PowerBiodiv | Naviguer dans les rapports de pouvoir au sein des processus participatifs pour la conservation : un outil de réflexion
Ce document a été réalisé par les membres du projet PowerBiodiv.
Les approches participatives sont de plus en plus mobilisées dans le domaine de la conservation de la biodiversité afin de renforcer la confiance, de réduire les conflits et de favoriser des décisions plus durables. En réunissant une diversité d’acteurs (communautés locales, scientifiques, décideurs publics, ONG), elles visent à élaborer des stratégies qui protègent à la fois les populations et la nature.
Mais une participation accrue ne signifie pas automatiquement de meilleurs résultats.
Les rapports de pouvoir comptent.
Lorsque les dynamiques de pouvoir sont négligées, la participation peut devenir superficielle, renforcer d’anciennes inégalités, voire accentuer les tensions. Le pouvoir détermine qui est entendu, quels savoirs sont reconnus et qui reste à l’écart des processus décisionnels. Si ces dynamiques ne sont pas nommées et analysées, nous risquons de manquer les objectifs mêmes d’équité et d’impact que poursuivent les démarches participatives.
Cet outil de réflexion invite les praticiens de la conservation, les chercheurs et les facilitateurs à examiner plus consciemment la manière dont le pouvoir s’exerce dans les dispositifs participatifs et les réponses que nous pouvons y apporter avec davantage d’attention et de créativité. Il propose un vocabulaire commun pour aborder la question du pouvoir de manière claire et constructive. Il présente des concepts clés ainsi que des questions réflexives afin de rendre le pouvoir
plus visible, plus facile à aborder ouvertement et davantage susceptible d’orienter l’action.
Cette ressource s’adresse à toute personne qui travaille, ou souhaite travailler, à l’interface entre biodiversité, participation et transformation sociale.
Elle s’adresse notamment à :
- Des praticiens de la conservation qui gèrent la biodiversité et les ressources naturelles en collaboration avec les communautés
- Des chercheurs étudiant la biodiversité, les systèmes socio-écologiques et les approches participatives
- Des facilitateurs qui conçoivent et animent des processus participatifs dans des contextes variés
Elle apporte également des éclairages à celles et ceux qui façonnent les conditions de la participation :
- Des décideurs publics qui commanditent des processus participatifs et cherchent à les concevoir de manière plus inclusive
- Des responsables du plaidoyer, des concepteurs de projets et des financeurs qui s’interrogent sur la manière dont le pouvoir influence les voix entendues et les savoirs reconnus
- Des acteurs institutionnels engagés dans l’évolution des pratiques vers davantage d’équité, de justice et de gestion partagée.
Plutôt que de proposer des catégories rigides, cet outil de réflexion invite à adopter une perspective plus fluide : que vous soyez sur le terrain, dans la recherche, au niveau des politiques publiques ou à l’interface de ces espaces, vous participez à façonner la manière dont le pouvoir circule au sein des actions de conservation.