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Table ronde porteurs de projets

– Animation François Garrido (BRGM/CS de la FRB), participation des chercheurs des projets lauréats : Alain Ratnadass (Cirad – « Agrum’Aide »), Noémie Dubreuil (Areflec – « Cors’Aphy »), Jean-Michel Ricard (Ctifl – « RéPARe »), Adrien Rusch (INRA – « Solution ») et Sandrine Petit (INRA – « Sebiopag-Phyto »)

La mise en œuvre du plan ECOPHYTO se fait à plusieurs vitesses. A moyen terme, il y a mise en œuvre de l’action, notamment au travers du réseau DEPHY (réseau de fermes DEPHY de production de références, de démonstration et d'expérimentation). A plus long terme, la dimension recherche est développée par la DGER dont la feuille de route prévoit l’organisation d’appels à projet lorsque des manques apparaissent. Ainsi, après l’AAP ECOPHYTO/FRB, le ministère lance un prochain appel centré sur le biocontrôle.

Les échanges synthétisés ci-dessous reprennent les questions de l’animateur et de la salle et les réponses des porteurs de projets

Francis Garrido, animateur de la table ronde, rappelle que la problématique des phytosanitaires entre dans le cadre des activités du BRGM, dans son volet de surveillance environnementale.

Un constat rapide sur les projets présentés fait apparaitre 2 niveaux d’approches : une approche parcelle versus paysage, et une approche lâchers d’auxiliaires versus gestion des habitats.

Lorsque la dimension supra-parcellaire est abordée, elle intègre les pratiques individuelles. Ceci pose la question de la définition de l’échelle paysagère à prendre en compte.

L’échelle d’observation va dépendre des organismes considérés et de leur distance de dispersion. Même si l’on s’intéresse à des espèces spécialistes, des organismes très mobiles pourront être affectés à une échelle d’un kilomètre autour de la parcelle.

Des lâchers d’auxiliaires sont une méthode courante en lutte biologique, mais quel est l’enjeu du suivi de ces lâchers ?

Jusqu’à maintenant il n’y avait pas d’informations sur ce que deviennent ces organismes lâchés dans les agroécosystèmes et de leur impact et/ou persistance dans les paysages.

Quelles sont les méthodes pour suivre ces individus ?

Cela peut se faire par marquage de protéines que l’on retrouve sur ou dans les organismes cibles (cf Ctifl) ou d’autres techniques de biologie moléculaire.

Quels liens entre les différents traits fonctionnels à l’intérieur d’un agroécosystème ?

Par exemple, il est possible de travailler sur des espèces de « mauvaises herbes » locales qui peuvent diminuer le risque d’invasion d’espèces exogènes ou ravageuses.

Quels liens aux professionnels ? Comment évolue le dialogue avec les acteurs ?

Par exemple, sur les techniques de semi direct sous couverture végétale, il y a eu un changement de perspective, notamment via l’utilisation d’espèces considérées comme indésirables jusqu’à présent. L’intégration des acteurs permet également de faciliter le travail en amont (choix des parcelles, des pratiques), les agriculteurs étant souvent mis à contribution dans le cadre de ces projets. Il est également à noter que le dialogue avec les acteurs est au cœur des activités du Réseau Mixte Technologique « Agriculture et biodiversité ».

Y’a-t-il des objectifs chiffrés de réduction dans le cadre des projets de recherche présentés ?

Les réseaux expérimentaux servent à ça. Il peut ainsi y avoir, dans ces réseaux, des objectifs de réduction de 50 à 60 % de l’utilisation de produits phytosanitaires.

Quelle valorisation de ces travaux dans le cadre d’ECOSCOPE ?

La participation à ECOSCOPE permet de s’investir à long terme et plus fréquemment sur les sites. C’est le temps nécessaire pour voir les changements s’opérer dans les paysages. Il faut ainsi avoir une vision globale de la régulation de l’utilisation des produits phytosanitaires.

Quelles prescriptions et quels conseils pour les acteurs ?

L’évaluation des milieux semi-naturels comme habitat hébergeant des populations d’auxiliaires de traits fonctionnels de végétaux facilement observables pour l’agriculteur.

Des questions supplémentaires portent sur le raisonnement du nombre de sites/réplications, et sur la surveillance du rendement.

Eléments de réponse : pour le nombre de parcelle suivi, il y a établissement d’un juste milieu entre ce qui est statistiquement satisfaisant et ce qui est possible sur le terrain, ceci aboutissant fréquemment à un suivi de 10 parcelles par modalité expérimentale