Énergie solaire photovoltaïque

Impacts des centrales photovoltaïques au sol sur la faune et efficacité des solutions et recommandations pour limiter leurs impacts.

Énergie solaire photovoltaïque

Le développement du photovoltaïque au sol s’accélère en France dans un contexte de transition énergétique visant la neutralité carbone à l’horizon 2050. Cette trajectoire implique une électrification accrue des usages et une montée en puissance des énergies renouvelables. Les centrales photovoltaïques au sol représentent une solution stratégique pour produire une électricité décarbonée à grande échelle. Toutefois, ce développement soulève des enjeux environnementaux majeurs, en particulier pour la biodiversité. Les installations au sol occupent de grandes surfaces, souvent en milieux ouverts, agricoles ou naturels, et peuvent entraîner des effets négatifs sur la faune, les habitats et les continuités écologiques.

 

 

 

Impacts des centrales photovoltaïques au sol sur la biodiversité

Malgré leur fonctionnement silencieux et leur production d’énergie sans émission directe, les centrales photovoltaïques au sol peuvent exercer divers impacts sur la faune terrestre. Ces effets concernent un large éventail de taxons : oiseaux, chauves-souris, insectes, reptiles, amphibiens et mammifères. Ces impacts varient selon le contexte écologique local, le type d’aménagement, les pratiques de gestion et les phases du projet lors de l’installation, l’exploitation et le démantèlement.

 

 

Les encadrés rouges indiquent des effets négatifs, les encadrés verts des effets positifs, les encadrés bleus des effets neutres, indéterminés ou variables selon le contexte. Les impacts potentiels identifiés dans la littérature, mais non encore prouvés, sont indiqués en italique.

 

 

ZOOM SUR
La séquence “Éviter, réduire, compenser” (ERC) :
Une approche fondamentale dans la gestion des impacts environnementaux
des centrales photovoltaïques au sol.

 

Face aux impacts identifiés, la réglementation française impose aux porteurs de projets de mettre en œuvre la séquence ERC dans toutes les phases de développement des centrales photovoltaïques au sol.

Ce principe, constituant aujourd’hui le cœur des exigences environnementales, vise à éviter en amont les atteintes significatives à la biodiversité, à réduire celles qui ne peuvent être évitées, puis à compenser en dernier recours les impacts résiduels.

 

ÉVITER I L’évitement est l’étape prioritaire. Il repose d’abord sur la planification spatiale : Les projets doivent être implantés en priorité sur des espaces artificialisés, comme les parkings, friches ou bords d’infrastructures, afin de minimiser la pression sur les milieux naturels sensibles. Le décret d’application de la loi de 2023 relative à l’Accélération de la production d’énergies renouvelables dite Aper intègre cette logique en excluant les zones agricoles productives ou naturelles de haute valeur écologique, sauf exception justifiée. L’évitement implique aussi de tenir compte des corridors écologiques, des sites de nidification ou d’hivernage d’espèces sensibles, et d’écarter les projets situés sur les routes de migration ou les zones humides.

 

RÉDUIRE I La réduction des impacts repose sur des mesures techniques et de gestion du site. Parmi les bonnes pratiques figurent les clôtures perméables à la faune, la suppression de l’éclairage nocturne, ou encore une hauteur des panneaux pour faciliter les déplacements des espèces. Une gestion écologique de la végétation, comme la fauche tardive ou le pâturage, favorise aussi les pollinisateurs et oiseaux nicheurs. Pour limiter l’attraction visuelle, des panneaux moins réfléchissants ou marqués peuvent être utilisé. Concernant les chauves-souris, il est recommandé d’éloigner la centrale photovoltaïque des gîtes et corridors boisés, et de préserver les haies et lisières. Des dispositifs de dissuasion acoustique ou visuelle sont en cours d’expérimentation.

 

COMPENSER I La compensation, lorsqu’elle est requise, reste une étape complexe et peu mise en œuvre dans la pratique. Lorsque nécessaire, elle peut prendre la forme de la restauration de milieux ouverts à proximité du projet, de la création d’habitats refuges, tels que des zones humides, des prairies fleuries ou des haies, ou du financement de mesures de conservation ciblées. Cependant, ces compensations doivent être adaptées aux espèces affectées et inscrites dans la durée pour produire un effet écologique mesurable. Cela nécessite donc un suivi rigoureux, encore rare à ce jour.

 

_____

La mise en œuvre efficace de la séquence ERC dépend donc de plusieurs conditions : une planification territoriale cohérente, des outils de diagnostic précis en amont, des protocoles de suivi robustes et une évaluation régulière de l’efficacité des mesures. Ces éléments sont encore partiels ou inégalement appliqués. Aujourd’hui, la priorité est de mieux évaluer l’efficacité réelle de ces mesures.

 

 

La nécessité d’évaluer les mesures mise en place pour atténuer l’impact des centrales photovoltaïques au sol

Dans ce contexte, les mesures visant à atténuer les effets des installations sur la biodiversité sont de plus en plus mobilisées. Pourtant, leur efficacité reste encore mal connue, en raison d’un manque de données homogènes, d’un déficit de retours d’expérience évalués, et d’une faible capitalisation à l’échelle nationale. Parmi ces mesures, on retrouve :

L’amélioration de l’habitat et mesure en faveur de la biodiversité
Dans les centrales photovoltaïques au sol, la création ou la restauration d’habitats consiste à transformer des surfaces initialement simplifiées, souvent en gazon ou issues de cultures, en milieux plus structurés et diversifiés. L’enjeu est de considérer le parc solaire comme une composante à part entière du paysage, capable d’abriter une flore et une faune variées, plutôt que comme une zone principalement technique. Concrètement, cela peut passer par l’implantation de prairies fleuries pour les pollinisateurs, la restauration de sols dégradés, le maintien de végétation plus haute ou de friches, ou encore l’ajout d’éléments comme des haies, bosquets ou petites zones humides.
La gestion de la végétation par pâturage
La gestion de la végétation par pâturage dans les centrales photovoltaïques au sol peut être une alternative aux pratiques d’entretien purement mécaniques (fauche, broyage), avec l’idée de limiter les intrants, réduire le dérangement et potentiellement favoriser certains compartiments de biodiversité, notamment la faune du sol. Les effets réels de ces pratiques restent toutefois peu documentés pour les centrales photovoltaïques au sol.
La modification de la conception et de l’agencement des infrastructures
La modification de la conception et de l’agencement des centrales photovoltaïques au sol (type de montage, espacement entre les rangées, technologie fixe vs suivi du soleil) peut influencer fortement les conditions microclimatiques locales et, par ricochet, les communautés d’invertébrés du sol.  Ces paramètres de conception pourraient agir comme des leviers potentiels pour limiter les impacts sur la biodiversité ou, à l’inverse, comme des facteurs pouvant accentuer les perturbations dans des milieux déjà fragiles. Notre revue de la littérature n’a détecté qu’une seule étude abordant les effets de centrales photovoltaïques au sol en lien avec ces aspects de conception, offrant un premier éclairage sur cette catégorie de mesures d’atténuation.
Le traitement surfacique des panneaux solaires
La texture, les motifs ou le revêtement des surface des panneaux photovoltaïques ainsi que leur capacité à réfléchir ou polariser la lumière influencent fortement leur interaction avec la faune. Le traitement surfacique des panneaux solaires consiste à modifier leur surface via des lignes, grillages, revêtements mats ou antireflets, micro textures ou encore des fils, pour réduire leur effet réfléchissant et leur attractivité pour la faune.
La dissuasion acoustique
La dissuasion acoustique représente une piste d’atténuation encore peu explorée dans le contexte du photovoltaïque au sol, où les interactions entre les installations et l’avifaune restent moins documentées que dans le secteur éolien. Le principe repose sur l’émission de signaux sonores perçus comme dérangeants ou menaçants, afin de réduire la présence ou le stationnement des oiseaux à proximité des infrastructures.

Les solutions présentées dans cette publication ont montré une certaine efficacité dans des études spécifiques, limitées à des contextes et à des espèces particuliers. 

 

 

 

Recommandations pour diminuer les risques sur la biodiversité

Mieux documenter ces mesures, identifier les plus efficaces, et structurer les efforts de suivi sont devenus des priorités partagées par les acteurs publics, les développeurs, les gestionnaires d’espaces et la communauté scientifique. Ce travail présente une synthèse des recommandationsnaxées autours de trois thématiques majeures et spécifiquement élaborées pour ces trois groupes d’acteurs.

 

🔎​ RECHERCHE

 

​☑️​ Élargir les contextes étudiés : En couvrant une plus grande diversité de milieux, arides, méditerranéens, tropicaux, notamment dans les territoires français métropolitains et ultramarins.

​☑️​ Rééquilibrer l’effort entre taxa : En développant des études dédiées aux pollinisateurs, aux oiseaux, aux chauves-souris, mais aussi aux petits et grands mammifères, aux reptiles et aux amphibiens.

​☑️​ Diversifier les types de mesures : En allant au-delà des traitements surfaciques des panneaux et des seules mesures d’habitat, pour tester aussi la gestion de la végétation, la perméabilité des clôtures, les dispositifs de dissuasion, la conception des infrastructures et les mesures de compensation.

​☑️​ Renforcer la robustesse des designs : En privilégiant lorsque c’est possible des approches de type BACI, des suivis pluriannuels, des réplicas indépendants et une prise en compte explicite des facteurs confondants.

 

 

​🛠️ ​MÉTHODOLOGIE

 

​☑️​ Standardisation : Un effort de standardisation serait utile. L’harmonisation des protocoles (périmètres d’échantillonnage, fréquences de suivi, indicateurs de réponse) et des formats de rapport (statistiques de base, incertitudes, description détaillée des méthodes) faciliterait les comparaisons entre études et la réalisation future de méta-analyses.

​☑️​ Transparence : La transparence sur les financements et les conflits d’intérêts, ainsi que le partage des données brutes lorsque cela est possible, renforceraient la confiance dans les résultats et leur réutilisation. 

 

 

​​📝​ GESTION

 

​☑️​ Ancrer l’évaluation dans les projets eux-mêmes : Chaque mise en place de mesure (gestion de la végétation, adaptation de la conception, dispositifs sur les panneaux, aménagements de clôtures, compensation) représente une occasion d’intégrer un suivi structuré, avec un comparateur adapté. Les parcs photovoltaïques peuvent ainsi devenir de véritables sites d’expérimentation pour tester et comparer les mesures dans des conditions réelles, à coût marginal limité. Cela suppose des partenariats plus étroits entre développeurs, bureaux d’études, gestionnaires et chercheurs. 

 

 

Ressources
ouvrir/fermer Accéder au portail

Efficacité des solutions et bonnes pratiques mises en place pour limiter l’impact de la production au sol d’énergie photovoltaïque au sur la biodiversité animale terrestre.
Rapport complet 

 

 

Impacts des installations photovoltaïques sur la biodiversité.
Rapport complet

+ d'infos

Cette publication a été réalisée dans le cadre du programme « Impact des énergies renouvelables sur la biodiversité ». Ce programme de financement de projets de recherche porté par la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) et le Mirova Research Center vise à mieux évaluer l’impact des énergies renouvelables sur la biodiversité et à produire des recommandations opérationnelles sur de meilleures pratiques à destination des acteurs de la filière. + d’infos

Avec le soutien de
retour en haut de la page
fermer