Pour mieux comprendre les enjeux de ces rapports, la FRB publie depuis quelques mois une série d’articles et d’interviews sur leurs thématiques, intrinsèquement liés.
Consulter le dossier de presse
Loin d’être exhaustive, cette campagne propose des idées de thématiques communes aux sujets des deux rapports qui sortent ce mois-ci, à savoir : l’utilisation durable des espèces sauvages et l’évaluation des valeurs associée à la nature.
L’exploitation des espèces est une des pressions majeures qui menacent la biodiversité et par rebond, notre sécurité alimentaire, nos moyens de subsistance et notre bien-être général.
Les humains utilisent des espèces sauvages pour se nourrir, se loger, se soigner. L’évaluation décrit aussi les utilisations non extractives, comme le tourisme, l’inspiration, l’apprentissage grâce à la biodiversité.
La dynamique de la biodiversité dépend des valeurs que l’on attribue à la nature. Il n’est donc pas étonnant que l’Ipbes ait accordé une importance particulière à la question des valeurs et qu’elle est en conséquence commandée un certain nombre de travaux sur ce thème.
Ces travaux sur les valeurs s’intéressent aux espèces sauvages mais aussi domestiques, aux écosystèmes et à leurs fonctions, aux relations entre valeurs et cultures, à leurs relations avec les pratiques en agriculture ou dans l’industrie, etc.
Pour éviter un changement climatique catastrophique ainsi que la perte de biodiversité, la science du climat nous avertit que l’humanité doit cesser de transformer les forêts en terres agricoles, car ce processus libère du dioxyde de carbone et détruit les habitats.
Pourtant, à mesure que la population mondiale, les revenus et la consommation de viande augmentent, les terres agricoles s’étendent à un rythme toujours plus effréné. L’Europe a contribué à cette déforestation en externalisant son approvisionnement en denrées alimentaires et autres produits agricoles.
Malheureusement, la stratégie climatique « Fit for 55 » [paquet législatif visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 55 %] de l’Union européenne s’apprête à étendre l’empreinte de l’Europe et à accroître la déforestation à l’échelle mondiale. C’est pourquoi un groupe de scientifiques de toute l’Europe appelle le Parlement européen à modifier le plan par des amendements raisonnables (certains sont déjà adoptés par un de ses comités).
Lire la tribune en entier
Auteurs :
- Denis Couvet, professeur au Muséum national d’histoire naturelle, président de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité et membre de l’Académie d’agriculture de France ;
- Wolfgang Cramer, directeur de recherche CNRS à l’Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie marine et continentale (Aix-Marseille Université) et membre de l’Académie d’agriculture de France ;
- Timothy D. Searchinger, chercheur à l’université de Princeton (New Jersey).
Pour la première fois depuis la crise de la Covid-19, les représentants de près de 140 pays se réunissent à Bonn en Allemagne pour l’approbation de deux nouveaux rapports scientifiques majeurs : le premier sur l’utilisation durable des espèces sauvages et le second sur les différentes valeurs de la biodiversité. Cette plénière sera aussi l’occasion de discuter du lancement d’une nouvelle évaluation sur les liens entre les entreprises et la biodiversité ainsi que des scénarios des futurs de la nature.
Retour sur les échanges jour après jour.