Le premier outil pour évaluer et renforcer l’équité dans la gouvernance des océans
Objectifs de développement durable, Accord des Nations unies sur la haute mer (BBNJ), Cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité, des engagements forts ont été pris par les gouvernements et les organisations internationales ces dernières années en matière d’équité sociale et environnementale dans les projets et décisions liés à l’océan. Les progrès en la matière sont cependant fortement ralentis par un manque de clarté sur la manière de définir, de mesurer et de suivre l’équité. Pour pallier cette difficulté, un indice d’équité océanique ou Ocean Equity Index (OEI) vient d’être mis au point et publié dans Nature par des scientifiques du CNRS au sein du projet FRB-Cesab Blue Justice.
Premier outil mondial de mesure, de comparaison et de promotion de l’équité dans les initiatives, les projets et les politiques liées à l’océan, l’Ocean Equity Index transforme une notion souvent abstraite en une norme mesurable et actionnable concrètement. Des aires marines protégées, des programmes de développement ou même des secteurs économiques entiers peuvent être analysés et comparés afin de favoriser les initiatives et décisions bénéfiques aux populations côtières et aux écosystème marins. Il permet également d’identifier les lacunes en matière de reconnaissance des droits, de participation et de partage des bénéfices.

Représentation des douze critères de l’Indice équité océanique. © Joachim Claudet
L’Ocean Equity Index est décrit dans un article paru hier, le 28 janvier dans Nature. Gratuit et facile d’utilisation, cet outil de mesure se veut accessible à une grande variété d’acteurs : communautés locales, populations autochtones, ONG, scientifiques, industries et gouvernements. Disponible en ligne via un site internet dédié et hors ligne grâce à un tableur inclus dans la publication, il se base sur douze critères pour attribuer un score (de 0 à 3) par critère à l’initiative analysée ; le total est exprimé en pourcentage du maximum possible.
Les scientifiques appellent les gouvernements et organisations internationales à se saisir rapidement de cet outil, alors que les bénéfices des industries océaniques (aquaculture, transport maritime, énergie offshore, …) sont majoritairement concentrés entre les mains des grands acteurs au détriment des populations locales et groupes marginalisés (peuples autochtones, communautés locales, femmes et petits pêcheurs) qui subissent de surcroît les conséquences négatives de l’exploitation des ressources océaniques.

Exemples d’attribution de l’Indice d’équité océanique sur différents projets et politiques liés à l’océan. © Joachim Claudet
The Ocean Equity Index. Jessica L. Blythe, Joachim Claudet, David Gill, Natalie C. Ban, Graham Epstein, Georgina G. Gurney, Stacy D. Jupiter, Shauna L. Mahajan, Sangeeta Mangubhai, Rachel Turner, Nathan J. Bennett, Stéphanie D’Agata, Phil Franks, Jacqueline Lau, Gabby Ahmadia, Mark Andrachuk, Pavanee Annasawmy, Victor Brun, Emily S. Darling, Antonio Di Franco, Louisa Evans, Natali Lazzari, Josheena Naggea, Veronica Relano, Maria C. Pertuz, Sebastian Villasante & Noelia Zafra-Calvo. Nature, 28 January 2026.