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Actualités

Si vous vous allongez sur un matelas de mousse, les pieds qui pendent depuis une falaise haute de 200 mètres, sous un ciel sub-antarctique gris et venteux, vous entendrez le piétinement de l'albatros hurleur (Diomedea exulans) alors qu'il se prépare à décoller pour son long voyage. Le vent s'engouffre dans ses ailes d'une envergure de 3 mètres de long et élève l'oiseau gigantesque dans les airs, le propulsant pour un nouveau voyage dans les vastes étendues de l'Océan Austral.

Albatros2

Son incroyable voyage dure plusieurs mois pendant lesquels il fait le tour du globe. Pour nous, l'Océan Austral est un endroit difficile d'accès, dangereux même, mais pour les albatros, les conditions de vent extrêmes sont une aubaine. Leurs corps profilés et leurs longues ailes étroites leur donnent la possibilité d'utiliser le vent comme nul autre oiseau, extrayant l'énergie des vagues pour se maintenir aéroportés. Ce mode de locomotion est si efficace que les oiseaux peuvent voyager pendant des milliers de kilomètres sans battre une seule fois des ailes !

Que se passe-t-il pendant ce long voyage? Comment l’oiseau navigue-t-il autour du globe? Où trouve-t-il sa nourriture?

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Grâce à un petit enregistreur de données parfois relié aux satellites et qui est porté par l'oiseau, ces questions trouvent progressivement leurs réponses. L'appareil fournit des emplacements très précis plusieurs fois par jour. A l'aide de ces données combinées avec celles issues d'autres albatros, de phoques et de manchots, les chercheurs du groupe d'analyse et de synthèse « RAATD » pourront identifier quelles zones de l'immense Océan Austral sont particulièrement importantes pour tous ces animaux et, ainsi, mieux guider la conception de nouvelles stratégies de gestion pour protéger l'oiseau, ses descendants, et son écosystème pour de nombreuses générations à venir.

 

 

Contacts :

Yan Ropert Coudert, Directeur de Recherche au Centre d'Etudes Biologiques de Chizé, CNRS UMR 7372. Station d'Ecologie de Chizé-La Rochelle :

http://cesab.org/index.php/fr/projets-en-cours/projets-2015/187-raatd

Lors de la Journée FRB du 5 octobre - où près de 300 personnes sont venues assister au colloque - le ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, a annoncé qu’il ferait de la protection de la biodiversité une priorité de son action à parité avec la lutte contre le changement climatique. Dans le même temps, le ministre a appelé les chercheurs à guider l’action publique, orienter ses choix et l’appuyer dans la reconquête de biodiversité.

La Fondation pour la recherche sur la biodiversité se félicite d’un tel discours et tient à remercier particulièrement le ministre d’être venu le prononcer à l'occasion des journées FRB. En effet, depuis 2015, en préalable de la COP 21, la FRB porte le slogan: « Biodiversité et climat, même combat ! ». Derrière ce slogan, il y a la conviction que la question du devenir de la biodiversité et des services que l’Homme en retire est cruciale.

La biodiversité est au cœur du fonctionnement des sociétés humaines. Son rôle dans la vie quotidienne des citoyens est encore trop souvent méconnu. Et les conséquences des pertes de biodiversité, mises en évidence par les chercheurs, sont encore mal appréhendées. Or assurer la sécurité alimentaire et sanitaire d’une humanité toujours en croissance démographique ne peut pas se faire sans préservation de la biodiversité.

Se préoccuper du futur de la biodiversité nécessite donc un investissement en matière d’acquisition de connaissance, donc de recherche, et de transfert raisonné de ces connaissances vers les décideurs.  Une ambition et des objectifs qui sont ceux de la FRB.

Biodiversité et transition énergétique 
enquêtes sur des liaisons dangereuses
De la nécessité de concilier défi énergétique et préservation de la biodiversité

Affiche Journees FRB

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L’atténuation du changement climatique repose pour une large part sur la transition énergétique, c'est à dire l'abandon des sources d'énergie fondées sur le carbone fossile au profit des énergies renouvelables. Cet un objectif national et européen majeur suscite des développements technologiques et d'importants investissements. Or les infrastructures développées peuvent avoir des impacts multiples, et surtout non anticipés, sur la biodiversité et en particulier sur le fonctionnement des écosystèmes. Il est donc aujourd'hui indispensable de concilier défi énergétique et préservation de la biodiversité, cette dernière étant essentielle pour assurer le devenir de l'Humanité et garantir son bien-être.

La Journée FRB du 5 octobre vise à illustrer certaines incohérences entre la mise en œuvre de la transition énergétique et la prise en compte des enjeux associés à la biodiversité, puis à montrer les pistes de mobilisation des acteurs, des citoyens et des décideurs politiques et l’apport de la science pour une transition énergétique, écologique et solidaire.

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Date : 5 octobre 2017
Adresse : Maison des océans - 195 rue Saint Jacques 75005 Paris

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L'Académie des sciences vient de publier « Les mécanismes d’adaptation de la biodiversité aux changement climatique ». Cette vaste étude dresse un tableau détaillé de la dégradation par l'homme de la biodiversité et tente de mesurer la résilience des écosystèmes fragilisés face au réchauffement climatique.

Trois membres de l'Académie, Sandra Lavorel, écologue et membre du conseil scientifique de la FRB, Jean-Dominique Lebreton, bio-mathématicien et Yvon Le Maho, écophysiologiste, ont coordonné ce travail de deux ans auquel ont contribué 32 scientifiques français.

Parmi les références du rapport se trouve la prospective Réponses et adaptations aux changements globaux: quels enjeux pour la recherche sur la biodiversité ? de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité publiée en 2015. Cette prospective a notamment rappelé la capacité du vivant à évoluer et donc la responsabilité forte que portent nos sociétés pour maintenir cette capacité (Ronce et al., 2015). A partir des différents exemples donnés, l’ouvrage montre que si les activités humaines ne perturbent pas les mécanismes de renouvellement et d’évolution de la biodiversité, les capacités d’adaptation de celle-ci face aux nouvelles contraintes environnementales seront mieux préservées.

Les publications sur les effets bénéfiques de la biodiversité sur la santé sont de plus en plus nombreuses. Or si leurs résultats sont souvent porteurs de solutions fondées sur la nature, ils peinent à être portés en appui des politiques de santé publiques qui recourent malheureusement encore trop fréquemment à des mesures drastiques d‘éradication des populations d‘animaux sauvages vecteurs de maladies transmissibles à l‘homme ou d‘usage de pesticides toxiques pour la biodiversité.

Accédez à la synthèse de l'article scientifique : Renards et risque de transmission de la maladie de Lyme : un effet en cascade de Hofmeester et al par Hélène Soubelet

Dans le monde, l‘incidence des maladies dites vectorielles (c‘est à dire transmises par un vecteur vivant à l‘homme ou à l‘animal) a augmenté ces dernières décennies. C‘est le cas pour les maladies à tiques dans le nord-ouest de l‘Europe (maladies transmises par Ixodes ricinus) et dans le nord-est des Etats Unis (Ixodes scapularis).

Certaines de ces maladies sont très invalidantes, comme c‘est le cas pour la maladie de Lyme.

C‘est ainsi que les résultats de recherche de l‘équipe de Tim R. Hofmeester de l‘Université de Wageningen menés sur 20 parcelles forestières aux Pays-Bas, démontrent que l‘activité des prédateurs, en régulant les populations de rongeurs porteurs peuvent abaisser le nombre de tiques dans un écosystème et que moins il y a de tiques, moins elles sont elles-mêmes infestées par des pathogènes comme la bactérie responsable de la maladie de Lyme.

La mise en évidence de ce phénomène n‘est pas nouvelle. Dès 2012, Levy et al.1[1] avait démontré que si l‘émergence de la maladie de Lyme en Amérique du Nord était due à l‘augmentation de la population de cerfs, l‘augmentation rapide de l‘incidence de la maladie dans le nord-est et le mid-ouest des USA ces trente dernières années, était due à la diminution du renard roux prédateur spécialiste des rongeurs, hôtes privilégié pour la majorité des tiques. : Cette étude montre le rôle important des prédateurs dans la régulation des populations animales et les possibles effets en cascade induits par un déséquilibre de l‘écosystème. Il manquait néanmoins la confirmation de ces résultats par des données en situation réelle, sur le terrain, ce que s‘est attaché à faire la présente étude.

Néanmoins cette étude est la première à établir, par des analyses de terrain, une corrélation négative entre l'activité des prédateurs, la densité totale des nymphes et la densité des nymphes infectées pour trois agents pathogènes transmissibles par les tiques. Elle confirme donc que des changements dans l'abondance des prédateurs ont des effets en cascade sur la transmission des pathogènes entre différentes espèces hôtes et que la protection des espèces prédatrices telles que le renard roux, la fouine ou le putois est une solution fondée sur la nature pour diminuer la prévalence des maladies transmises par les tiques.

 

Maladie de Lyme

La maladie de Lyme a été décrite pour la première fois en Suède en 1909 sous forme d‘un érythème chronique migrant (une tâche annulaire rougeâtre qui grandit lentement). La première vraie épidémie associant polyarthrite et érythème migrant a été diagnostiquée en 1972 dans la ville de Lyme dans le Connecticut, mais il a fallu attendre 1982 pour qu‘un médecin américain, Willi Burgdorfer isole la bactérie qui sera nommée Borrelia burgdorferi.
Les tiques vivent dans les zones boisées et humides et sont endémiques en France.
Chez l‘homme, la maladie se développe pendant plusieurs années, tout d‘abord sous forme de symptômes cutanés (l‘érythème migrant), puis neurologiques (raideurs de la nuque, céphalées, vomissements), avec éventuellement des douleurs articulaires ou des problèmes cardiaques.
Le nombre de cas avoisine les 27 000 chaque année, ce qui a conduit le ministère de la santé à publier en 2016, le plan national de lutte contre la maladie de Lyme et les maladies transmissibles par les tiques.
http://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/plan_lyme_180117.pdf


[1] Levi T, Kilpatrick MA, Mangel M, Wilmers CC (2012). Deer, predators, and the emergence of Lyme disease. Proceedings National Academy of Sciences USA 109: 10942–10947.