Rss facebook-picto @FRBiodiv linkedin instagram-picto

Actualités

Séminaire CESAB de la FRB

À vos agendas !

Faire progresser l'écologie en intégrant des données à travers le monde
(en anglais)
11 avril 2018 de 13h00 à 17h00
Amphithéâtre INRA, 147 rue de l’Université, 75005 Paris


« En comprenant notre planète, nous avons la possibilité de la sauver.» soulignait récemment le scientifique E.O Wilson. À l’heure où 80% des espèces mondiales n'ont pas encore été nommées et décrites, un long chemin reste encore à parcourir pour comprendre la vie sur Terre. Une telle compréhension dépendra non seulement de nouvelles initiatives de recherche audacieuses, mais aussi de nouvelles façons de recueillir, organiser, intégrer, visualiser et partager des données entre les disciplines, les domaines et les limites géographiques.

À l’occasion de la venue en France de William Michener, grand expert de la gestion de données sur la biodiversité, le CESAB (CEntre de Synthèse et d'Analyse sur la Biodiversité) de la FRB organise un séminaire à l’Inra mercredi 11 avril prochain. Ce séminaire sera l'occasion de réfléchir à la manière de développer les bases de données et les connaissances nécessaires pour comprendre notre planète. Les présentations, suivies d'une table ronde, porteront sur :

  • L’évolution du milieu scientifique et comment les «anciennes» et «nouvelles» données sont essentielles pour améliorer nos connaissances ;
  • L’intégration des données de manière globale et à travers les disciplines scientifiques pour comprendre et soutenir les écosystèmes de notre planète ;
  • La manière dont les approches novatrices des technologies de l'information aident à mieux comprendre la biodiversité ;
  • La transformation de la biodiversité et des mesures écologiques en informations pouvant être exploitées par les scientifiques, les gestionnaires de ressources et les décideurs.

Cet événement est organisé en partenariat avec le PNDB (Pôle national de données de biodiversité).

INFORMATIONS PRATIQUES ET PROGRAMME

Mercredi 11 avril 2018 13h-17h – Amphithéâtre INRA, 147 rue de l’Université, 75005 Paris

Quatre présentations suivies d’une table ronde :

  • Les données en tant que ressources : un paradigm émergent (par William Michener)
  • L’intégration globale de données interdisciplinaires : étude de cas de données écologiques (par Simon Hodson)
  • GBIF – créer une base de données transparente et verifiable pour la biodiversité (par Donald Hobern)
  • Les variables essentielles de la biodiversité, un service de la science pour la science et la politique (par Dirk Schmeller)

Pour en savoir plus sur les intervenants

Inscription gratuite mais obligatoire en remplissant le formulaire disponible ici 

Pour plus d’informations, contacter

En lien avec les discussions au sein de la Convention sur la diversité biologique (CDB), la FRB lance une consultation de la communauté scientifique publique et privée pour recueillir des avis d'experts sur les effets du développement de la biologie de synthèse et des biotechnologies modernes sur la conservation de la biodiversité et l’utilisation durable des ressources.


Cette consultation de type Delphi vise à identifier des priorités et des souhaits pour le développement et le renforcement de programmes de recherche sur ces effets, les difficultés de telles recherches et les besoins précis pour les mettre en oeuvre.

Cette consultation s’adresse en priorité aux chercheurs des secteurs publics et privés, mais elle est ouverte à toute personne ayant une formation scientifique qui voudrait y participer (étudiants, bureaux d’études, ONG, etc).

 

La consultation est ouverte jusqu'au 20 avril 2018 - Vos réponses seront strictement confidentielles.
 

Pour accéder à la consultation, cliquez ici

Une autre enquête sera lancée prochainement par la FRB sur les séquences digitales

 

Plus d'informations sur la méthode Delphi

La consultation d’experts est une méthode très courante pour obtenir des avis et des arguments pour étayer une décision. Néanmoins, le faire sans méthodologie rigoureuse expose à des critiques ou favorise les querelles d’experts.

La méthode Delphi a été développée pour pallier ces risques. Elle permet de consulter individuellement et de façon anonyme un grand nombre d’experts (ou de parties prenantes) sur un sujet précis, tout en garantissant la libre expression de chacun. La méthode Delphi fait appel à l’intelligence collective : chaque expert prend connaissance des avis des autres et par ce processus peut revoir ses arguments et ses positions, mais chaque avis reste anonyme et les experts n’interagissent jamais directement. Ainsi se bâtit soit un consensus, soit l’évidence d’une diversité d’avis dont le décideur pourra tenir compte.

Delphi couv web

La médecine est-elle le propre de l’Homme ? Si l’image d’un chimpanzé en blouse blanche semblerait tout droit sortie de la Planète des singes, il n’en reste pas moins que les grands singes ont sans doute de quoi nous instruire en matière de médication.

chimpanzes pixabay


Sabrina Krief, primatologue au Museum national d'Histoire naturelle et vétérinaire française de renommée internationale, étudie depuis près de 20 ans les comportements alimentaires des grands singes.

Au cœur des forêts congolaises et ougandaises, les chimpanzés malades se livrent à un véritable travail de pharmacien ; ils sélectionnent avec minutie des plantes qu’ils utilisent, selon le contexte, pour nettoyer leurs plaies, réguler leur digestion ou encore soulager leurs maux. Un individu infesté par des parasites s’éloigne de façon inhabituelle de son groupe pour mastiquer de l’écorce d’Albizia, un arbre qui ne fait pourtant pas partie de son régime alimentaire habituel. Peu de temps après, il est guéri et ses selles ne présentent plus de trace du parasite.

Les chimpanzés ne se contenteraient pas de se soigner ; ils pourraient également prévenir les maladies. Il leur arrive ainsi de mastiquer les feuilles très amères de Trichilia rubescens, celles-ci n’ayant pourtant aucune valeur nutritive. Ces feuilles contiennent des molécules qui peuvent les protéger du paludisme. Comme les plantes médicinales peuvent s’avérer toxiques lorsqu’elles sont consommées en grande quantité, il faut donc que les chimpanzés dosent la quantité ingérée en fonction de leurs besoins, de leur condition physique et des propriétés de la plante. Dans plus d’un tiers des cas, les plantes qu’ils sélectionnent sont similaires à celles utilisées par les Hommes en médecine traditionnelle dans des contextes semblables.

Ces quelques exemples témoignent de la capacité des chimpanzés à choisir des plantes ou parties de plantes qui contribuent au maintien ou à l’amélioration de leur santé, et à éviter celles qui pourraient dégraempirer leur état. Ces conclusions ont pu être formulées grâce à la mobilisation de plusieurs expertises. Les analyses vétérinaires des fèces couplées à des observations comportementales fournissent ainsi des indications précieuses sur l’état de santé des animaux. En mettant ces données en relation avec celles issues de la récolte et l’analyse botanique, biologique et chimique des plantes sélectionnées par les primates, l’équipe de recherche de Sabrina Krief a mis en évidence la capacité d’automédication chez les grands singes.

La consommation de plantes médicinales se vérifie même dans le cas de chimpanzés orphelins élevés par l’Homme et relâchés en milieu naturel, ce qui amène à s’interroger sur l’origine de cette capacité. L’apprentissage se fait-il par transmission de savoir entre générations ou individus d’un même groupe ? Résulte-t-il d’un phénomène de mimétisme ou d’un apprentissage individuel par essai-erreur ? Quelle est la part innée de cette capacité ? Pour tenter de répondre à ces questions, Sabrina Krief et son équipe ont mené des études comparatives chez plusieurs espèces de grands singes africains, en milieu naturel comme en captivité. Celles-ci confirment l'existence d'essai-erreur individuel mais également l'importance de la transmission sociale dans le choix des substances à activités biologiques chez les chimpanzés.

Cette faculté des chimpanzés à adapter leur alimentation en fonction de leur état de santé est une belle découverte en matière de comportement animal ; elle s’avère également être une source d’espoir en termes de santé humaine. A ce jour, les Hommes n’ont en effet exploré qu’environ 10% des plantes à la fois pour leurs propriétés chimiques et biologiques. L’observation des choix médicinaux des chimpanzés permet de découvrir plus rapidement des plantes aux principes actifs intéressants, qui pourraient servir à la création de nouveaux remèdes. Encore faut-il que ces mêmes hommes ne détruisent pas les forêts tropicales, trésors de biodiversité et habitat des chimpanzés, aujourd'hui menacés de disparition dans un futur proche !

 

Contacts :

Sabrina Krief (Muséum national d'Histoire naturelle, UMR Eco-anthropologie et ethnobiologie)

Directrice du Sebitoli Chimpanzee Project : http://www.sabrina-jm-krief.com/

Une étude récente publiée dans la revue scientifique Plos One a révélé que 75% de la biomasse des insectes volants a disparu en moins de 30 ans en Allemagne. L’intensification agricole et en particulier l’usage des pesticides est la cause probable de ce déclin vertigineux, loin devant d’autres facteurs de pression tels que le changement climatique, l’augmentation de la population humaine ou encore le changement d’usage des terres. Face à ce constat, est-il possible de réduire voire de se passer des pesticides sans impacter pour autant les rendements de la filière agricole ? La Fondation pour la recherche sur la biodiversité s’est penchée sur ces questions au travers de la Note : Sortir de la dépendance aux pesticides.



Les conséquences de l’usage de pesticides sur la biodiversité se répercutent à tous les niveaux de la chaîne trophique
L’action des pesticides ne se limite pas uniquement aux espèces cibles ; elle est à l’origine d’un grand nombre d’effets en cascade non maitrisés, qui se répercutent tout au long des chaînes trophiques. Les pollinisateurs sauvages sont ainsi directement affectés par la présence d’insecticides, mais les recherches démontrent qu’il en est de même pour les oiseaux qui consomment ces insectes ou des graines contaminées ou encore des mammifères en contact répétés avec des pesticides présents dans l’environnement. L’ensemble de l’écosystème est donc affecté, avec des conséquences dramatiques sur la biodiversité et les ressources alimentaires.

 

Les risques liés à l’usage des pesticides sont actuellement sous-estimés
Les méthodes d’évaluations des risques liés aux pesticides se focalisent généralement sur une espèce d’intérêt plutôt que sur l’écosystème dans sa globalité. Elles ne prennent pas en compte leurs effets indirects et synergiques, pourtant prépondérants, ni les effets longs termes ou des faibles doses. L’usage massif de pesticides a aussi un effet boule de neige : il entraîne le développement de résistances chez les espèces cibles. Un usage de plus en plus important de produits est donc requis pour maintenir un même niveau d’efficacité, entraînant par la même occasion un coût croissant pour l’agriculteur.

 

Des solutions existent pour limiter voire éviter l’usage des pesticides
Une réduction d’usage des produits phytosanitaires ne compromet pourtant pas la viabilité des exploitations : des études ont ainsi montré qu’une diminution de 30% des pesticides pourrait même conduire à une rentabilité équivalente ou meilleure.
Il est donc possible et urgent de sortir de la dépendance aux pesticides et de l’inertie politique sur ce thème.
La Fondation pour la recherche sur la biodiversité préconise plusieurs solutions parmi lesquelles :
  • Un soutien accru à la recherche afin de mieux comprendre et évaluer les effets additifs et conjoints des pesticides, leur éco-dynamique au cours du temps et des risques liés à leur mésusage,
  • une meilleure application du principe pollueur payeur afin que tous les impacts des pesticides soient compensés par la restauration des écosystèmes et pas uniquement ceux qui concernent la qualité de l’eau (pollution de sols, impacts sur les biodiversité etc...),
  • un découplage des activités de distribution et de conseil des produits phytosanitaires,
  • une accélération de la mise à disposition de méthodes et produits alternatifs (notamment non-chimiques) aux pesticides,
  • Le développement d’un fonds de compensation en vue d’une approche assurantielle des risques

L’intégralité de la note détaillant les effets des pesticides et les solutions alternatives à leur usage est disponible ici.

 

Capture decran 2018-01-10 a 15.05.46

Accédez à la note

ressourcesmarines

La Commission européenne, agissant dans le cadre du processus d’avis scientifique, a saisi son groupe de conseillers scientifiques de haut niveau sur la question « comment accroître l’extraction de nourriture et de biomasse d’origine marine sans compromettre les bénéfices des générations futures ? ». Le groupe a entrepris ses travaux au début de l’année 2017. Son rapport a été publié le 30 novembre 2017.

La présente note comprend deux parties : la première fournit des informations sur l’état et les tendances de la production d’aliments animaux d’origine aquatique, et rappelle quels sont les principaux impacts de la pêche et de l’aquaculture sur la biodiversité marine ; la seconde commente les recommandations du groupe d’experts, spécialement au plan des incidences potentielles sur la biodiversité.

Lire la note de Philippe Gros, membre du Conseil scientifique de la FRB