Rss facebook-picto @FRBiodiv linkedin instagram-picto

Actualités

Plus de 15 000 scientifiques de 184 pays alertent l’humanité sur l’état de la planète. Biologistes, physiciens, astronomes, chimistes, agronomes… quelle que soit leur discipline, tous s’accordent sur un point : il est urgent d’agir avant qu’il ne soit définitivement trop tard. La FRB s’est jointe aux signataires de cette tribune parue dans la revue BioScience par l’intermédiaire de son président, Jean-François Silvain et de plusieurs membres de son conseil scientifique.

Cette mobilisation exceptionnelle de la communauté scientifique fait écho à un précédent appel lancé il y a 25 ans par 1 500 chercheurs qui avait déjà pour objectif d’alerter l’humanité sur la nécessité de se mobiliser au plus vite autour de différentes questions écologiques. Malgré cette mise en garde, la déforestation, la baisse de la disponibilité des ressources en eau ou encore l’augmentation de la concentration de CO2 dans l’atmosphère n’ont cessés de s’aggraver sous la pression de l’Homme, au point que tous les indicateurs sont désormais au rouge. C’est sur la base de ce constat alarmant que l’Union of Concerned Scientists a décidé de renouveler son appel.

Parmi les mesures mises en avant pour une transition vers un avenir plus durable, on note :

  1. privilégier la mise en place de réserves connectées entre elles, correctement financées et correctement gérées, destinées à protéger une proportion significative des divers habitats terrestres, aériens et aquatiques – eau de mer et eau douce ; 

  2. préserver les services rendus par la nature au travers des écosystèmes en stoppant la conversion des forêts, prairies et autres habitats originels ; 

  3. restaurer sur une grande échelle les communautés de plantes endémiques, et notamment les paysages de forêt ; 

  4. ré-ensauvager des régions abritant des espèces endémiques, en particulier des superprédateurs, afin de rétablir les dynamiques et processus écologiques ; 

  5. développer et adopter des instruments politiques adéquats pour lutter contre la défaunation, le braconnage, l’exploitation et le trafic des espèces menacées ; 

  6. réduire le gaspillage alimentaire par l’éducation et l’amélioration des infrastructures ; 

  7. promouvoir une réorientation du régime alimentaire vers une nourriture d’origine essentiellement 
végétale ; 

  8. réduire encore le taux de fécondité en faisant en sorte qu’hommes et femmes aient accès à 
l’éducation et à des services de planning familial, particulièrement dans les régions où ces 
services manquent encore ; 

  9. multiplier les sorties en extérieur pour les enfants afin de développer leur sensibilité à la nature, 
et d’une manière générale améliorer l’appréciation de la nature dans toute la société ; 

  10. désinvestir dans certains secteurs et cesser certains achats afin d’encourager un changement 
environnemental positif ; 

  11. concevoir et promouvoir de nouvelles technologies vertes et se tourner massivement vers les 
sources d’énergie vertes tout en réduisant progressivement les aides aux productions d’énergie 
utilisant des combustibles fossiles ; 

  12. revoir notre économie afin de réduire les inégalités de richesse et faire en sorte que les prix, les 
taxes et les dispositifs incitatifs prennent en compte le coût réel de nos schémas de 
consommation pour notre environnement ; 

  13. déterminer à long terme une taille de population humaine soutenable et scientifiquement 
défendable tout en s’assurant le soutien des pays et des responsables mondiaux pour atteindre cet objectif vital. 


Par l’intermédiaire de cette mobilisation, les scientifiques espèrent faire prendre conscience à chacun que seul un changement rapide et radical de notre mode de vie pourra permettre de sauver notre planète.
Référence : https://academic.oup.com/bioscience/article/doi/10.1093/biosci/bix125/4605229

Le 16 octobre dernier à Monaco, la FRB a organisé la première réunion du programme de recherche « Acidification des océans ». Initié et financé par le ministère en charge de l’écologie, ce programme vise à mieux appréhender l’ensemble des réponses des organismes et des communautés à l’acidification des océans sur le long terme, compte-tenu de l’ensemble des facteurs entrant en jeu. La FRB en assure l’animation scientifique.

Ce programme permet de mobiliser 720 000 euros à destination des chercheurs français. Lancé en septembre 2015, l’appel à propositions de recherche a reçu 18 propositions. Huit projets couvrant les défis de recherche allant de la compréhension des impacts de l’acidification à leur modélisation, en passant par l’observation et la cartographie du phénomène ont été sélectionnés par le conseil scientifique ad hoc présidé par Jean-Pierre Gattuso du Laboratoire d’océanographie de Villefranche-sur-Mer. Ces projets reçoivent chacun 90 000 euros et associent de nombreux laboratoires et instituts de recherche, en France métropolitaine, en Polynésie française et à Monaco.

 

Monaco

De gauche à droite : Laurent Bergeot, Hélène Soubelet, Marion Gehlen, Sam Dupont, José-Luis Zambonino, Carole Di Poi Broussard, Claire Salomon, Philippe Gros, Stéphanie Auzoux-Bordenave, Luc Beaufort, Fabrice Pernet, Laurent Bopp, Michel Allenbach, Thomas Lacoue-Labarthe, Bernard Banaigs

 

Les 8 projets financés sont les suivants :

  • ACIDREEF : impact de l'acidification sur les récifs ; coordonné par le laboratoire CRIOBE (Polynésie Française), avec l’AIEA Monaco et le centre scientifique de Monaco
  • ECOSYSTEME : Évaluation des impacts sur deux écosystèmes de cyanobactéries (algues bleues) ; coordonné par le laboratoire CORAIL (Polynésie Française)
  • ICO-BIO : Impact du changement océanique sur la biologie de l’ormeau, une espèce d’intérêt économique ; coordonné par le laboratoire BOREA (station de biologie marine de Concarneau)
  • MERCY : Impact du mercure et du gaz carbonique sur la seiche ; coordonné par le laboratoire LIENS (université de La Rochelle)
  • COCCACE : Les coccolithophores (algues unicellulaires) et l'acidification océanique ; coordonné par le CEREGE (Aix-en-Provence)
  • ACIDOSCOPE : Acidification de l’océan : projections, régionalisation et cartographie ; coordonné par l’IPSL (Gif sur Yvette)
  • AiAiAi : Acidification, acclimatation et adaptation des huîtres, coordonné par IFREMER Polynésie
  • PACIO : Réponses physiologiques et adaptatives des poissons à l’acidification des océans ; coordonné par le laboratoire LEMAR (Brest).
  • Les conventions avec les porteurs des projets sont à présent presque toutes signées.

Le lancement du programme a lieu en parallèle du 4ème atelier international sur l’impact économique de l’acidification des océans, consacré à l’écosystème corallien et organisé par le CSM et l’AIEA.

 

La vigne marronne n’est pas qualifiée de « peste végétale » pour rien. Originaire d’Asie du Sud-Est et introduite accidentellement à la Réunion au 19ème siècle, son développement aux dépens des espèces locales est en effet comparable à celui d’une infection qui se répandrait dans un organisme. En absence de prédateur, sa progression ne connaît aucune limite. Jusqu’à présent, les méthodes de lutte mises en place, principalement mécaniques ou chimiques, étaient souvent coûteuses et inefficaces…

Finalement, c'est une petite abeille tout droit venue de Sumatra qui s’est avérée être le bon remède. Cibdela janthina, dite « la Mouche bleue », a suivi depuis 1997 toute une batterie de tests menés par le Cirad, avant d’être déclarée apte à soigner la biodiversité réunionnaise. Ce petit hyménoptère a la particularité de s’attaquer exclusivement au genre Rubus, dont fait partie la vigne marronne. Suite à son introduction sur l’île en 2007, les résultats ne se sont pas faits attendre ; 700 hectares autrefois colonisés ont aujourd’hui été rendus à la nature ! La vigne marronne ne prospère désormais plus qu’au-delà de 1200m d’altitude, dans les zones difficilement accessibles pour la mouche bleue.

Tenthrede larves A.FRANCK-CIRAD 2  Tenthrede adulte A.FRANCK-CIRAD 1

Larves de Cibdela janthina / Cibdela janthina adulte - © Antoine Franck – CIRAD
 

La lutte biologique contre une population envahissante s’apparente au test d’un nouveau traitement. Elle doit être étudiée, adaptée, spécifique. Parfois c’est une réussite, comme ce fut le cas pour la vigne marronne avec la mouche bleue. Dans d’autres cas, le traitement agit de la manière voulue mais entraîne des effets secondaires désastreux.


Être en mesure de soigner la biodiversité sans jouer au savant fou est une des ambitions du projet Coreids, développé au Cesab et porté par le chercheur en écologie François Massol et Patrice David. Il analyse à la loupe le fonctionnement des écosystèmes ; quelles sont les différentes espèces qui contribuent à leur équilibre ? Comment interagissent-elles ? Quels pourraient être les effets d’un perturbateur comme ce fut le cas avec la vigne marronne ? Tous ces éléments permettront, à terme, de mieux comprendre et anticiper les menaces qui pèsent sur la biodiversité… pour mieux prévenir et moins guérir.

 

Contacts :

François Massol, EEP CNRS, Lille :

http://www.cesab.org/index.php/fr/projets-en-cours/projets-2012/88-coreids

Alors que la 23ème conférence des parties (COP) de la Convention climat s’ouvre aujourd’hui à Bonn en Allemagne, la FRB publie deux notes à destination des négociateurs, et plus largement des parties prenantes mobilisées sur les questions d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques ; ces notes illustrent l’importance fondamentale de la prise en compte des connaissances sur la biodiversité dans les travaux sur le climat.

Souvent négligée dans les débats sur les leviers d’action pour le climat, la biodiversité doit pourtant être prise en compte selon trois axes essentiels pour que les actions pour le climat soient efficaces et ne s’accompagnent pas de conséquences négatives pour la biodiversité :

  1. Les impacts du changement climatique sur la biodiversité et les écosystèmes doivent être mieux compris, justifiant d’autant plus le besoin d’agir rapidement pour minimiser le changement et de repenser les actions de conservation in situ ;
  2. Les solutions apportées par la biodiversité pour l’atténuation et l’adaptation au changement climatique doivent être mieux connues et reconnues par les négociateurs comme les réponses les plus économiques, apportant de multiples bénéfices en termes de développement durable ;
  3. Les politiques et mesures pour le climat ne reposant pas sur la préservation de la biodiversité doivent faire l’objet d’une évaluation d’impact ex ante, pour s’assurer qu’elles ne sont pas contradictoires avec l’impératif de protection de la biodiversité.

Les travaux du Giec et de l’IPBES contribuent ensemble à répondre à ces questions et fournissent aux décideurs des informations reposant sur les connaissances scientifiques existantes les plus solides à ce jour. Ils rendent évident que les changements climatiques et l’érosion de la biodiversité ne pourront être stoppés l’un sans l’autre.

Il est rare que le classement de Shanghai suscite l'enthousiasme en France ; et pourtant, si on quitte un instant le fameux classement des 500 plus grandes universités mondiales et que l'on se tourne vers le classement par thèmes scientifiques, on peut avoir de très réels motifs de satisfaction.

Dans l'ensemble Sciences naturelles, il existe un thème Ecologie qui regroupe les catégories du "Web of Science" : conservation de la biodiversité et écologie. Et c'est là que toutes celles et ceux qui espèrent que la recherche française, de par ses qualités, pourra aider à préserver et à utiliser plus durablement la biodiversité peuvent se réjouir, car le classement met à l'honneur plusieurs universités françaises (http://www.shanghairanking.com/Shanghairanking-Subject-Rankings/ecology.html) :

  • Au deuxième rang mondial, l'Université de Montpellier avec un score total de 279,6, juste derrière l'Université d'Oxford avec 287,3. Montpellier est devant UC Berkeley et UC Davis et loin devant Cambridge ou Cornell ! Ce second rang est conservé si on se réfère au nombre d'articles publiés dans les plus grands journaux scientifiques classés selon leur facteurs d'impacts. Là, Montpellier obtient un score de 99 contre 100 pour Oxford
  • Au 26ème rang on trouve l'Université Pierre et Marie Curie (Paris 6), avec un score de 236,8, juste devant l'université de Zurich, Harvard et Standford
  • Au 39ème rang on trouve l'Université Paul-Valéry Montpellier 3
  • Au 44ème rang l'Ecole Pratique des Hautes Etudes
  • Parmi les ex-aequo des 51-75ème rangs, l'Université Grenoble Alpes, et l'Université de Savoie
  • Parmi les ex-aequo des 76-100ème rangs, l'Université Paul Sabatier (Toulouse 3) et AgroParisTech
  • Et enfin parmi les 101-150ème rang, on trouve l'Université Claude Bernard Lyon 1, l'Université Paris Sud (Paris 11), l'Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, l'Université d'Aix Marseille et l'Ecole Nationale de formation Agronomique

Cela fait huit établissements français parmi les 100 premiers mondiaux du domaine.

On note que l'Université Pierre et Marie Curie, 40ème et première française, au classement mondial des 500 plus grandes universités progresse ici de 14 places (en ne tenant compte que des travaux menés dans le domaine de l'écologie). Le bon en avant est encore plus considérable pour Montpellier qui d'une position de 201-300ème ex-aequo dans le classement global passe donc seconde mondiale si on se réfère au seul champ thématique écologie.

La FRB tient à féliciter les scientifiques de toutes ces universités (et des UMR qui leur sont associées) qui portent haut les couleurs de la recherche française et bien évidemment ceux de l'Université de Montpellier, qui monte avec brio sur le podium des plus grandes universités mondiales pour la recherche en écologie.