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Actualités

A l’occasion de la journée mondiale des sols, le 5 décembre, et en prévision du prochain rapport de l’IPBES sur la restauration et la dégradation des terres, la Fondation pour la recherche sur la biodiversité et Lifti donnent la parole à des acteurs et des chercheurs qui se mobilisent pour préserver nos sols. Tous les jours et jusqu’au 5 décembre une vidéo sera relayée sur notre site et sur nos réseaux sociaux #IPBES6 #WorldSoilDay.

 

Les sols, un patrimoine riche mais fragile par Jean-François Silvain

 

La ville recyclable par Marc Kaszynski, président de Lifti.

 

 

Biodiversité des sols : il n'y a pas que les vers de terre (sous) la terre ! Par Sébastien Barot, directeur de recherche à l'IRD

 

Les arbres : les grands alliés des sols. Par Jean-Marie Deshoux, ingénieur territorial en environnement

 

Comment les terrils du nord de la France sont-ils devenus des îlots de biodiversité ? Par Guillaume Lemoine, ingénieur écologue

 

Vous ne regarderez plus les pistes de ski comme avant ! Par Stéphanie Gaucherand chercheuse à l'Irstea

 Restauration des sols : un aspirateur pas comme les autres, par Jean-Louis Morel, professeur à l'université de Lorraine

Ne cachons plus la pollution sous le tapis des sols ! par Christel de la Hougue, déléguée générale de l'UPDS (Union des professionnels de la dépollutions des sites)

Quand un cimentier restaure les carrières en terres agricoles grâce à la biodiversité. Par Camille Bayle, ingénieur agronome pour le groupe Vicat.

Dans le monde, la situation n’est pas meilleure. Fin 2015, un rapport de 650 pages [3] de la FAO, qui compilait les travaux de plus de 200 scientifiques spécialisés de 60 pays,soulignait qu’un tiers des terres arables de la planète étaient plus ou moins menacées de disparaître. « Si rien n’est fait, expliquait son directeur José Graziano da Silva, c’est la production vivrière et la sécurité alimentaire de l’humanité qui pourraient être compromises. »

La préservation des sols passe par la préservation de leur biodiversité. Au cœur des enjeux globaux, la biodiversité des sols joue un rôle crucial dans l’atténuation du changement climatique, le stockage et la purification de l’eau, la fourniture d’antibiotiques et la prévention de l’érosion. Sur terre, tous les êtres vivants dépendent des interactions physico chimiques complexes entre les sols et les organismes qui y vivent.

Encore mal connue, la biodiversité des sols compte pourtant parmi la plus riche en espèces au sein des écosystèmes terrestres. À une échelle globale, environ 25 % de la biodiversité mondiale actuellement décrite vivrait dans les sols. Ces organismes sont aussi à la base des chaines trophiques terrestres et participent ainsi à la présence et l’abondance d‘espèces terrestres. Les vers de terre contribuent par exemple aux régimes alimentaires de 175 espèces de mammifères, oiseaux, reptiles et amphibiens en France.

Les processus actuels d’érosion, d’artificialisation, de tassement et de pollution qui menacent les sols et leur biodiversité ne sont pourtant pas irréversibles. En 2018, la plateforme internationale de l’IPBES consacrera un rapport sur la dégradation et la restauration des terres.

En attendant la sortie de ce rapport, et à l’occasion de la Journée mondiale des sols, la FRB donne la parole à des acteurs et des chercheurs qui se mobilisent pour préserver nos sols. Réhabilitation des haies dans les espaces agricoles, amendement des sols dégradés grâce à des légumineuses de couverture, ou encore emploi de certaines plantes pour dépolluer les sols sont autant de mesure prises pour y relancer l’activité biologique.

La FRB encourage ces actions et appelle les décideurs publics et privés à collaborer en étroite relation avec la recherche pour que la prise de décision soit étayée par les connaissances.

 


[1] Estimation mesurée d’après la base de données Corine Landcover http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/donnees-ligne/li/1825.html

[2] https://www.eea.europa.eu/publications/landscapes-in-transition

[3]Rapport sur l’état des ressources en sols dans le monde, FAO et ITPS. 2015

Plus de 15 000 scientifiques de 184 pays alertent l’humanité sur l’état de la planète. Biologistes, physiciens, astronomes, chimistes, agronomes… quelle que soit leur discipline, tous s’accordent sur un point : il est urgent d’agir avant qu’il ne soit définitivement trop tard. La FRB s’est jointe aux signataires de cette tribune parue dans la revue BioScience par l’intermédiaire de son président, Jean-François Silvain et de plusieurs membres de son conseil scientifique.

Cette mobilisation exceptionnelle de la communauté scientifique fait écho à un précédent appel lancé il y a 25 ans par 1 500 chercheurs qui avait déjà pour objectif d’alerter l’humanité sur la nécessité de se mobiliser au plus vite autour de différentes questions écologiques. Malgré cette mise en garde, la déforestation, la baisse de la disponibilité des ressources en eau ou encore l’augmentation de la concentration de CO2 dans l’atmosphère n’ont cessés de s’aggraver sous la pression de l’Homme, au point que tous les indicateurs sont désormais au rouge. C’est sur la base de ce constat alarmant que l’Union of Concerned Scientists a décidé de renouveler son appel.

Parmi les mesures mises en avant pour une transition vers un avenir plus durable, on note :

  1. privilégier la mise en place de réserves connectées entre elles, correctement financées et correctement gérées, destinées à protéger une proportion significative des divers habitats terrestres, aériens et aquatiques – eau de mer et eau douce ; 

  2. préserver les services rendus par la nature au travers des écosystèmes en stoppant la conversion des forêts, prairies et autres habitats originels ; 

  3. restaurer sur une grande échelle les communautés de plantes endémiques, et notamment les paysages de forêt ; 

  4. ré-ensauvager des régions abritant des espèces endémiques, en particulier des superprédateurs, afin de rétablir les dynamiques et processus écologiques ; 

  5. développer et adopter des instruments politiques adéquats pour lutter contre la défaunation, le braconnage, l’exploitation et le trafic des espèces menacées ; 

  6. réduire le gaspillage alimentaire par l’éducation et l’amélioration des infrastructures ; 

  7. promouvoir une réorientation du régime alimentaire vers une nourriture d’origine essentiellement 
végétale ; 

  8. réduire encore le taux de fécondité en faisant en sorte qu’hommes et femmes aient accès à 
l’éducation et à des services de planning familial, particulièrement dans les régions où ces 
services manquent encore ; 

  9. multiplier les sorties en extérieur pour les enfants afin de développer leur sensibilité à la nature, 
et d’une manière générale améliorer l’appréciation de la nature dans toute la société ; 

  10. désinvestir dans certains secteurs et cesser certains achats afin d’encourager un changement 
environnemental positif ; 

  11. concevoir et promouvoir de nouvelles technologies vertes et se tourner massivement vers les 
sources d’énergie vertes tout en réduisant progressivement les aides aux productions d’énergie 
utilisant des combustibles fossiles ; 

  12. revoir notre économie afin de réduire les inégalités de richesse et faire en sorte que les prix, les 
taxes et les dispositifs incitatifs prennent en compte le coût réel de nos schémas de 
consommation pour notre environnement ; 

  13. déterminer à long terme une taille de population humaine soutenable et scientifiquement 
défendable tout en s’assurant le soutien des pays et des responsables mondiaux pour atteindre cet objectif vital. 


Par l’intermédiaire de cette mobilisation, les scientifiques espèrent faire prendre conscience à chacun que seul un changement rapide et radical de notre mode de vie pourra permettre de sauver notre planète.
Référence : https://academic.oup.com/bioscience/article/doi/10.1093/biosci/bix125/4605229

Le 16 octobre dernier à Monaco, la FRB a organisé la première réunion du programme de recherche « Acidification des océans ». Initié et financé par le ministère en charge de l’écologie, ce programme vise à mieux appréhender l’ensemble des réponses des organismes et des communautés à l’acidification des océans sur le long terme, compte-tenu de l’ensemble des facteurs entrant en jeu. La FRB en assure l’animation scientifique.

Ce programme permet de mobiliser 720 000 euros à destination des chercheurs français. Lancé en septembre 2015, l’appel à propositions de recherche a reçu 18 propositions. Huit projets couvrant les défis de recherche allant de la compréhension des impacts de l’acidification à leur modélisation, en passant par l’observation et la cartographie du phénomène ont été sélectionnés par le conseil scientifique ad hoc présidé par Jean-Pierre Gattuso du Laboratoire d’océanographie de Villefranche-sur-Mer. Ces projets reçoivent chacun 90 000 euros et associent de nombreux laboratoires et instituts de recherche, en France métropolitaine, en Polynésie française et à Monaco.

 

Monaco

De gauche à droite : Laurent Bergeot, Hélène Soubelet, Marion Gehlen, Sam Dupont, José-Luis Zambonino, Carole Di Poi Broussard, Claire Salomon, Philippe Gros, Stéphanie Auzoux-Bordenave, Luc Beaufort, Fabrice Pernet, Laurent Bopp, Michel Allenbach, Thomas Lacoue-Labarthe, Bernard Banaigs

 

Les 8 projets financés sont les suivants :

  • ACIDREEF : impact de l'acidification sur les récifs ; coordonné par le laboratoire CRIOBE (Polynésie Française), avec l’AIEA Monaco et le centre scientifique de Monaco
  • ECOSYSTEME : Évaluation des impacts sur deux écosystèmes de cyanobactéries (algues bleues) ; coordonné par le laboratoire CORAIL (Polynésie Française)
  • ICO-BIO : Impact du changement océanique sur la biologie de l’ormeau, une espèce d’intérêt économique ; coordonné par le laboratoire BOREA (station de biologie marine de Concarneau)
  • MERCY : Impact du mercure et du gaz carbonique sur la seiche ; coordonné par le laboratoire LIENS (université de La Rochelle)
  • COCCACE : Les coccolithophores (algues unicellulaires) et l'acidification océanique ; coordonné par le CEREGE (Aix-en-Provence)
  • ACIDOSCOPE : Acidification de l’océan : projections, régionalisation et cartographie ; coordonné par l’IPSL (Gif sur Yvette)
  • AiAiAi : Acidification, acclimatation et adaptation des huîtres, coordonné par IFREMER Polynésie
  • PACIO : Réponses physiologiques et adaptatives des poissons à l’acidification des océans ; coordonné par le laboratoire LEMAR (Brest).
  • Les conventions avec les porteurs des projets sont à présent presque toutes signées.

Le lancement du programme a lieu en parallèle du 4ème atelier international sur l’impact économique de l’acidification des océans, consacré à l’écosystème corallien et organisé par le CSM et l’AIEA.

 

La vigne marronne n’est pas qualifiée de « peste végétale » pour rien. Originaire d’Asie du Sud-Est et introduite accidentellement à la Réunion au 19ème siècle, son développement aux dépens des espèces locales est en effet comparable à celui d’une infection qui se répandrait dans un organisme. En absence de prédateur, sa progression ne connaît aucune limite. Jusqu’à présent, les méthodes de lutte mises en place, principalement mécaniques ou chimiques, étaient souvent coûteuses et inefficaces…

Finalement, c'est une petite abeille tout droit venue de Sumatra qui s’est avérée être le bon remède. Cibdela janthina, dite « la Mouche bleue », a suivi depuis 1997 toute une batterie de tests menés par le Cirad, avant d’être déclarée apte à soigner la biodiversité réunionnaise. Ce petit hyménoptère a la particularité de s’attaquer exclusivement au genre Rubus, dont fait partie la vigne marronne. Suite à son introduction sur l’île en 2007, les résultats ne se sont pas faits attendre ; 700 hectares autrefois colonisés ont aujourd’hui été rendus à la nature ! La vigne marronne ne prospère désormais plus qu’au-delà de 1200m d’altitude, dans les zones difficilement accessibles pour la mouche bleue.

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Larves de Cibdela janthina / Cibdela janthina adulte - © Antoine Franck – CIRAD
 

La lutte biologique contre une population envahissante s’apparente au test d’un nouveau traitement. Elle doit être étudiée, adaptée, spécifique. Parfois c’est une réussite, comme ce fut le cas pour la vigne marronne avec la mouche bleue. Dans d’autres cas, le traitement agit de la manière voulue mais entraîne des effets secondaires désastreux.


Être en mesure de soigner la biodiversité sans jouer au savant fou est une des ambitions du projet Coreids, développé au Cesab et porté par le chercheur en écologie François Massol et Patrice David. Il analyse à la loupe le fonctionnement des écosystèmes ; quelles sont les différentes espèces qui contribuent à leur équilibre ? Comment interagissent-elles ? Quels pourraient être les effets d’un perturbateur comme ce fut le cas avec la vigne marronne ? Tous ces éléments permettront, à terme, de mieux comprendre et anticiper les menaces qui pèsent sur la biodiversité… pour mieux prévenir et moins guérir.

 

Contacts :

François Massol, EEP CNRS, Lille :

http://www.cesab.org/index.php/fr/projets-en-cours/projets-2012/88-coreids