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Actualités

A l’heure ou de nombreux pays se mettent en ordre de marche pour opérer leur transition énergétique, une étude parue dans Renewable and sustainable Energy Reviews recense les impacts des énergies renouvelables sur la biodiversité.

Accédez à la synthèse de l'article scientifique Energie renouvelable et biodiversité : les implications pour parvenir à une économie verte par Jean-François Silvain, président de la FRB et directeur de recherche à l'IRD


article

En raison de leur rôle crucial dans la lutte contre le changement climatique, les filières de production d’énergie à partir de sources dites « renouvelables » sont souvent implicitement considérées comme favorables à l'environnement alors qu’elles ont toute des impacts, plus ou moins importants sur la biodiversité et les écosystèmes, ainsi que le démontre cette revue de la littérature qui a analysé plus de 500 références scientifiques.

Les impacts sont variés, mais ils seront d’autant plus importants que ces solutions énergétiques seront déployées à grande échelle pour permettre une transition rapide vers une économie verte. Si ces pressions varient considérablement entre les différentes filières et les contextes environnementaux dans lesquels elles opèrent, l’impact majeur, commun à toutes les filières, est la perte ou la modification des habitats. Mais d’autres effets négatifs existent comme les traumatismes parfois mortels, la pollution, l’émission de gaz à effet de serre, la compétition pour les usages de l’eau ou encore l’induction de comportement d’évitement, les invasions biologiques ou la modification des micro-climats locaux qui perturbent les écosystèmes. Le résumé des effets négatifs et positifs par filière listés dans la revue est présenté ci-après :

Energie solaire

Effets négatifs sur la biodiversité

  • Perte ou fragmentation des habitats : c’est l’effet sur la biodiversité le mieux documenté
  • Collision des oiseaux avec les installations
  • Brûlures occasionnées aux oiseaux exposés aux flux solaires intenses. Ceci pourrait occasionner la mort de milliers d’oiseaux
  • Pollution des masses d'eau à partir de produits chimiques toxiques utilisés pour le traitement des panneaux solaires et des sols (herbicides)
  • Utilisation croissante de l'eau (en particulier dans les déserts)
  • Attraction et désorientation des insectes et des oiseaux causés par une lumière intense ou polarisée
  • Piège écologique en raison de mécanismes attracteurs cumulatifs
  • Perturbation du micro-climat local

Effets positifs possibles pour la biodiversité

  • Fourniture de zones de couverture ou d’habitat et d'alimentation (par exemple, pâturages) pour certains animaux

Energie éolienne terrestre

Effets négatifs sur la biodiversité

  • Collision d'oiseaux et de chauves-souris avec des éoliennes.Comme pour les oiseaux les risques ne concernent pas seulement les espèces locales, mais aussi les espèces migratrices.
  • Traumatismes internes (barotrauma) chez les chauves-souris associés à des réductions soudaines de pression de l’air à proximité des pales.
  • Perturbation des voies migratoires pour certaines espèces d'oiseaux et de chauves-souris : c’est une des incidences les mieux documentées et le plus étudiées

Effets positifs possibles pour la biodiversité

  • Constitution de territoires favorables pour certaines espèces terrestres en raison de la réduction du trafic, de la disponibilité en ressources alimentaires et de la réduction de prédateurs

Energie hydraulique

Effets négatifs sur la biodiversité

  • Disparition d’écosystèmes (lors de la mise en eau des barrages) y compris les réserves naturelles, fragmentation des habitats
  • Perturbation des flux hydriques en amont et en aval des installations hydroélectrique
  • Perturbation des voies migratoires de certaines espèces de poissons
  • Détérioration de la qualité de l'eau en raison des changements dans la charge en sédiments, la turbidité et l'eutrophisation
  • Émissions de GES par les réservoirs qui contribuent au changement climatique anthropique

Effets positifs possibles pour la biodiversité

  • Création de nouveaux habitats ou de nouveaux écosystèmes

Bioénergie

Effets négatifs sur la biodiversité

  • Perte, fragmentation, simplification et homogénéisation des habitats en raison de la mise en place de monocultures intensives et pertes de biodiversité associées
  • Pollution du sol et de l'eau associée à l'utilisation d'engrais et pesticides qui provoque toxicité et eutrophisation,
  • Emissions de polluants dans l'air ambiant qui contribuent à l'acidification et à la formation d'ozone troposphérique, émission de GES pendant tout le cycle de vie de la production de bioénergie qui contribue au changement climatique anthropique
  • Modification des micro-climats locaux en raison des changements dans l'albédo et l'évapotranspiration
  • Concurrence avec la végétation indigène de certaines espèces utilisées comme matières premières (par exemple, Eucalyptus, Miscanthus)

Effets positifs possibles pour la biodiversité

  • Fourniture d’habitat, alimentation et autres services écosystémiques de soutien par certaines surfaces recouvertes de plantes énergétiques (par exemple : Miscanthus, Panicum virgatum –switchgrass-)

Energie des mers

Effets négatifs sur la biodiversité

  • Perturbations des milieux liées à la construction des installations d'énergie océanique, (par exemple pollution sonore qui affecte certaines espèces aquatiques, en particulier les mammifères marins)
  • Perte ou changement d'habitats associés à la mise en place des fondations des installations ancrés dans le fond marin, la mise en eau permanente des portions des estuaires situés en amont des structures marémotrices, la modification des processus hydrodynamiques et de sédimentation
  • Augmentation de la turbidité dans la colonne d'eau due aux perturbations des fonds marins, changements dans la salinité, afflux d'eau plus oxygénée dans les structures marémotrices
  • Pollution électromagnétique associée aux câbles sous-marins et chimique provenant de lubrifiants et peintures toxiques
  • Changement de composition des communautés de poissons benthiques en raison de pertes d'habitats
  • Perturbation des déplacements et de l’alimentation des espèces locales et migratrices
  • Mortalités d'espèces dans les structures marémotrices, collision des oiseaux avec les éoliennes marines et des espèces aquatiques avec des dispositifs utilisant l’énergie des vagues
  • Mortalité des poissons tropicaux en raison des chocs thermiques générés par certaines installations

Effets positifs possibles pour la biodiversité

  • Protection de la biodiversité par la création de zones interdites d’accès aux activités de pêche et de transport (par exemple les champs d’éoliennes marines)
  • Abris pour certaines espèces notamment autour des parcs éoliens marins et les infrastructures basées sur l’exploitation des vagues et des marées

Energie géothermique

Effets négatifs sur la biodiversité

  • Perte d'habitat pendant la conversion des zones naturelles en installations géothermiques
  • Changement d'habitat au cours du déboisement du site, de la construction de routes, du forage des puits et des sondages sismiques qui affecte les processus de reproduction, de recherche de nourriture et de migration de certaines espèces
  • Émissions de polluants toxiques tels que le H2S, l'arsenic et l'acide borique qui peuvent défolier les plantes ou être incorporés par les organismes
  • Pollution par le bruit et la chaleur des installations géothermiques

La revue propose aussi pour chaque filière des mesures d’atténuation permettant d’éviter, minimiser, restaurer ou compenser les impacts, la plus emblématique d’entre elle étant la localisation des installations dans les zones à faible biodiversité, mais le choix de technologies moins impactantes, la planification en amont incluant des procédures de préservation de la biodiversité ou la mise en place systématique d’éléments favorables à la biodiversité au sein ou autour des infrastructures est aussi recommandé. Les auteurs préconisent également de profiter des emprises territoriales, parfois importantes, de ces infrastructures pour créer et maintenir des réserves naturelles dans lesquelles les activités humaines sont réduites.

Un important travail reste à conduire pour renforcer l’acquisition de connaissances sur les impacts réels de ces filières sur les différents compartiments de la biodiversité (des espèces aux écosystèmes) et développer des outils d’évaluation pertinents et efficients.

En effet, la transition énergétique ne pourra se passer de l’exploitation des ressources énergétiques renouvelables. Il est donc essentiel que son développement et les politiques publiques associées prenne en compte la biodiversité. Ceci est d’autant plus crucial que le développement à grande échelle de la transition vers une économie verte démultipliera, parfois de façon exponentielle les effets directs et indirects de ces filières sur l’environnement en général et la biodiversité en particulier.

 

La journée annuelle de la FRB, qui avait pour thème « Biodiversité et transition énergétique, enquêtes sur des liaisons dangereuses », a connu cette année un très grand succès. Tout d’abord par le nombre de participants, qui a largement dépassé les 300 personnes, et ensuite par la mobilisation des chercheurs, acteurs et partenaires de la Fondation pour réfléchir à cette question intéressante et novatrice.

Accédez au Compte rendu de la Journée

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Iddri, LIFTI, Orée, EDF, Engie, Suez, Total, IUCN, Enedis, RTE, GRT gaz, CCI France, Séché environnement, LPO, EPE, Icare & consult, AFB, ce ne sont en effet pas moins de 16 structures, en majorité membres du Conseil d’orientation stratégique de la FRB, qui sont venues apporter leur témoignage sur les actions ou les réflexions déjà engagées dans leurs entreprises, aux côtés des instituts de recherche comme l’IRD, le Cirad, l’Inra, le MNHN ou encore l’IIASA.

Enfin, en complément du soutien à la recherche sur la biodiversité, réaffirmé par Elisabeth Vergès, représentant la ministre de la recherche, le ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, est venu y faire des annonces majeures. Il a notamment annoncé qu’il ferait de la protection de la biodiversité une priorité de son action à parité avec la lutte contre le changement climatique.

Dans le même temps, le ministre a appelé les chercheurs à guider l’action publique, orienter ses choix et l’appuyer dans la reconquête de biodiversité. Cette mobilisation et les engagements politiques qui en découlent constitue une parfaite illustration du rôle d’interface innovante entre la science et l’action que joue la FRB.

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Toutes les félicitations de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité à Sandrine Bélier, directrice d'Humanité et Biodiversité, qui a reçu hier des mains de Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique et solidaire, les insignes de chevalier dans l'Ordre national du Mérite au cours d'une chaleureuse et émouvante cérémonie placée sous le signe de l'engagement pour la défense de la biodiversité.
La FRB se réjouit de cette reconnaissance nationale d'une action exemplaire au service de la biodiversité ; c'est un encouragement pour toutes celles et ceux qui dans les laboratoires, les associations, les aires protégées ou les entreprises oeuvrent à relever les défis de la biodiversité.

 

La FRB salue la création de l’Institut de la transition environnementale (SU-ITE) qui apporte à l'UPMC, à Sorbonne Universités et ses autres membres et au MNHN un positionnement original en matière d'enseignement et de recherche sur l'environnement.

L’Institut de la transition environnementale ambitionne de devenir une plateforme d’interactions entre science et société pour contribuer à la transition environnementale dans la durée. Cette ambition s’appuie sur une double originalité : capacité à mettre en oeuvre des approches interdisciplinaires et intersectorielles et centrage sur les problématiques du changement. La palette des compétences réunies à Sorbonne Universités permet d’aborder les différentes facettes de la transition, au-delà de la juxtaposition des regards. Il s’agit de les confronter, les enrichir, les articuler, et de proposer des scénarios robustes et un dialogue avec les acteurs. L’institut rassemble 54 laboratoires et environ 2 000 chercheurs, enseignants-chercheurs, doctorants, techniciens, ingénieurs.

La FRB salue l’arrivée de ce nouvel acteur et souhaite pouvoir prochainement développer de riches et fructueuses collaborations avec lui.

Si vous vous allongez sur un matelas de mousse, les pieds qui pendent depuis une falaise haute de 200 mètres, sous un ciel sub-antarctique gris et venteux, vous entendrez le piétinement de l'albatros hurleur (Diomedea exulans) alors qu'il se prépare à décoller pour son long voyage. Le vent s'engouffre dans ses ailes d'une envergure de 3 mètres de long et élève l'oiseau gigantesque dans les airs, le propulsant pour un nouveau voyage dans les vastes étendues de l'Océan Austral.

Albatros2

Son incroyable voyage dure plusieurs mois pendant lesquels il fait le tour du globe. Pour nous, l'Océan Austral est un endroit difficile d'accès, dangereux même, mais pour les albatros, les conditions de vent extrêmes sont une aubaine. Leurs corps profilés et leurs longues ailes étroites leur donnent la possibilité d'utiliser le vent comme nul autre oiseau, extrayant l'énergie des vagues pour se maintenir aéroportés. Ce mode de locomotion est si efficace que les oiseaux peuvent voyager pendant des milliers de kilomètres sans battre une seule fois des ailes !

Que se passe-t-il pendant ce long voyage? Comment l’oiseau navigue-t-il autour du globe? Où trouve-t-il sa nourriture?

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Grâce à un petit enregistreur de données parfois relié aux satellites et qui est porté par l'oiseau, ces questions trouvent progressivement leurs réponses. L'appareil fournit des emplacements très précis plusieurs fois par jour. A l'aide de ces données combinées avec celles issues d'autres albatros, de phoques et de manchots, les chercheurs du groupe d'analyse et de synthèse « RAATD » pourront identifier quelles zones de l'immense Océan Austral sont particulièrement importantes pour tous ces animaux et, ainsi, mieux guider la conception de nouvelles stratégies de gestion pour protéger l'oiseau, ses descendants, et son écosystème pour de nombreuses générations à venir.

 

 

Contacts :

Yan Ropert Coudert, Directeur de Recherche au Centre d'Etudes Biologiques de Chizé, CNRS UMR 7372. Station d'Ecologie de Chizé-La Rochelle :

http://cesab.org/index.php/fr/projets-en-cours/projets-2015/187-raatd