Rss facebook-picto @FRBiodiv linkedin instagram-picto

Actualités

Dans ce rapport historique qui a demandé 3 années de travail, plus de 100 experts décrivent les coûts, les dangers et les options.

L'aggravation de la dégradation des terres causée par les activités humaines impacte le bien-être des 2/5e de l'humanité, entraînant l'extinction des espèces et intensifiant le changement climatique. Selon la première évaluation mondiale exhaustive de la dégradation et de la restauration des terres, il s'agit également d'un facteur important de migration humaine massive et d’augmentation des conflit.  Les dangers de la dégradation des terres, qui a coûté l'équivalent de 10% du produit annuel brut mondial en 2010 suite aux pertes de biodiversité et de services écosystémiques, sont détaillés à l’attention des décideurs politiques dans le rapport, avec un catalogue d'options visant à réduire cette dégradation des terres. 

Produit par la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), le rapport a été approuvé lors de la 6e session de la réunion plénière de l'IPBES à Medellín, en Colombie. L'IPBES compte 129 États membres. Fournissant les meilleures preuves disponibles pour que les décideurs prennent des décisions les mieux éclairées, le rapport s'appuie sur plus de 3 000 sources de connaissances scientifiques, gouvernementales, autochtones et locales. Ayant fait l’objet d’une relecture extensive par les pairs, il a été amélioré par plus de 7 300 commentaires, et a été revu par plus de 200 évaluateurs externes.

 

23 et 24 mars : Suite et fin de l’IPBES-6, sous un tonnerre d’applaudissements

Tous les points en suspens à l’ordre du jour de la plénière ont été bouclés dans la journée de vendredi. Le groupe sur le résumé pour décideurs de l’évaluation de la dégradation et de la restauration des terres a requis une dizaine d’heures supplémentaires pour s’accorder sur le texte final, mais le groupe sur le futur programme de travail s’est séparé plus tôt que prévu, le consensus ayant été atteint rapidement. Sur ce dernier sujet, les échanges de vues intervenus à cette plénière se poursuivront pendant la période intersession au moyen de consultations entre les organes de l’IPBES, les Etats membres, les parties prenantes et les organisations internationales.

DSC 5078
© Photo by IISD/ENB | Diego Noguera


Les discussions du groupe budget ont été ponctuées par la foudre. Tout s’y est bien passé, mais la météo très variable de Medellin a encadré les débats des délégués, qui sont restés au sec. Le budget de 8,5 millions de dollars pour 2018 a été acté sous un tonnerre, d’applaudissements cette fois-ci, causé par le 3ème but marquant la victoire de la Colombie dans son match amical contre les Bleus.

La plénière s’est réunie un peu plus de trois heures seulement le samedi, afin d’adopter l’ensemble des décisions préparées au cours de la semaine. Après des heures de travail des auteurs, des délégations et du secrétariat de l’IPBES, l’évaluation de la dégradation et de la restauration des terres a été acceptée, et son résumé pour décideurs approuvé. La composition du Groupe d’experts multidisciplinaire de l’IPBES a été renouvelée pour les trois ans à venir. La française Sandra Lavorel, écologue au CNRS, a été élue aux côtés de Judith Fisher, chercheuse australienne sur les savoirs traditionnels et locaux, Isabel Sousa Pinto, écologue portugaise spécialiste du milieu marin, Markus Fischer, écologue suisse qui a co-présidé l’évaluation régionale Europe et Asie centrale, et Marie Stenseke, géographe suédoise qui a déjà rempli un premier mandat au sein du Groupe.

La Plénière a également accepté le lancement des évaluations méthodologique sur les valeurs multiples de la nature et thématique sur l’usage durable des espèces sauvages en 2018, et de l’évaluation thématique des espèces exotiques envahissantes en 2019. Cette plénière a été un incroyable succès, de par le travail titanesque accompli (5 évaluations acceptées), la stabilisation de la situation financière et les importantes retombées médiatiques qui permettent à l’IPBES d’accomplir sa mission : mieux faire connaître la biodiversité et les menaces qui pèsent sur elle, pour mieux la protéger.

De hautes attentes pèsent sur la France, qui accueillera à Paris la 7ème session plénière de l’IPBES du 29 avril au 4 mai 2019. Elle aura notamment pour tâches d’adopter l’évaluation mondiale de la biodiversité et des services écosystémiques et de s’accorder sur les futurs travaux de la Plateforme dans le cadre de son programme de travail à l’horizon 2030.

 

22 mars : Et un, et deux, et trois, et quatre résumés pour décideurs approuvés !


Malgré la fatigue accumulée au cours des derniers jours en raison de l’intensité du travail, l’attention ne faiblit pas à l’IPBES.

Le groupe devant décider du calendrier pour le lancement des évaluations en suspens (concernant les valeurs multiples et diverses conceptualisations de la nature, l’usage durable des espèces sauvages et les espèces exotiques envahissantes) est arrivé très rapidement à un consensus, qui sera dévoilé après adoption de la proposition par la plénière samedi après-midi.
Un groupe consacré au futur programme de travail de l’IPBES s’est accordé sur les différentes étapes à suivre pour continuer les développements d’ici la prochaine session plénière, et les délégations ont pu faire part de leurs commentaires sur plusieurs pistes identifiées par le Groupe d’experts multidisciplinaire, le Bureau et le Secrétariat de l’IPBES en ce qui concerne la forme et le fond des prochains travaux de la Plateforme.

 

1J2A9924Edit tn© Photo by IISD/ENB | Diego Noguera


Le groupe de contact qui examine le résumé pour décideurs de l’évaluation de la dégradation et de la restauration des terres s’est réuni toute la journée, ne se séparant que sur le coup de minuit. Ses travaux ont cependant été suspendus le temps d’une session plénière tenue entre 19h30 et 21h00, au cours de laquelle les quatre résumés pour décideurs des évaluations régionales ont été successivement adoptés, sous des tonnerres d’applaudissements.
Les quelques interventions des Etats membres de l’IPBES et de son président Robert Watson ont rendu hommage et remercié chaleureusement l’ensemble des personnes qui ont participé à cet incroyable effort collectif : l’ensemble des auteurs, dont les auteurs principaux coordinateurs et les co-présidents des évaluations qui ont présenté le texte aux groupes de contact et échangé des heures durant avec les délégations pour améliorer la pertinence des documents pour les politiques, les groupes d’appui technique qui remplissent la fonction de secrétariat et qui ont mis toute l’huile nécessaire pour faire fonctionner les rouages de ces grosses machines, et l’ensemble des Etats, parties prenantes et experts qui se sont impliqués tout au long de la réalisation des évaluations. Une grande émotion, et un certain soulagement, régnaient dans la salle plénière suite au dernier coup de marteau du Président.

 

21 mars : c’est le printemps, et l’anniversaire du Président !


Ce n’est pas dans la ville du printemps éternel que l’on remarquera l’équinoxe. Ici, les fleurs sont ouvertes toute l’année, grâce au travail sans relâche des pollinisateurs. Ces petites (et moins petites, diront les chauve-souris) bêtes étaient à l’honneur d’un événement en marge de la 6ème session plénière de l’IPBES.

La Coalition des volontaires pour les pollinisateurs, formée sur une proposition néerlandaise suite à l’adoption de l’évaluation IPBES des pollinisateurs, de la pollinisation et de la production alimentaire, réunit les Etats qui s’engagent entre eux et envers le monde à œuvrer en faveur des pollinisateurs. Un des enjeux majeurs est de faire monter tous les secteurs concernés à bord, au-delà des ministères chargés de l’environnement. L’Allemagne a ainsi rapporté à cette occasion que le gouvernement de coalition récemment formé par Angela Merkel souhaite mettre en place un plan de protection des insectes.

P1010594 ConvertImage© Agnès Hallosserie

La Coalition, qui comprenait jusqu’ici 14 membres, dont la France, a été rejointe aujourd’hui par la Bosnie-Herzégovine, l’Irlande, la République dominicaine, le Mexique et la Colombie. Cette dernière a présenté le chapitre de sa stratégie nationale pour la biodiversité consacré aux pollinisateurs, qui inclut insectes, oiseaux et mammifères. Ils contribuent directement à la pollinisation des nombreuses fleurs qui poussent dans le pays, 2ème au monde par la diversité de ses plantes. Tout comme la République dominicaine, elle a présenté les réflexions menées entre les ministères de l’environnement et de l’agriculture pour identifier les espèces locales qui peuvent être domestiquées et contribuer à la production alimentaire, au lieu d’importer des espèces étrangères du genre Apis (abeilles et espèces apparentées). Le Mexique, où la Coalition est née lors de la conférence des parties à la Convention sur la diversité biologique à Cancun en 2016, a présenté les actions menées avec l’industrie de la tequila pour préserver les chauve-souris qui pollinisent les précieux agaves. La Bosnie quant à elle peut mettre en valeur la variété des connaissances traditionnelles relatives à l’apiculture. L’Irlande a présenté son plan d’action pour restaurer les habitats et les ressources alimentaires (voir ici une très bonne animation, en anglais). Une petite heure très inspirante !

Les travaux de la sixième session plénière ont continué par ailleurs. L’examen du résumé pour décideurs de l’évaluation de la dégradation et de la restauration des terres a démarré, le groupe de contact s’étant réuni neuf heures ce jour. Les échanges ont commencé dans un groupe de contact parallèle sur les résultats de l’examen interne de l’efficacité de la Plateforme et les leçons à en tirer pour les futurs travaux. Le groupe sur le budget a quant à lui progressé sur le financement de l’IPBES pour 2018-2019. Entre deux sessions, Robert Watson, le président de l’IPBES, a soufflé ses 70 bougies.  

 

 

19 et 20 mars : Voyage autour du monde


Lundi et mardi étaient entièrement consacrés à l’examen des résumés pour décideurs des quatre évaluations régionales.

La participation de la délégation française, qui est intervenue régulièrement dans les quatre groupes (Europe et Asie centrale, Afrique, Amériques et Asie-Pacifique) a été remarquée. Ses commentaires constructifs étaient appréciés, mais achoppaient sur certains points lorsqu’il y avait d’importantes divergences de concepts politiques ou scientifiques. Des alliances temporaires ou plus pérennes se sont créées avec les autres délégations, sans que l’on ait besoin de se parler. On entendait du français, de l’arabe, du russe, de l’espagnol, de l’anglais. On parlait éléphants, récifs coralliens, Pachamama, hépatiques et pucerons.

 

DSC_2433-ConvertImage.jpgPhoto by IISD/ENB | Diego Noguera

Le groupe sur la région Asie-Pacifique a fini le travail en premier, mardi à 23 heures. Les groupes Afrique et Amériques ont suivi, se séparant à 1 heure du matin. Le groupe Europe et Asie centrale a battu les records en mettant un point final à l’examen approfondi du résumé pour décideurs à près de 3h30 dans la nuit de mardi à mercredi. Ce travail collectif réalisé en groupes de contact devrait permettre une adoption rapide en plénière jeudi après-midi. En effet, l’ensemble des remarques des Etats sont censées avoir été exprimées et accommodées à ce stade. Le calendrier général ayant été respecté malgré tout, la présentation officielle des évaluations à la presse est maintenue au vendredi 23 mars, 8h00, heure de Bogota (14h00 pour Paris).

Le groupe consacré au budget n’est pas encore entré dans le vif du sujet au cours de ses deux premières réunions. Les délégations ont demandé des précisions sur les documents, pour détailler les postes de dépense. La situation est sous de bien meilleures auspices que lors de la plénière précédente, les promesses de dons des Etats permettant de financer l’ensemble des activités prévues en 2018 et 2019, à condition que deux des trois évaluations en suspens soient lancées (évaluation méthodologique sur les valeurs multiples de la nature, évaluation thématique de l’usage durable de la nature sauvage et des espèces exotiques envahissantes).

La France a également annoncé qu’elle accueillera la septième session plénière de l’IPBES au printemps 2019, sous les applaudissements.

18 mars : la France sur le pont à la 6ème session plénière de l’IPBES

Les travaux avaient commencé avant même l’ouverture de la session plénière. En effet, sur certains points à l’ordre du jour, les pays de l’Union européenne membres de l’IPBES parlent d’une seule voix et devaient donc se coordonner. Pour cette plénière, il s’agit notamment des points relatifs à l’examen de l’efficacité de la Plateforme et de l’élaboration du deuxième programme de travail. Sur les points scientifiques tels que l’adoption des résumés pour décideurs, mais aussi pour le budget, chaque Etat s’exprime en son nom. Il n’en reste pas moins que les délégations européennes se consultent pour identifier les éléments de convergence ou de divergence dans leurs positions.

DSC 0606 ConvertImage 1Photo by IISD/ENB | Diego Noguera


La plupart des Etats de l’Union européenne membres de l’IPBES font partie d’un groupe plus large, le « groupe des Etats d’Europe occidentale et autres Etats » qui inclut par exemple la Norvège, la Suisse, les Etats-Unis, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. C’est à l’échelle de ce grand groupe que doit se décider qui des 19 candidats proposés au Groupe d’experts multidisciplinaire sera retenu pour les trois prochaines années, sachant que la région a droit à cinq sièges.

Le Groupe d’experts multidisciplinaire assure la supervision scientifique de l’ensemble des travaux de l’IPBES. Il est composé de 25 membres, soit cinq par grande région des Nations unies. Il vise à réunir de manière équilibrée des expertises sur différents écosystèmes (terrestres et marins), issues de différentes disciplines (sciences du vivant, sciences sociales, dont études des savoirs traditionnels et locaux) et la parité hommes-femmes.

Ce dimanche, l’ensemble des points à l’ordre du jour a été balayé en plénière, sans grande opportunité pour les membres de s’exprimer. L’objectif de la présidence de l’IPBES était très clair : commencer au plus vite les discussions de fond en groupe de contact, un par évaluation régionale.

La délégation française interviendra dans les quatre groupes, à savoir Europe et Asie centrale, Afrique, Amériques et Asie-Pacifique. Quatre ministères sont présents (affaires étrangères, écologie, recherche et agriculture), ainsi que deux instituts de recherche (CNRS, MNHN), l’Agence française de la biodiversité qui a fait un apport substantiel de près d’un million de dollars pour appuyer la réalisation des évaluations restantes dans le premier programme de travail de l’IPBES, et la FRB qui appuie la délégation en tant que Secrétariat du Comité français pour l’IPBES. Des chercheurs du CNRS, de l’IRD, de l’Université de Lorraine et de l’Iddri viennent renforcer l’équipe.

 

17 mars 2018 – Ouverture de la 6ème session plénière de l’IPBES

Alors qu’il neigeait à Paris, la 6ème session plénière de l’IPBES s’est ouverte à Medellin le 17 mars 2018 à 18 heures sous un grand soleil. Cinq résumés pour décideurs seront négociés ligne à ligne par les Etats membres de l’IPBES : les quatre évaluations régionales de la biodiversité (Europe et Asie centrale, Afrique, Amérique, Asie Pacifique) et l’évaluation thématique de la dégradation et de la restauration des terres.

750 participants de 116 pays sont inscrits à cette plénière contre environ 600 les années précédentes, une participation qui témoigne de l’intérêt croissant de la communauté scientifique et politique pour les travaux de la plateforme. Le maire de Medellin, le ministre de l’environnement et le président colombiens étaient présents aux côté d’Anne Larigauderie et Robert Watson, respectivement secrétaire exécutive et président de l’IPBES. La présence de l’Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la France en Colombie, M. Gautier Mignot, a été saluée. On ne peut que se féliciter de cette représentation politique de premier rang qui montre que l’IPBES prend de plus en plus d’ampleur.


Unknown

Au centre le Président de la Colombie lors de son discours introductif
Juan Manuel Santos
© JF Silvain


Medellin se met au vert

Après de gros chantiers sécuritaires et sociaux, la ville est résolument engagée dans la protection de la biodiversité depuis 2014. Divers aménagements ont été réalisés pour les animaux et notamment des passages à faune qui leur permettent de franchir le Rio Medellin sans passer par les câbles à haute tension. Misant sur l’éco-tourisme, notamment autour des oiseaux dont le pays possède la plus grande biodiversité au monde, Medellin a créé 30 grands parcours verts et protège de vastes zones naturelles comme le Parque Arvi et La Serranía de las Baldías. En zone rurale, des paiements pour services environnementaux sont versés à près de 450 familles qui s’engagent à entretenir le paysage et à y préserver la forêt, qui assure notamment la qualité de l’eau dans l’agglomération.

La Colombie au chevet de sa biodiversité

Parmi les premiers pays à ratifier la Convention sur la diversité biologique, la Colombie est, avec 53% de son territoire couvert de forêts, très riche en biodiversité. C’est aussi un des pays les plus vulnérables aux aléas climatiques, comme par exemple le phénomène de La Niña qui cause de graves inondations. Le Président colombien a mentionné sa profonde conviction que la protection de la biodiversité était essentielle pour préserver la qualité de vie et la résilience des sociétés humaines, en faisant un panorama des enjeux biodiversité de son pays et des actions engagées durant son mandat :

  • 14% du territoire est couvert d’aires protégées terrestres et 13,7% des eaux colombiennes sont des aires marines protégées ;
  • 13 millions d'hectares étaient protégés en 2010 dont 4,3 millions d'hectares protégés dans les océans. En 2018, les surfaces protégées devraient atteindre 30 millions d’hectares, soit la superficie de l’Italie ;
  • 1 million d'hectares sont gérés par les peuples autochtones autour du parc national de Chiribiquete, « la Mecque de la biodiversité » ;
  • Projet de corridor biologique avec 8 pays reliant les Andes et l’Amazonie jusqu’à l'Océan atlantique ;
  • Programme de protection des coraux avec le Panama, le Costa Rica et l’Equateur ;
  • Programme de description et de protection des 37 paramos de Colombie, représentant 50% de ces zones humides d’altitude typiques des Andes.

 

Tyran_quiquivi.jpgTyran quiquivi de Medellin © JF Silvain

Le pays est aussi fortement engagé dans la progression de la connaissance sur la biodiversité : le programme scientifique Colombia Bio, lancé en 2016, a déjà mobilisé plus de 300 scientifiques internationaux. 13 grandes expéditions ont déjà réalisées, notamment dans des zones auparavant inaccessibles en raison des conflits. Plus de 500 000 espèces ont été enregistrées dont 93 espèces décrites pour la première fois et quatre espèces que l’on considérait comme éteintes ont été redécouvertes. Ce programme a aussi permis de lister 131 espèces endémiques et 121 espèces à risque d’extinction. Une centaine d’expéditions sont prévues dans le cadre de ce programme et toutes les données récoltées seront libres d’accès. En France, de grands instituts de recherche comme le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) participent à ces travaux.


Les délégués à l’IPBES-6 ne pouvaient pas espérer une introduction plus stimulante à leurs travaux !

La biodiversité et les services écosystémiques continuent de décliner dangereusement, alertent les scientifiques

Les rapports régionaux de l’IPBES sont parus samedi 24 mars. Le résultat est sans appel. La biodiversité - la diversité des formes de vie sur Terre - continue de décliner dans toutes les régions du monde, réduisant considérablement la capacité de la nature à contribuer au bien-être des populations. Cette tendance alarmante met en péril les économies, les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire et la qualité de vie des populations partout dans le monde, d’après les quatre rapports régionaux scientifiques publiés aujourd'hui par plus de 550 experts de plus de 100 pays.

Consultez les principaux messages et chiffres des rapports régionaux ici

Fruit de trois années de travail, les quatre évaluations régionales de la biodiversité et des services écosystémiques couvrent les Amériques, l'Asie et le Pacifique, l'Afrique ainsi que l'Europe et l'Asie centrale - la planète entière à l'exception des pôles et des océans. Les rapports d'évaluation ont été approuvés par la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), à Medellín, en Colombie, lors de sa 6ème plénière.  

"La biodiversité et ses services écosystémiques paraissent pour beaucoup de personnes des questions d’experts, loin de notre vie quotidienne", a déclaré le président de l'IPBES, Sir Robert Watson, "Rien ne pourrait être plus loin de la vérité. Ils sont à la base de notre nourriture, de l’eau et de l’énergie que nous consommons. Ils sont au cœur non seulement de notre survie, mais de nos cultures, de nos identités et de notre joie de vivre. Les meilleures données disponibles rassemblées par les meilleurs experts mondiaux nous conduisent à une conclusion unique : nous devons agir pour arrêter et inverser la tendance à l'utilisation non durable de la nature – au risque non seulement de nous engager vers un futur que nous ne souhaitons pas, mais aussi de compromettre les vies que nous menons actuellement. Heureusement, les preuves montrent également que nous savons comment protéger et restaurer partiellement nos atouts naturels vitaux. "
Les rapports d'évaluation de l'IPBES examinés par les pairs se concentrent sur les questions clés pour chacune des quatre régions, notamment :

·      Pourquoi la biodiversité est-elle importante,

·      Dans quels domaines faisons-nous des progrès pour la protéger,

·      Quelles sont les principales menaces et opportunités pour la biodiversité

·      Et comment pouvons-nous ajuster nos politiques et nos institutions pour un avenir plus durable ?  

Dans chaque région, à l'exception d'un certain nombre d'exemples positifs où des leçons peuvent être tirées, la biodiversité et la capacité de la nature à contribuer au bien-être des populations sont dégradées, diminuées ou perdues en raison d'un certain nombre de pressions communes : la surexploitation et l'utilisation non durable des ressources naturelles ; la pollution de l'air, des terres et des eaux ; le nombre croissant et les impacts des espèces exotiques envahissantes et des changements climatiques, entre autres.

 

A l’occasion de la sortie des cinq rapports d’évaluation des connaissances de l’IPBES, la Fondation pour la recherche sur la biodiversité souhaite attirer l’attention sur une étude canadienne, sortie en janvier 2018, alertant sur le fossé existant entre la couverture médiatique faite autour du changement climatique et celle faite autour de la biodiversité ; cette dernière étant huit fois moins présente dans les médias étudiés. L’article donne des éléments de compréhension de cette situation et ouvre sur des pistes de réflexion pour combler ce déficit.

 
LaMaisonEstEnFeu.png
 
L’équipe a examiné attentivement la littérature scientifique, le financement de la recherche et les articles de presse des États-Unis, du Canada et du Royaume-Uni sur les changements climatiques et la biodiversité entre 1991 et 2016. Elle a consta­té que la couverture médiatique du changement climatique est jusqu’à huit fois plus élevée que celle consacrée à la biodiversité. Un écart que les différences entre les publications scientifiques sur l’un ou l’autre thème ne peuvent expliquer. Les chercheurs ont noté que la couverture médiatique sur le changement climatique est souvent liée à des événements spécifiques, du type plénière du Giec ou évé­nement climatique exceptionnel, lien que l’on ne retrouve pas pour la couverture médiatique sur la biodiversité.
 
Les auteurs ont quantifié avec précision leurs observations et en ont dégagé des pistes d’action pour que les chercheurs et leurs services en charge de la communi­cation puissent mieux communiquer les points saillants de leurs travaux au grand public et aux politiques.

 
 

La plénière de l’IPBES se tient à Medellin du 17 au 24 mars prochain. Les états membres seront amenés à adopter cinq résumés pour décideurs issus des cinq rapports d’évaluation des connaissances sur l’état de la biodiversité et les mesures permettant sa protection. La FRB fait partie de la délégation française présente en Colombie.

Les rapports de l'IPBES, ce sont :
 
4 rapports régionaux pour évaluer la biodiversité et les contributions apportées par la nature aux populations dans les quatre régions du monde : les Amériques, l'Asie et le Pacifique, l'Afrique, ainsi que l'Europe et l'Asie centrale, c'est-à-dire le monde entier à l'exception de l'Antarctique et des zones de haute mer.
 
▪ Un cinquième rapport d'évaluation qui se concentre sur la dégradation et la restauration des terres aux niveaux régional et mondial
 
550 éminents experts internationaux issus de plus de 100 pays mobilisés
 
▪ L'analyse quasi exhaustive par les meilleurs experts de toutes les données disponibles sur la biodiversité, son état, son devenir, les pressions qu'elle subit et les solutions pour la préserver et en faire un usage durable
 
▪ Une étape majeure de la communauté scientifique pour préparer l'après Aïchi, c'est-à-dire les objectifs mondiaux pour la biodiversité post 2020
 
Le contenu des rapports sera révélé en Colombie à Medellin à partir du 23 mars.

Chaque jour et à partir du 17 mars, retrouvez nos brèves sur la plénière diffusées sur le site de la FRB et sur les réseaux sociaux.