, la Chine, les Fidji, la Micronésie, le Danemark, la Suède, l’Inde, et le Japon sont également concernés.

 

 

Exposition cumulée des îles aux changements globaux. Toutes les îles du monde sont exposées aux trois menaces analysées (invasions biologiques, changement climatique, changement d’usage des terres) avec des intensités variables, indiquées par le gradient de couleur. Les îles d’Europe du Nord, de la Mer de Chine et du Pacifique comptent parmi celles ayant une très forte exposition aux trois menaces et constituent des « points chauds d’exposition ». © Clara Marino

 

 

Face à ces constats, les auteurs appellent à renforcer la protection des îles des 31 pays identifiés comme abritant un nombre anormalement élevé de points chauds d’exposition, en adaptant les stratégies locales. La restauration d’écosystèmes et le développement d’aires protégées sont des exemples de solutions permettant à la fois de limiter les impacts du changement climatique et de réduire les opportunités d’établissement pour les espèces exotiques envahissantes. Les cartes d’exposition issues de ces travaux de recherche constituent des outils précieux pour prioriser les actions. L’équipe de recherche insiste également sur l’importance de développer des jeux de données complémentaires à ceux utilisés dans cette étude afin d’inclure d’autres menaces actuellement sous-représentées, comme la pollution (plastique, aux pesticides, ou lumineuse) et la surexploitation des ressources.

 

Ces résultats ont été obtenus grâce au croisement de plusieurs bases de données existantes et à la modélisation de données originales à l’échelle des îles du monde. Des modèles ont également été mis au point pour établir les scénarios prévisionnels pour 2050. Le niveau d’exposition des 16 578 îles analysées est représenté dans des cartes afin de visualiser facilement les territoires insulaires les plus menacés.

 

 

 

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Notes

1 – Ces résultats sont issus du projet FRB-Cesab Rivage.

2 – Notamment le Cadre mondial pour la biodiversité Kunming-Montréal (2022)

3 – Sont également impliqués des scientifiques du laboratoire Ecologie et dynamique des systèmes anthropisés (Université Picardie Jules Verne) et de l’Institut des sciences analytiques et de physico-chimie pour l’environnement et les matériaux (CNRS/Université Pau et Pays de l’Adour)

Référence

Marino, C., Philippe-Lesaffre, M., Coutinho Soares, F., Caetano, G., Etard, A., Butt, N., Capdevila, P., Irl, S. D. H., Leclerc, C., Lenoir, J., Patiño, J., Rigal, F., Benítez-López, A., & Bellard, C. Global threat exposure of islands in a changing world. PNAS, 123 (32) e2534106123, DOI: 10.1073/pnas.2534106123 (27th July 2026).

Photographie : Le massif d’Anaga préserve les forêts emblématiques de Ténérife face au changement climatique, à la modification d’usage des sols et aux invasions biologiques. © Jairo Patiño

Contact chercheuses

Céline Bellard (CNRS) – Mail

Clara Marino (FRB-Cesab) – FicheMail

 

Contact presse

Aurélie Meilhon (CNRS) – Mail

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