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Actualités

Allain BOUGRAIN DUBOURG a été élu président du Conseil d’orientation stratégique de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité et Jean-François LESIGNE en a été élu Vice-président.

Jeudi 7 décembre, le Conseil d’orientation stratégique de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité a élu son nouveau président, Allain BOUGRAIN DUBOURG,et son vice président, Jean-François LESIGNE.

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(c) Frédéric Lemaître

Le Conseil d’orientation stratégique de la FRB  accueille en son sein 235 associations, entreprises, gestionnaires ou collectivités. L’ambition commune de tous ces acteurs est de contribuer à des projets de recherche qui allient préservation, exploitation responsable et valorisation durable de la biodiversité, tant en milieu terrestre que marin.

Dans son discours inaugural, Allain BOUGRAIN DUBOURG a dit « regretter que la biodiversité ne soit pas encore perçu comme un enjeu aussi majeur que le climat ».  Allain BOUGRAIN DUBOURG a poursuivi en encourageant « les entreprises, les ONG, les gestionnaires, les collectivités rassemblés au sein du Conseil d’orientation stratégique à appuyer leur décision sur le respect du droit et sur la prise en compte des meilleures connaissances scientifiques disponibles. La FRB est un lieu original pour éclairer la décision. »

Eléments biographiques :

Allain BOUGRAIN DUBOURG est journaliste, producteur, réalisateur de télévision français et président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO).
Depuis plus de 30 ans, il présente des émissions animalières (« Terre des bêtes », « Animalia », « Entre chien et loup » etc….) et assure des chroniques ou des émissions à la radio notamment sur France Inter : « Vivre avec les bêtes ».
Producteur et réalisateur de nombreux documentaires animaliers, il est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages.
Président de la Ligue pour la Protection des Oiseaux depuis 1986, il devient membre du CA du Muséum National d’Histoire Naturelle et de celui la Fondation pour la recherche sur la biodiversité et intervient dans de multiples organismes nationaux et internationaux liés à la biodiversité. Allain BOUGRAIN DUBOURG est Officier de l’Ordre National du Mérite et Officier de l’Ordre National de la Légion d’Honneur. Depuis septembre 2017, il assure une chronique sur Europe 1, le samedi matin, dans l'émission de Wendy Bouchard.

Jean-François LESIGNE est attaché environnement à RTE depuis 2005, en charge du Système de management de l’environnement et conseiller de la direction. Ingénieur Supelec, il entre à EDF en 1983 au dispatching national où il est en charge des études de stabilité du réseau. En 1991, il prend en charge la Gestion nationale des câbles souterrains. En 1994, il est adjoint au directeur du Groupe d’exploitation hydraulique du Beaufortain dans les Alpes. Après un passage à l’Inspection audit interne, il devient en 2002 directeur du Groupe d’exploitation transport du Languedoc-Roussillon. Il est membre du Conseil d’orientation stratégique de la FRB et administrateur. Il coordonne les activités du Club infrastructures linéaires et biodiversité (CILB)

Un collectif international (Nouvelle-Zélande, Canada, Royaume Unis, Norvège) de chercheurs reconnus dans le domaine de la biologie marine et des sciences sociales a publié en septembre 2017 dans le journal PNAS un article appelant à un accord international sur la lutte contre la pollution massive des océans par les plastiques.

Accédez à la traduction de l'article scientifique : Pourquoi un accord international sur la pollution de l‘océan par les plastiques est
indispensable

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La pollution par les plastiques est en effet inquiétante à trois niveaux. D’abord, elle est globale et massive : les résultats de recherche et les programmes de surveillance ont démontré que cette pollution atteint l’ensemble de la planète, notamment l’océan dans lequel sont déversées chaque année entre 4 et 13 millions de tonnes de plastiques. Elle imprègne tous les milieux, même ceux qui
ne sont pas colonisés par l’Homme (comme l’île Henderson dans le Pacifique Sud), tous les écosystèmes (plages, océans, baies et estuaires) et contamine tous les niveaux d’organisation de la biodiversité.
Ensuite, la pollution par les plastiques est de nature à transformer de manière irréversible les écosystèmes :

  1. par son action physique sur les organismes marins (capture, étranglement, étouffement, sans omettre le caractère vulnérant des débris milli- à centimétrique ingérés par une grande variété d’organismes marins), avec souvent des conséquences fatales ;
  2. par son action chimique (en particulier due aux molécules hydrophobes adsorbées à la surface de micro-débris de plastique, ainsi qu’aux divers additifs entrant dans leur fabrication),
  3. en agissant sur les organismes aux niveaux génétique, fonctionnel (baissede fertilité), populationnel (changement d’abondance) ou au niveau des communautés (perturbation des relations entre les organismes).

Enfin, cette pollution est susceptible de compromettre un grand nombre de services écosystémiques et, du fait de la contamination par les microplastiques — des fruits de mer au sel de table—, d’affecter la sécurité alimentaire et la santé humaine.

Il est donc important, d’une part de réduire la demande en produits en plastique à usage unique, d’autre part d’améliorer les processus de recyclage et enfin de mettre en place des politiques incitatives ou coercitives fortes pour enrayer la pollution par les plastiques.

Affirmant que la pollution plastique est une menace mondiale, les auteurs estiment qu’une des seules façons de se saisir du problème est un accord international définissant des objectifs pertinents et mesurables pour réduire la pollution plastique dans l’océan mondial, car si des solutions ont été mises en place au niveau local, elles n’ont pas une ampleur suffisante pour affronter un phénomène global en expansion rapide. Cet accord devra être couplé à un programme visant à étendre la responsabilité des producteurs qui, via l’intégration des coûts environnementaux dans le prix des produits, servira à créer un fonds mondial, sur le modèle du fonds Climat de l’UNCCC, afin d’aider les Etats participants à développer les filières appropriées de traitement des déchets plastiques.

A l’occasion de la journée mondiale des sols, le 5 décembre, et en prévision du prochain rapport de l’IPBES sur la restauration et la dégradation des terres, la Fondation pour la recherche sur la biodiversité et Lifti donnent la parole à des acteurs et des chercheurs qui se mobilisent pour préserver nos sols. Tous les jours et jusqu’au 5 décembre une vidéo sera relayée sur notre site et sur nos réseaux sociaux #IPBES6 #WorldSoilDay.

 

Les sols, un patrimoine riche mais fragile par Jean-François Silvain

 

La ville recyclable par Marc Kaszynski, président de Lifti.

 

 

Biodiversité des sols : il n'y a pas que les vers de terre (sous) la terre ! Par Sébastien Barot, directeur de recherche à l'IRD

 

Les arbres : les grands alliés des sols. Par Jean-Marie Deshoux, ingénieur territorial en environnement

 

Comment les terrils du nord de la France sont-ils devenus des îlots de biodiversité ? Par Guillaume Lemoine, ingénieur écologue

 

Vous ne regarderez plus les pistes de ski comme avant ! Par Stéphanie Gaucherand chercheuse à l'Irstea

 Restauration des sols : un aspirateur pas comme les autres, par Jean-Louis Morel, professeur à l'université de Lorraine

Ne cachons plus la pollution sous le tapis des sols ! par Christel de la Hougue, déléguée générale de l'UPDS (Union des professionnels de la dépollutions des sites)

Quand un cimentier restaure les carrières en terres agricoles grâce à la biodiversité. Par Camille Bayle, ingénieur agronome pour le groupe Vicat.

Dans le monde, la situation n’est pas meilleure. Fin 2015, un rapport de 650 pages [3] de la FAO, qui compilait les travaux de plus de 200 scientifiques spécialisés de 60 pays,soulignait qu’un tiers des terres arables de la planète étaient plus ou moins menacées de disparaître. « Si rien n’est fait, expliquait son directeur José Graziano da Silva, c’est la production vivrière et la sécurité alimentaire de l’humanité qui pourraient être compromises. »

La préservation des sols passe par la préservation de leur biodiversité. Au cœur des enjeux globaux, la biodiversité des sols joue un rôle crucial dans l’atténuation du changement climatique, le stockage et la purification de l’eau, la fourniture d’antibiotiques et la prévention de l’érosion. Sur terre, tous les êtres vivants dépendent des interactions physico chimiques complexes entre les sols et les organismes qui y vivent.

Encore mal connue, la biodiversité des sols compte pourtant parmi la plus riche en espèces au sein des écosystèmes terrestres. À une échelle globale, environ 25 % de la biodiversité mondiale actuellement décrite vivrait dans les sols. Ces organismes sont aussi à la base des chaines trophiques terrestres et participent ainsi à la présence et l’abondance d‘espèces terrestres. Les vers de terre contribuent par exemple aux régimes alimentaires de 175 espèces de mammifères, oiseaux, reptiles et amphibiens en France.

Les processus actuels d’érosion, d’artificialisation, de tassement et de pollution qui menacent les sols et leur biodiversité ne sont pourtant pas irréversibles. En 2018, la plateforme internationale de l’IPBES consacrera un rapport sur la dégradation et la restauration des terres.

En attendant la sortie de ce rapport, et à l’occasion de la Journée mondiale des sols, la FRB donne la parole à des acteurs et des chercheurs qui se mobilisent pour préserver nos sols. Réhabilitation des haies dans les espaces agricoles, amendement des sols dégradés grâce à des légumineuses de couverture, ou encore emploi de certaines plantes pour dépolluer les sols sont autant de mesure prises pour y relancer l’activité biologique.

La FRB encourage ces actions et appelle les décideurs publics et privés à collaborer en étroite relation avec la recherche pour que la prise de décision soit étayée par les connaissances.

 


[1] Estimation mesurée d’après la base de données Corine Landcover http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/donnees-ligne/li/1825.html

[2] https://www.eea.europa.eu/publications/landscapes-in-transition

[3]Rapport sur l’état des ressources en sols dans le monde, FAO et ITPS. 2015

Plus de 15 000 scientifiques de 184 pays alertent l’humanité sur l’état de la planète. Biologistes, physiciens, astronomes, chimistes, agronomes… quelle que soit leur discipline, tous s’accordent sur un point : il est urgent d’agir avant qu’il ne soit définitivement trop tard. La FRB s’est jointe aux signataires de cette tribune parue dans la revue BioScience par l’intermédiaire de son président, Jean-François Silvain et de plusieurs membres de son conseil scientifique.

Cette mobilisation exceptionnelle de la communauté scientifique fait écho à un précédent appel lancé il y a 25 ans par 1 500 chercheurs qui avait déjà pour objectif d’alerter l’humanité sur la nécessité de se mobiliser au plus vite autour de différentes questions écologiques. Malgré cette mise en garde, la déforestation, la baisse de la disponibilité des ressources en eau ou encore l’augmentation de la concentration de CO2 dans l’atmosphère n’ont cessés de s’aggraver sous la pression de l’Homme, au point que tous les indicateurs sont désormais au rouge. C’est sur la base de ce constat alarmant que l’Union of Concerned Scientists a décidé de renouveler son appel.

Parmi les mesures mises en avant pour une transition vers un avenir plus durable, on note :

  1. privilégier la mise en place de réserves connectées entre elles, correctement financées et correctement gérées, destinées à protéger une proportion significative des divers habitats terrestres, aériens et aquatiques – eau de mer et eau douce ; 

  2. préserver les services rendus par la nature au travers des écosystèmes en stoppant la conversion des forêts, prairies et autres habitats originels ; 

  3. restaurer sur une grande échelle les communautés de plantes endémiques, et notamment les paysages de forêt ; 

  4. ré-ensauvager des régions abritant des espèces endémiques, en particulier des superprédateurs, afin de rétablir les dynamiques et processus écologiques ; 

  5. développer et adopter des instruments politiques adéquats pour lutter contre la défaunation, le braconnage, l’exploitation et le trafic des espèces menacées ; 

  6. réduire le gaspillage alimentaire par l’éducation et l’amélioration des infrastructures ; 

  7. promouvoir une réorientation du régime alimentaire vers une nourriture d’origine essentiellement 
végétale ; 

  8. réduire encore le taux de fécondité en faisant en sorte qu’hommes et femmes aient accès à 
l’éducation et à des services de planning familial, particulièrement dans les régions où ces 
services manquent encore ; 

  9. multiplier les sorties en extérieur pour les enfants afin de développer leur sensibilité à la nature, 
et d’une manière générale améliorer l’appréciation de la nature dans toute la société ; 

  10. désinvestir dans certains secteurs et cesser certains achats afin d’encourager un changement 
environnemental positif ; 

  11. concevoir et promouvoir de nouvelles technologies vertes et se tourner massivement vers les 
sources d’énergie vertes tout en réduisant progressivement les aides aux productions d’énergie 
utilisant des combustibles fossiles ; 

  12. revoir notre économie afin de réduire les inégalités de richesse et faire en sorte que les prix, les 
taxes et les dispositifs incitatifs prennent en compte le coût réel de nos schémas de 
consommation pour notre environnement ; 

  13. déterminer à long terme une taille de population humaine soutenable et scientifiquement 
défendable tout en s’assurant le soutien des pays et des responsables mondiaux pour atteindre cet objectif vital. 


Par l’intermédiaire de cette mobilisation, les scientifiques espèrent faire prendre conscience à chacun que seul un changement rapide et radical de notre mode de vie pourra permettre de sauver notre planète.
Référence : https://academic.oup.com/bioscience/article/doi/10.1093/biosci/bix125/4605229