Lettre du Comité français pour l'IPBES n°5 (suite).

Compte-rendu de la 4ème session plénière de l’IPBES (suite)

La Plénière a approuvé ligne à ligne ses premiers résumés pour décideurs, portant sur « Pollinisateurs, pollinisation et production alimentaire » (voir la note de la FRB) et sur « scénarios et modèles ». Les résumés concentrent en une vingtaine de messages principaux les informations contenues dans les évaluations (plusieurs centaines de pages), avec un éclairage particulièrement pertinent pour informer la prise de décision et l’élaboration de politiques. Les évaluations dans leur ensemble, qui avaient préalablement fait l’objet de deux phases d’examen par les États et parties prenantes de l’IPBES, ont été acceptées par la Plénière, et leur cohérence avec les résumés pour décideurs vérifiée.

Les rapports de cadrage des évaluations restant à lancer dans le cadre du programme de travail 2014-2018 ont été examinés. Celui de l’évaluation mondiale de la biodiversité et des services écosystémiques a été approuvé et les experts sélectionnés (voir le point 3 de la lettre d’information). Les travaux dureront jusqu’en 2019 et serviront entre autres à informer les discussions concernant les suites du Plan stratégique de la Convention sur la diversité biologique (CDB) et des Objectifs d’Aichi, qui arrivent à échéance en 2020. Le rapport de cadrage sur les espèces exotiques envahissantes et leur contrôle a été approuvé mais le lancement des travaux est reporté pour des raisons budgétaires. Il en va de même pour le cadrage sur les différentes conceptualisations des valeurs multiples de la nature et de ses bienfaits, avec néanmoins la mise en place d’un groupe d’experts qui viendra soutenir les évaluations en cours sur ce point méthodologique jusqu’à ce que l’évaluation qui lui est consacrée débute. Le cadrage de l’évaluation sur l’utilisation durable de la biodiversité doit être révisé et réexaminé lors de la prochaine session plénière de l’IPBES. Un groupe a été constitué pour cette tâche (voir le point 3 de la lettre d’information).

D’autres activités se poursuivent, sous réserve de la disponibilité des ressources, notamment l’élaboration d’un catalogue d’outils et méthodes d’appui à l’élaboration des politiques identifiés dans les travaux de la Plateforme. Ce catalogue sera accessible via un outil en ligne, hébergé sur le site BES-net. Un groupe restreint poursuivra ses travaux sur les scénarios et modèles de la biodiversité et des services écosystémiques, notamment pour soutenir les travaux des évaluations en cours (évaluations régionales et évaluation sur la dégradation et la restauration des terres) et l’évaluation mondiale qui accordera une belle part aux scénarios. L’IPBES envisage également de stimuler les travaux sur la question au sein de la communauté mondiale des chercheurs.

En ce qui concerne les activités de renforcement des capacités, le programme de bourses, d’échanges et de formation se poursuit, ainsi que le pilotage du dispositif de mise en adéquation des ressources entre ceux qui ont des besoins en matière de renforcement des capacités et ceux qui sont en mesure d’aider à combler ces besoins. Ce dispositif devrait également se déployer en ligne sur le site BES-net. Il a été rappelé qu’il faut donner la priorité aux besoins identifiés dans la liste des besoins en matière de renforcement des capacités, adoptée à l’IPBES 3, lors de la conduite de ces activités. Un deuxième forum sur le renforcement des capacités à l’IPBES se tiendra au deuxième semestre 2016.

Côté savoirs autochtones et locaux, la Plénière a approuvé un ensemble de procédures pour travailler avec les systèmes de savoirs autochtones et locaux, qui reprennent les procédures existantes pour l’élaboration des produits de la Plateforme en les adaptant au cas particulier des détenteurs de savoirs autochtones et locaux, qui ne peuvent être sélectionnés comme experts IPBES selon les mêmes critères que les experts issus du monde académique. Les approches permettant d’intégrer les savoirs autochtones et locaux qui ont été présentées à la Plénière doivent être retravaillées et seront réexaminées lors de sa cinquième session. Des ateliers de dialogue entre auteurs des évaluations IPBES et détenteurs de savoirs autochtones et locaux continueront à être organisés afin d’intégrer ces connaissances dans les évaluations en cours, en attendant qu’un mécanisme participatif soit élaboré. Un fichier d’experts est également en cours de développement pour répondre aux besoins particuliers de la Plateforme en matière de connaissances traditionnelles et locales.

La Plénière a approuvé une procédure additionnelle pour corriger les déséquilibres au sein des groupes d’experts, et ainsi résoudre les lacunes disciplinaires, géographiques ou de genre observées lors de la constitution des groupes. L’examen des fonctions administratives et scientifiques de la Plateforme qui devait avoir lieu à mi-parcours et à la fin du programme de travail en cours n’aura finalement lieu qu’en 2018 afin de simplifier le processus. Les résultats de l’examen permettront d’informer la mise en œuvre du prochain programme de travail.

Le réseau des parties prenantes de l’IPBES est désormais opérationnel, suite à l’établissement du registre au Secrétariat de l’IPBES. Toute partie prenante de l’IPBES, individu ou organisation, peut s’y inscrire afin de rejoindre le Réseau. Il n’est pas nécessaire d’être observateur à la Plénière pour faire partie du Réseau. La Plénière a demandé à ce que le Secrétariat de l’IPBES prenne les dispositions nécessaires pour collaborer avec le Réseau et travaille ainsi à la mise en œuvre du plan initial de la stratégie d’association des parties prenantes adoptée à l’IPBES 3. La Plénière a également demandé à ce que les memoranda de coopération entre le Secrétariat de l’IPBES et les secrétariats des accords multilatéraux environnementaux concernant la biodiversité et les services écosystémiques soient finalisés, et que le Secrétariat rende compte de ses relations et collaborations avec d’autres organes internationaux pertinents (comme par exemple le GIEC).

La Plénière a élu un nouveau Bureau, l’organe administratif de la Plateforme, composé de 2 membres par région des Nations unies. Robert Watson (Royaume-Uni) et Ivar Baste (Norvège) ont été élus pour la région Europe occidentale et autres Etats. Robert Watson a été nommé président de l’IPBES et succède ainsi à Abdul Hamid Zakri (Malaisie) pour 4 ans.

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