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Table ronde porteurs d’enjeux

- Animation François Letourneux (UICN/COS de la FRB), avec la participation de Didier Marteau (APCA), Anne-Sophie Carpentier (MEDDE), Jean-François Silvain (IRD/FRB – comité d’évaluation), Jean-Claude Bévillar (FNE), Xavier Thirouin (Coop de France) et Pierre Grenier (MAAF)

Le texte ci-dessous synthétise les échanges entre l’animateur, les participants et les personnes présentes dans le public.

L’entrée biodiversité est très importante dans ses visions utilitaristes et patrimoniales. Il y a également plusieurs raisons pour la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires : elles sont écologiques et économiques. La biodiversité couvre un ensemble de choses (les régions, les marchés, etc.) dont la biodiversité des cultures (inter et intraspécifique), l’alternance des cultures de printemps et d’hiver, les labours, etc. Sur l’exploitation, des solutions sont testées (semis sous couvert de plantes nématicides, CIPAN, etc.) mais ces itinéraires techniques innovants sont émergents et il faut encore du temps pour qu’ils soient complètement adoptés par les agriculteurs. Peu de solutions réellement opérationnelles sont déjà mises en place, exception faite par exemple de l’utilisation des trichogrammes en lutte biologique (hyménoptères parasitoïdes s’attaquant à des lépidoptères ravageurs).

Il doit y avoir un cheminement commun entre les chercheurs, les associations et les agriculteurs qui doivent donner leur point de vue à chaque étape des projets. Il faut être vigilant quant aux solutions proposées, à leur acceptation par les acteurs et à leurs effets possibles (3 exemples : la variété de blé Pernel, très prometteuse, qui a connu de gros problèmes de pertes de rendement ; le problème du loup dans les zones d’élevage ; le cas de la coccinelle asiatique introduite comme agent de lutte biologique et qui menace les coccinelles locales). Il y a une méconnaissance de l’impact de ces pratiques sur l’équilibre de la biodiversité et les outils d’évaluation manquent, surtout en grandes parcelles. Les associations sont également intéressées par les effets des solutions proposées sur le reste de la biodiversité.

Cependant des inquiétudes subsistent sur la façon de faire évoluer la situation, et sur le risque que ces pistes de solutions ne restent cantonnées dans la sphère recherche. Il faut veiller à inclure des sociologues dans ces projets afin de voir et étendre les innovations à d’autres profils d’agriculteurs. Ceci sera abordé lors du colloque de novembre du MEDDE, et est intégré par le MAAF dans ses propres appels.

Se pose également le problème de la mise en cohérence de toutes ces démarches, de ces différentes approches, qui doit être assurée par l’Etat. Le MAAF coordonne cette mise en cohérence dans le cadre du projet Agroécologique pour la France. Il y a ainsi une tendance forte dans les institutions et sur le terrain, et notamment au travers du GIS « Relance économique » qui fédère l’ensemble des GIS. Les prochains chantiers de mise en cohérence porteront sur la capitalisation et la valorisation des données sur ces questions. Ces projets sont centrés autour de la biodiversité comme un atout, comme le moyen par lequel les pratiques évoluent, ce qui est très positif. Le MAAF souligne la particularité du thème de l’appel, qui en fait un AAP à part et non redondant avec les autres initiatives ECOPHYTO. Le MEDDE rappelle que d’autres aspects sont abordés dans d’autres AAP plus larges (AAP «Biocontrôle» et AAP «Résistances» lancés en 2014). Le thème de l’AAP ECOPHYTO/FRB a montré la mobilisation de la communauté recherche sur cette approche, et souligne l’importance de la pérennisation de la démarche afin de profiter de cette dynamique. La ponctualité de cet appel et la non inclusion de la biodiversité dans l’AAP « Biocontrôle » menacent de freiner l’élan induit par le présent appel.