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décembre 2019  I  Rapport  I  FRB  I  Autres sujets

Stockage du carbone dans les prairies similaires à celles qui sont gérées par les aéroports

Coordination : Hélène Soubelet (FRB)

Réalisation de l’étude et rédaction : Ludivine Amdouni-Boursier (FRB), Robin Goffaux (FRB)

Expertise et relecture : Katja Klumpp (Inra)

Stockage du carbone dans les prairies similaires à celles qui sont gérées par les aéroports ©Đại Hữu Huỳnh Kim by Pixabay

Fin 2018, l’association HOP ! Biodiversité (désormais Aérobiodiversité) confiait à la FRB la réalisation d’une synthèse de connaissances sur la question du stockage du carbone dans les prairies gérées sur leurs sites par les aéroports français membres de l’Acnusa en posant la question : « Quel est le stock global de carbone des prairies (similaires à celles qui sont gérées par les aéroports) et quel est leur potentiel de stockage annuel ? ».

 

La finalité pour le commanditaire état d’une part de pouvoir intégrer le bilan carbone annuel des prairies dans le bilan carbone des aéroports et d’autre part de sensibiliser sur les intérêts environnementaux de ces prairies pour adapter les mesures de gestion.

 

Le rapport complet est téléchargeable dans les ressources ci-dessous.

 

PRINCIPAUX RÉSULTATS DE L’ÉTUDE

L’étude permet de dégager les éléments suivants :

  • En l’état actuel des modalités de gestion des prairies aéroportuaires et en appliquant la méthode de calcul du Giec, il apparait que ces prairies auront tendance à déstocker du carbone.
  • Pour renverser la tendance, et donc arriver à une situation de stockage de carbone, il est nécessaire « d’améliorer » ces prairies. Les méthodes classiques d’amélioration (notamment le pâturage modéré) étant limitées par les contraintes de sécurité, la seule option semble être d’augmenter leur biodiversité par des sélections ou des implantations de plantes et des méthodes de gestion adaptées à un couvert végétal diversifié (sous réserve de ne pas perdre le bénéfice apporté par ces plantes par des techniques d’implantation déstockantes comme le labour).
  • Les prairies ont des stocks importants de carbone dans leurs sols (de 80 à 100 tonnes par hectare), soit l’équivalent des forêts. L’enjeu sur ces espaces est donc principalement d’éviter le déstockage du carbone plutôt que de chercher à en stocker davantage. Toute intervention impactant une prairie (travaux par exemple) devrait donc intégrer son impact sur le déstockage du carbone du sol.
    Le labour ou la destruction suivie de réimplantation de couvert végétal risque d’entraîner une perte de carbone de ces sols : dans une prairie avec gestion minimale, c’est à dire sans intrant et avec un usage extensif, une perturbation additionnelle détruisant le couvert végétal induira une perte de carbone.

 

POUR ALLER PLUS LOIN

La bibliographie consultée n’a pas permis de trouver de valeurs spécifiques aux prairies aéroportuaires. Toutefois des travaux sur des prairies donnent, d’une façon plus générale, de premières indications, mais ils ont nécessité de recourir au dire-d’experts pour évaluer leur applicabilité au cas des prairies aéroportuaires.

 

Les facteurs qui affectent la teneur en matière organique du sol sur le long terme sont :

  • le climat ;
  • le type de sol ;
  • la topographie ;
  • les attributs biophysiques inhérents au sol (texture du sol, minéralogie, topographie, pH) ;
  • les usages passés et présents du sol (pratiques de gestion) ;
  • le couvert végétal.

 

Les principaux résultats bibliographiques montrent que :

  • des stocks de carbone pouvant aller de 80 à plus de 100 t/ha sont observés dans les zones de prairie ;
  • les prairies permanentes stockent annuellement en moyenne 0,76 ± 0,11 t C à l’hectare ;
  • les prairies favorables à une accumulation de carbone et d’azote dans la matière organique du sol et à l’amélioration de la structure du sol sont celles qui comprennent différents groupes fonctionnels de plantes mésotrophiques (herbes en C3, dicotylédone, notamment les légumineuses).

 

De plus, le ratio biomasse aérienne/souterraine varie selon le type de prairies considérées mais, pour une estimation plus juste du stock de carbone dans les sols, il est recommandé d’analyser le stockage de carbone jusqu’à 60 cm. Cependant, la bibliographie consultée montre la grande diversité des méthodes de mesures du stockage de carbone par les sols et des résultats d’évaluations.

 

Afin de favoriser ce stockage, un certain nombre de pratiques peuvent être mises en place, mais les contraintes liées aux sites aéroportuaires amènent de facto à exclure certaines modalités de gestion, au moins sur certaines zones de ces sites (pâturage et enarbrement), notamment en raison du risque de collision :

  • Un retournement de prairie engendre des pertes de carbone (via une décomposition accélérée de la matière organique).
  • La fertilisation est la pratique la plus commune pour augmenter la quantité de biomasse aérienne et souterraine. Certains travaux montrent une augmentation respective de 32 % et de 6 % de la biomasse.
  • Les mesures de gestion visant à restaurer/maintenir la diversité botanique dans les prairies peuvent apporter les bénéfices les plus significatifs pour le stockage de carbone quand cela est combiné avec l’augmentation de l’abondance des espèces de légumineuses. Cependant, et globalement, l’augmentation de la diversité des plantes en prairie amène une accélération du stockage de carbone dans ces milieux, même en l’absence de légumineuses.
  • Le stockage de carbone dans les prairies peut être augmenté par la gestion/exploitation « modérée » de biomasse (fauche, pâturage), notamment un pâturage à intensité modérée, qui combine défoliation et recyclage de nutriment (déjections animales).
  • En règle générale, à composition spécifique constante, les pratiques de gestion viseront essentiellement à maintenir le stock de carbone séquestré dans le sol plutôt qu’à l’augmenter, et éviter son relargage dans l’atmosphère. Une augmentation peut être observée pour des surfaces installées sur sol remanié ou en cas de faible stock initial de carbone du sol.

 

Pour rappel, le rapport complet est téléchargeable dans les ressources ci-dessous.

CONTACT FRB

Robin GOFFAUX

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