Rss facebook-picto @FRBiodiv linkedin instagram-picto

Actualités

Alors que la 23ème conférence des parties (COP) de la Convention climat s’ouvre aujourd’hui à Bonn en Allemagne, la FRB publie deux notes à destination des négociateurs, et plus largement des parties prenantes mobilisées sur les questions d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques ; ces notes illustrent l’importance fondamentale de la prise en compte des connaissances sur la biodiversité dans les travaux sur le climat.

Souvent négligée dans les débats sur les leviers d’action pour le climat, la biodiversité doit pourtant être prise en compte selon trois axes essentiels pour que les actions pour le climat soient efficaces et ne s’accompagnent pas de conséquences négatives pour la biodiversité :

  1. Les impacts du changement climatique sur la biodiversité et les écosystèmes doivent être mieux compris, justifiant d’autant plus le besoin d’agir rapidement pour minimiser le changement et de repenser les actions de conservation in situ ;
  2. Les solutions apportées par la biodiversité pour l’atténuation et l’adaptation au changement climatique doivent être mieux connues et reconnues par les négociateurs comme les réponses les plus économiques, apportant de multiples bénéfices en termes de développement durable ;
  3. Les politiques et mesures pour le climat ne reposant pas sur la préservation de la biodiversité doivent faire l’objet d’une évaluation d’impact ex ante, pour s’assurer qu’elles ne sont pas contradictoires avec l’impératif de protection de la biodiversité.

Les travaux du Giec et de l’IPBES contribuent ensemble à répondre à ces questions et fournissent aux décideurs des informations reposant sur les connaissances scientifiques existantes les plus solides à ce jour. Ils rendent évident que les changements climatiques et l’érosion de la biodiversité ne pourront être stoppés l’un sans l’autre.

Il est rare que le classement de Shanghai suscite l'enthousiasme en France ; et pourtant, si on quitte un instant le fameux classement des 500 plus grandes universités mondiales et que l'on se tourne vers le classement par thèmes scientifiques, on peut avoir de très réels motifs de satisfaction.

Dans l'ensemble Sciences naturelles, il existe un thème Ecologie qui regroupe les catégories du "Web of Science" : conservation de la biodiversité et écologie. Et c'est là que toutes celles et ceux qui espèrent que la recherche française, de par ses qualités, pourra aider à préserver et à utiliser plus durablement la biodiversité peuvent se réjouir, car le classement met à l'honneur plusieurs universités françaises (http://www.shanghairanking.com/Shanghairanking-Subject-Rankings/ecology.html) :

  • Au deuxième rang mondial, l'Université de Montpellier avec un score total de 279,6, juste derrière l'Université d'Oxford avec 287,3. Montpellier est devant UC Berkeley et UC Davis et loin devant Cambridge ou Cornell ! Ce second rang est conservé si on se réfère au nombre d'articles publiés dans les plus grands journaux scientifiques classés selon leur facteurs d'impacts. Là, Montpellier obtient un score de 99 contre 100 pour Oxford
  • Au 26ème rang on trouve l'Université Pierre et Marie Curie (Paris 6), avec un score de 236,8, juste devant l'université de Zurich, Harvard et Standford
  • Au 39ème rang on trouve l'Université Paul-Valéry Montpellier 3
  • Au 44ème rang l'Ecole Pratique des Hautes Etudes
  • Parmi les ex-aequo des 51-75ème rangs, l'Université Grenoble Alpes, et l'Université de Savoie
  • Parmi les ex-aequo des 76-100ème rangs, l'Université Paul Sabatier (Toulouse 3) et AgroParisTech
  • Et enfin parmi les 101-150ème rang, on trouve l'Université Claude Bernard Lyon 1, l'Université Paris Sud (Paris 11), l'Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, l'Université d'Aix Marseille et l'Ecole Nationale de formation Agronomique

Cela fait huit établissements français parmi les 100 premiers mondiaux du domaine.

On note que l'Université Pierre et Marie Curie, 40ème et première française, au classement mondial des 500 plus grandes universités progresse ici de 14 places (en ne tenant compte que des travaux menés dans le domaine de l'écologie). Le bon en avant est encore plus considérable pour Montpellier qui d'une position de 201-300ème ex-aequo dans le classement global passe donc seconde mondiale si on se réfère au seul champ thématique écologie.

La FRB tient à féliciter les scientifiques de toutes ces universités (et des UMR qui leur sont associées) qui portent haut les couleurs de la recherche française et bien évidemment ceux de l'Université de Montpellier, qui monte avec brio sur le podium des plus grandes universités mondiales pour la recherche en écologie.

Les 2 et 3 novembre 2017, la Fondation pour la recherche sur la biodiversité installe son nouveau conseil scientifique, nommé lors du conseil d’administration du mois de mai.

Le conseil scientifique est composé de vingt membres :

  • Luc Abbadie
  • Cécile Albert
  • Isabelle Arpin
  • Sébastien Barot
  • Anne Charmantier
  • Sabrina Gaba
  • Philippe Grandcolas
  • Philippe Gros
  • Jean-François Guégan
  • Hervé Jactel
  • Renaud Lancelot
  • Line Le Gall
  • Philippe Le Prestre
  • Harold Levrel
  • Jean-Louis Morel
  • Jean-Louis Pham
  • Guillaume Sainteny
  • François Sarrazin
  • Eric Thybaud
  • Sarah Vanuxem

Le CS de la FRB a pour missions d’orienter les actions de la Fondation, notamment en donnant son avis sur ses grandes orientations qui font l’objet de son plan d'actions pluriannuel. Il s’attache également à conduire certains travaux d’expertise scientifique comme l’exploration des fronts de science et des grands enjeux de connaissance dans le champ de la biodiversité. Le programme de travail du CS est défini par ses membres, mais également par les saisines de la direction de la FRB, de ses membres fondateurs ou de ses partenaires. Le conseil scientifique sera amené à travailler en interaction étroite avec le conseil d’orientation stratégique (COS) de la FRB sur les besoins de connaissances exprimés par les acteurs de la société, mais également avec le groupe de travail «biodiversité» de l’alliance pour l’environnement (AllEnvi) et avec le conseil scientifique de l’agence française pour la biodiversité.

A l’heure ou de nombreux pays se mettent en ordre de marche pour opérer leur transition énergétique, une étude parue dans Renewable and sustainable Energy Reviews recense les impacts des énergies renouvelables sur la biodiversité.

Accédez à la synthèse de l'article scientifique Energie renouvelable et biodiversité : les implications pour parvenir à une économie verte par Jean-François Silvain, président de la FRB et directeur de recherche à l'IRD


article

En raison de leur rôle crucial dans la lutte contre le changement climatique, les filières de production d’énergie à partir de sources dites « renouvelables » sont souvent implicitement considérées comme favorables à l'environnement alors qu’elles ont toute des impacts, plus ou moins importants sur la biodiversité et les écosystèmes, ainsi que le démontre cette revue de la littérature qui a analysé plus de 500 références scientifiques.

Les impacts sont variés, mais ils seront d’autant plus importants que ces solutions énergétiques seront déployées à grande échelle pour permettre une transition rapide vers une économie verte. Si ces pressions varient considérablement entre les différentes filières et les contextes environnementaux dans lesquels elles opèrent, l’impact majeur, commun à toutes les filières, est la perte ou la modification des habitats. Mais d’autres effets négatifs existent comme les traumatismes parfois mortels, la pollution, l’émission de gaz à effet de serre, la compétition pour les usages de l’eau ou encore l’induction de comportement d’évitement, les invasions biologiques ou la modification des micro-climats locaux qui perturbent les écosystèmes. Le résumé des effets négatifs et positifs par filière listés dans la revue est présenté ci-après :

Energie solaire

Effets négatifs sur la biodiversité

  • Perte ou fragmentation des habitats : c’est l’effet sur la biodiversité le mieux documenté
  • Collision des oiseaux avec les installations
  • Brûlures occasionnées aux oiseaux exposés aux flux solaires intenses. Ceci pourrait occasionner la mort de milliers d’oiseaux
  • Pollution des masses d'eau à partir de produits chimiques toxiques utilisés pour le traitement des panneaux solaires et des sols (herbicides)
  • Utilisation croissante de l'eau (en particulier dans les déserts)
  • Attraction et désorientation des insectes et des oiseaux causés par une lumière intense ou polarisée
  • Piège écologique en raison de mécanismes attracteurs cumulatifs
  • Perturbation du micro-climat local

Effets positifs possibles pour la biodiversité

  • Fourniture de zones de couverture ou d’habitat et d'alimentation (par exemple, pâturages) pour certains animaux

Energie éolienne terrestre

Effets négatifs sur la biodiversité

  • Collision d'oiseaux et de chauves-souris avec des éoliennes.Comme pour les oiseaux les risques ne concernent pas seulement les espèces locales, mais aussi les espèces migratrices.
  • Traumatismes internes (barotrauma) chez les chauves-souris associés à des réductions soudaines de pression de l’air à proximité des pales.
  • Perturbation des voies migratoires pour certaines espèces d'oiseaux et de chauves-souris : c’est une des incidences les mieux documentées et le plus étudiées

Effets positifs possibles pour la biodiversité

  • Constitution de territoires favorables pour certaines espèces terrestres en raison de la réduction du trafic, de la disponibilité en ressources alimentaires et de la réduction de prédateurs

Energie hydraulique

Effets négatifs sur la biodiversité

  • Disparition d’écosystèmes (lors de la mise en eau des barrages) y compris les réserves naturelles, fragmentation des habitats
  • Perturbation des flux hydriques en amont et en aval des installations hydroélectrique
  • Perturbation des voies migratoires de certaines espèces de poissons
  • Détérioration de la qualité de l'eau en raison des changements dans la charge en sédiments, la turbidité et l'eutrophisation
  • Émissions de GES par les réservoirs qui contribuent au changement climatique anthropique

Effets positifs possibles pour la biodiversité

  • Création de nouveaux habitats ou de nouveaux écosystèmes

Bioénergie

Effets négatifs sur la biodiversité

  • Perte, fragmentation, simplification et homogénéisation des habitats en raison de la mise en place de monocultures intensives et pertes de biodiversité associées
  • Pollution du sol et de l'eau associée à l'utilisation d'engrais et pesticides qui provoque toxicité et eutrophisation,
  • Emissions de polluants dans l'air ambiant qui contribuent à l'acidification et à la formation d'ozone troposphérique, émission de GES pendant tout le cycle de vie de la production de bioénergie qui contribue au changement climatique anthropique
  • Modification des micro-climats locaux en raison des changements dans l'albédo et l'évapotranspiration
  • Concurrence avec la végétation indigène de certaines espèces utilisées comme matières premières (par exemple, Eucalyptus, Miscanthus)

Effets positifs possibles pour la biodiversité

  • Fourniture d’habitat, alimentation et autres services écosystémiques de soutien par certaines surfaces recouvertes de plantes énergétiques (par exemple : Miscanthus, Panicum virgatum –switchgrass-)

Energie des mers

Effets négatifs sur la biodiversité

  • Perturbations des milieux liées à la construction des installations d'énergie océanique, (par exemple pollution sonore qui affecte certaines espèces aquatiques, en particulier les mammifères marins)
  • Perte ou changement d'habitats associés à la mise en place des fondations des installations ancrés dans le fond marin, la mise en eau permanente des portions des estuaires situés en amont des structures marémotrices, la modification des processus hydrodynamiques et de sédimentation
  • Augmentation de la turbidité dans la colonne d'eau due aux perturbations des fonds marins, changements dans la salinité, afflux d'eau plus oxygénée dans les structures marémotrices
  • Pollution électromagnétique associée aux câbles sous-marins et chimique provenant de lubrifiants et peintures toxiques
  • Changement de composition des communautés de poissons benthiques en raison de pertes d'habitats
  • Perturbation des déplacements et de l’alimentation des espèces locales et migratrices
  • Mortalités d'espèces dans les structures marémotrices, collision des oiseaux avec les éoliennes marines et des espèces aquatiques avec des dispositifs utilisant l’énergie des vagues
  • Mortalité des poissons tropicaux en raison des chocs thermiques générés par certaines installations

Effets positifs possibles pour la biodiversité

  • Protection de la biodiversité par la création de zones interdites d’accès aux activités de pêche et de transport (par exemple les champs d’éoliennes marines)
  • Abris pour certaines espèces notamment autour des parcs éoliens marins et les infrastructures basées sur l’exploitation des vagues et des marées

Energie géothermique

Effets négatifs sur la biodiversité

  • Perte d'habitat pendant la conversion des zones naturelles en installations géothermiques
  • Changement d'habitat au cours du déboisement du site, de la construction de routes, du forage des puits et des sondages sismiques qui affecte les processus de reproduction, de recherche de nourriture et de migration de certaines espèces
  • Émissions de polluants toxiques tels que le H2S, l'arsenic et l'acide borique qui peuvent défolier les plantes ou être incorporés par les organismes
  • Pollution par le bruit et la chaleur des installations géothermiques

La revue propose aussi pour chaque filière des mesures d’atténuation permettant d’éviter, minimiser, restaurer ou compenser les impacts, la plus emblématique d’entre elle étant la localisation des installations dans les zones à faible biodiversité, mais le choix de technologies moins impactantes, la planification en amont incluant des procédures de préservation de la biodiversité ou la mise en place systématique d’éléments favorables à la biodiversité au sein ou autour des infrastructures est aussi recommandé. Les auteurs préconisent également de profiter des emprises territoriales, parfois importantes, de ces infrastructures pour créer et maintenir des réserves naturelles dans lesquelles les activités humaines sont réduites.

Un important travail reste à conduire pour renforcer l’acquisition de connaissances sur les impacts réels de ces filières sur les différents compartiments de la biodiversité (des espèces aux écosystèmes) et développer des outils d’évaluation pertinents et efficients.

En effet, la transition énergétique ne pourra se passer de l’exploitation des ressources énergétiques renouvelables. Il est donc essentiel que son développement et les politiques publiques associées prenne en compte la biodiversité. Ceci est d’autant plus crucial que le développement à grande échelle de la transition vers une économie verte démultipliera, parfois de façon exponentielle les effets directs et indirects de ces filières sur l’environnement en général et la biodiversité en particulier.

 

La journée annuelle de la FRB, qui avait pour thème « Biodiversité et transition énergétique, enquêtes sur des liaisons dangereuses », a connu cette année un très grand succès. Tout d’abord par le nombre de participants, qui a largement dépassé les 300 personnes, et ensuite par la mobilisation des chercheurs, acteurs et partenaires de la Fondation pour réfléchir à cette question intéressante et novatrice.

Accédez au Compte rendu de la Journée

Capture decran 2017-10-27 a 16.20.58


Iddri, LIFTI, Orée, EDF, Engie, Suez, Total, IUCN, Enedis, RTE, GRT gaz, CCI France, Séché environnement, LPO, EPE, Icare & consult, AFB, ce ne sont en effet pas moins de 16 structures, en majorité membres du Conseil d’orientation stratégique de la FRB, qui sont venues apporter leur témoignage sur les actions ou les réflexions déjà engagées dans leurs entreprises, aux côtés des instituts de recherche comme l’IRD, le Cirad, l’Inra, le MNHN ou encore l’IIASA.

Enfin, en complément du soutien à la recherche sur la biodiversité, réaffirmé par Elisabeth Vergès, représentant la ministre de la recherche, le ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, est venu y faire des annonces majeures. Il a notamment annoncé qu’il ferait de la protection de la biodiversité une priorité de son action à parité avec la lutte contre le changement climatique.

Dans le même temps, le ministre a appelé les chercheurs à guider l’action publique, orienter ses choix et l’appuyer dans la reconquête de biodiversité. Cette mobilisation et les engagements politiques qui en découlent constitue une parfaite illustration du rôle d’interface innovante entre la science et l’action que joue la FRB.