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Actualités

Les  2èmes rencontres Espaces naturels protégés et recherche se tiendront le 16 et 17 novembre à Montpellier sur le thème : Etat des lieux et perspectives de coopération entre chercheurs et gestionnaires.

Où en sont aujourd'hui, en France, les collaborations entre chercheurs et gestionnaires d’ENP ? Quels enjeux, quels objets, quelles disciplines tendent-elles à privilégier ? Quels sont leurs apports et leurs limites, du point de vue des chercheurs et des gestionnaires ? Comment les améliorer ? Peut-on identifier différents modèles relationnels et, le cas échéant, quelles sont leurs caractéristiques, leurs conditions de réussite et leurs limites respectives ?

À l’heure où l’Agence française pour la biodiversité se met en place, deux journées de rencontres apporteront des réponses à ces questions, en exposant et en mettant en débat les résultats de l’enquête nationale : « Quelles collaborations entre chercheurs et gestionnaires d’espaces naturels protégés ? » menée par la FRB en 2016 et 2017. Cette enquête quantitative et qualitative qui a associé des chercheurs et des gestionnaires livre pour la première fois un large panorama de leurs relations.
 
Ces rencontres s’adressent à l’ensemble des chercheurs intéressés par les ENP et des gestionnaires de ces espaces. Après une présentation des résultats de l’enquête en séance plénière, elles s’organiseront autour de quatre ateliers thématiques qui s’appuieront sur les expériences et les idées de progrès des participants. Les ateliers viseront à discuter de manière approfondie les résultats de l’enquête et à proposer des recommandations concrètes pour surmonter les difficultés identifiées et concrétiser tout le potentiel des relations entre chercheurs et gestionnaires.

Inscrivez-vous dès maintenant ici !

Consultez le préprogramme et la présentation des ateliers
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Anne-Marie Le Bastard :
Sarah Aubertie :

La FRB organise quatre fois par an des ateliers permettant de découvrir la méthode des revues et cartographies systématiques. Les deux prochains ateliers auront lieu les 16 octobre et 18 décembre. Pré-inscrivez-vous !

Les revues et cartographies systématiques sont des méthodes scientifiques d’évaluation et de synthèse des connaissances visant à minimiser les biais et apporter des informations complètes et objectivées au décideurs et aux négociateurs à tous les niveaux. Elles peuvent faire appel à des techniques de méta-analyse. La FRB est le Centre français de la Collaboration for Environmental Evidence (www.environmentalevidence.org) et détient une accréditation par la CEE pour assurer des formations à ces méthodes.

Les ateliers « introduction » permettent de découvrir les étapes, les enjeux, les contraintes et les avantages, et de pouvoir discuter de possibles projets. Ils sont en général menés à la FRB sur une journée entière (9h30-16h30) et accueillent jusqu’à 10 personnes. La FRB peut aussi se déplacer dans votre structure si un minimum de 6 personnes est intéressé (des frais de déplacements peuvent être demandés).

Le contenu type d’un atelier est consultable sur la page des Revues systématiques de la FRB dans la boite FORMATIONS. Il peut être adapté selon les groupes et les demandes.

Pour plus d'information, contactez Barbara Livoreil :

Où ? à la FRB, 195 rue Saint Jacques, 75005 Paris
A quelle heure ? de 9h30 à 16h30
Combien ça coûte ? gratuit

Dans le cadre de son groupe de travail COS-CS Biodiversité et communication : retours d’expériences et prospective, la FRB lance une enquête.

Le but de ce questionnaire est de mutualiser les expériences, points de vue et approches afin de connaitre les bonnes pratiques. Cet état des lieux en terme de communication sur la biodiversité permettra d’identifier les freins et difficultés rencontrés ainsi que les actions performantes et innovantes mises en place. Une synthèse sera ensuite réalisée par le groupe pour aboutir à des propositions.

Accédez au questionnaire par ce lien : Enquête Biodiversité Communication

Deux articles récents confirment les impacts des néonicotinoïdes sur les pollinisateurs, un autre met en lumière les effets délétères de l’éclairage nocturne.


Néonicotinoïdes : de nouvelles connaissances scientifiques sur leur impact sur les abeilles

Accédez à la synthèse de l'article scientifique : l'exposition chronique aux néonicotinoïdes réduit la santé des abeilles dans les cultures de maïs de N. Tsvetko et al par Hélène Soubelet

Accédez à la synthèse de l'article scientifique : spécificité nationale des effets des néonicotinoides sur les abeilles domestiques et sauvages de  A. Woodcock et al par Hélène Soubelet

Les néonicotinoïdes sont des insecticides, c’est-à-dire des produits chimiques dont l’objectif est de tuer des insectes dit « cibles », ravageurs des monocultures commerciales modernes. Les molécules comme le thiamethoxam, l’imidaclopride ou le clothianidine sont des insecticides systémiques, c’est-à-dire qu’elles percolent dans les tissus des plantes traitées, soit directement par enrobage des semences, soit par épandage sur les sols.

Les connaissances sur la responsabilité des néonicotinoïdes au déclin des pollinisateurs sont de plus en plus nombreuses. Néanmoins, même si de nombreuses études ont démontré les effets toxiques des néonicotinoïdes sur les pollinisateurs et autres espèces animales, ou encore leurs effets négatifs sur la santé des abeilles y compris à des doses sub-létales, il est toujours délicat de discriminer leurs effets spécifiques de ceux d’autres pressions comme la perte des habitats, le changement climatique ou les pathogènes. Par ailleurs, si certaines études ont démontré que ces molécules augmentaient la mortalité des colonies d’abeilles domestiques en réduisant leur capacité à entretenir la ruche et le succès reproductif des bourdons sauvages et des abeilles solitaires, d’autres n’ont décelé aucun effet. Peu d’informations sont disponibles sur la survie des colonies sur le long terme dans un contexte d’exposition à ces pesticides. Il est en effet difficile de déterminer à quel point ces molécules affectent les abeilles et plus largement leurs colonies sur le long terme.

Les principales critiques portées aux études antérieurs sur les néonicotinoïdes étaient que les expérimentations n’avaient pas été conduites dans des conditions d’exposition réalistes, similaires à celles retrouvées au champ. De plus, les études toxicologiques n’utilisaient ni des doses d’insecticides ni des durées d’exposition réalistes, ces doses et durées n’ayant jamais été réellement quantifiées alors qu’elles constituent deux paramètres clés pour établir des liens de cause à effet. Ces différents éléments d’incertitude ont été repris dans l’évaluation relative à la pollinisation, les pollinisateurs et la sécurité alimentaire, publiée en 2016 par la plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques.

Dans ce contexte de présomption d’effets négatifs avérés des insecticides néonicotinoïdes sur les abeilles, qui a conduit à l’interdiction de ces produits en France (loi du16 aout 2016 pour la reconquête de la biodiversité), deux articles scientifiques ont été publiés le 30 juin dernier dans le journal Science.

Tsvetkov et al. ont ainsi démontré qu’au Canada, en zone de production de maïs, les abeilles domestiques étaient exposées aux néonicotinoïdes pendant quatre mois, correspondant à la majorité de leur période d’activité et ce, à des niveaux significatifs malgré l’obligation faite aux agriculteurs d’utiliser des lubrifiants pour réduire les émissions de poussières contaminées en pesticides. Ils ont mis également en évidence que ces molécules, aux doses de terrain, avaient de nombreux effets négatifs préoccupants pour les colonies d’abeilles domestiques expliquant leur affaiblissement, et à terme leur dépérissement : une mortalité précoce des butineuses de 23% supérieure à celle des colonies non contaminées, une propension à l’essaimage combinée à une difficulté à élever une nouvelle reine réduisant le temps efficace de ponte et une perte au fil du temps de la capacité hygiénique de la colonie. Enfin, les scientifiques ont établi qu’en présence du boscalide, (un fongicide commun utilisé notamment en association avec certains insecticides), la toxicité de deux néonicotinoïdes, la clorthianidine et le thiamothoxam étaient presque doublée.

En conduisant plusieurs études de terrain en Hongrie, Allemagne et Royaume Unis pour évaluer les effets des insecticides néonicotinoïdes sur trois espèces de pollinisateurs, Woodcock et al. ont, quant à eux, démontré que l’exposition aux néonicotinoïdes a des effets majoritairement négatifs sur le potentiel reproductif interannuel des insectes étudiés et que même si les taux d’exposition aux néonicotinoïdes sont faibles, ils provoquent des impacts sublétaux susceptibles de diminuer la survie à long terme des populations. Des effets négatifs associés au traitement par la clothianidine ont été observés chez les ouvrières d’Apis mellifera, en Hongrie, conduisant à des colonies plus petites au printemps suivant avec un taux de déclin de 24%. Quant aux espèces sauvages Bombus terrestris et Osmia bicornis les auteurs ont démontré que l’exposition aux résidus de néonicotinoïdes, principalement ceux stockés dans les nids et découlant de la contamination environnementale généralisée, diminuait pour les premiers la production de reines et pour les seconds la production d’œufs. Ces différents impacts altérant le succès reproducteur des populations de pollinisateurs domestiques ou sauvages réduisent la capacité de ces espèces à établir de nouvelles populations d’année en année et pourraient expliquer leurs déclins, actuellement largement documentés. Par ailleurs, les résultats obtenus dans trois pays différents démontrent l’importance des facteurs spécifiques et locaux qui expliquent probablement les résultats discordants des études antérieures conduites dans un seul pays ou sur un nombre de sites réduit.

 


L’éclairage artificiel nocturne, une nouvelle menace pour la pollinisation. Eva Knop et al

Accédez au résumé de l'article scientifique l'éclairage artificiel nocturne, une nouvelle menace pour la pollinisation de Eva Knop et al par Philippe Gros

Accédez à la synthèse rédigée par Jean-François Silvain, directeur de recherche à l'IRD et président de la FRB

Les  pollinisateurs sont en déclin dans le monde entier, ce qui génère des inquiétudes quant à la diminution, en parallèle, du service de pollinisation qu'ils fournissent à la fois aux cultures et aux plantes sauvages et qui est essentiel. Les facteurs anthropiques liés à ce déclin incluent les changements d'habitats, l'agriculture intensive, les pesticides, les espèces exotiques envahissantes, la propagation des agents pathogènes et le changement climatique.

Les conséquences de cette augmentation de l’éclairage nocturne sur le fonctionnement des écosystèmes sont généralement inconnues, or  il a été suggéré récemment que l'augmentation mondiale et rapide des éclairages artificiels nocturnes pourrait constituer une nouvelle menace pour les écosystèmes terrestres.

L'article l’éclairage artificiel nocturne, une nouvelle menace pour la pollinisateurs d'Eva Knop et al montre que l’éclairage artificiel perturbe les réseaux nocturnes de pollinisation et a des conséquences négatives sur le succès reproducteur des plantes.

Si on éclaire artificiellement des communautés plantes-pollinisateurs, les visites nocturnes des pollinisateurs sur les plantes sont réduites de 62% par rapport aux zones non éclairées. Il en résulte une réduction globale de 13% du nombre de fruits d'une plante particulière, alors même que cette plante a également reçu de nombreuses visites de pollinisateurs diurnes.

Ces résultats démontrent également que l’éclairage artificiel de nuit affecte les pollinisateurs nocturnes au point d’entrainer une production de fruits plus faible des plantes qu'ils pollinisent, pouvant affecter en retour les pollinisateurs diurnes, étant donné que ces plantes représentent une source alimentaire importante pour eux.

L’article fournit des perspectives sur le fonctionnement des communautés de pollinisateurs et démontre que les pollinisateurs nocturnes ne sont pas redondants par rapport aux communautés diurnes.

Ces résultats contribuent à améliorer notre compréhension du déclin des pollinisateurs et de leurs services écosystémiques.

La pollinisation par les animaux est essentielle au fonctionnement des écosystèmes naturels, notamment aux communautés de plantes sauvages et apporte un service écosystémique crucial pour l'approvisionnement alimentaire mondial. 88% de toutes les angiospermes en dépendent à des degrés divers et la valeur économique estimée de la pollinisation était de 361 milliards de dollars américains en 2009.

L’inquiétude porte sur le devenir de la pollinisation assurée par les insectes qui pourrait être menacée en raison d'une baisse mondiale des pollinisateurs sauvages et domestiques consécutivement aux activités humaines. Les principaux facteurs à l’origine de ce déclin sont la perte et la dégradation des habitats, l'agriculture conventionnelle intensive, incluant l'utilisation de pesticides, les espèces exotiques envahissantes, les organismes nuisibles et les agents pathogènes et les changements climatiques.

Et si la biodiversité nous permettait de lire notre avenir ?  C’est le constat de l’équipe de Régis CEREGHINO, chercheur à l’université de Toulouse qui étudie à la loupe les broméliacées. Nombre de ces plantes à fleur contiennent de petits réservoirs d’eau de pluie qui abritent algues, bactéries, champignons, larves d’invertébrés et petites grenouilles. Véritables versions miniatures des lacs, les broméliacées ont, entre autres avantages, de répondre rapidement au changement. Alors qu’il faut des dizaines voire des centaines d’années à un grand lac pour réagir à une mutation, les broméliacées répondent, quant à elles, en quelques semaines.

  bromeliacees

(c) Jean-François Carrias

Ainsi suffit-il de manipuler leur environnement pour simuler une déforestation ou le changement climatique. De leur réponse, les chercheurs tirent des règles écologiques. Lorsqu’ils simulent le changement climatique où les pluies se font rares, les broméliacées s’assèchent. Les premières espèces à être touchées sont les petits prédateurs qui vont alors relâcher la pression sur leurs proies. Les conséquences vont être nombreuses, y compris pour l’homme. Dans ces systèmes stagnants se trouvent des larves de moustiques qui, en l’absence de prédateur, risquent de pulluler, et potentiellement transmettre des virus. La morale de l'histoire ? La biodiversité est un ensemble d’espèces en interaction. L’élimination d’espèces dans un contexte de changement global peut avoir des conséquences en cascade et un coût (très) élevé pour la société.

Référence :
http://www.cesab.org/index.php/fr/projets-en-cours/projets-2014/124-functionalwebs

Contact chercheur :