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L’océan est un formidable réservoir de biodiversité dont la richesse est encore peu connue. Si nous avons pu faire l’inventaire d'une partie des êtres vivants qui les peuplent, il reste encore de grands territoires et compartiments mal connus, comme les grands fonds marins ou les milieux extrêmes dans lesquels règnent des conditions de vie très différentes de celles que nous connaissons. En effet, l’océan abrite des milieux hyper-salés, des sources chaudes ou froides, des zones très chargés en souffre, en arsenic, dépourvu d’oxygène ou très acides. Nous avons également très peu de connaissance de leur richesse en micro-organismes : virus, bactéries, micro-algues, à tel point que les chercheurs estiment que nous n’en connaissons que 1%…

Or les océans sont essentiels à la survie de l’humanité, tant en terme de ressources alimentaires que de régulation du climat ou encore de source d’énergie, de médicaments, ou de minéraux. Réussir à les protéger est devenu un enjeu mondial reconnu par les Nations Unis au travers d’un des 17 objectifs de développement durable adoptés en septembre 2015 : « Conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable ». Cet objectif, en particulier, nécessite de la part des Etats des actions fortes, car l’absence de régulation de la pêche au niveau mondial menace gravement la biodiversité océanique et en particulier les poissons. L’ONU organise donc du 5 au 9 juin, un sommet à New York pour inciter les Etats à mettre en œuvre rapidement des solutions d’exploitations durables des mers et des océans et lutter notamment contre les effets néfastes des subventions à la  pêche. En effet, les scientifiques et les associations de défense de l’environnement sont de plus en plus formels : continuer sur notre lancée dans un contexte de réchauffement de la température de l’eau et de son acidification conduira à l’extinction d’une grande partie des espèces pêchées d’ici 2050.
Il est donc indispensable de comprendre comment les activités humaines modifient les océans et comment il est possible d’y remédier. C’est pourquoi la Fondation pour la recherche sur la biodiversité se mobilise pour améliorer la connaissance sur les océans depuis sa création en 2008.

Cette année, le ministère en charge de l’écologie, en lien avec la Fondation, soutiendra huit projets de recherche sur l’acidification des océans et ses conséquences sur les écosystèmes, sur certaines espèces vivantes comme le bar, la seiche, les huitres, les micro-algues.

Il reste beaucoup à faire et notamment maitriser la pollutions par les plastiques qui menacent l'ensemble de la biodiversité océanique, mais également les populations humaines qui consomment les poissons et les coquillages marins. Il faudrait également mieux comprendre et anticiper l’évolution des stocks de poissons au moment où les eaux se réchauffent, les glaciers fondent et les relations entre proies et prédateurs sont durablement modifiées. Enfin, il est urgent d’évaluer les impacts des méthodes d’exploitation des océans, de plus en plus performantes et de plus en plus efficaces, afin de proposer des solutions plus durables et garantes du droit des pays les plus pauvres à accéder aux ressources marines et du droit des générations futures à disposer d’un océan en bonne santé et productif.