Synthèse des recherches sur les liens entre la perte de biodiversité liée à la gestion forestière et les conséquences socio-écologiques et économiques
Rédaction et contribution : Joseph LANGRIDGE, Louise DUPUIS, Devi VEYTIA, Cécile JACQUES, Hélène SOUBELET1
Relectures : Aurélie DELEVAUD, Hervé JACTEL
Ce projet est issu de la collaboration entre la Fondation Crédit Mutuel Alliance Fédérale, et la FRB, ayant conduit à la co-construction d’un programme de recherche ambitieux et exploratoire afin de mieux comprendre comment la perte de la biodiversité et des services écosystémiques pouvait engendrer des effets néfastes pour les humains.
La première question posée dans ce programme est la suivante : peut-on mesurer les risques que nous courons — pour nos activités, notre économie et notre qualité de vie — à cause de la disparition des bénéfices gratuits et souvent invisibles que la biodiversité nous procure ? Identifier et quantifier les risques liés au déclin des contributions de la nature est un enjeu majeur pour les sociétés, comme pour la recherche.
Les scientifiques documentent, par exemple, la décroissance inquiétante de la fertilité des sols, la diminution de la capacité des écosystèmes à réguler les pathogènes, la perte des pollinisateurs, la simplification des paysages qui détruisent les habitats naturels et les identités culturelles. Cependant, nous manquons d’une vision globale et holistique. Ce programme d’étude, d’une durée de trois ans a permis de financer plusieurs revues de la littérature scientifique pour tenter de synthétiser les premières réponses à ces questions, issues de la littérature scientifique.
Les sociétés humaines évoluent et avec elles les innovations, les savoir-faire, les pratiques. Or ces évolutions ne prennent pas toujours en compte la biodiversité et certaines, voire la plupart, ont des effets néfastes sur le vivant. Ce programme permet de dégager, au travers des exemples issus de la littérature scientifique, les mécanismes, en particulier les « fausses bonnes idées », qui conduisent à une destruction du vivant, une perte de qualité de vie, ont des incidences économiques négatives ou encore ralentissent le développement d’alternatives durables.
La force de ce programme est la co-construction d’une question de recherche dans une démarche de transdisciplinarité, un financement pluriannuel qui donne du temps à la synthèse de connaissances et, enfin, un partage de rôles et la confiance réciproque entre les deux fondations pour un travail concerté et fructueux. La FRB soutient le dialogue science-société, tandis que la FCMAF contribue au financement des recherches et à la diffusion des résultats, deux dimensions importantes pour l’avenir.
Ainsi, le présent rapport vise à analyser les relations entre la perte de biodiversité induite par les pratiques de gestion forestière et les conséquences socio-écologiques et économiques associées. Le sujet fait appel à de nombreuses disciplines scientifiques – écologie, économie, sociologie, géographie, agronomie – qui ne publient pas nécessairement ensemble et dont il est intéressant de faire la synthèse et de rapprocher les résultats.