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Un collectif international (Nouvelle-Zélande, Canada, Royaume Unis, Norvège) de chercheurs reconnus dans le domaine de la biologie marine et des sciences sociales a publié en septembre 2017 dans le journal PNAS un article appelant à un accord international sur la lutte contre la pollution massive des océans par les plastiques.

Accédez à la traduction de l'article scientifique : Pourquoi un accord international sur la pollution de l‘océan par les plastiques est
indispensable

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La pollution par les plastiques est en effet inquiétante à trois niveaux. D’abord, elle est globale et massive : les résultats de recherche et les programmes de surveillance ont démontré que cette pollution atteint l’ensemble de la planète, notamment l’océan dans lequel sont déversées chaque année entre 4 et 13 millions de tonnes de plastiques. Elle imprègne tous les milieux, même ceux qui
ne sont pas colonisés par l’Homme (comme l’île Henderson dans le Pacifique Sud), tous les écosystèmes (plages, océans, baies et estuaires) et contamine tous les niveaux d’organisation de la biodiversité.
Ensuite, la pollution par les plastiques est de nature à transformer de manière irréversible les écosystèmes :

  1. par son action physique sur les organismes marins (capture, étranglement, étouffement, sans omettre le caractère vulnérant des débris milli- à centimétrique ingérés par une grande variété d’organismes marins), avec souvent des conséquences fatales ;
  2. par son action chimique (en particulier due aux molécules hydrophobes adsorbées à la surface de micro-débris de plastique, ainsi qu’aux divers additifs entrant dans leur fabrication),
  3. en agissant sur les organismes aux niveaux génétique, fonctionnel (baissede fertilité), populationnel (changement d’abondance) ou au niveau des communautés (perturbation des relations entre les organismes).

Enfin, cette pollution est susceptible de compromettre un grand nombre de services écosystémiques et, du fait de la contamination par les microplastiques — des fruits de mer au sel de table—, d’affecter la sécurité alimentaire et la santé humaine.

Il est donc important, d’une part de réduire la demande en produits en plastique à usage unique, d’autre part d’améliorer les processus de recyclage et enfin de mettre en place des politiques incitatives ou coercitives fortes pour enrayer la pollution par les plastiques.

Affirmant que la pollution plastique est une menace mondiale, les auteurs estiment qu’une des seules façons de se saisir du problème est un accord international définissant des objectifs pertinents et mesurables pour réduire la pollution plastique dans l’océan mondial, car si des solutions ont été mises en place au niveau local, elles n’ont pas une ampleur suffisante pour affronter un phénomène global en expansion rapide. Cet accord devra être couplé à un programme visant à étendre la responsabilité des producteurs qui, via l’intégration des coûts environnementaux dans le prix des produits, servira à créer un fonds mondial, sur le modèle du fonds Climat de l’UNCCC, afin d’aider les Etats participants à développer les filières appropriées de traitement des déchets plastiques.