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Actualités

A l’occasion de la sortie des cinq rapports d’évaluation des connaissances de l’IPBES, la Fondation pour la recherche sur la biodiversité souhaite attirer l’attention sur une étude canadienne, sortie en janvier 2018, alertant sur le fossé existant entre la couverture médiatique faite autour du changement climatique et celle faite autour de la biodiversité ; cette dernière étant huit fois moins présente dans les médias étudiés. L’article donne des éléments de compréhension de cette situation et ouvre sur des pistes de réflexion pour combler ce déficit.

 
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L’équipe a examiné attentivement la littérature scientifique, le financement de la recherche et les articles de presse des États-Unis, du Canada et du Royaume-Uni sur les changements climatiques et la biodiversité entre 1991 et 2016. Elle a consta­té que la couverture médiatique du changement climatique est jusqu’à huit fois plus élevée que celle consacrée à la biodiversité. Un écart que les différences entre les publications scientifiques sur l’un ou l’autre thème ne peuvent expliquer. Les chercheurs ont noté que la couverture médiatique sur le changement climatique est souvent liée à des événements spécifiques, du type plénière du Giec ou évé­nement climatique exceptionnel, lien que l’on ne retrouve pas pour la couverture médiatique sur la biodiversité.
 
Les auteurs ont quantifié avec précision leurs observations et en ont dégagé des pistes d’action pour que les chercheurs et leurs services en charge de la communi­cation puissent mieux communiquer les points saillants de leurs travaux au grand public et aux politiques.

 
 

La plénière de l’IPBES se tient à Medellin du 17 au 24 mars prochain. Les états membres seront amenés à adopter cinq résumés pour décideurs issus des cinq rapports d’évaluation des connaissances sur l’état de la biodiversité et les mesures permettant sa protection. La FRB fait partie de la délégation française présente en Colombie.

Les rapports de l'IPBES, ce sont :
 
4 rapports régionaux pour évaluer la biodiversité et les contributions apportées par la nature aux populations dans les quatre régions du monde : les Amériques, l'Asie et le Pacifique, l'Afrique, ainsi que l'Europe et l'Asie centrale, c'est-à-dire le monde entier à l'exception de l'Antarctique et des zones de haute mer.
 
▪ Un cinquième rapport d'évaluation qui se concentre sur la dégradation et la restauration des terres aux niveaux régional et mondial
 
550 éminents experts internationaux issus de plus de 100 pays mobilisés
 
▪ L'analyse quasi exhaustive par les meilleurs experts de toutes les données disponibles sur la biodiversité, son état, son devenir, les pressions qu'elle subit et les solutions pour la préserver et en faire un usage durable
 
▪ Une étape majeure de la communauté scientifique pour préparer l'après Aïchi, c'est-à-dire les objectifs mondiaux pour la biodiversité post 2020
 
Le contenu des rapports sera révélé en Colombie à Medellin à partir du 23 mars.

Chaque jour et à partir du 17 mars, retrouvez nos brèves sur la plénière diffusées sur le site de la FRB et sur les réseaux sociaux.

Séminaire CESAB de la FRB

À vos agendas !

Faire progresser l'écologie en intégrant des données à travers le monde
(en anglais)
11 avril 2018 de 13h00 à 17h00
Amphithéâtre INRA, 147 rue de l’Université, 75005 Paris


« En comprenant notre planète, nous avons la possibilité de la sauver.» soulignait récemment le scientifique E.O Wilson. À l’heure où 80% des espèces mondiales n'ont pas encore été nommées et décrites, un long chemin reste encore à parcourir pour comprendre la vie sur Terre. Une telle compréhension dépendra non seulement de nouvelles initiatives de recherche audacieuses, mais aussi de nouvelles façons de recueillir, organiser, intégrer, visualiser et partager des données entre les disciplines, les domaines et les limites géographiques.

À l’occasion de la venue en France de William Michener, grand expert de la gestion de données sur la biodiversité, le CESAB (CEntre de Synthèse et d'Analyse sur la Biodiversité) de la FRB organise un séminaire à l’Inra mercredi 11 avril prochain. Ce séminaire sera l'occasion de réfléchir à la manière de développer les bases de données et les connaissances nécessaires pour comprendre notre planète. Les présentations, suivies d'une table ronde, porteront sur :

  • L’évolution du milieu scientifique et comment les «anciennes» et «nouvelles» données sont essentielles pour améliorer nos connaissances ;
  • L’intégration des données de manière globale et à travers les disciplines scientifiques pour comprendre et soutenir les écosystèmes de notre planète ;
  • La manière dont les approches novatrices des technologies de l'information aident à mieux comprendre la biodiversité ;
  • La transformation de la biodiversité et des mesures écologiques en informations pouvant être exploitées par les scientifiques, les gestionnaires de ressources et les décideurs.

Cet événement est organisé en partenariat avec le PNDB (Pôle national de données de biodiversité).

INFORMATIONS PRATIQUES ET PROGRAMME

Mercredi 11 avril 2018 13h-17h – Amphithéâtre INRA, 147 rue de l’Université, 75005 Paris

Quatre présentations suivies d’une table ronde :

  • Les données en tant que ressources : un paradigm émergent (par William Michener)
  • L’intégration globale de données interdisciplinaires : étude de cas de données écologiques (par Simon Hodson)
  • GBIF – créer une base de données transparente et verifiable pour la biodiversité (par Donald Hobern)
  • Les variables essentielles de la biodiversité, un service de la science pour la science et la politique (par Dirk Schmeller)

Pour en savoir plus sur les intervenants

Inscription gratuite mais obligatoire en remplissant le formulaire disponible ici 

Pour plus d’informations, contacter

En lien avec les discussions au sein de la Convention sur la diversité biologique (CDB), la FRB lance une consultation de la communauté scientifique publique et privée pour recueillir des avis d'experts sur les effets du développement de la biologie de synthèse et des biotechnologies modernes sur la conservation de la biodiversité et l’utilisation durable des ressources.


Cette consultation de type Delphi vise à identifier des priorités et des souhaits pour le développement et le renforcement de programmes de recherche sur ces effets, les difficultés de telles recherches et les besoins précis pour les mettre en oeuvre.

Cette consultation s’adresse en priorité aux chercheurs des secteurs publics et privés, mais elle est ouverte à toute personne ayant une formation scientifique qui voudrait y participer (étudiants, bureaux d’études, ONG, etc).

 

La consultation est ouverte jusqu'au 20 avril 2018 - Vos réponses seront strictement confidentielles.
 

Pour accéder à la consultation, cliquez ici

Une autre enquête sera lancée prochainement par la FRB sur les séquences digitales

 

Plus d'informations sur la méthode Delphi

La consultation d’experts est une méthode très courante pour obtenir des avis et des arguments pour étayer une décision. Néanmoins, le faire sans méthodologie rigoureuse expose à des critiques ou favorise les querelles d’experts.

La méthode Delphi a été développée pour pallier ces risques. Elle permet de consulter individuellement et de façon anonyme un grand nombre d’experts (ou de parties prenantes) sur un sujet précis, tout en garantissant la libre expression de chacun. La méthode Delphi fait appel à l’intelligence collective : chaque expert prend connaissance des avis des autres et par ce processus peut revoir ses arguments et ses positions, mais chaque avis reste anonyme et les experts n’interagissent jamais directement. Ainsi se bâtit soit un consensus, soit l’évidence d’une diversité d’avis dont le décideur pourra tenir compte.

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La médecine est-elle le propre de l’Homme ? Si l’image d’un chimpanzé en blouse blanche semblerait tout droit sortie de la Planète des singes, il n’en reste pas moins que les grands singes ont sans doute de quoi nous instruire en matière de médication.

chimpanzes pixabay


Sabrina Krief, primatologue au Museum national d'Histoire naturelle et vétérinaire française de renommée internationale, étudie depuis près de 20 ans les comportements alimentaires des grands singes.

Au cœur des forêts congolaises et ougandaises, les chimpanzés malades se livrent à un véritable travail de pharmacien ; ils sélectionnent avec minutie des plantes qu’ils utilisent, selon le contexte, pour nettoyer leurs plaies, réguler leur digestion ou encore soulager leurs maux. Un individu infesté par des parasites s’éloigne de façon inhabituelle de son groupe pour mastiquer de l’écorce d’Albizia, un arbre qui ne fait pourtant pas partie de son régime alimentaire habituel. Peu de temps après, il est guéri et ses selles ne présentent plus de trace du parasite.

Les chimpanzés ne se contenteraient pas de se soigner ; ils pourraient également prévenir les maladies. Il leur arrive ainsi de mastiquer les feuilles très amères de Trichilia rubescens, celles-ci n’ayant pourtant aucune valeur nutritive. Ces feuilles contiennent des molécules qui peuvent les protéger du paludisme. Comme les plantes médicinales peuvent s’avérer toxiques lorsqu’elles sont consommées en grande quantité, il faut donc que les chimpanzés dosent la quantité ingérée en fonction de leurs besoins, de leur condition physique et des propriétés de la plante. Dans plus d’un tiers des cas, les plantes qu’ils sélectionnent sont similaires à celles utilisées par les Hommes en médecine traditionnelle dans des contextes semblables.

Ces quelques exemples témoignent de la capacité des chimpanzés à choisir des plantes ou parties de plantes qui contribuent au maintien ou à l’amélioration de leur santé, et à éviter celles qui pourraient dégraempirer leur état. Ces conclusions ont pu être formulées grâce à la mobilisation de plusieurs expertises. Les analyses vétérinaires des fèces couplées à des observations comportementales fournissent ainsi des indications précieuses sur l’état de santé des animaux. En mettant ces données en relation avec celles issues de la récolte et l’analyse botanique, biologique et chimique des plantes sélectionnées par les primates, l’équipe de recherche de Sabrina Krief a mis en évidence la capacité d’automédication chez les grands singes.

La consommation de plantes médicinales se vérifie même dans le cas de chimpanzés orphelins élevés par l’Homme et relâchés en milieu naturel, ce qui amène à s’interroger sur l’origine de cette capacité. L’apprentissage se fait-il par transmission de savoir entre générations ou individus d’un même groupe ? Résulte-t-il d’un phénomène de mimétisme ou d’un apprentissage individuel par essai-erreur ? Quelle est la part innée de cette capacité ? Pour tenter de répondre à ces questions, Sabrina Krief et son équipe ont mené des études comparatives chez plusieurs espèces de grands singes africains, en milieu naturel comme en captivité. Celles-ci confirment l'existence d'essai-erreur individuel mais également l'importance de la transmission sociale dans le choix des substances à activités biologiques chez les chimpanzés.

Cette faculté des chimpanzés à adapter leur alimentation en fonction de leur état de santé est une belle découverte en matière de comportement animal ; elle s’avère également être une source d’espoir en termes de santé humaine. A ce jour, les Hommes n’ont en effet exploré qu’environ 10% des plantes à la fois pour leurs propriétés chimiques et biologiques. L’observation des choix médicinaux des chimpanzés permet de découvrir plus rapidement des plantes aux principes actifs intéressants, qui pourraient servir à la création de nouveaux remèdes. Encore faut-il que ces mêmes hommes ne détruisent pas les forêts tropicales, trésors de biodiversité et habitat des chimpanzés, aujourd'hui menacés de disparition dans un futur proche !

 

Contacts :

Sabrina Krief (Muséum national d'Histoire naturelle, UMR Eco-anthropologie et ethnobiologie)

Directrice du Sebitoli Chimpanzee Project : http://www.sabrina-jm-krief.com/