[Revue de presse] Un retour timide mais réel des oiseaux insectivores dans nos campagnes depuis l’arrêt des néonicotinoïdes en France

Si cette étude montre une légère augmentation des populations d’espèces d’oiseaux insectivores dans les sites les plus pollués depuis l’interdiction de l’imidaclopride en 2018 en France, elle démontre néanmoins que la reprise des populations reste timide et encore insuffisante pour envisager un véritable rétablissement écologique.

 

Cette publication scientifique, portée par la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) a rapidement trouvé un large écho dans les médias nationaux et internationaux. Nombre d’entre eux soulignent les signaux faibles mais bien réels d’amélioration observés chez certaines espèces comme le merle noir, la fauvette à tête noire ou le pinson des arbres.

 

Les auteurs de l’étude rappellent également que l’arrêt des néonicotinoïdes ne suffit pas : une restauration durable de la biodiversité nécessite des actions complémentaires ambitieuses et coordonnées.

 

 

Panorama non-exhaustif des articles, reportages et analyses publiés à la suite de l’étude :

 

GoodPlanet|27 novembre 2025

Mon jardin & Ma maison| 26 novembre 2025

 

rfi25 novembre 2025

 

Vibration|25 novembre 2025

 

Le Monde|20 novembre 2025

 

France Info|20 novembre 2025

 

La Relève et La Peste|20 novembre 2025

 

LPO|20 novembre 2025

 

Conso Glob|20 novembre 2025

 

Courrier international|19 novembre 2025

 

Libération|19 novembre 2025

 

Science & Vie|18 novembre 2025

 

The Guardian|17 novembre 2025

 

Ecolopop|17 novembre 2025

 

Reporterre|17 novembre 2025

 

Géo|17 novembre 2025

 

 

POUR ALLER PLUS LOIN 

 

La production agricole, dans sa grande majorité, impacte la biodiversité : elle peut conduire à des pertes d’abondance des espèces et de fonctionnalités des écosystèmes et, en les dégradant, à celles d’autres services écosystémiques tels que la pollinisation ou le contrôle biologique. Dans un souci d’évaluer plus complètement les implications de ces activités humaines, la FRB mène un projet visant à quantifier les impacts sur la biodiversité de l’utilisation de l’imidaclopride en France. À cet effet, des scientifiques ont ainsi, pour la première fois, évalué le niveau de contamination des milieux par cet insecticide, principal néonicotinoïde utilisé en France, pour donner une estimation de la pression que l’utilisation de ce produit exerce sur la biodiversité.

 

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L’agriculture industrielle se caractérise par un recours accru aux pesticides. Ces derniers se retrouvent dans l’environnement et leurs impacts sur la biodiversité sont de plus en plus documentés. Mais où sont ces pesticides dans l’environnement ? Malheureusement, la disponibilité des données permettant de réaliser des analyses temporelles à grande échelle spatiale, nécessaire pour l’évaluation de l’impact de ces molécules sur la biodiversité et la santé humaine, reste insuffisante. Pour combler ce manque, des chercheurs de l’INRAE et de la FRB proposent un indice d’exposition inédit ainsi qu’une carte de répartition des pesticides les plus toxiques à l’échelle française entre 2013 et 2022.

 

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Une étude récente publiée dans la revue scientifique Plos One a révélé que 75% de la biomasse des insectes volants a disparu en moins de 30 ans en Allemagne. L’intensification agricole et en particulier l’usage des pesticides est la cause probable de ce déclin vertigineux, loin devant d’autres facteurs de pression tels que le changement climatique, l’augmentation de la population humaine ou encore le changement d’usage des terres. Face à ce constat, est-il possible de réduire voire de se passer des pesticides sans impacter pour autant les rendements de la filière agricole ?

 

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Bien que le déclin des populations d’oiseaux en Europe soit aujourd’hui clairement démontré, les facteurs qui l’expliquent le sont moins. Pourtant, dans un article paru en 2023, une équipe de recherche a mis en évidence l’impact prédominant de l’intensification de l’agriculture, estimée par le biais des dépenses en intrants chimiques (fertilisants et pesticides), sur le déclin des oiseaux à l’échelle continentale. L’équipe pilotée par Stanislas Rigal, chercheur à l’ISEM (Institut des sciences de l’évolution de Montpellier), a pour cela compilé un vaste ensemble de données empiriques, collectées entre 1980 et 2016 en Europe. Leurs travaux démontrent que cet impact est globalement plus important que ceux du changement climatique, de l’urbanisation ou encore de l’évolution du couvert forestier. De la Méditerranée aux régions arctiques de l’Europe, l’étude couvre au total 28 pays. Elle est l’une des plus complètes menées à l’échelle de l’Europe continentale, suivant l’effet des pressions anthropiques sur la dynamique des populations d’oiseaux nicheurs communs.  

[Événement] Quelle est la place de la biodiversité dans les scénarios de neutralité carbone ?

Après Transition(s) 2050, l’ADEME relance son grand exercice de prospective afin de mettre à jour ses scénarios de neutralité carbone.

La FRB contribue à cet exercice d’actualisation en intégrant la biodiversité dans les scénarios de neutralité carbone. Pour établir les scénarios de neutralité carbone, le travail est organisé par secteurs thématiques : bâtiments, mobilités, alimentation, agriculture, forêts, économie circulaire, consommation, numérique… La biodiversité fait partie des nouveaux secteurs intégrés avec l’IA et l’eau !

 

La FRB pilote le secteur « biodiversité », ses objectifs sont :

  • D’identifier les effets des scénarios de neutralité carbone sur la biodiversité. Dans chaque scénario, les secteurs d’activité réagissent différemment : il faut dès lors transformer les pressions, différemment exercées, en mesures d’état de la biodiversité. Un scénario tire-t-il son épingle du jeu en impactant moins la biodiversité ?
  • De définir « les pressions admissibles » sur la biodiversité et d’analyser les effets sur l’atteinte de la neutralité carbone. Si, au-delà de l’objectif de neutralité carbone, nous fixons des « objectifs de biodiversité » passant par des limitations de pressions, quels sont alors les effets sur les secteurs d’activité ? Comment les scénarios initiaux sont-ils transformés ?
     

Dans ce cadre, l’ADEME organise un atelier pour les (futurs) utilisateurs des résultats de ces scénarios.

Il s’agira de recueillir vos avis, expertises et contributions sur les trajectoires possibles de transition écologique, économique et sociale à l’horizon 2050.

Venez partager vos attentes !

 

📅 Vendredi 21 novembre 2025  

⏰ De 09h30 à 12h30

📍À la Défense

💻 Ou en distanciel

 

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Des sols aux forêts : construire la résilience climatique et enrayer la perte de biodiversité en Europe grâce aux sciences

Le partenariat européen Biodiversa+ publie trois nouvelles notes issues de son programme de recherche BiodivClim, présentant des stratégies visant à renforcer la résilience de l’Europe en matière de sécurité alimentaire, de biodiversité et de protection des communautés locales.

 

Les résultats de ce programme soulignent que travailler avec la nature est l’un des moyens les plus efficaces de s’adapter au changement climatique. En restaurant et en gérant les écosystèmes tels que les forêts, les sols et les zones humides, les solutions fondées sur la nature peuvent offrir de multiples avantages : stocker davantage de carbone, améliorer l’efficacité de l’utilisation de l’eau et soutenir la biodiversité. Parmi les innovations prometteuses, on peut citer les cultures pérennes telles que l’agropyre intermédiaire ou le riz pérenne qui repoussent chaque année sans avoir besoin d’être replantés. Les recherches montrent que ces cultures permettent de soulager les sols en réduisant le labour, l’utilisation d’engrais et la dépendance aux pesticides, tout en allégeant la charge de travail des agriculteurs. De même, la conservation de la diversité génétique des cultures et des plantes sauvages, telles que les fraises adaptées aux conditions climatiques extrêmes, pourrait s’avérer essentielle pour la sécurité alimentaire future.

 

Les forêts doivent également s’adapter. Autrefois pierre angulaire de la sylviculture européenne, l’épicéa de Norvège est aujourd’hui gravement menacé par le changement climatique. Les chercheurs appellent à passer des monocultures à des forêts mixtes adaptées aux conditions locales, combinant des arbres aux caractéristiques complémentaires afin d’améliorer la résilience de ces écosystèmes. Cependant, les modèles économiques montrent que sans incitations publiques, les propriétaires fonciers sont peu enclins à s’éloigner des monocultures à croissance rapide mais fragiles. Les notes soulignent le besoin urgent de mettre en place à l’échelle de l’Union Européenne des systèmes de surveillance et des politiques qui incitent à la mise en place d’une gestion forestière adaptée aux enjeux climatiques actuels et à venir.

 

Des sols sains sont essentiels à l’agriculture et au stockage du carbone, mais le changement climatique impacte les organismes vivants à l’œuvre. Des expériences simulant les conditions climatiques futures révèlent un compromis inquiétant : le blé peut pousser plus vite dans un environnement plus riche en CO₂, mais les rendements chutent fortement en cas de sécheresse, même si la teneur en protéines des grains augmente. Les recherches montrent également que la biodiversité des sols joue un rôle crucial dans la résilience, même si les avantages pour la productivité sont complexes et dépendent du contexte. Également, la diversité fongique, en particulier, apparaît comme un facteur clé de la stabilité des écosystèmes.

 

Ensemble, ces études constituent un appel à l’action clair qui passe par :

  • intégrer la biodiversité dans les politiques climatiques européennes,
  • garantir un financement à long terme pour l’adaptation,
  • et favoriser la collaboration entre science, politique et société.

 

« La biodiversité n’est pas seulement victime du changement climatique, elle est aussi une alliée puissante dans notre réponse », a déclaré Ron Winkler, co-président de Biodiversa+. « La science peut nous montrer la bonne direction à suivre, mais c’est aux décideurs politiques d’agir avec détermination. »

 

Accédez aux trois notes d’information :

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