« Synergie»
Quel bonheur de travailler au sein de la FRB après avoir œuvré pour elle de l’extérieur depuis sa création, en participant à son émergence en tant que chargé de mission Biodiversité au Ministère de la recherche en particulier, et en m’impliquant notamment au titre du CNRS-INEE dans l’ECOSCOPE. C’est un grand honneur de présider la FRB pour les trois années à venir. Je la vois comme un jardin d’idées pour mieux comprendre la biosphère, de son fonctionnement jusqu'à sa beauté. Transformer ces idées en connaissances puis en actions demande une synergie entre les acteurs, acteurs de la recherche, acteurs de la société, grand public, de nous tous. La structure originale de la FRB et son programme dynamique permettent aujourd’hui à la FRB de contribuer fortement à développer la recherche sur la biodiversité.
Observer les dynamiques, comprendre les causes, prévoir les évolutions possibles : les grandes lignes de la recherche en France dans notre domaine ont été bien vues depuis longtemps grâce à la vision de nos prédécesseurs. Les moyens que la FRB a mis en place pour y arriver sont cependant particulièrement innovants. Je ne citerai ici que trois actions majeures déjà mises en place par la FRB :
- la concrétisation du CEntre de Synthèse et d’Analyse sur la Biodiversité (CESAB) pour exploiter « autrement » les données déjà disponibles à travers les synthèses et méta-analyses. Le CESAB sera inauguré en novembre prochain, et deux appels à projets ont déjà été lancés par ce centre;
- la promotion depuis 2010 et le développement de la recherche sur les scénarios de la biodiversité et des services écosystémiques à travers un programme phare de la FRB, qui donne déjà des résultats concrets;
- le lancement d’ECOSCOPE, pour mettre en cohérence les dispositifs recherche d'observation de la biodiversité, et qui a été évalué positivement en tant que SOERE par l'AllEnvi au premier semestre 2011.
Depuis sa création en 2008, la FRB développe des programmes nationaux tout en restant connectée et motrice pour la recherche Européenne, à travers notamment le réseau Biodiversa qu’elle coordonne et rassemblant 15 pays, ou l’IPBES, GIEC de la biodiversité pour lequel elle développe un mécanisme français de mobilisation de l’expertise.
Chercheur en écologie à l’INEE du CNRS , je me sens en phase avec la FRB. En effet, tout au long de mon parcours atypique, j’ai contribué à construire des programmes interdisciplinaires et multi-organisme de recherche pour mieux comprendre (et parfois mieux gérer !) la dynamique de la biodiversité. D’abord au Serengeti, puis à la Tour du Valat et au Laboratoire de Chizé, en particulier sur les herbivores en interaction avec les plantes.
Que reste-t-il à faire à la FRB? Continuer à soutenir des recherches d’excellence et pertinente pour la société, coordonnées, dans la durée. Il faudra bien évidemment des moyens à la hauteur de cette ambition, la FRB a besoin d’une assise financière pérenne. On poursuivra fortement les initiatives en cours pour y arriver, tout en cherchant un équilibre de finances publiques/privés. Créée à partir des deux GIS IFB et BRG, la FRB doit poursuivre le rapprochement de ces deux domaines de la biodiversité, la biodiversité dite sauvage et la biodiversité cultivée ou domestiquée. On vous donne rendez vous en Septembre pour le colloque qu'organise la fondation sur les Ressources génétiques à Montpellier.
Avec trois années d’expérience, les instances de la FRB doivent trouver leurs vitesses de croisière : le Conseil d’Administration devra développer le rôle puissant de coordination de la FRB, et assurer la synergie entre elle et les organismes de recherche et les Universités. Le Conseil d’Orientation Stratégique, structure innovante, se renouvelle cette année et j’en suis sûr continuera à s’investir fortement dans la stratégie et les actions de la FRB; et le Conseil Scientifique développera ses actions basées sur l’intéressante prospective de 2009. Le temps venu, nous proposerons de nouvelles idées pour la recherche : les cascades trophiques semblent déjà un aspect essentiel, si on veut commencer à comprendre la dynamique des systèmes complexes, le propre de la biodiversité.
Durant les 12 derniers mois, la FRB est devenue force de proposition pour notre domaine à l’échelle Européenne, au-delà de Biodiversa, avec les projets 'Biodiversity knowledge' et les liens qui se tissent avec les initiatives GEOBON et Lifewatch. Enfin, pour la naissance de l’IPBES que je salue, la FRB est mandatée par le Gouvernement pour contribuer à préparer une mobilisation efficace de la communauté française.
On a du pain sur la planche, vous direz ! On réussira malgré le contexte financier difficile. Parmi les raisons, j’en vois trois majeures
- la biodiversité est la vie, le public s’en rend compte et attend nos connaissances pour vivre différemment, en harmonie avec la biosphère
- la recherche dans ce domaine est une des frontières majeures de la connaissance, comparable avec l’astronomie au 17e siècle, la physique en 20e. De plus,
- nous bénéficions d’une équipe remarquable à la FRB - avec son Directeur Xavier Le Roux, l’équipe travaille avec conviction et créativité, sans ménager ses efforts.
Une des clés essentielles pour réussir sera la synergie entre tous les composantes de la FRB : la synergie, la coopération sont peut-être la caractéristique fondamentale des sociétés humaines.
Pour terminer, nous remercions très chaleureusement Bernard Delay, notre Président 2008-11, à qui la communauté de recherche-action sur la biodiversité doit beaucoup pour avoir présidé l’émergence et la croissance de la FRB, avec l’assurance d’un grand directeur scientifique.
Patrick Duncan,
Président de la FRB