[Actualité] Le prix Gulbenkian 2022 pour l’humanité distingue l’Ipbes et le Giec

Ce prix est une consécration pour la science et son rôle majeur en matière de lutte contre le changement climatique et la perte de biodiversité. En faisant ce choix, le jury souligne que la “science fondée sur des preuves” est fondamentale non seulement pour faire avancer de nombreuses actions politiques et publiques, mais aussi pour attribuer la “nature de l’urgence” à la manière dont l’agenda politique aborde la question de la lutte contre la crise climatique.

 

 

Les deux organisation ont reçu une récompense de 1 million d’euros à se partager pour faire avancer leur travail.

 

Ce prix est également une reconnaissance confirmant que la disparition des espèces, la destruction des écosystèmes et la dégradation des contributions de la nature à l’humanité constitues une crise d’une ampleur similaire à celle du changement climatique, qui doit être traitée avec au moins la même urgence.

 

Le message unifié des deux communautés d’experts est le suivant :

Soit nous abordons et résolvons la crise de la biodiversité et la crise climatique ensemble, soit nous échouons sur les deux fronts.

Aurore Receveur, post-doctorante FRB-Cesab sur la pêche durable, récompensée !

Il s’agit de la 16e édition du Prix porté par la Fondation L’Oréal, en partenariat avec l’Académie des sciences et la Commission nationale française pour l’UNESCO, qui vise à accompagner, valoriser et soutenir les recherches des femmes scientifiques.

 

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Aurore Receveur, une carrière internationale en faveur d’une pêche durable

 

C’est en 2021 qu’Aurore Receveur a rejoint la FRB, en tant que post-doctorante au Cesab, à Montpellier. Avant cela, Aurore s’est intéressée au fonctionnement de l’écosystème marin du sud-ouest du Pacifique dans le cadre de sa thèse réalisée en Nouvelle-Calédonie. Elle a notamment étudié les dynamiques spatiotemporelles des proies mésopélagiques (vivant entre 200 et 1 000 mètres de profondeur), leurs liens à l’environnement et aux prédateurs supérieurs. Elle a ensuite réalisé un post-doctorat à l’institut des pêches allemand (Thünen Institute ; Rostock, Allemagne), où elle a étudié l’effet des changements environnementaux et des pressions anthropiques sur deux stocks de poisson de la mer Baltique : le hareng et la morue. 

 

Forte de ces premières expériences, c’est désormais au sein du projet Maestro, co-financé par France Filière Pêche et la FRB, qu’Aurore explore l’impact du changement climatique sur la distribution spatiale et la diversité des stocks de poissons démersaux (vivant près du fond des mers), notamment dans le nord-est Atlantique. Hareng, merlu, merlan, limande, haddock et bien d’autres espèces encore sont ainsi étudiées.

 

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Aurore Receveur a reçu le prix Jeunes Talents France L’Oréal-Unesco,
le 12 octobre 2022 à Paris. @Jean-Charles Caslot – Fondation L’Oréal

 

Exploiter des données existantes pour mieux comprendre et anticiper les impacts du changement climatique sur les communautés marines exploitées

 

Les océans contribuent à beaucoup de services écosystémiques, ce qui traduit une forte dépendance de l’humanité, pour sa sécurité alimentaire et économique, envers les ressources marines telles que les poissons et invertébrés. Or, les effets cumulés de l’exploitation de ces ressources par la pêche et les effets du changement climatique impactent la distribution et l’abondance des espèces à l’échelle mondiale, Ces constats incitent à protéger les ressources marines et à proposer des stratégies de pêche adaptatives. Si de nombreuses projections sur la répartition future des espèces ont été produites, les modifications attendues sur le fonctionnement général des écosystèmes ont quant à elles reçu beaucoup moins d’attention de la part de la communauté scientifique et par la profession. Les enjeux du projet Maestro ? Comprendre comment les populations des espèces démersales ont évoluées par le passé pour en déduire comment elles pourraient s’adapter au changement climatique, et proposer des scénarios de pêche durable minimisant les impacts sur la biodiversité.

 

Accompagnée par 29 chercheurs et chercheuses de 8 pays, Aurore bénéficie également de l’appui de l’équipe du centre de recherche de la FRB, le Cesab, pour exploiter de grandes quantités de données issues de multiples études et de divers domaines (océanographie, pêche, écologie marine et terrestre, etc.). Ce colossal travail de synthèse nécessite rigueur et patience, dont fait preuve Aurore. Il offre de nouvelles perspectives de recherche : ré-utiliser des données existantes pour les combiner, les mettre en perspective et produire de nouvelles connaissances. Rendez-vous dans quelques mois pour les premiers résultats de Maestro !

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