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Actualités

À  l’occasion du prochain rapport de l’IPBES sur l’état de la biodiversité en Europe et en Asie Centrale, la FRB donnera chaque mois jusqu’à la sortie du rapport la parole à des chercheurs spécialistes de différents écosystèmes (marin, forestier, d’eau douce...) et de disciplines aussi diverses que le droit, l’économie et la biologie de la conservation. Autant de domaines qui offrent chacun un éclairage précis sur les enjeux actuels pour la biodiversité en Europe.

La régulation de la pêche européenne a-t-elle sauvé le thon rouge ?
Par Jean-Marc Fromentin, Ifremer

De nombreux stocks de poissons des mers et océans du globe ont longtemps été - et sont encore - surexploités, notamment en Méditerranée. Cette surexploita­tion représente un gaspillage des ressources naturelles et aussi une menace pour la biodiversité. Cependant, des travaux de recherche montrent qu’une partie des espèces pêchées vont mieux, grâce aux mesures de régulation de la pêche. C’est le cas pour les thons rouges de Méditerranée et de l’Atlantique Est. Ces bons ré­sultats ont d’ailleurs incité la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (CICTA) a autoriser l’augmentation des quotas de pêche pour cette espèce . La question posée est alors : « le thon rouge peut-il supporter cette augmentation des quotas » ?
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Mieux connaître la biodiversité européenne pour mieux la protéger : l'exemple des récifs coralligènes méditerranéen
Par Florian Holon, co-gérant d’Andromède océanologie ;  Julie Deter, Maître de conférences associé à l’université de Montpellier ; Anne-Sophie Tribot, doctorante à l’UMR MARBEC (MARine Biodiversity Exploitation and Conservation)

A l’instar des récifs coralliens des pays tropicaux, les récifs coralligènes, dénommés ainsi pour le corail rouge qu’ils abritent, ont tout pour devenir un emblème pour les pays côtiers Méditerranéens. En effet, la riche et belle biodiversité qu’ils abritent présente un intérêt de conservation en soi, mais aussi des avantages pour la pêche et le tourisme. Les connaissances sur ces écosystèmes sont longtemps restées par­cellaires, mais se développent aujourd’hui, soulignant la beauté et la vulnérabilité de ces habitats.
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Le défi que représente pour l’humanité l’effondrement de la biodiversité est à traiter avec le même niveau d’importance que le défi climatique

Les chercheurs et les acteurs qui, comme nous, travaillent sur la biodiversité saluent l’initiative prise par le président de la République de relancer, à travers la réunion One Planet Summit, la dynamique portée par l’accord de Paris. Au moment où il apparaît clairement que l’objectif de la limite des 1,5 °C ne pourra probablement pas être atteint, mobiliser les ­acteurs économiques pour réduire les pressions humaines responsables du changement climatique et contribuer aux processus d’adaptation constituait un impératif. Les engagements pris par les donateurs, les Etats ou des organismes comme la Banque mondiale vont dans un sens positif, et il est important que la France ait joué ici un rôle majeur.

A l’heure où de grands acteurs économiques commencent à se soucier fortement de l’impact de leurs activités sur la biodiversité et alors que le récent appel des 15 000 scientifiques du monde ­entier a rappelé que l’impact croissant des activités humaines compromet notre avenir, on aurait pu souhaiter que ce sommet traite à la fois de la lutte contre le réchauffement climatique et de la lutte contre l’érosion de la biodiversité.

A l’image d’une étude qui montre que plus de 75 % de la biomasse des insectes volants a disparu au sein d’espaces pourtant protégés en Allemagne, en vingt-sept ans, les travaux scientifiques récents soulignent tous la gravité des ­atteintes à la biodiversité. Ils montrent également qu’avec une population ­humaine en croissance la situation va empirer fortement sous les effets ­cumulés du changement d’usage des terres – au bénéfice notamment de la production agricole –, de la surexploi­tation des sols, des eaux douces et des ­poissons marins, du braconnage ­de certaines espèces remarquables, de ­l’accroissement des pollutions tant ­chimiques que physiques (plastiques et microplastiques notamment), lumineuses ou sonores, ou encore de la ­dissémination d’espèces exotiques ­envahissantes (...)

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Par Jean-François Silvain, président de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) et directeur de recherche à l’IRD ; Hélène Soubelet, directrice de la FRB ; François Sarrazin, président du conseil scientifique de la FRB et professeur à l’université Pierre-et-Marie-Curie ; Sébastien Barot, vice-président du conseil scientifique de la FRB et directeur de recherche à l’IRD ; Allain Bougrain-Dubourg, président du Conseil d’orientation stratégique de la FRB et président de la LPO ; Jean-François Lesigne, vice-président du Conseil d’orientation stratégique de la FRB et attaché environnement de RTE ; Yann Laurans, directeur du programme biodiversité à l’Iddri.

Inciter des agriculteurs à adopter des pratiques respectueuses de l'environnement, rémunérer des producteurs pour maintenir la biodiversité, ou encore rétribuer des pays en développement pour ne pas déboiser... Tout ceci est aujourd'hui possible grâce aux Paiements pour Services Environnementaux (PSE). Depuis quelques années, les PSE se sont imposés comme des instruments clés pour encourager les pratiques favorables à l'environnement. Mais derrière ces trois lettres, les PSE abritent néanmoins des logiques contradictoires. La synthèse tirée de l'article l'Aspects économiques et légaux de l'additionnalité d

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Les Paiements pour Services Environnementaux (PSE) sont des rémunérations versées à des acteurs du monde rural, généralement des agriculteurs, des éleveurs ou des forestiers pour adopter, sur les terres qu'ils possèdent ou contrôlent, des méthodes de production respectueuses de l'environnement ou arrêter certaines pratiques, parfois légales, mais indésirables, comme l'épandage de pesticides ou la déforestation.

Ces instruments se déploient dans de nombreux pays en développement - l'exemple du Costa Rica est le plus connu - mais le principe est identique à celui des mesures agro-environnementales de la Politique Agricole Commune de l'Union Européenne. La nature de ces paiements fait toutefois débat.

S'agit-il de compenser [les acteurs pour : retirer] les coûts associés à l'adoption d'une pratiques plus écologique (ou pour le manque à gagner de l'abandon de certaines activités), ou s'agit-il de récompenser des acteurs aux comportements déjà écologiquement vertueux ? Par ailleurs, les PSE, dans de nombreux pays, rémunèrent les acteurs pour s'abstenir de faire des choses qui sont déjà prohibées par la réglementation, par exemple déboiser, avec le risque d'affaiblir la force intrinsèque des normes légales actuelles et futures. En effet, les acteurs n'appliqueraient les règles légales qu'à la condition d'être rémunérés.

À ces questions, l'article d'Alain Karsenty et al. propose de répondre à travers un double ciblage, géographique et social, des PSE. Dans les aires protégées, notamment, il peut être acceptable de rémunérer les producteurs pauvres pour le respect des règlements, à condition d'investir aussi [à leurs côtés : retirer] pour leur donner les moyens, à terme, de tirer des revenus suffisants de leurs activités économiques tout en respectant la contrainte légale.

Allain BOUGRAIN DUBOURG a été élu président du Conseil d’orientation stratégique de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité et Jean-François LESIGNE en a été élu Vice-président.

Jeudi 7 décembre, le Conseil d’orientation stratégique de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité a élu son nouveau président, Allain BOUGRAIN DUBOURG,et son vice président, Jean-François LESIGNE.

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(c) Frédéric Lemaître

Le Conseil d’orientation stratégique de la FRB  accueille en son sein 235 associations, entreprises, gestionnaires ou collectivités. L’ambition commune de tous ces acteurs est de contribuer à des projets de recherche qui allient préservation, exploitation responsable et valorisation durable de la biodiversité, tant en milieu terrestre que marin.

Dans son discours inaugural, Allain BOUGRAIN DUBOURG a dit « regretter que la biodiversité ne soit pas encore perçu comme un enjeu aussi majeur que le climat ».  Allain BOUGRAIN DUBOURG a poursuivi en encourageant « les entreprises, les ONG, les gestionnaires, les collectivités rassemblés au sein du Conseil d’orientation stratégique à appuyer leur décision sur le respect du droit et sur la prise en compte des meilleures connaissances scientifiques disponibles. La FRB est un lieu original pour éclairer la décision. »

Eléments biographiques :

Allain BOUGRAIN DUBOURG est journaliste, producteur, réalisateur de télévision français et président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO).
Depuis plus de 30 ans, il présente des émissions animalières (« Terre des bêtes », « Animalia », « Entre chien et loup » etc….) et assure des chroniques ou des émissions à la radio notamment sur France Inter : « Vivre avec les bêtes ».
Producteur et réalisateur de nombreux documentaires animaliers, il est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages.
Président de la Ligue pour la Protection des Oiseaux depuis 1986, il devient membre du CA du Muséum National d’Histoire Naturelle et de celui la Fondation pour la recherche sur la biodiversité et intervient dans de multiples organismes nationaux et internationaux liés à la biodiversité. Allain BOUGRAIN DUBOURG est Officier de l’Ordre National du Mérite et Officier de l’Ordre National de la Légion d’Honneur. Depuis septembre 2017, il assure une chronique sur Europe 1, le samedi matin, dans l'émission de Wendy Bouchard.

Jean-François LESIGNE est attaché environnement à RTE depuis 2005, en charge du Système de management de l’environnement et conseiller de la direction. Ingénieur Supelec, il entre à EDF en 1983 au dispatching national où il est en charge des études de stabilité du réseau. En 1991, il prend en charge la Gestion nationale des câbles souterrains. En 1994, il est adjoint au directeur du Groupe d’exploitation hydraulique du Beaufortain dans les Alpes. Après un passage à l’Inspection audit interne, il devient en 2002 directeur du Groupe d’exploitation transport du Languedoc-Roussillon. Il est membre du Conseil d’orientation stratégique de la FRB et administrateur. Il coordonne les activités du Club infrastructures linéaires et biodiversité (CILB)

Un collectif international (Nouvelle-Zélande, Canada, Royaume Unis, Norvège) de chercheurs reconnus dans le domaine de la biologie marine et des sciences sociales a publié en septembre 2017 dans le journal PNAS un article appelant à un accord international sur la lutte contre la pollution massive des océans par les plastiques.

Accédez à la traduction de l'article scientifique : Pourquoi un accord international sur la pollution de l‘océan par les plastiques est
indispensable

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La pollution par les plastiques est en effet inquiétante à trois niveaux. D’abord, elle est globale et massive : les résultats de recherche et les programmes de surveillance ont démontré que cette pollution atteint l’ensemble de la planète, notamment l’océan dans lequel sont déversées chaque année entre 4 et 13 millions de tonnes de plastiques. Elle imprègne tous les milieux, même ceux qui
ne sont pas colonisés par l’Homme (comme l’île Henderson dans le Pacifique Sud), tous les écosystèmes (plages, océans, baies et estuaires) et contamine tous les niveaux d’organisation de la biodiversité.
Ensuite, la pollution par les plastiques est de nature à transformer de manière irréversible les écosystèmes :

  1. par son action physique sur les organismes marins (capture, étranglement, étouffement, sans omettre le caractère vulnérant des débris milli- à centimétrique ingérés par une grande variété d’organismes marins), avec souvent des conséquences fatales ;
  2. par son action chimique (en particulier due aux molécules hydrophobes adsorbées à la surface de micro-débris de plastique, ainsi qu’aux divers additifs entrant dans leur fabrication),
  3. en agissant sur les organismes aux niveaux génétique, fonctionnel (baissede fertilité), populationnel (changement d’abondance) ou au niveau des communautés (perturbation des relations entre les organismes).

Enfin, cette pollution est susceptible de compromettre un grand nombre de services écosystémiques et, du fait de la contamination par les microplastiques — des fruits de mer au sel de table—, d’affecter la sécurité alimentaire et la santé humaine.

Il est donc important, d’une part de réduire la demande en produits en plastique à usage unique, d’autre part d’améliorer les processus de recyclage et enfin de mettre en place des politiques incitatives ou coercitives fortes pour enrayer la pollution par les plastiques.

Affirmant que la pollution plastique est une menace mondiale, les auteurs estiment qu’une des seules façons de se saisir du problème est un accord international définissant des objectifs pertinents et mesurables pour réduire la pollution plastique dans l’océan mondial, car si des solutions ont été mises en place au niveau local, elles n’ont pas une ampleur suffisante pour affronter un phénomène global en expansion rapide. Cet accord devra être couplé à un programme visant à étendre la responsabilité des producteurs qui, via l’intégration des coûts environnementaux dans le prix des produits, servira à créer un fonds mondial, sur le modèle du fonds Climat de l’UNCCC, afin d’aider les Etats participants à développer les filières appropriées de traitement des déchets plastiques.