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Actualités

L’étude sur l’accélération de la sixième extinction des vertébrés continentaux de G. Ceballos et al. résumée par Philippe Gros chercheur à l’Ifremer et membre du conseil scientifique de la FRB

Consultez le résumé

L’étude alarmante, publiée le 10 juillet dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) et qui conclue à l’accélération de la sixième extinction des vertébrés continentaux, a largement été relayée dans les médias.

Dans un résumé court et précis, Philippe Gros, directeur scientifique à l’Ifremer et membre du conseil scientifique de la FRB, revient sur les points scientifiques majeurs de l’article et le compare à celui de David Tilman et al. sur la Prédiction des menaces futures sur la biodiversité et pistes pour les réduire dont la synthèse a été réalisée par Jean-François Silvain, directeur de recherche à l'IRD et président de la FRB.

 

Je vis dans les sous-bois et suis composé d'une seule cellule de 10 mètres carré, je ne suis ni un animal, ni une plante, ni un champignon, ni une bactérie, je résiste au feu, mais je crains la lumière ou la congélation, je cicatrise en deux minutes, j'ai 720 types sexuels et plus de 1000 espèces, je suis dépourvu de système nerveux, mais je sais résoudre des problèmes : qui suis-je ?

Il s'agit d'un amibozoaire du genre Physarum surnommé le blob.
Cet organisme primitif de un milliard d'années présente des caractéristiques extraordinaires y compris en terme d'apprentissage et de mémorisation qui lui permettent de résoudre des problèmes d'accès à la nourriture de façon extrêmement rapide et efficace.

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 (c) Audrey Dussutour

Cet organisme est étudié depuis plusieurs années par Audrey Dussutour, chercheuse au CNRS (Université Toulouse III - Paul Sabatier) qui cherche à évaluer ses capacités "d'habituation", une forme d'apprentissage rudimentaire qui semble être très développée chez les blobs.
Un ouvrage grand public est sorti fin avril 2017 aux éditions Equateur-science et présente sur un mode vulgarisé les dernières avancées scientifiques incroyables sur la biologie et les capacités d'adaptation de cet organisme très particulier.
A se procurer ici ou

Références :
Habituation in non-neural organisms: Evidence from slime moulds, Romain P. Boisseau, David Vogel & Audrey Dussutour. Proceedings of the Royal Society B, 27 avril 2016. DOI : 10.1098/rspb.2016.0446


Contacts chercheurs : /

Une étude à grande échelle, publiée dans la revue Nature, évalue les menaces futures sur la biodiversité et les pistes pour les réduire

Accédez à la transcription des éléments essentiels de l’article de David Tilman par Jean-François Silvain directeur de recherche à l’IRD et président de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité.

Les changements environnementaux associés aux activités humaines impactent la biodiversité terrestre. Aujourd’hui, 80% des espèces de mammifères et d’oiseaux  sont menacées par les pertes d’habitats associées à l’agriculture.  En "Asie"(1), en Afrique subsaharienne et en Amérique du Sud tropicale, ces espèces présentent des risques d’extinctions majeurs qui, sans important changement de pratiques, atteindront des niveaux sans précédent au cours des prochaines décennies. Ces menaces  - mais aussi les pistes pour les réduire - ont été examinées par l’équipe de David Tilman dans l’article Prédiction des menaces futures sur la biodiversité et pistes pour les réduire paru dans la revue Nature au mois de juin. D’après les auteurs, la combinaison des solutions présentées pourrait annuler entre la moitié et les deux-tiers des risques  prévus en 2060 pour ces animaux.

Deux facteurs principaux sont corrélés avec un risque d’extinction des mammifères et les oiseaux : l’accroissement des surfaces cultivées et le revenu par habitant. Ces facteurs sont étroitement liés à la croissance démographique à l’origine de l’augmentation de la demande en protéines animales et par voie de conséquence de la demande en terres agricoles, de la destruction des habitats et de leur fragmentation. La région « Asie », dont le PIB a été multiplié par 7 ces 30 dernières années, voit ainsi le risque d’extinction de ses grands mammifères porté à 62% au cours des 5 prochaines décennies.

Par ailleurs, entre 2010 et 2060, la population humaine devrait croître de 3,2 milliards d’habitants, dont 1,7 milliards en Afrique sub-saharienne.

Les auteurs ont calculé la demande de terres pour chaque pays en 2060 et le taux de besoin de terres par pays, ceci sous l’hypothèse « business as usual ». Les Land Demand ratio les plus élevés sont attendus en Afrique sub-saharienne. Les pays de cette région devront disposer de 380 à 760 % de terres agricoles supplémentaires en 2060. 710 millions d’ha de terres agricoles seront nécessaires sur la planète dont 430 en Afrique sub-saharienne, une surface équivalente à celle des Etats-Unis.

Pour prévoir les risques en 2060, les auteurs ont réalisé une projection en prenant en compte ces taux de changement d’usage des terres et les prévisions de revenu par habitant envisagés pour 2060 pour les régions les plus à risques, c’est à dire  l’Asie,  l’Afrique subsaharienne et l’Amérique du Sud tropicale. Pour plus de la moitié des pays concernés de ces régions,  les menaces d’extinction seront sans précédent.  Selon les régions, et selon les tailles de mammifères et  d’oiseaux les risques d’extinction devraient croître d’une à deux catégories de la liste rouge de l’UICN.

Dans l’objectif de réduire de tels risques, les auteurs  distinguent deux grands types de mesures, d’une part la poursuite et l’expansion des pratiques de conservation basées sur les aires protégées et d’autre part des actions qui privilégient des changements de pratiques humaines susceptibles de réduire l’impact de l’homme sur la nature.

Quatre pistes sont présentées par les auteurs :

  • Poursuivre les programmes de conservation : ceux-ci ont permis de sauver 31 espèces d’oiseaux et 20 % des mammifères menacés au cours du siècle dernier.  Il faut donc développer et mieux gérer les aires destinées à protéger les espèces, faciliter leur inter-connection et réduire la consommation de viande de brousse et le braconnage.

  • Augmenter les rendements agricoles pour rapprocher la production des besoins : 96 pays, en Afrique, en Amérique du sud et dans la région « Asie », ont des rendements inférieurs à la moitié de ce qui pourrait être obtenu avec des méthodes et des technologies adaptées.

  • Changer les régimes alimentaires : des régimes alternatifs riches en végétaux peuvent réduire la demande de terres agricoles et la propagation des maladies chroniques comme le diabète.

  • Spécialiser la production : des accords commerciaux pourraient diminuer la demande en terres agricoles en concentrant la production agricole dans les régions qui ont le potentiel de production le plus élevé.

 

D. Tilman et al. Future threats to biodiversity and pathways to their prevention. Nature 546, 2017.

(1)  Dans le cadre de cet article l'Asie comprend l'Asie du sud-est, le Chine et l'Inde

 

 

Sur l’accès aux ressources génétiques et le partage des avantages découlant de leur utilisation

Après l’Union européenne en 2014, la France traduit aujourd’hui dans son droit le Protocole de Nagoya sur l’accès aux ressources génétiques et le partage des avantages découlant de leur utilisation (APA), avec l’adoption de la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages et son décret d’application.

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Cliquez sur l'image pour accéder au guide de l'APA, pas à pas

Cliquez pour télécharger le guide

 

Cette nouvelle réglementation encadre les activités de recherche et de développement réalisées sur les ressources génétiques prélevées sur le territoire français ainsi que celles menées à partir de connaissances traditionnelles associées, détenues par les communautés d’habitants présentes en outre-mer (Guyane et Wallis et Futuna).

Ces activités de recherche ou de développement peuvent être menées par des établissements publics comme privés. Ces nouveaux dispositifs juridiques ont des incidences sur les activités de recherche et, plus largement, sur l’ensemble des acteurs impliqués dans la chaîne de valorisation des ressources génétiques et des connaissances traditionnelles associées.

Quelles activités sont visées ? Suis-je concerné(e) par ces réglementations ? Quelles démarches dois-je désormais accomplir pour utiliser des ressources génétiques et des connaissances traditionnelles associées françaises ? Quelles sont les différentes étapes ? Quelle est l’articulation avec les règles européennes ?

Pour répondre à ces différentes questions, un groupe de travail coordonné par la Fondation pour la recherche sur la biodiversité a élaboré ce guide qui :

  • explique le principe de l’APA et les notions associées
  • donne des repères pour déterminer la marche à suivre
  • détaille les réglementations française et européenne
  • propose des outils pour remplir les obligations aux différentes étapes

La FRB, en lien étroit avec ses membres fondateurs, participe depuis plusieurs années aux processus d’élaboration des cadres juridiques européen et français sur l’APA. La réalisation de ce guide s’inscrit dans sa mission de soutien à la communauté scientifique.

 

PREMIER EXAMEN DE L’EVALUATION MONDIALE IPBES

15 juin-15 août 2017

L’évaluation mondiale de la biodiversité et des services écosystémiques par l’IPBES est ouverte à commentaire par les experts jusqu’au 15 août. A ce stade, les commentaires sur cette première version provisoire du rapport visent à améliorer la qualité scientifique du document, et sa pertinence pour les politiques.

L’évaluation mondiale par l’IPBES est le premier travail d’ampleur planétaire sur l’état de la biodiversité depuis l’Evaluation des écosystèmes pour le millénaire publiée en 2005 par les Nations unies.  Elle fournira des éléments essentiels pour évaluer les progrès internationaux vers les objectifs d’Aichi pour la biodiversité adoptés dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique, ayant 2020 pour échéance, et plus généralement vers les objectifs du développement durable adoptés par les Nations unies.

La FRB encourage l’ensemble de la communauté française de recherche à contribuer à ce travail d’évaluation par l’examen et l’envoi de commentaires. Les étapes à suivre sont les suivantes :

  1. Créez un compte sur le site de l'IPBES ou connectez-vous avec votre compte existant en cliquant ici
  2. Si besoin, cliquez de nouveau sur le lien. Vous pourrez ensuite inscrire vos coordonnées et accepter les conditions de relecture (clause de confidentialité et non-diffusion), afin d’accéder directement à la page de téléchargement du « review comments template » où les commentaires doivent être consignés en anglais, et aux différents chapitres de l’évaluation mondiale.

Vous pouvez choisir de ne relire qu’un chapitre ou qu’une partie de chapitre. Quelle qu’en soit l’ampleur, toutes les contributions à la relecture sont les bienvenues !

Si vous souhaitez participer à l’examen des produits de l’IPBES, merci de nous prévenir afin que nous puissions suivre l’implication française dans ce processus d’évaluation

Contact :