Les pollinisateurs à l’honneur :
actions du Comité français pour l’IPBES

Dans le cadre de l’appui à la diffusion des résultats de l’IPBES au niveau national, le Comité français pour l’IPBES a mené et a été associé à une série d’actions.

Mobilisation en faveur des pollinisateurs : des actions pour accélérer la reconquête

La journée dédiée aux pollinisateurs, organisée le 22 novembre par Ségolène Royal, ministre de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer, chargée des relations internationales sur le climat et par Barbara Pompili, secrétaire d’état chargée de la biodiversité, a permis au Comité français pour l’IPBES de mettre en avant les travaux de la Plateforme. Cette journée soulignait l’engagement de la France en faveur des pollinisateurs sauvages via le Plan national d’actions « France Terre de pollinisateurs », et différents acteurs sont intervenus pour présenter leurs travaux dans ce cadre, dont plusieurs membres du Conseil d’orientation stratégique de la FRB comme LU’Harmony et RTE. La pertinence de ces actions est renforcée par les conclusions de l’évaluation des pollinisateurs, de la pollinisation et de la production alimentaire par l’IPBES, dont Anne Larigauderie, secrétaire exécutive, a annoncé à cette occasion la publication du rapport complet (disponible en anglais uniquement). Elle a également remis, avec M. Ivar Baste, représentant de la région Europe occidentale au Bureau de l’IPBES, la version française du résumé à l’intention des décideurs à Mme Royal et Mme Pompili, en présence des deux experts français qui ont contribué aux travaux du groupe international : Nicola Gallai (ENSFA) et Jean-Michel Salles (CNRS). Dans le même temps, le ministère chargé de l’environnement a publié le premier volet de l’Evaluation française des écosystèmes et des services écosystémiques (EFESE). Ayant articulé son calendrier sur celui de l’IPBES, l’EFESE a sorti une évaluation nationale du service de pollinisation.

Le Conseil d’orientation stratégique (COS) de la FRB, représenté par Daniel Baumgarten, a présenté à Mme Pompili la publication Les acteurs français se mobilisent pour les pollinisateurs. Plus de 250 initiatives en faveur des pollinisateurs mises en regard de l’Evaluation de l’IPBES.

Nouvelle publication : Les acteurs français se mobilisent pour les pollinisateurs

Les acteurs français se mobilisent pour les pollinisateurs. Plus de 250 initiatives en faveur des pollinisateurs mises en regard de l’Evaluation de l’IPBES réunit les contributions rapportées volontairement par 27 membres du Conseil d’orientation stratégique (COS) de la FRB. Ces associations, établissements publics, entreprises, syndicats et collectivités territoriales ont précisé les actions qu’ils mettent en œuvre pour chacun des « leviers d’action stratégique » identifiés dans le résumé pour décideurs de l’IPBES (tableau SPM.1), visant à atténuer les pressions subies par les pollinisateurs et à améliorer les conditions pour la pollinisation. Le Comité français pour l’IPBES avait demandé à la FRB de recueillir des exemples de mesures mises en œuvre par les acteurs français en amont de la 4ème session plénière de l’IPBES au cours de laquelle le premier rapport de la Plateforme portant sur les pollinisateurs, la pollinisation et la production alimentaire a été adopté. La FRB avait donc lancé un appel à contributions auprès des membres de son COS. Face à l’intérêt croissant pour l’exercice de la part des acteurs contributeurs eux-mêmes, mais également du ministère chargé de l’environnement ou encore de l’Office pour les insectes et leur environnement (Opie) chargé de l’animation du plan national d’actions « France Terre de pollinisateurs », ce recueil a fait l’objet d’une publication présentée lors de l’événement « Mobilisation en faveur des pollinisateurs : des actions pour accélérer la reconquête » du 22 novembre 2016, et a été salué par Barbara Pompili, secrétaire d’Etat à la biodiversité, et les représentants de l’IPBES, Anne Larigauderie et Ivar Baste.

Une version interactive du recueil des initiatives peut être consultée. Ce travail avec le COS a vocation à entraîner une émulation autour des bonnes pratiques pour les pollinisateurs, et le support en ligne permettra de continuer à compiler les initiatives nationales au cours des prochains mois. N’hésitez pas à envoyer vos contributions à agnes.hallosserie@fondationbiodiversite.fr afin de participer à ce bel exercice de mise en valeur de vos actions pour les pollinisateurs !

L’IPBES à la COP 13 de Cancùn

L’IPBES était présente à la 13ème conférence des parties (COP 13) de la Convention sur la diversité biologique, qui s'est tenue à Cancún (Mexique) du 4 au 17 décembre 2016. Elle a valorisé ses travaux lors d'un side event le 6 décembre et auquel la France a participé. Barbara Pompili y a a présenté entre autres le plan national d’actions « France terre de pollinisateurs » et l’engagement de 4 000 communes pour le zérophyto dans les espaces verts. Dans le cadre de la COP, les Pays-Bas ont annoncé le lancement d’une « coalition des volontaires pour les pollinisateurs », à laquelle se sont joints dix pays européens (l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, le Danemark, l’Espagne, la Finlande, la France, le Luxembourg, et le Royaume-Uni). Les membres de la coalition se sont engagés à protéger les pollinisateurs et leur habitat au niveau national, en se fondant sur les conclusions de l’évaluation IPBES. Le site est en cours de développement.

Outre ces démarches volontaires, la COP a adopté une décision concernant l’approbation des principaux messages de l’Evaluation de l’IPBES sur les pollinisateurs, la pollinisation et la production alimentaire. Ce point a été abordé le matin du 6 décembre, en groupe de travail, et la décision correspondante a été adoptée le 9 décembre. Tout comme le Giec, l’IPBES n’a pas vocation à prendre des décisions au nom de la communauté internationale. Cela s’opère dans le cadre des conventions, telles que la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (qui a conduit à l’Accord de Paris en 2015) ou la Convention sur la diversité biologique.

La décision adoptée par la COP13 représente un engagement fort de la part des Etats qui, de fait, endossent les recommandations de l’IPBES en matière de bonnes pratiques et de gestion des pollinisateurs et, dans une certaine mesure, s'engagent à les mettre en œuvre. Les Etats sont invités à transmettre à la Convention toute information sur des actions nationales favorables aux pollinisateurs, dans le but de mesurer les efforts mondiaux sur la question. La publication de la FRB Les acteurs français se mobilisent pour les pollinisateurs pourra être une ressource utile à ce sujet.

La décision adoptée souligne également les travaux de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, en charge de l’Initiative internationale pour la conservation et l’utilisation durable des pollinisateurs, qui se trouve revigorée par l’attention suscitée par l’évaluation de l’IPBES. Elle reprend ensuite de nombreux points de l’évaluation IPBES, encourageant par exemple les Etats à :

  • prendre en compte les pollinisateurs dans le développement des politiques sectorielles, notamment agricoles et forestières ;
  • gérer les mouvements de pollinisateurs domestiques pour éviter l’introduction d’espèces exotiques envahissantes et d’agents pathogènes ;
  • éviter ou réduire l’utilisation des pesticides néfastes pour les pollinisateurs ;
  • intégrer la prise en compte des pollinisateurs sauvages dans les programmes des écoles pratiques d’agriculture ;
  • améliorer le suivi des pollinisateurs et renforcer les capacités taxonomiques ;
  • favoriser les recherches visant à combler les lacunes de connaissances sur l’impact des pesticides sur les pollinisateurs, en tenant compte des éventuels effets cumulatifs, et des impacts des OGM, le tout en conditions de terrain ;
  • promouvoir les recherches pour des solutions faisables et durables de gestion des ravageurs, à impact moindre ou nul sur les pollinisateurs.

La décision s’adresse également aux entreprises qui développent, fabriquent et vendent des pesticides, les incitant à adopter le principe de précaution lors des évaluations des risques de leurs produits et à diffuser les résultats de manière transparente.

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Secrétaire scientifique interfaces internationales

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