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Actualités

En France, toutes les secondes, 26m² de sol disparaissent sous le béton[1]. D'après l'agence européenne de l'environnement, cette artificialisation massive des terres classe notre pays parmi les plus mauvais élèves de l’Europe[2]. Dans le même temps, chez nos voisins européens, la prise de conscience du rôle majeur des sols se fait jour. En novembre dernier, le secrétaire d’Etat à l’environnement britannique Michael Gove alertait sur le fait que certaines régions du Royaume-Unis étaient « à 30 ou 40 ans de l'éradication totale de la fertilité des sols » et de poursuivre « nous avons encouragé un type d’agriculture qui détruit notre planète. Les pays peuvent résister aux coups d'Etat, aux guerres et aux conflits, mais aucun pays ne peut supporter la perte de son sol et de sa fertilité. »

Dans le monde, la situation n’est pas meilleure. Fin 2015, un rapport de 650 pages [3] de la FAO, qui compilait les travaux de plus de 200 scientifiques spécialisés de 60 pays,soulignait qu’un tiers des terres arables de la planète étaient plus ou moins menacées de disparaître. « Si rien n’est fait, expliquait son directeur José Graziano da Silva, c’est la production vivrière et la sécurité alimentaire de l’humanité qui pourraient être compromises. »

La préservation des sols passe par la préservation de leur biodiversité. Au cœur des enjeux globaux, la biodiversité des sols joue un rôle crucial dans l’atténuation du changement climatique, le stockage et la purification de l’eau, la fourniture d’antibiotiques et la prévention de l’érosion. Sur terre, tous les êtres vivants dépendent des interactions physico chimiques complexes entre les sols et les organismes qui y vivent.

Encore mal connue, la biodiversité des sols compte pourtant parmi la plus riche en espèces au sein des écosystèmes terrestres. À une échelle globale, environ 25 % de la biodiversité mondiale actuellement décrite vivrait dans les sols. Ces organismes sont aussi à la base des chaines trophiques terrestres et participent ainsi à la présence et l’abondance d‘espèces terrestres. Les vers de terre contribuent par exemple aux régimes alimentaires de 175 espèces de mammifères, oiseaux, reptiles et amphibiens en France.

Les processus actuels d’érosion, d’artificialisation, de tassement et de pollution qui menacent les sols et leur biodiversité ne sont pourtant pas irréversibles. En 2018, la plateforme internationale de l’IPBES consacrera un rapport sur la dégradation et la restauration des terres.

En attendant la sortie de ce rapport, et à l’occasion de la Journée mondiale des sols, la FRB donne la parole à des acteurs et des chercheurs qui se mobilisent pour préserver nos sols. Réhabilitation des haies dans les espaces agricoles, amendement des sols dégradés grâce à des légumineuses de couverture, ou encore emploi de certaines plantes pour dépolluer les sols sont autant de mesure prises pour y relancer l’activité biologique.

La FRB encourage ces actions et appelle les décideurs publics et privés à collaborer en étroite relation avec la recherche pour que la prise de décision soit étayée par les connaissances.

 


[1] Estimation mesurée d’après la base de données Corine Landcover http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/donnees-ligne/li/1825.html

[2] https://www.eea.europa.eu/publications/landscapes-in-transition

[3]Rapport sur l’état des ressources en sols dans le monde, FAO et ITPS. 2015