C’est dans ce contexte que le Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) puis l’Ipbes (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques) ont été créés pour renforcer l’interface science-politique sur le climat et la biodiversité et pour fournir aux décideurs publics et privés une évaluation de l’état des connaissances existantes permettant une meilleure prise en compte de ces enjeux. L’Ipbes et le Giec font face à une politisation croissante de leurs travaux : si celle-ci témoigne d’un intérêt politique grandissant pour les enjeux environnementaux, elle traduit aussi une résistance de plus en plus marquée à reconnaître les conclusions scientifiques qui appellent à des potentiels changements pour un avenir durable.
Les rencontres Ipbes-Giec, organisées régulièrement par la FRB, rassemblent les communautés de recherche, les décideurs publics et privés et les parties prenantes sur la biodiversité et le climat et contribuent à la prise en compte conjointe de ces enjeux.
L’édition 2026 des rencontres Ipbes-Giec propose un temps de réflexion collectif autour d’un enjeu central : comment susciter un changement transformateur pour répondre à la politisation croissante des accords multilatéraux sur l’environnement (MEAs), des plateformes et des panels scientifiques ? En s’appuyant sur les notions de changement transformateur et d’adaptation transformatrice portées respectivement par l’Ipbes et le Giec, les échanges exploreront les voies transformatrices déclinables au niveau français et les leviers permettant de renforcer l’équité, la justice, le pluralisme et l’inclusivité dans la production, l’utilisation et le transfert des connaissances.
Cet événement sera également l’occasion d’interroger les modalités d’engagement des scientifiques dans les instances internationales, ainsi que leur rôle au sein des processus de décision (Ipbes, Giec, CSFD, COPs, organes subsidiaires), dans un contexte marqué par une montée des discours anti-science. Une attention particulière sera portée à l’appropriation des conclusions de l’Ipbes et du Giec par les décideurs, notamment à l’échelle nationale et territoriale, en mettant en lumière le nexus “biodiversité et climat”, avec un focus sur les villes.