Rss facebook-picto @FRBiodiv linkedin instagram-picto

Actualités

LA BIODIVERSITÉ FAVORISE-T-ELLE LA PRODUCTIVITÉ DES ÉCOSYSTÈMES ?

Un écosystème plus riche en biodiversité est-il plus productif ?
Deux articles parus en septembre dernier, et un troisième paru en février 2018, apportent des réponses congruentes à cette question. Ils confirment que la biodiversité favorise la productivité des écosystèmes.

2018 05 Synthese Biomasse Nature 



En septembre 2017, une synthèse de données parue dans Nature a démontré qu’en conditions naturelles la production de biomasse[1], augmente avec la richesse en espèces. Si des centaines d’expérimentations en conditions contrôlées avaient déjà permis de montrer que la perte de biodiversité réduisait la productivité et la stabilité des écosystèmes, ce travail est le premier à montrer une relation positive entre biomasse et biodiversité en conditions naturelles. Par ailleurs, les études démontrent aussi que les effets de la biodiversité sur la biomasse sont comparables, ou plus forts, que les effets d'autres facteurs, tels que le climat et la disponibilité en éléments nutritifs. Ces résultats vont à l’encontre de l'opinion qui dominait au cours des deux dernières décennies selon laquelle la biodiversité aurait des effets rares ou faibles en conditions naturelles sur la productivité.

Le même mois, la revue PNAS a, quant à elle, publié les résultats d’une étude intitulée : « La productivité à l'échelle du paysage et la stabilité temporelle de celle-ci augmentent avec la diversité des plantes et des autres taxons. » Enfin, en février 2018, une équipe chinoise pa présenté dans la revue Scientific Reports ses résultats sur une forêt primaire à Pinus kesiya située dans la province du Yunnan. Les auteurs y ont observé que la richesse en espèces avait un impact positif sur la biomasse aérienne à travers toutes les strates de végétation forestière.

De tels résultats de recherche doivent inciter les décideurs à changer rapidement de paradigme et à considérer avec attention les solutions fondées sur la nature comme une alternative crédible, voire incontournable, aux solutions techniques ou technologiques, souvent plus chères et moins durables.

Accédez aux synthèses :

 

---

[1] La masse des organismes vivants dans un biotope particulier

 

Si vous pensiez que l’huître menait une vie dépourvue d’intérêt, détrompez-vous ! Cet animal marin s’avère en réalité capable de véritables prouesses. Fixée sur un rocher, l’huître est capable de vivre aussi bien sous l’eau qu’à l’air libre, en fonction des heures de la journée et des marées. La difficulté de l’exercice est d’autant plus grande que le passage d’un milieu de vie à l’autre s’accompagne d’importants changements de température, de salinité, de pression, de pH, … en réalité, l'huître est un véritable modèle d’adaptation !

FRB C Corporeau Ifremer© Charlotte Corporeau / Ifremer 

Malgré leurs capacités remarquables, les ostréiculteurs français font face, depuis le début du 20e siècle, à d’importantes vagues de mortalité chez les huîtres. Le responsable ? Un virus (ostreid herpes virus 1 OsHV-1) particulièrement virulent évoluant dans l’eau de mer. Pour pallier à ce problème, il a été décidé d’importer dans les années 1970 des huîtres creuses du Pacifique (Crassostrea gigas) : une espèce particulièrement robuste vivant dans l’estran, la zone du littoral agitée par les marées.
Si cette nouvelle espèce s’est révélée plus résistante au virus sous l’eau, la mortalité dans les élevages ostréicoles est restée élevée… alors que faire ?

Un poste est ouvert à l’IFREMER, dans les années 2000, pour mener des recherches et tenter de mieux comprendre à la fois le fonctionnement du virus et les stratégies de défenses mises en place par l’huître. C’est ainsi que la scientifique Charlotte Corporeau, après une thèse en embryologie humaine et 8 années de recherche en biologie médicale, a commencé à s’intéresser à Crassostrea gigas. Rapidement, elle découvre que l’animal survit dans ce milieu difficile notamment en activant et désactivant un mécanisme alternatif de croissance cellulaire qui permet au mollusque de poursuivre son développement aussi bien à marée haute qu’à marée basse. La découverte est double puisque ce même mécanisme est détourné par le virus meurtrier pour son propre développement !

L’« effet Warburg », c’est ainsi qu’il se nomme, se met en place dans les cellules en situation de stress et leur permet de continuer à se multiplier lorsque les conditions du milieu ne sont plus favorables. Elles n’utilisent alors plus uniquement la respiration pour se diviser, mais également la fermentation, qui nécessite beaucoup plus de glucose, mais moins d’oxygène. Cet effet est par ailleurs bien connu en médecine humaine, puisqu’il s’avère être l’une des huit caractéristiques des cellules cancéreuses. À la différence de l’huître, l’Homme est incapable de désactiver le processus, ce qui entraine la prolifération des cellules « défectueuses ».

Ainsi, l’huître creuse du Pacifique, importée pour la consommation, est aujourd’hui devenue une piste de recherche dans le traitement du cancer ! Comprendre comment l’animal active et désactive l’effet Warburg et quels rôles jouent les facteurs physiques comme la température sont les deux questions auxquelles va désormais tenter de répondre Charlotte Corporeau, grâce au soutien de l’Ifremer et la Fondation ARC pour la Recherche sur le Cancer.


Contacts :

Charlotte Corporeau (Laboratoire de l'Environnement Marin LEMAR - UMR 6539 Ifremer-CNRS-UBO-IRD) - 

Colloque - Récifs coralliens :
des solutions pour aujourd'hui et demain

À vos agendas !

20 juin 2018 dans le Grand Amphithéâtre de la Maison des Océans,
195 rue Saint-Jacques, 75005 Paris

De 14h00 à 18h30 : Colloque 
De 19h30 à 21h30 : Projection du film Chasing Coral

FRB Affiche ColloqueCorail BD 

À l'occasion de l'année internationale des récifs coralliens, la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB), l'Institut océanographique, le CRIOBE et la Plateforme Océan-Climat organisent un colloque de transfert des dernières connaissances scientifiques à destination des porteurs d’enjeux ainsi qu’une soirée ouverte au grand public.

Cet événement permettra dans un premier temps de faire un point sur les services rendus par les coraux et leurs écosystèmes ainsi que leur état, leur santé et les menaces auxquelles ils sont confrontés. Puis, deux tables rondes rassembleront scientifiques, gestionnaires et acteurs de la société civile pour échanger sur:

  • la mobilisation et l’adaptation de la gouvernance pour mettre en place de nouveaux outils en faveur d’une meilleure protection des espaces et des espèces, et limiter les pressions anthropiques directes ou indirectes
  • sur les dernières connaissances scientifiques sur le fonctionnement des récifs coralliens et sur des solutions de gestion innovantes pour les développer à plus grandes échelles

 

En soirée, ces experts échangeront avec le public après projection du film Chasing Coral, réalisé par Jeff Orlowsky et produit par Netflix.



Ensemble, grâce à la connaissance, nous pouvons développer des solutions pour demain.

Consultez le programme 

{Inscriptions closes}

 

La Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) recherche des experts pour de nouvelles évaluations (méthodologique et thématique) et relecture !

 

DATE LIMITE DE CANDIDATURE POUR LES NOUVELLES ÉVALUATIONS : 1er JUIN 2018

  • Experts pour l'évaluation méthodologique des diverses conceptualisations des valeurs multiples de la nature et de ses bienfaits
  • Experts pour l'évaluation thématique de l'usage des espèces sauvages

Si des chercheurs souhaitent candidater pour faire partie d'un de ces groupes, il suffit de compléter le formulaire de candidature disponible à cette adresse auquel il faut joindre un CV (nécessite une inscription sur le site de l'IPBES au préalable si ce n'est pas déjà le cas).

Les instructions concernant les candidatures ainsi que des informations complémentaires sont disponibles ici.

 

DATE LIMITE POUR LA RELECTURE : 29 JUIN 2018

  • Experts pour la relecture de la 2ème version provisoire de l'évaluation mondiale de la biodiversité et de l'avant-projet de son résumé pour décideurs

La Fondation pour la recherche sur la biodiverstié (FRB) encourage les scientifiques qui le souhaitent à participer à la relecture externe de la 2ème version provisoire de l'évaluation mondiale de la biodiversité et des services écosystémiques (chapitres techniques) et de l'avant-projet de son résumé pour décideurs.

Les experts peuvent relire tout ou partie de ces documents, qui sont en anglais, et envoyer leurs commentaires au Secrétariat de l'IPBES dans un formulaire dédié (merci de mettre en copie pour information).

L'objectif est d'impliquer des experts issus de toutes les disciplines académiques, mais aussi du secteur privé, du monde associatif, administratif, … afin de rendre le document pertinent pour un large panel d'acteurs.

Pour récupérer les documents, inscrivez-vous sur : www.ipbes.net/user/login?destination=registration_global_fod
(nécessite une inscription sur le site de l'IPBES au préalable si ce n'est pas déjà le cas).

Une fois inscrit pour la relecture, vous recevrez un e-mail vous communiquant le lien vers les documents (vérifiez votre dossier des courriers indésirables si vous ne recevez pas ce message). Si les documents ne sont pas disponibles lors de votre premier accès, nous vous invitons à vous connecter régulièrement pour les récupérer dès que possible.

 

CONTACT

, Secrétaire scientifique du Comité français pour l'IPBES

À  l’occasion de la sortie en mars 2018 de quatre rapports de l’IPBES sur l’état de la biodiversité au sein des grandes régions du monde, la FRB a donner chaque mois la parole à des chercheurs spécialistes de différents écosystèmes (marin, forestier, d’eau douce...) et de disciplines aussi diverses que le droit, l’économie et la biologie de la conservation. Autant de domaines qui offrent chacun un éclairage précis sur les enjeux actuels pour la biodiversité. Le mois d'avril était consacré au thème "milieux urbains et forestiers".

 

Plaidoyer pour les forêts mélangées
Par Hervé Jactel, chercheur à l'Inra et membre du conseil scientifique de la FRB

La déforestation massive est une réalité sur l’ensemble des continents. Longtemps cantonnée aux forêts tropicales humides du bassin de l’Amazone et de l’Asie du Sud Est, elle concerne maintenant le bassin du Congo et même l’Europe, où la taïga russe est touchée. Dans son rapport de 2015 sur l’état de la ressource forestière dans le monde, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime que 3,3 millions d’hectares de forêts sont perdus chaque année, soit 6 hectares ou encore 9 terrains de football chaque minute. Les sources non gouvernementales sont encore plus pessimistes, évaluant la perte de surface forestière à 30 millions d’hectares en 2016.
Lire la suite ici

Capture decran 2018 03 21 a 10.02.16

 

De l'importance de la nature en ville pour notre santé mentale
Par Annamaria Lammel, chercheuse à l’Université Paris 8

D’après plusieurs études, le contact avec la nature diminue la dépression ou l’anxiété chez les adultes, et améliore le développement comportemental et émotionnel des enfants. Or, si la tendance actuelle se poursuit, les Hommes vivront toujours plus dans les villes, loin de la nature. Une menace pour notre santé mentale ?
Lire la suite ici

BiodivSanteMentale

 

Nature en ville ou biodiversité urbaine fonctionnelle ? Une évolution en cours dans les villes françaises
Par Philippe Clergeau, chercheur au Muséum national d’Histoire naturelle

Avec plus de 20 % d’urbanisation sur le territoire métropolitain, les villes ont un devoir de conservation de la biodiversité. Les avantages pour l’Homme y sont par ailleurs nombreux. Multiplier les habitats d’espèces locales en ville permettrait notamment de réguler le bruit, la chaleur, les eaux pluviales et la qualité de l’air.
Lire la suite ici

BiodivUrbaine Couv

 

Production de bois-énergie et impacts sur la biodiversité européenne
Synthèse de l'article : Bouget, C., Lassauce, A., & Jonsell, M. (2012). Effects of fuelwood harvesting on biodiversity—a review focused on the situation in Europe. Canadian Journal of Forest Research, 42(8), 1421-1432.

En forêt, les souches constituent un habitat très rare. Dans les plantations de pins françaises, elles abritent jusqu’à 84 % des espèces de coléoptères identifiées. Les cimes, branches, ou encore arbres abattus mais non récoltés accueillent aussi lichens, mousses, champignons et insectes. Or, si la filière de production bois-énergie vient à s'intensifier, ce bois mort risque d’être extrait des écosystèmes pour alimenter cette production. Une menace pour la biodiversité.
Lire la suite ici

Foret BioEnergie Couv